Rey, Caedus, Tahiri Veila, Abeloth, Tsavong Lah, Sidious, Marchion Ro, Luke Skywalker, Saba Sebatyne et les autres.
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Que lire dans l'univers légendes ?
Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt. Je conseillerais donc de lire : le ...
samedi 23 mai 2026
mardi 30 juillet 2024
Le Chancelier Valorum
Avant, Palpatine, il y avait un autre Chancelier : Valorum. Il est l’homme qui a montré son impuissance quant à la chute de la République. Il faut dire que son époque était troublée entre l’essor des grandes entreprises aussi fortes que les planètes, le retour des Sith en arrière-plan, les doutes des Jedi.
Dans le Péril de la Reine, on apprend que Valorum a cerné un des problèmes : le pouvoir échappe aux sénateurs et aux planètes, ainsi qu’à lui-même. Il faut faire avec un nouvel acteur qui gagne en importance et en puissance, en soudoyant ici et là des gens. Valorum est conscient que cela pose un problème : il « n’appréciait pas les réunions avec la Fédération du Commerce. Il n’était pas autorisé à l’admettre publiquement mais il éprouvait un vague dégoût pour les sénateurs qui représentaient des corporations et non des planètes ».
Malheureusement, Valorum ne se doute pas qu’un complot est à l’oeuvre pour le faire tomber, un complot mené par Palpatine qui profite de la peut et de la naïveté politique de Padmé Amidala. Valorum est sur le point de perdre tout pouvoir en étant démis de ses fonctions. Sabé assiste à la scène, et elle voit cela comme un spectacle fascinant, un moment historique. La proche de Padmé « était encore dans l’excitation de l’avoir vue renverser le gouvernement de la République Galactique cet après-midi-là après avoir requis une motion de censure à l’encontre du chancelier Valorum ».
Car, Padmé a peur pour sa planète, Naboo. Elle se rend compte que la République ne fait rien et accuse, sur l’insistance de Palpatine, l’apathie de Valorum. Padmé n’a pas conscience d’être un pantin car elle ne voit que l’inutilité du Chancelier en place : « ils étaient bien plus soucieux de voter en accord avec leurs alliances que d’écouter les problèmes et de trouver des solutions. C’était n’importe quoi, le Chancelier Valorum n’a rien fait. Rien ».
Dans la Menace fantôme, l’intrigue tourne autour de l’impuissance de Valorum. Quand Padmé le rencontre, il y a une symbolique intéressante. La description dit que « son âge aurait été difficile à déterminer, car il ne semblait ni jeune ni vieux… Sa maîtrise et sa voix évoquaient la puissance, mais son visage et ses yeux d’un bleu saisissants étaient las et inquiets ». En apparence, il a l’air fade alors que c’est loin d’être le cas. On mettait en avant son inaction politique alors qu’il a surpris tout le monde en envoyant des Jedi sur Naboo. Il est donc difficile de le cerner.
Palpatine continue son travail de sape et de dénigrement de Valorum. Il trahit son collègue et influence grandement Padmé. Il lui dit que le « Chancelier a peu de pouvoir » car « il est sous le coup d’une accusation de corruption ». Peu importe qu’elle soit vraie ou non, cela suffit à décrédibiliser Valorum, à jeter le doute sur tout ce qu’il fait. Ainsi, Palpatine précise que c’est « un scandale fabriqué de toutes pièces » qui « ternit sa réputation ». Mais, il ne se prive pas d’en parler à Padmé. Palpatine finit même par dire que « aujourd’hui, ce sont les bureaucrates qui commandent ».
Le moment fatidique arrive et prend totalement de court Valorum. Il ne s’attendait pas du tout à ça (« même de loin, Anakin Skywalker vit l’expression du Chancelier. C’était celle d’un homme trahi »).
jeudi 25 avril 2024
Qui est Shmi Skywalker ?
Les différents romans publiés ces dernières années nous en apprennent un peu plus sur Shmi Skywalker, un personnage peu traité mais important. C’est sa mort qui a fait basculer Anakin vers le côté obscur dans le film l’Attaque des Clones.
Dans le Péril de la reine, on est plus tourné vers l’aspect d’esclave de la vie de Shmi. Sa vie ne lui appartient quasiment plus, elle est dépendante de la volonté d’un autre. Elle ne peut même pas protéger son fils contre les velléités de Watto, leur maître : « elle était impuissante. Elle ne pouvait ni protester ni manifester sa colère, ne pouvait ni marchander ni échanger. Elle n’avait rien à donner ». Cette affirmation dresse un tableau désespérant et négatif de Shmi. En réalité, dans son malheur d’esclave, Shmi a un talent comme le remarque Padmé. Il faut préciser que ce livre est orienté sur Padmé et nous offre parfois la vision de ses souvenirs. On peut ainsi lire que « en regardant les doigts habiles de Shmi assembler l’écran, chaque pièce se mettait en place si facilement que cela en paraissait presque magique ». Ce talent a ensuite été transmis à Anakin.
Dans l’Ombre de la reine, Padmé demande à Sabé, sa suivante, de rechercher Shmi. Padmé sait que Shmi est très importante pour Anakin. Elle se fait un devoir de dénoncer l’esclavage en général et de tirer Shmi de sa situation. Mais, Watto ne possède plus Shmi. Sabé ne trouve aucune trace de Shmi (« je sais que le ferrailleur l’a perdue. J’ignore s’il s’agissait d’un autre pari idiot ou s’il l’a vendue, mais elle n’est plus là. Je n’ai aucune idée de l’endroit où elle a pu aboutir »). Smhi a donc disparu comme un vulgaire objet perdu : cela illustre bien la condition d’une personne esclave.
En réalité, on apprend dans l’Espoir de la Reine que Shmi a été affranchie et qu’elle a épousé un homme, Cliegg Lars. Ce n’était pas un mariage arrangé pour la tirer de l’emprise de l’esclavage mais un vrai mariage d’amour. Shmi a été accueillie et aimée par les Lars, et sa générosité leur a fait beaucoup de bien. Grâce à son attitude lors de la Menace fantôme où elle avait aidé Qui-Gon Jinn alors qu’elle n’avait pas grand-chose, on avait déjà un bel aperçu de la personne qu’était Shmi Skywalker : une personne altruiste, avec le coeur sur la main. Ce qu’on apprend le confirme : « il paraissait évident, dans la manière dont tous parlaient de Shmi, qu’elle n’avait pas été juste une pièce rapportée dans la famille Lars. Elle en avait été le centre ». Et la capture puis la disparition de Shmi a brisé ceux qui l’aimaient ; on apprend que « Cliegg était inconsolable » et « Owen furieux, même si sa rage n’égala en rien celle du fils de Shmi ».
Dans Comme des frères, Anakin a grandi en tant que Jedi, et il a dû apprendre à ne pas s’attacher. Ce n’est pas le fait de s’attacher qui pose problème, mais le fait de ne pas savoir lâcher prise si il le faut. Anakin n’a pas oublié sa mère, elle l’obsède toujours autant. Shmi Skywalker fait naître en lui tout un tas de sentiments qui le dépassent, qui le perturbent. On en a la preuve alors qu’il assiste à une cérémonie Jedi : « il revit l’expression de sa mère, les ride qui naissaient autour de son sourire, ses yeux qui ne jugeaient jamais (…) Soudain, le visage affectueux de Shmi Skywalker disparut de ses souvenirs, brusquement remplacé dans son esprit par le froid cinglant de la nuit. » Cela illustre bien l’impact de Shmi, sa mère, sur la vie d’Anakin. Elle a été une présence réconfortante et apaisante alors qu’ils étaient esclaves, et puis sa mort a fait naître en lui une immense douleur.
Dans le roman Ahsoka, on a le point de vue de Kenobi. Kenobi n’a pas réellement connu Shmi, n’a fait qu’entendre parler d’elle (« il s’était rendu sur la tombe de Shmi Skywalker pour s’excuser d’avoir perdu son fils. Il ne l’avait jamais rencontrée (…) Qui-Gon l’avait abandonnée ici, condamnée à son statut d’esclave, et Obi-Wan avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher le retour d’Anakin »). Autrement dit, les Jedi ont tout fait pour séparer Anakin de sa mère. Qui-Gon a laissé Shmi derrière lui sans aucun regard, sans aucun regret, conditionné qu’il était par son enseignement de Jedi. Et Kenobi s’est conformé à ça.
dimanche 10 septembre 2023
L'Espoir de la Reine
Comme les deux autres romans de la trilogie, l’Espoir de la Reine ne parle pas uniquement de Padmé mais aussi d’un bon nombre d’événements qui se déroulent dans la galaxie.
Le roman nous parle de souffrances, des moments durs vécus par des personnages qui étaient présents à des instants marquants de cette époque.
Saché, une proche de Padmé, a vécu l’invasion de Naboo par la Fédération du Commerce. Elle a vécu les combats, l’occupation et les exactions. Alors que la guerre des Clones menace et est dans ses premiers jours, le Sénat de Naboo se réunit pour discuter de stratégies à mettre en place. Tous sont inquiets car ils ont vécu le blocus, Saché l’est un peu plus car elle a vécu un aspect sombre. On peut donc lire que « ils se rappelaient le manque de nourriture ainsi que, comme la Fédération du Commerce s’en était bien assurée, l’incapacité à distribuer ce dont ils disposaient. La plupart d’entre eux avait été internés dans des camps. Mais Saché était la seule à avoir été torturée ».
La Guerre des Clones réveille donc des peurs. Elle en marque aussi durablement certains, même parmi les Jedi. Geonosis a été un véritable traumatisme comme le révèle Barriss Offee. Pour les Jedi qui ont vécu dans une relative paix, Geonosis a tout changé. Elle les a confrontés aux combats et cela les a forcés à réfléchir à leur rôle. Barriss admet que « l’arène de Geonosis a été difficile à gérer et je ne suis pas très fière d’admettre que j’ai eu peur ».
Padmé est malgré tout au centre de l’intrigue. Au-delà de ce qu’elle fait, de ses missions, c’est aussi grâce à tous les personnages qui gravitent autour d’elle, qui tiennent à elle. C’est dans ce roman que Anakin et Padmé se marient. Leur mariage secret est caché à leurs proches. Mais, ces derniers ont des doutes. Sabé remarque bien que quelque chose a changé (« le sourire de Padmé était un peu trop éclatant, ses yeux trop engagés dans les conversations autour de la table. Sabé connaissait son visage aussi bien que le sien et elle pouvait dire que, pour une raison ou une autre, Padmé jouait un rôle ce soir-là »).
Sabé apprend que Anakin et Padmé sont mari et femme. Après un premier choc, les circonstances lui permettent d’observer Anakin. Même si elle lui trouve des côtés attirants (« toute son arrogance avait disparu et il semblait soudait être devenu le jeune garçon un peu gauche qui n’avait plus rien de sombre ni de dangereux »), elle se méfie énormément de lui. Anakin dégage quelque chose qui ne lui plait pas, qui la fait se tenir sur ses gardes : « Sabé n’avait aucune hâte de revoir Anakin Skywalker. Il la mettait mal à l’aise ».
Anakin n’est pas dupe, il a conscience que Sabé ne le tient pas en grande estime. Mais, les deux ont un point commun qui doit leur permettre de trouver une certaine entente : ils aiment Padmé. Anakin prend donc à part Sabé et lui dit que « je sais que nous ne serons jamais vraiment amis. Mais, nous tenons tous les deux beaucoup à elle. Tu as risqué plus d’une fois ta vie pour elle et tu serais prête à le refaire. Tu la protèges différemment de moi, et de bien des manières dont je suis incapable. Est-ce qu’on pourrait au moins faire une trêve ? ».
Le roman dédouane également Jar Jar Binks de la responsabilité de la prise de pouvoir de Palpatine. Binks n’était qu’un pion manipulé par un Sith. Il n’a jamais réellement demandé à être placé à ce poste pour lequel il n’avait pas les compétences. Bail Organa précise que « le discours bien intentionné du Gungan au Sénat avait donné au Chancelier des pouvoirs que Bail désapprouvait, mais, il était suffisamment réaliste pour admettre que cela se serait produit d’une manière ou d’une autre. Le Chancelier Palpatine arrivait toujours à ses fins. ».
En ce qui concerne les Jedi, ils sont plongés dans la guerre. Certains sont devenus des généraux et mènent donc les clones. Anakin ressent un lien spécial avec eux, et pas uniquement parce qu’ils sont venus le sauver dans l’arène de Geonosis. Il apprécie ce qui émane d’eux, leur attitude : « il aimait les clones, tous autant qu’ils étaient. Chacun développait rapidement sa propre personnalité, et cela le mettait bien plus à l’aise pour se battre à leurs côtés ».
Sabé, elle, est très critique envers des Jedi. Elle pense qu’ils sont déconnectés de la réalité, que leur obsession de la Force les empêche de faire preuve d’empathie. Ses mots sont durs et sans doute injustes : « ça ne les perturbe même pas quand des amis meurent. Pour eux, ce n’est qu’une question d’équilibre et de Force éternelle. C’est pour cela qu’ils sont si mauvais en politique. Ils chérissent toute forme de vie, mais ils manquent d’esprit pratique ».
mercredi 30 août 2023
dimanche 9 juillet 2023
Le labyrinthe du mal
Le Labyrinthe du mal nous plonge en guerre des Clones. On suit l’agaçant Anakin Skywalker et le bien dépassé Obi-Wan Kenobi qui vont de planète en planète. En effet, ils subissent les actes, attaques de Grievous et Dooku, ils les traquent. Pendant ce temps, les Jedi, dépassés, traquent Sidious sur Coruscant sans se rendre compte qu’ils lui fournissent tout un tas d’informations (Sidious est le Chancelier Palpatine à qui ils rendent des comptes, avec qui ils discutent stratégie et avec qui ils discutent philosophie).
En réalité, Sidious manipule tout le monde, de ses ennemis à ses agents. Et, au-delà de cette grande histoire guerrière, il y a des personnages qui tentent de faire leur chemin dans cette galaxie périlleuse, il y a des relations qui continuent à se développer.
L’une d’entre elles est celle entre Anakin et Padmé qui ne passe pas inaperçue. Bon nombre de gens se rendent compte qu’il se passe quelque chose entre les deux, qu’ils sont loin d’être dans une relation amicale et platonique. Kenobi a beau se comporter mollement avec Anakin, il a beau ne pas le recadrer, il n’est pas non plus totalement aveugle. Il se rend compte qu’Anakin est attiré par Padmé. Il lui dit, de façon taquine, que « je t’aurais cru plus attiré par la Sénatrice Amidala que par le Chancelier Suprême Palpatine (…) Même si elle fait de la politique, elle aussi ». Car Kenobi ne peut que remarquer la façon dont Anakin dévore Padmé des yeux quand elle est là, il ne peut que remarquer la façon presque malsaine dont Anakin parle d’elle. Toujours est-il que l’amour que ressent Anakin est clair et qu’il ne se le cache pas à lui-même. Il s’avoue que Padmé est « la femme qu’Anakin aimait par-dessus tout ». Elle est « son épouse. Le plus occulte de ses secrets, les plus précieux également ».
Mais, tous ne portent pas Padmé dans leurs coeurs. Il y a bien entendu des Sénateurs républicains qui sont opposés à ses idéaux, à ses propositions de loin. Un individu semble détester Padmé plus que tout : Gunray. Ce dernier veut « la mort de l’ancienne reine de Naboo » car elle « avait contrecarré ses plans en deux occasions » et elle « avait été sa plus fervente accusatrice durant ses procès ».
Palpatine, lui, est plus ambigu sur Padmé. On ne peut pas dire qu’il la déteste ou même qu’il la considère. Il voit en elle un outil pour attiser la détresse d’Anakin et au final le faire basculer vers l’obscurité. Padmé, pour elle-même, ne lui sert à rien : elle n’a d’utilité que parce qu’Anakin est amoureux d’elle. Dès lors, Palpatine fait tout pour encourager la passion d’Anakin et parler d’elle en des termes qui plaisent à Anakin. Son ton est presque mielleux quand il parle d’elle : « la Sénatrice Amidala, par exemple, pleine de fougue et de compassion, autant de qualités qui faisaient d’elle une exemplaire reine de Naboo. Elle crée la sensation partout où elle passe. Je me réjouis que vous soyez tous deux devenus si proches ».
Dans le roman, un autre fait marquant est le dédain que Sidious a envers Kenobi. On sent dans sa bouche qu’il le méprise, qu’il le considère comme peu de choses. Là encore, Kenobi n’est qu’un outil qui doit permettre à Anakin de basculer (« Kenobi a été comme un père pour lui. Faisons une fois pour toutes de Skywalker un orphelin, et il basculera »). Son point de vue est encore plus clair et explicite lorsqu’il parle avec Dooku quelques instants avant le duel au-dessus de Coruscant. Kenobi doit disparaître, Sidious en est convaincu : « Vous les provoquerez en duel. Tuez Kenobi ; mourir est son seul but, de toute façon ».
lundi 27 mars 2023
Anakin a-t-il un comportement étrange envers Padmé ?
On peut se demander si Qui-Gon Jinn a bien observé le jeune Anakin Skywalker avant de proposer qu'il soit formé avant de devenir un Jedi. Car, dès la Menace fantôme, on comprend très vite que l'ancien esclave est à la fois prisonnier et dépassé par ses émotions. Ayant grandi esclave, à la merci du bon vouloir de ses maîtres, Anakin n'a pas beaucoup de moments de liberté. Il y a bien sa passion pour les pods et les droïdes mais ce sont des passions tournées vers des créatures. Dès lors, dès qu'une femme va entrer dans son environnement, tout va basculer.
Padmé chamboule la vie monotone d'Anakin. Elle est la curiosité et le changement. Pour un garçon comme Anakin, Padmé attire tout de suite l'attention (« Anakin Skywalker ne parvenait pas à détacher son regard de la jeune fille. Il l'avait remarquée dès qu'elle avait franchi le seul de la boutique de Watto »). Quand il lui parle, on voit qu'Anakin est soumis à ses rêves d'enfant et à ses rêves d'esclave : « Êtes-vous un ange ? (…) Ce sont les plus belles créatures de tout l'univers. On dit qu'elles sont bonté et sagesse, et si jolies que les pirates de l'espace les plus endurcis pleurent comme des enfants en les voyant ». A sa façon, Padmé est aussi belle que sa mère et elle est aussi une femme presque mythique venue le tirer de sa situation pénible. Il n'est donc pas étonnant de le voir dépasser par la situation et prononcer des paroles un tant soit peu malaisantes (« je vais vous épouser, dit soudain le garçon »).
Padmé est devenue une obsession. Alors qu'il la connaît depuis très peu de temps, Anakin a un réel coup de foudre. Padmé hante ses pensées, ses idées, ses projets. On lit qu' « il pensait à Padmé, à cette occasion inespérée de l'emmener chez lui et de la présenter à sa mère, de lui expliquer ses projets d'avenir, de lui tenir la main un peu plus longtemps ». Tout est donc bon prétexte pour passer du temps avec la jeune femme, même une tempête de sable. Peu importe la situation, dans la boutique, en pleine tempête ou en pleine bataille, il la dévisage tout le temps, d'une façon presque assez malsaine. On en a un bel exemple lors de la bataille finale : « Anakin ne quittait pas Padmé du regard (…) Son amie se déplaçait avec la fluidité et l'efficacité d'un vétéran. Elle ne ressemblait plus à une jeune fille, mais à une guerrière mortellement dangereuse ».
Mais, les choses changent quand Padmé annonce qu'elle est en réalité la Reine de Naboo. Anakin prend en pleine face son statut : il n'est qu'un ancien esclave, il ne vaut pas grand-chose. Pourtant, ses sentiments sont toujours là. Il doute un peu, pas de l'amour qu'il éprouve mais de la façon dont un peu régler les choses (« depuis qu'il savait qu'elle n'était pas simplement une jeune fille, mais une Reine, l'enfant se posait de terribles questions. Il avait juré qu'il l'épouserait un jour, et il était sincère, mais comment un ancien esclave pouvait-il devenir le mari d'une souveraine ? »)
Son obsession en devient maladive. La peur de perdre Padmé commence à poindre et laisse entrevoir ce qui le mènera à sa perte. Quand il admire Padmé, ce n'est plus seulement sa beauté et le bien apportés qui sont mis en avant mais la façon dont ça le perturbe (« ce visage qu'il trouvait si beau qu'il en avait la gorge serrée »). Incapable de gérer ce qu'il ressent, Anakin est étouffé par ses cauchemars, d'autant plus qu'ils placent Padmé en position menaçante pour lui (« la jeune femme se trouvait en tête de la vague obscure de son rêve, et cette vague était une armée, et cette armée marchait vers lui »).
Anakin a donc du mal à gérer ou envisager d'éventuelles séparations, l'éloignement. Cela se confirme lorsqu'il doit entamer sa formation de Jedi et donc laisser derrière lui ceux à qui il tient. Il avait eu du mal à se séparer de Shmi, il a du mal à se faire à la nouvelle attitude de Padmé (« avec Padmé, qui lui avait à peine dit trois mots depuis que le Conseil avait accepté qu'il suive une formation »).
lundi 26 décembre 2022
Le Péril de la Reine : de Padmé à Sidious
Le roman Le Péril de la Reine se concentre en grande partie sur Padmé : son élection, ses premiers pas en tant que Reine, la façon dont elle tente de s'approprier le poste et la crise avec la Fédération du Commerce. Si le livre développe le point de vue de Padmé, ce n'est pas le seul. On suit aussi ses proches comme Padmé ou ses parents, et des acteurs importants, mais dans l'ombre de l'époque, Sidious et Maul.
L'élection de Padmé n'est pas une surprise. La jeune femme ne visait pas nécessairement ce rôle mais elle a toujours cherché à œuvrer pour réparer des torts, pour le bien commun. Padmé veut être une force de correction de torts ; ses parents s'en sont rapidement rendu compte : « la fillette avait réclamé un potager et assuré le plus gros du travail elle-même, persuadée que la nourriture qu'elle produisait pourrait subvenir aux besoins des nécessiteux ». Élue, Padmé a conscience qu'elle devra faire avec des traditions et des attentes, qu'elle ne pourra pas réussir tout ce qu'elle souhaite. On a presque l'impression que Padmé cherche la difficulté. En tout cas, elle est contente d'occuper une place importante (« le centre principal des conversations de ce soir serait la nouvelle reine de Naboo : à savoir : elle. C'était une incroyable responsabilité. Et Padmé en éprouva une joie intense »). Après avoir choisi ses suivantes et commencé à apprendre les connaître, Padmé s'ouvre à elle. C'est presque une profession de foi, un manifeste, un cri du cœur : « je veux être prête à tout, bien sur, mais je ne veux pas avoir peur de mon ombre au point de renoncer à la partie de moi qui veut rester idéaliste et pleine d'espoir. C'est pour ça que je voulais être reine, en réalité. Pour montrer que Naboo peut être puissante en maintenant ses traditions et en faisant partie de la communauté galactique. »
Ce qui marque est la jeunesse de Padmé et ses suivantes. Padmé est une jeune femme à qui une planète entière a confié sa destinée. Certains qui l'entourent sont des adultes comme Panaka mais celles qui sont le plus proches d'elle sont à peine plus âgées. Si le lecteur peut oublier que ce sont des adolescentes, certains personnages également. Alors qu'il tente d'assurer la sécurité de Padmé et des suivantes, Panaka place un détecteur de sang dans la chambre. Or, comme le souligne sa femme Mariek, il a oublié que les femmes de cet âge ont leurs règles (« tu es un crétin d'avoir mis un capteur sensible au sang dans la chambre d'une adolescente »).
Sabé est mise en avant dans le roman. C'est la suivante qui a les liens les plus forts avec Padmé. Leur relation est si forte et sincère qu'elle peut lui parler franchement, même quand elle estime que Padmé fait des erreurs ou est égoïste. Par exemple, alors que Padmé et Sabé ont échangé leurs places, Padmé se retrouve dans une position inconfortable : une femme cherche à l'embrasser, croyant qu'elle est Sabé. Or, Padmé n'aime pas les femmes, contrairement à Sabé. Sans le vouloir, Padmé crée donc du tort à Sabé. Cette dernière n'est pas contente et elle le lui dit clairement. Cela vexe Padmé qui lui fait comprendre qu'elle aurait dû lui en parler (« j'ai vu qu'elle tr plaisait, et je ne savais pas ce que cela voulait dire (…) je ne pouvais qu'attendre que tu viennes me voir pour me dire ce que j'avais à savoir. Et tu ne l'as pas fait »).
Pour autant, cela n'affecte pas leur relation. Sabé aime Padmé : « je préfère être la seconde après toi que la première devant quiconque ». C'est un moment important dans la vie de Sabé. Elle comprend à ce moment-là que Padmé est plus que la Reine. Ses pensées lui font se dire qu' « avouer ses sentiments était (…) comme se libérer d'un poids qui pesait sur sa poitrine. Il lui avait fallu beaucoup trop de temps pour en prendre conscience ». Cet amour est réel et désintéressé. Elle n'attend pas que Padmé l'aime en retour. D'ailleurs, Padmé est claire (« je ne pourrai jamais te rendre un tel dévouement ») et Sabé le comprend.
Bien loin de ces bons sentiments, les Sith sont présents. Palpatine, aussi connu sous le nom de Dark Sidious, est un sénateur. Il est avant tout un homme qui doit côtoyer des gens indignes de lui, des gens incapables de sentir qui il est réellement (« bientôt, il entrerait dans la lumière et ses collègues verraient le masque tomber, mais il 'agirait encore d'un artifice. Personne ne percevrait jamais son vrai visage, la rage pure qui brillait en lui »). On en apprend plus sur Sidious, la façon dont il voit les choses et compte s'emparer de la galaxie. Il sait que la tâche ne sera pas aisée, surtout qu'il ne peut opérer au grand jour. Le Sith ne peut compter sur des dizaines de gens qui partagent son objectif ; de toute façon, ces individus hypothétiques ne seraient pas dignes de lui. Sidious précise qu' « il trouvait les points faibles, les failles d'où la lumière s'échappait, et y forçait l'obscurité. Il jouait à long terme, et malheureusement, de temps en temps, cela voulait dire avoir affaire à des personnes qui ne comprenaient pas la portée de sa vision ».
Maul est un des agents de Sidious. Son aigreur est claire. Il en veut aux Jedi et est reconnaissant à Sidious de l'avoir sorti de sa fange. Il est bien connu que les Jedi arpentent la galaxie à la recherche de jeunes gens particulièrement sensibles à la Force. Personne n'est venu pour lui et cela enrage Maul « : mais plus que tout, il haïssait les Jedi. Ils n'étaient pas venus le chercher. Il ne savait pas s'ils l'avaient senti et jugé indigne ou si, alors qu'il n'avait pas encore reçu de formation, ils avaient estimé qu'il ne serait qu'une perte de temps ».
lundi 12 décembre 2022
Padmé, impuissante
Quand on découvre Anakin Skywalker, il n'est qu'un gosse, il est un esclave. Sa vie ne lui appartient pas. Mais un Jedi de passage va bousculer sa vie. Anakin devient lui aussi un Jedi. Il rencontre Padmé avec qui il développe une relation amicale puis amoureuse. Et durant tout ce temps, sa mère, Shmi Skywalker reste esclave. Cela causera un grand traumatisme chez le jeune homme : il a laissé sa mère derrière lui, et dans l'Attaque des Clones on assiste à la mort de Shmi. Mais, à ce moment des aventures, Shmi n'est plus esclave. Sa vie a été achetée puis elle a été affranchie. Elle a épousé un Lars.
Le roman l'Ombre de la Reine nous permet de suivre Padmé, de sa planète Naboo à la planète-capitale Coruscant. Padmé n'a pas oublié ce qu'elle a vécu sur Tatooine, la détresse des gens et les vies sans espoir. Elle confie à Sabé (une de ses suivantes) une mission : retrouver Shmi. Elle sait que le jeune homme tient à elle. La femme se rend sur la planète désertique. C'est un échec, Sabé ne peut retrouver Shmi (« je sais que le ferrailleur l'a perdue. J'ignore s'il s’agissait d'un autre pari idiot ou s'il l'a vendue, mais elle n'est plus là. Je n'ai aucune idée de l'endroit où elle a pu aboutir »). Il y a beaucoup de résignation dans la voix de Sabé. Elle parle presque de Shmi comme une vulgaire chose, une marchandise qui se vend et qui s'achète. En ne pouvant pas la retrouver, elle est face à son impuissance, une sensation renforcée par l'état de la planète où l'économie repose en grande partie sur l'esclavage. Faute de pouvoir libérer Shmi, elle se contente de racheter quelques esclaves : « la cargaison qu'ils avaient acquise les attendait près de la rampe. Les esclaves étaient encore enchaînés. Sabé crut un instant que la rage allait la gagner (…) La colère la submergeait, envers elle-même, envers ce système abject, envers tout ». La répulsion envers ce système est clair. Sabé est dégoûtée par ce qu'elle a vu, et sans dégoûtée d'avoir participé au développement de ce système en achetant quelques esclaves. Elle sort marquée et traumatisée par son expérience. Elle s'ouvre à Yané, une autre dame de compagnie de Padmé : « comment peut-on posséder quelqu'un et se regarder dans la glace ? »
Padmé est naïve. Elle pense pouvoir changer les choses au Sénat, elle se trompe. Elle est vite ramenée à la réalité. Ce n'est pas seulement la politique qu'il faudrait changer, ce sont des habitudes, des traditions presque, bien ancrées dans les vies des gens. Si elle veut impulser un changement, elle a bien conscience de la réalité (« l'esclavage est une plaie, Chancelier, qui entache tout ce que représente la République. Je ne suis pas en mesure d'opérer de changement politique officiel, compte tenu de l'état de la plupart des planètes de la Bordure Extérieure »). La situation est d'autant plus compliquée que l'esclavage n'a pas de réalité officielle : pour les républicains, il n'existe pas. En parler, c'est créer des remous désagréables, c'est ouvrir la porte aux groupes de pression. Padmé en a bien conscience quand on lit qu' « elle n'appréciait toujours pas cette couche de vernis politique qu'ils devaient appliquer aux discussions concernant la loi anti-esclavage, mais techniquement, l'esclavage n'existait pas au sein de la République ». Tout cela ne fait montrer à Padmé toute son inutilité (« elle ne pouvait aider les esclaves, ni avec de l'argent ni par la politique. Il s'agissait pourtant de ses deux principaux moyens d'action, et elle avait si peu d'influence »).
vendredi 26 août 2022
Padmé après sa mort
Padmé a fait ce qu'elle a pu. Elle a tenté de faire en sorte que la galaxie ne sombre pas dans les flammes de la guerre, elle a tenté d'éviter à son mari, Anakin Skywalker, de sombrer dans l'obscurité. En vain. La République a chuté, se transformant en un Empire s'annonçant impitoyable. Et Anakin a été perverti par les idées de Palpatine. Pire, elle a vu, celui qu'elle a aimé, tenter de la tuer. Enceinte, elle s'éteint et laisse derrière un Vador torturé par ses démons et une galaxie mal en point.
Dans le Légendes, Padmé est très peu évoquée : Luke recherche sa mère dans les romans de La crise de flotte noire, Vador enrage dans l'Ascension de Dark Vador en pensant à elle et R2-D2 montre des vidéos de Padmé à Luke, Jacen et d'autres dans la trilogie du Nid obscur.
Dans l'univers officiel, Padmé est un peu plus mentionnée, que ce soit dans les romans La revanche des Sith, l'Ombre de la Reine ou Liens du sang.
C'est surtout son enterrement qui est mis en avant, le dernier hommage rendu. Ce sont des gens tristes qui sentent que la mort de Padmé constitue un basculement. L'hommage sera rendu sur Naboo, la planète pour laquelle elle a tant donné. C'est aussi, bien que très peu le sachant, la planète d'où est venu sa mort : c'est Palpatine qui a attisé la colère d'Anakin et l'a poussé à tuer sa femme. On comprend que Padmé est aimée et respectée en voyant le comportement de la foule : « d'énormes foules se massent sur la Place du Palais, à Theed, la capitale de Naboo, où six beaux gualaars blancs tirent sous l'Arc de Triomphe un cercueil ouvert, entouré de fleurs, qui contient le corps d'une Sénatrice bien-aimée ». Padmé a le droit à un recueillement massif et planétaire, tous les peuples de Naboo sont là et présents, unis pour elle.Car, Padmé n'a pas que chassé la Fédération du Commerce des environs de Naboo, elle a activement participé à l'unification des peuples. Elle a fait son devoir, elle a permis à Naboo d'être capable d'affronter le futur (« Sa peau était pâle, son teint parfait et son visage paisible. Elle flottait, les yeux fermés, les mains posées sur son ventre. Naboo perdurait sans elle »). Les gens pleurent donc la perte de leur reine. Pour certains, c'est plus que ça : Sabé en est un bon exemple. Sabé est une Suivante, c'est-à-dire qu'elle évolue dans l'entourage de Padmé et qu'elle est parfois amenée à effectuer de discrètes missions pour elle. Tout cela lui a permis de créer des liens forts et sincères. La mort de Padmé est un réel déchirement, une immense perte. Sabé aimait Naboo mais ce n'est pas pour sa planète qu'elle pleure ou qu'elle est triste : « Naboo avait perdu une sénatrice, une héroïne, une reine. Elle avait perdu l'amie pour laquelle chacune d'entre elles avait risqué sa vie au fil des ans. Si elles avaient pris ces risques, ce n'était pas pour la politique, pour Naboo ou pour feu la République. C'était pour Padmé, parce qu'elles l'aimaient. Et maintenant, elle était morte. » Les choses sont claires : Padmé comptait plus que tout. Si elle a fait tout ça, ce n'est pas par devoir mais par amour pour elle.
C'est Bail Organa qui apprendra à Leia qui est sa réelle mère. Leia comprend que sa mère a vécu à une époque incertaine et violente, et qu'elle a fait ce qu'elle a pu pour maintenir un système de liberté. On lit qu' « elle avait appris que sa mère avait été présente lors du vote qui avait délégué à Palpatine les pleins pouvoirs et le contrôle absolu du Sénat Galactique. Elle imaginait sans peine le désespoir qui avait dû lui transpercer le cœur ». On voit à nouveau que la notion de sacrifice est présente quand on parle de Padmé. Le sacrifice et le devoir sont deux choses qui inspireront Leia. Pour Leia, Padmé est un modèle : il faut faire ce qu'on croit juste même si c'est compliqué. Alors que certains tentent de remettre en cause Leia (on découvre que Vador est son père), elle leur rappelle à tous que Leia est sa mère. Elle est un modèle qu'il faut suivre : « elle fut l'une des rares personnes à résister à Palpatine. Lors de sa montée au pouvoir, l'une des seules sénatrices à mettre en garde contre le désastre qui se profilait ».
mercredi 20 juillet 2022
Dark Vador et Obi-Wan Kenobi
Kenobi et le Jedi Anakin Skywalker devenu le Sith Dark Vador partagent un destin commun. Kenobi a participé à la formation d'Anakin et a été un témoin privilégié de sa chute vers l'obscurité. Plus tard, ce sera Vador qui tuera Kenobi. Entre le basculement d'Anakin et la mort de Kenobi, Anakin n'est plus le même homme. Il est devenu, en partie, machine. Il a perdu ses amis, il a un moment perdu confiance en lui.
Dans le roman L'ascension de Dark Vador, on a quelques passages qui donnent accès aux points de vues et aux ressentis de Vador. On comprend que l'homme est torturé, mal au point moralement. Il en veut à tout le monde et il a gardé certains traits de caractère d'Anakin. S'il y a des choses qui ne vont pas, il cherche tout de suite un coupable autre que lui. Si il est devenu Vador, ce n'est pas parce qu'il a enchaîné les mauvaises décisions mais la faute des autres : "c'était Padmé et Obi-Wan qui l'avaient enfermé dans cette armure-prison. Il avait été condamné à vie par ses deux soi-disant meilleurs amis". Pourtant, c'est bien Anakin qui a décidé et agi dans les moments fatidiques : Anakin a tourné le dos aux Jedi en tranchant le bras de Windu, il a prêté allégeance à Dark Sidious et est devenu Dark Vador. Puis, il a massacré les Jedi, dont des enfants, au Temple, tué les leaders Séparatistes puis sa femme Padmé. Même à ce sujet, on voit que Vador ne comprend pas sa femme. Jamais Padmé n'aurait toléré d’œuvrer dans un gouvernement dictatorial. Son amour a des limites même si elle n'a rien dit quand Anakin a tué des Tuskens. Padmé avait pourtant été claire, elle n'aurait jamais suivi Vador dans la voir qu'il prenait. Vador est persuadée du contraire ("Si Obi-Wan n'était pas arrivé, il serait parvenu à la convaincre - il l'aurait obligée à comprendre").
Dans les Seigneurs des Sith, Vador et Sidious sont attaqués sur la planète Ryloth. Les deux font preuve et étalage de leur puissance alors qu'ils sont malmenés de tous les côtés. Leur survie ne semble jamais réellement en danger. Sidious semble s'amuser, il en profite pour enseigner des choses à Vador, notamment la fidélité et le respect dû. Ce ne sont pas les seules choses qui bousculent Vador : il est également en pleine introspection : "les flammes produites par la friction atmosphérique nimbaient le vaisseau. Le feu les entourait. Mustafar. Obi-Wan". Clairement, Vador n'a pas oublié ce qui s'est passé sur Mustafar. Il n'a pas oublié que son ancien maître l'a coupé en morceaux, l'a laissé agonisant. Il lui en veut car il est convaincu que Kenobi l'a privé de tout, ce Jedi "qui avait tenté de l'empêché d'accomplir son destin, qui avait tenté de lui arracher Padmé, qui l'avait enfermé dans l'armure".
En réalité, Vador résume parfaitement sa position, son avis dans la novellisation de la Revanche des Sith. il dit à Padmé que "c'est un traître (...) un ennemi de l’État. Il doit mourir". Les liens amicaux sont enterrés, le temps des Jedi dépassé. Vador n'a qu'une chose en tête : son pouvoir politique, affermir la puissance de l'Empire naissant. Anakin (et Vador) a un problème : il se voit bien plus fort qu'il ne l'est. Il est persuadé qu'il est l’Élu de la Force, il est convaincu d'être le meilleur des Jedi. Il ne se rend pas compte que d'autres sont plus forts que lui : Sidious mais aussi Kenobi. D'ailleurs, au moment de sa mort, ce dernier offrira à son ancien ami une leçon traumatisante : "Obi-Wan Kenobi avait disparu. C'était... prodigieux. Et pour la première fois depuis que Vador l'avait rejoint, le côté obscur n'avait aucune réponse à fournir (...) Dark Vador, disciple du Seigneur Noir des Sith, l'un des deux êtres les plus puissants de la galaxie, Dark Vador avait peur." Il faut bien avoir conscience qu'à ce moment-là Kenobi réalise quelque chose d'unique : il meurt et se fond simultanément dans la Force. C'est une prouesse jamais vue et qui rappelle à Vador qu'il est peu de chose.
lundi 30 mai 2022
Les réactions de Luke, Jacen et Mara à des moments entre Padmé et Anakin
Dans le troisième tome du nid obscur, la Guerre de l’essaim, Luke Skywalker, Mara Jade et Jacen Solo voyagent dans le passé. En effet, R2-D2 leur montre des vieux enregistrements qu’il a de Padmé Amidala, d’Anakin Skywalker ou de Obi-Wan Kenobi. Malheureusement, ce ne sont pas des moments joyeux mais tragiques : c’est le basculement définitif d’Anakin vers l’obscurité puis ses atrocités commises envers Padmé. Regarder ça est important pour Luke qui a toujours cherché à en savoir plus sur sa mère (dès le Retour du Jedi et ensuite dans la crise de la Flotte noire). Cela doit aussi lui permettre de se remobiliser alors que la galaxie traverse une grave crise et qu’il doit affronter deux puissants opposants (Lomi Plo et Raynar Thul). Les réactions montrent également que Luke et Jacen sont en train de prendre des chemins différents ; Jacen revient de cinq ans d’exploration de la Force et il commence à rejeter les enseignements Jedi.
Le premier extrait que leur montre R2-D2 est le départ d’Anakin pour Mustafar juste après avoir tué Windu et la discussion qui a suivi avec Padmé. Anakin est exalté, convaincu que ce qu’il fait est juste : il refuse de voir les doutes de Padmé. Les spectateurs de la scène réagissent différemment. Mara, qui a pourtant vu son lot de choses violentes et dangereuses, est inquiète (« ton père me fiche une trouille bleue »). Jacen, lui, réagit différemment. Il a de l’empathie pour Anakin : tout comme lui, il est amoureux (de Tenel Ka), vit une relation plus ou moins secrète et a un enfant caché. Jacen voit en Anakin un homme qui sait ce qu’il veut et ce qu’il est prêt à mettre pour y arriver (« ce que j’ai vu, c’était un homme préoccupé par la sécurité de sa femme »).
Puis, ils voient toute la scène sur Mustafar : l’arrivée de Padmé et Kenobi, la tentative de meurtre d’Anakin sur Padmé.
Luke ne saisit pas ce qu’il entend, il se rend compte qu’Anakin est totalement aveuglé par la finalité qu’il veut atteindre. Surtout, c’est à l’opposé des valeurs de Luke qui en fondant son Ordre Jedi n’a jamais voulu que les Jedi soient impliqués dans la gestion politique de la galaxie et des peuples. Anakin désire imposer sa volonté, construire le monde comme il le voit au mépris de la liberté de choix. Luke ne peut supporter ça, il « soupira, clairement dérouté par l’arrogance de son père. C’était ce qui l’avait perdu ». Au contraire, Jacen pense qu’un Jedi doit utiliser, valoriser, embrasser ses dons et ses talents. Un Jedi a le devoir d’agir, il ne peut rester passif. On peut être étonné de voir un ancien apprenti de Luke penser comme ça mais il ne faut pas négliger ce que Jacen a vécu, notamment son apprentissage accéléré auprès de Vergere (« Anakin avait compris la nature de son pouvoir (…) Vergere l’aurait approuvé. Un pouvoir non utilisé était un pouvoir gâché »).
Mais, il y a un moment où Jacen et Luke partagent le même sentiment : lorsque Anakin étrangle Padmé en utilisant la Force. Ils sont choqués, horrifiés de voir à quelle extrémité Anakin est parvenue. C’est totalement incompréhensible pour eux que le jeune homme tente de tuer la femme qu’il aime. Luke est profondément affecté : « Luke cria de surprise, et la Force s’emplit d’un sentiment de colère et de chagrin ». De son côté, Jacen « sentit se retourner son estomac quand il comprit que son grand-père était en train d’utiliser la Force pour étouffer la femme qu’il aimait ».
Notons que Jacen craint également que ça impacte Luke, que ça le déstabilise alors qu’il doit aller affronter Lomi Plo. Luke le rassure ensuite (« je sais ce qui s’est passé ensuite. Je l’ai su à l’instant même où j’ai vu...où j’ai vu Dark Vador lever la main sur ma mère »). On peut aussi se demander si, sachant ça, Luke aurait considéré que Anakin soit revenu du bon côté (lumineux) de la Force. Aurait-il trouvé la Force de le pardonner en sachant que son père a tué sa mère ? On peut en douter.
Enfin, ils sont témoins de la naissance de Luke et Leia. C’est l’aboutissement d’un long voyage qui leur a fait traverser tout un tas de peines et de douleurs. Mara connaît bien son mari, elle sait qu’il en faut beaucoup pour pousser son mari vers la colère ; il n’est plus le jeune homme imprudent et irréfléchi qu’il a pu être. Pour autant, il a été clairement touché par ce que R2-D2 a projeté : « même si Luke paraissait impassible, elle sentait à quel point il luttait pour refouler le chagrin, pour empêcher sa peine de se transformer en explosion de colère ».
dimanche 10 octobre 2021
Padmé Amidala dans le roman l'Ascension de Dark Vador
Padmé est un personnage qui a connu une fin particulièrement triste. Tuée par Anakin Skywalker, son époux, elle a pourtant cru en lui jusqu’au bout malgré tous les signes et les avertissements, notamment ceux de Kenobi. En se rendant sur Mustafar, elle a voulu donner une dernière chance à celui qu’elle aimait.
Anciennement Anakin, Dark Vador a gardé des traces et des réflexions de son passé. Ce roman le montre en pleine interrogation, notamment dans sa nouvelle armure, dans sa relation avec Sidious et ses capacités physiques et avec la Force. Pour autant, il a toujours la même analyse de la situation, ce sont les autres qui ont été aveugles. C’est clairement apparent quand il pense que « il avait seulement voulu les sauver ! Padé de la mort, et Obi-Wan de l’ignorance ». La rencontre entre Anakin et Padmé sur Mustafar fut épique mais malheureusement trop tardive pour Padmé : Anakin avait déjà basculé, il était trop enfoncé dans le côté obscur, trop aveuglé par sa prétendue puissance et les mots doux de Dark Sidious. Pire, il est incapable de se mettre à la place de Padmé, de comprendre sa femme et notamment sa vision politique de la situation (« Padmé n’avait pas entendu un mot de ce qu’il disait, tant elle était bouleversée. Et elle s’était mise dans la tête qu’il aimait davantage le pouvoir qu’elle »). Or, celui qui a perdu le contrôle de lui-même, c’est Anakin et non Padmé.
Le roman nous en apprend un peu plus sur la relation entre Anakin et Padmé. On comprend que c’est Sidious qui a intrigué pour que les deux soient ensemble, se retrouvent après les événements de la Menace fantôme. Il avait repéré des faiblesses dans le caractère d’Anakin et il désirait les tester. Et, c’était aussi l’occasion de neutraliser une rivale politique : « Sidious s’était arrangé pour réunir Padmé et Anakin, trois ans plus tôt, à la fois pour qu’elle ne puisse pas voter contre la Loi de Création d’une Armée et pour soumettre le jeune Jedi à la tentation ». Sidious doit aussi faire face aux accusations de son nouvel apprenti qui l’accuse d’avoir sacrifié Padmé, de l’avoir tuée (« je n’ai rien à voir avec la mort de Padmé Amidala. Elle est morte à cause de la colère que vous avez ressenti devant sa trahison »). Cette justification est bien entendu un mensonge puisque Sidious avait toujours eu l’intention de voir Padmé mourir, c’était nécessaire à son plan. Au-delà de la mort physique de Padmé, Sidious recherchait la douleur de la déchirure amoureuse pour Anakin. La séparation avec Padmé aurait dû le faire souffrir, l’affaiblir et le livrer au Sith. Sidious pense clairement que Padmé n’aurait jamais compris tout ce que Anakin aurait pu faire pour amener la paix dans la galaxie et notamment le massacre des jeunes Jedi (« Sidious se demanda (…) ce qui serait arrivé si Anakin n’avait pas tué Padmé sur Mustafar (…) elle n’aurait jamais pu comprendre ni lui pardonner ce qu’il avait fait au Temple Jedi (…) même si celle-ci avait survécu à Mustafar, leur amour serait mort. Padmé aurait sans doute perdu le goût de vivre, et Vador et Sidious auraient élevé l’enfant »). Est-ce si certain ? Après tout, Padmé est resté avec Anakin même après qu’il lui ait dit avoir massacré hommes, femmes et enfants de la Tribu des Sables.
Enfin, le roman offre une part non négligeable au développement de la Rébellion grâce aux personnages de Mon Mothma et Bail Organa. Ce dernier reste fidèle aux dernières échanges que Padmé a eus avec lui (« nous devons patienter (…) répétant ce que Padmé lui avait dit dans la Rotonde du Sénat, le jour de l’annonce historique de Palpatine) alors que la Sénatrice est plus perplexe et mesurée quant à l’héritage de Padmé (« je comprends que vous vouliez honorer la mémoire de Padmé Amidala en vous tenant au conseil qu’elle vous avait donné (…) elle a soutenu Palpatine jusqu’à la fin ! »).

