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jeudi 13 août 2026

Les Jedi sont de bien mauvais collègues

L’éveil de la lame rouge développe l’histoire d’Iskat Akaris. Celle qui finira par rejoindre le camp des Inquisiteurs n’était au départ qu’une Padawan. Contemporaine de la guerre des clones, elle a plusieurs fois arpenté le champ de bataille, même si sa réputation a pu lui joueur des tours. En effet, des Jedi disaient d’elle qu’elle aimait trop la violence, le sang.


La déchéance d’Iskat a commencé bien avant la guerre des clones. Élève au sein du Temple Jedi, elle était une padawan qui n’était pas sa place. Elle s’est retrouvée mise à l’écart après un incident. Trop enthousiaste lors de cet exercice, elle a fait tomber une colonne qui est tombée sur d’autres apprentis et a causé des blessures. Plutôt qu’un blâme, Iskat a reçu une désapprobation silencieuse. Personne ne la rendait réellement coupable mais tous semblaient s’être mis d’accord pour changer de comportement (« personne ne se montrait désagréable avec elle, parce que les Jedi étaient des Jedi, cependant elle avait toujours la sensation que sa présence rendait nerveux certains autres Padawans »). 

Dès lors, il n’est pas étonnant de la voir enthousiaste à partir en mission avec son Maître Sember Vey. De tous les Maîtres, seule Sember Vey semble lui accorder sa confiance sans retenue. Les autres « professeurs l’avaient surveillée de plus près ».

Souvent en mission, mise à l’écart quand elle est au Temple de Coruscant, Iskat n’a qu’un espoir : « leur prouver qu’elle était la même fille avec laquelle ils avaient grandi ».


La bataille de Géonosis n’a fait que creuser la distance entre Iskat Akaris et les autres Jedi. Alors que les vies des Jedi et la sienne étaient menacées, Iskat s’est lancée dans la bataille. Avec son sabre laser, elle a affronté ses ennemis et en a tué plus d’un. C’était un combat à la mort. Pourtant, des Jedi pensent qu’elle a mal agi. Selon eux, Iskat a pris trop de plaisir à les tuer et n’a pas su faire preuve de retenue (« elle les a tous tués, répondit Zeeth sur le même ton feutré. Au moins une dizaine. Ils allaient s’en prendre à Maître Klefan et à moi, et elle les a massacrés »). De tels propos suscitent l’interrogation car ils laissent entendre que le padawan aurait préféré tomber sous les coups et assauts de l’ennemi plutôt que de voir Iskat le sauver. Iskat doit donc faire face à l’ingratitude ses compagnons. 


Pour ne rien arranger, Maître Sember Vey meurt lors de la bataille de Géonosis, tuée devant Iskat. La jeune Jedi a beaucoup de mal à faire son deuil. Sember Vey lui manque. Iskat perd la seule personne qui la regardait sans aucune arrière-pensée. L’Ordre semble incapable de comprendre la peine, la détresse d’Iskat et ne lui offre que des paroles creuses. Ainsi, le Maître Klefan Opus ose dire que « nous ne devons jamais oublier que la mort est une partie de la vie et qu’elle continuera à vivre dans nos coeurs. Réjouis-toi, car elle ne fait plus qu’un avec la Force ». Ce n’est pas d’une Sember Vey présente dans la Force dont Iskat a besoin mais d’une Sember Vey proche d’elle, qui lui distille des conseils et avec qui elle part en mission.

Des dizaines et des dizaines de Jedi sont morts de la bataille de Géonosis. L’Ordre organise des funérailles communes pour leur dire au revoir. Iskat est vide, elle ne ressent rien à ce moment-là (« c’était une mascarade, juste pour la forme. Ils ne connaissaient même pas l’identité des six individus qu’ils avaient regardé descendre sous la surface (…) Ces funérailles ne leur procuraient aucun réconfort. Ce rituel prétendument solennel était si artificiel »). Iskat est donc là sans être là. Elle se rend aussi compte que l’Ordre est dépassé par ce qui se passe.


Ayant combattu à Géonosis, Iskat est promue au rang de Chevalier. Elle est surprise d’être considérée positivement. Elle était convaincue qu’elle allait être mise de côté. Mais, Mace Windu l’appelle et lui confère un nouveau titre. On peut penser qu’il y a eu un fort débat pour savoir si elle méritait de devenir Chevalier. En tout cas, les autres padawans ont fait leur choix quand on voit leur réaction : « la majorité des padawans et des novices s’étaient massés ensemble et murmuraient de surprise ». 


Bien entendu, tout le monde n’est pas négatif. Quelques uns lui offrent des paroles réconfortantes. C’est le cas de Kenobi qui affirme que « je suis désolé de ce qui est arrivé à ton maître (…) Sember a toujours parlé de ton grand potentiel avec beaucoup d’enthousiasme ». C’est une des premières fois qu’on ne reproche pas à Iskat son appétence pour le combat. Tualon Yaluna, un Jedi va même plus loin : il laisse entendre que les Jedi ne peuvent pas se contenter d’une posture défensive. Il faut que les Jedi se dépassent, trouvent une nouvelle façon de concevoir les choses s’ils veulent survivre à la guerre des clones. Tualon est clair : « en temps de paix, les Jedi exigeraient peut-être de toi une attitude paisible. Mais nous sommes en guerre, et peut-être que ce dont nous avons besoin, c’est quelqu’un comme toi. Quelqu’un qui défende la paix ». Tualon loue donc le talent d’Iskat à combattre le sabre à la main.


Mais, Kenobi ne porte pas la voix des Jedi, pas plus que Tualon. C’est le Conseil qui décide des missions et des affectations, qui donne la direction de la carrière. Maître Gallia porte alors la suffisance et le mépris de l’Ordre lorsqu’elle cantonne Iskat à des travaux au sein du Temple, que ce soit aurpès des novices ou à la bibliothèque. Si Iskat mène quelques missions sur le terrain, elle passe beaucoup de temps entre quatre murs car le Conseil ne l’estime pas prête, pas fiable. Les paroles de Gallia ne laissent place à aucun doute : « ton rôle est de méditer sur ton raisonnement et ton impulsivité afin d’apprendre à faire mieux à l’avenir. Ton irrespect et ton agressivité actuels sont malsains chez une Jedi ». De tels mots sont durs et blessants.


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