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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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jeudi 13 août 2026

Les Jedi sont de bien mauvais collègues

L’éveil de la lame rouge développe l’histoire d’Iskat Akaris. Celle qui finira par rejoindre le camp des Inquisiteurs n’était au départ qu’une Padawan. Contemporaine de la guerre des clones, elle a plusieurs fois arpenté le champ de bataille, même si sa réputation a pu lui joueur des tours. En effet, des Jedi disaient d’elle qu’elle aimait trop la violence, le sang.


La déchéance d’Iskat a commencé bien avant la guerre des clones. Élève au sein du Temple Jedi, elle était une padawan qui n’était pas sa place. Elle s’est retrouvée mise à l’écart après un incident. Trop enthousiaste lors de cet exercice, elle a fait tomber une colonne qui est tombée sur d’autres apprentis et a causé des blessures. Plutôt qu’un blâme, Iskat a reçu une désapprobation silencieuse. Personne ne la rendait réellement coupable mais tous semblaient s’être mis d’accord pour changer de comportement (« personne ne se montrait désagréable avec elle, parce que les Jedi étaient des Jedi, cependant elle avait toujours la sensation que sa présence rendait nerveux certains autres Padawans »). 

Dès lors, il n’est pas étonnant de la voir enthousiaste à partir en mission avec son Maître Sember Vey. De tous les Maîtres, seule Sember Vey semble lui accorder sa confiance sans retenue. Les autres « professeurs l’avaient surveillée de plus près ».

Souvent en mission, mise à l’écart quand elle est au Temple de Coruscant, Iskat n’a qu’un espoir : « leur prouver qu’elle était la même fille avec laquelle ils avaient grandi ».


La bataille de Géonosis n’a fait que creuser la distance entre Iskat Akaris et les autres Jedi. Alors que les vies des Jedi et la sienne étaient menacées, Iskat s’est lancée dans la bataille. Avec son sabre laser, elle a affronté ses ennemis et en a tué plus d’un. C’était un combat à la mort. Pourtant, des Jedi pensent qu’elle a mal agi. Selon eux, Iskat a pris trop de plaisir à les tuer et n’a pas su faire preuve de retenue (« elle les a tous tués, répondit Zeeth sur le même ton feutré. Au moins une dizaine. Ils allaient s’en prendre à Maître Klefan et à moi, et elle les a massacrés »). De tels propos suscitent l’interrogation car ils laissent entendre que le padawan aurait préféré tomber sous les coups et assauts de l’ennemi plutôt que de voir Iskat le sauver. Iskat doit donc faire face à l’ingratitude ses compagnons. 


Pour ne rien arranger, Maître Sember Vey meurt lors de la bataille de Géonosis, tuée devant Iskat. La jeune Jedi a beaucoup de mal à faire son deuil. Sember Vey lui manque. Iskat perd la seule personne qui la regardait sans aucune arrière-pensée. L’Ordre semble incapable de comprendre la peine, la détresse d’Iskat et ne lui offre que des paroles creuses. Ainsi, le Maître Klefan Opus ose dire que « nous ne devons jamais oublier que la mort est une partie de la vie et qu’elle continuera à vivre dans nos coeurs. Réjouis-toi, car elle ne fait plus qu’un avec la Force ». Ce n’est pas d’une Sember Vey présente dans la Force dont Iskat a besoin mais d’une Sember Vey proche d’elle, qui lui distille des conseils et avec qui elle part en mission.

Des dizaines et des dizaines de Jedi sont morts de la bataille de Géonosis. L’Ordre organise des funérailles communes pour leur dire au revoir. Iskat est vide, elle ne ressent rien à ce moment-là (« c’était une mascarade, juste pour la forme. Ils ne connaissaient même pas l’identité des six individus qu’ils avaient regardé descendre sous la surface (…) Ces funérailles ne leur procuraient aucun réconfort. Ce rituel prétendument solennel était si artificiel »). Iskat est donc là sans être là. Elle se rend aussi compte que l’Ordre est dépassé par ce qui se passe.


Ayant combattu à Géonosis, Iskat est promue au rang de Chevalier. Elle est surprise d’être considérée positivement. Elle était convaincue qu’elle allait être mise de côté. Mais, Mace Windu l’appelle et lui confère un nouveau titre. On peut penser qu’il y a eu un fort débat pour savoir si elle méritait de devenir Chevalier. En tout cas, les autres padawans ont fait leur choix quand on voit leur réaction : « la majorité des padawans et des novices s’étaient massés ensemble et murmuraient de surprise ». 


Bien entendu, tout le monde n’est pas négatif. Quelques uns lui offrent des paroles réconfortantes. C’est le cas de Kenobi qui affirme que « je suis désolé de ce qui est arrivé à ton maître (…) Sember a toujours parlé de ton grand potentiel avec beaucoup d’enthousiasme ». C’est une des premières fois qu’on ne reproche pas à Iskat son appétence pour le combat. Tualon Yaluna, un Jedi va même plus loin : il laisse entendre que les Jedi ne peuvent pas se contenter d’une posture défensive. Il faut que les Jedi se dépassent, trouvent une nouvelle façon de concevoir les choses s’ils veulent survivre à la guerre des clones. Tualon est clair : « en temps de paix, les Jedi exigeraient peut-être de toi une attitude paisible. Mais nous sommes en guerre, et peut-être que ce dont nous avons besoin, c’est quelqu’un comme toi. Quelqu’un qui défende la paix ». Tualon loue donc le talent d’Iskat à combattre le sabre à la main.


Mais, Kenobi ne porte pas la voix des Jedi, pas plus que Tualon. C’est le Conseil qui décide des missions et des affectations, qui donne la direction de la carrière. Maître Gallia porte alors la suffisance et le mépris de l’Ordre lorsqu’elle cantonne Iskat à des travaux au sein du Temple, que ce soit aurpès des novices ou à la bibliothèque. Si Iskat mène quelques missions sur le terrain, elle passe beaucoup de temps entre quatre murs car le Conseil ne l’estime pas prête, pas fiable. Les paroles de Gallia ne laissent place à aucun doute : « ton rôle est de méditer sur ton raisonnement et ton impulsivité afin d’apprendre à faire mieux à l’avenir. Ton irrespect et ton agressivité actuels sont malsains chez une Jedi ». De tels mots sont durs et blessants.


mercredi 15 janvier 2025

Des questions en pleine guerre des Clones

Se situant en pleine Guerre des Clones, le roman Chirurgiens de l’espace soulève un bon nombre d’interrogations et de questions.


Cette guerre porte un nom, celui des clones. Ils forment la principale chair à canon de ce conflit, ils en sont la principale victime (avec les populations des différentes planètes). Ce sont eux qui meurent par dizaines de milliers dans ce conflit fomenté par Palpatine. Pour beaucoup, leurs morts sont anecdotiques même si les Jedi s’attachent à leurs compagnons de combat.

Même dans les fonctions supports de l’armée, comme les médecins, on ressent un certain mépris pour eux. On en a un exemple avec Jos, un chirurgien. C’est certes la guerre et il vit des moments stressants, compliqués, mais tout laisse penser qu’il opère les clones comme si il était sur une chaîne d’usine, sans aucune compassion. Il pense d’ailleurs qu’ « il était plus simple de disséquer un soldat clone (…) que de recoudre et découper un véritable individu. Les clones provenaient tous du même génome, leurs organes étaient par conséquent totalement interchangeables ». Jos pense donc que les clones ne sont pas de réels êtres humains, qu’ils ne ressentent pas d’émotions.

Même si Barriss Offee tente de le faire changer d’avis, il n’est pas convaincu dans un premier temps. Il s’exclame que « c’est un clone, Barriss ! Les clones ne sont pas conditionnés pour ressentir ce genre d’émotions ». C’est un peu comme si Jos avait lu un manuel d’utilisation des clones et se contentait de ressortir ce qu’il avait lu. Pour Jos, les clones n’ont pas d’autre intérêt que le fait de se battre.

D’une certaine façon, Barriss adhère à ce point de vue : « c’est leur fonction première et ils l’acceptent sans se poser de questions. S’il n’y avait pas la guerre, les clones n’existeraient pas. Une vie difficile en tant que soldat vaut mieux que pas de vie du tout ». Autrement dit, les clones ont conscience de leur existence, et ont conscience qu’ils n’auraient pas dû exister. Pour Barriss, ils profitent donc de cette chance de pouvoir vivre.


Jos aura une révélation quand il questionnera un clone qui semble marqué suite à la mort d'un autre clone. Le clone lui répond que « nous nous sommes battus ensemble, avons mangé ensemble, et partagé nos moments de détente ensemble, comme des frères. Il me manque. Et je crois bien qu’il me manquera jusqu’à ma mort ». Ce clone illustre bien l’idée que les clones ne sont pas de simples reproductions : ils vivent les choses, sentent des effets positifs, peuvent être triste ou heureux… Pour Jos, entendre ça remet tout en question, même son travail. Il ne peut plus les considérer comme de simples clones, où il ne serait pas trop grave d’en perdre quelques uns sur les tables d’opération (« ils avaient des sentiments, une vie intérieure, peut-être même avaient-ils des rêves et des aspirations qui dépassaient le simple cadre de la guerre. Et cela changeait vraiment la donne pour Jos »).


Barriss est une Jedi. Elle montre que les Jedi ont été fortement marqués par deux événements : le départ de Dooku et la bataille de Géonosis.

Dooku était un des Jedi les plus brillants de l’Ordre et son départ a grandement marqué ses anciens camarades. Ils ont été encore plus touchés en voyant que cela avait même perturbé les Maîtres, comme Yoda : « Maître Yoda est l’un des membres les plus respectés du Conseil. Il a été le mentor de la plupart des Chevaliers de l’Ordre Jedi. L’un de ses étudiants, à sa grande tristesse, a quitté l’Ordre pour rejoindre le côté obscur de la Force ». Ils ont été encore plus dérangés car Dooku a causé l’un des plus grands massacres jamais connus par les Jedi à Géonosis. Barriss est en colère en repensant à ce moment (« quant aux Jedi, ils ne portaient pas cette crapule de Comte Dooku dans leurs coeurs. Le bougre avait entraîné la mort de beaucoup trop d’entre eux, deux ans plus tôt à Géonosis »).


D’autres doutent de la Force. C’est le cas de Ji, un mercenaire, particulièrement doué au combat au corps à corps. Sa vanité est d’autant plus renforcée qu’il a vaincu un Jedi. C’est ce qui lui permet de parler avec dédain à Barriss : « la Force n’est qu’un conte pour enfants inventé par l’Ordre Jedi afin d’effrayer celles et ceux qui osent se dresser contre lui. Les Jedi ne sont pas des combattants très impressionnants ». Les paroles et d’autres moments de scepticisme touchent Barriss ; elle se sent obligée de montrer qu’elle a des pouvoirs. Or, cela est assez futile. Elle s’en veut : « je me suis laissée emporter par l’orgueil et la colère. J’ai encore tellement de chemin à parcourir ».


Barriss elle-même doute. Elle doute de sa personnalité, de sa capacité à ne pas succomber à l’obscurité. Dans un souvenir, Luminara Unduli tente de lui faire comprendre qu’être une Jedi n’est pas de tout repos car « tu devras t’habituer à vivre constamment sur la brèche. Un simple faux pas et le côté obscur s’empare de toi ». En réalité, le côté obscur est une tentation facile. Luminara en dit que « ce sera mieux que dans tes rêves les plus fous. Tu te sentiras toute puissante, enrichie et remontée à bloc. Pire que tout, tu te sentiras bien. Et là est le vrai danger ».

samedi 30 novembre 2024

Iskat Akaris, une Jedi de l'Ancienne République

La vie d’Iskat Akaris est passionnante à suivre. Cette Jedi a traversé les époques et les grands moments récentes de cette galaxie. Jedi, elle a servi l’Ordre juste avant la guerre des Clones et a vu la transformation des Jedi. Puis, elle a vu la fin de la guerre et l’Ordre 66, et enfin l’avènement de l’Empire. Surtout, tout l’intérêt d’Iskat Akaris est qu’elle est une Jedi qui s’interroge, se questionne et cherche à trouver sa place et son histoire.


Geonosis a fait basculer les Jedi. Cette génération n’avait jamais connu la mort de façon si forte, n’avait jamais eu à se battre à cette échelle. Les choses ont changé et des Jedi ont dû découvrir une nouvelle part en eux-mêmes. Iskat tue et voit des Jedi mourir. Cela a un impact sur elle (« Iskat n’avait jamais ressenti avec une telle violence la mort de quelqu’un et elle eut l’impression de mourir un peu elle-même »). Il faut dire que, jusque-là, cette Padawan se contentait de rechercher des artefacts Sith avec son Maître. 

Iskat est troublée par la bataille. Elle a aimé se battre, elle s’est enfin sentie vivante. Surtout, elle a vu ses camarades être choqués par son attitude. Iskat analyse que « désormais elle était une meurtrière » et elle accepte ça, car c’était « pour une cause juste (…) pour aider à sauver ses camarades Jedi. »

En réalité, Geonosis creuse le fossé entre Iskat et l’Ordre, entre Iskat et les Jedi. Elle ne se sent presque plus à sa place. Elle trouve l’Ordre hypocrite et presque dépassé. Les Maîtres Jedi n’ont pas compris la peine crée en elle par la première bataille de la guerre des Clones (« ces funérailles ne lui procurèrent aucun réconfort. Ce rituel prétendument solennel était si artificiel qu’il n’eut pour résultat que d’accroitre son sentiment de solitude »).


Geonosis a donc marqué un bouleversement. Cela a aussi créé un vide. Bon nombre de Jedi sont morts. Et des Padawans pas encore prêts ont été adoubés Chevaliers de façon précipitée. Iskat en fait partie et accueille assez bien cette promotion : « elle dut mobiliser toute sa volonté pour conserver une expression neutre et ne pas laisser transparaitre sa joie et son excitation. Elle avait envie de sauter sur place et de hurler son bonheur, mais elle parvint à se contrôler. Les Jedi étaient censés se montrer modestes ».


Comme tant d’autres, Iskat se retrouve plongée dans la guerre. On lui demande d’accomplir des missions périlleuses et dangereuses tout en respectant les fondamentaux Jedi. Elle a du mal à le faire, d’autant plus que la réalité du terrain diffère avec les belles paroles. Plus le temps passe et plus elle s’interroge. Elle se demande si les Jedi n’ont pas été trompés par leur confort, leur vie sur Coruscant : « quelle importance avaient une retenue constante et toute cette beauté froide quand les garants de la paix échouaient à faire leur devoir ? ». Elle se demande donc si les Jedi en font assez pour protéger les peuples et les gens attaqués. Pour ne rien arranger, sa façon de faire détonne et soulève des questions. Le Conseil lui reproche d’être trop agressive, d’employer des mesures trop disproportionnés. Punie, Iskat est chargée d’enseigner aux plus jeunes, aux novices.  Vexée, elle comprend qu’elle doit changer (« elle tirait la leçon qu’il lui fallait maintenant ravaler ses pensées et ses sentiments véritables pour se couler dans un moule »).

D’ailleurs, un autre personnage semble dissimuler des choses : Anakin Skywalker. Iskat perçoit presque quelque chose de sombre en lui, quelque chose qui couve et menace d’éclater. Elle se rend compte qu’elle « ressentait un malaise émaner de lui quand il se trouvait à proximité, comme si un nuage noir flottait en permanence au-dessus de sa tête ».


Iskat en veut au Conseil qui la force à rester sur Coruscant alors qu’elle pourrait être utile en menant des missions. Elle leur en veut d’autant plus que des Jedi continuent de mourir. Pire, le Conseil se contente de cérémonies qui se répètent encore et encore, sans que les choses n’avancent. En assistant aux funérailles, Iskat est dégoûtée par ce qu’elle entend, ce ne sont que des mots vides (« les Jedi tombés vivraient éternellement à travers elle et dans la Force, mais elle ne voyait que des cadavres »).


Puis, l’Ordre 66 survient. Iskat finit par comprendre qu’elle a été espionnée et qu’un choix lui est offert. Elle n’est pas obligée de finir comme les autres Jedi. Elle peut décider de vivre si elle s’aligne sur le nouveau pouvoir en place. Elle dit au Jedi Tualon Yaluna, lui aussi choisi, que « les Jedi sont morts. Tous ceux que nous connaissons sont morts. L’Ordre Jedi n’est plus. Et je ne vais pas les rejoindre ».


Elle fait alors ses premiers pas dans l’Inquisition. Le Grand Inquisiteur lui explique que « les clones ont reçu un ordre, l’Ordre 66. Les seuls Jedi épargnés ont été ceux qui ne s’étaient pas laissé tromper par ces mensonges ». D’une certaine façon, ces propos montrent à Iskat qu’elle a un destin particulier, qu’elle n’est pas n’importe qui. Tout cela la conforte dans son idée que les Jedi et l’Ordre oeuvraient contre elle. Elle y trouve une justification : « ils avaient fait de leur mieux pour qu’elle demeure ignorante et suffisante, qu’elle croie que c’était elle le problème, elle qui n’était pas à sa place, elle qui ne savait tout simplement pas se hisser à la hauteur de la situation. Ils l’avaient retenue et bridée…à dessein ».


En tant qu’Inquisitrice, Iskat rencontre les Sith Sidious et Vador.

Elle se rend compte que Sidious est un personnage totalement différent de Palpatine. Si le Chancelier pouvait paraître affable et bienveillant, ce n’est pas le cas de l’Empereur, du Sith. Sidious impressionne Iskat, elle est presque tétanisée en sa puissance (« malgré la fragilité physique qu’il arborait, elle pouvait détecter maintenant sa présence dans la Force. Et c’était un maelström de puissance obscure qu’elle ne parvenait à sonder qu’en partie »). Sidious la met en garde : il ne tolère pas la médiocrité, l’apathie et si il lui trouve des circonstances atténuantes, ce n’est que temporairement (« je peux comprendre que quelqu’un élevé par les Jedi rencontre des difficultés à se débarrasser d’une vie entière de faiblesse »). La vie d’Inquisitrice est une lutte permanente pour la survie : elle peut être attaquée et blessée à n’importe quel moment, même par d’autres Inquisiteurs.

Vador offre une présence différente. Iskat compare les deux et remarque que quand elle « avait senti Palpatine dans la Force, tout son corps avait voulu fuir » alors que pour Vador, c’est un puits sans fond qui « menaçait de la noyer, de la geler sur place ».


Son nouveau statut lui permet de régler ses comptes philosophiques avec les Jedi. Cela arrive quand elle finit par retrouver sa famille et sa planète d’origine. Elle en veut aux Jedi qui ne lui ont jamais dit d’où elle venait et son histoire. Elle ne parvient pas à comprendre comment l’Ordre peut cautionner de telles choses : « les Jedi pensaient qu’ils procuraient à un novice tout ce dont il avait besoin pour s’épanouir, mais il se trompaient. Complètement. Les bébés avaient besoin d’être aimés et dorlotés ». C’est quelque chose avec lequel elle a toujours eu du mal, elle qui était la seule de son espèce sur Coruscant ou toutes les planètes visitées, elle qui se demandait sans cesse qui était ses parents. Sa colère est alimentée par les propos du Grand Inquisiteur qui dénonce les habitudes des Jedi quand elle se lance dans la traque des survivants : « ne leur donne pas l’occasion de parler, de t’empoisonner avec de la rhétorique, car ils vont tenter de t’influencer avec leur faible don de persuasion et de vagissements pathétiques ».

Elle trouve un Jedi qui n’est autre que le Maître Klefan Opus. Quand elle lui parle, elle règle ses comptes avec l’Ordre. Elle éructe que « vous vous proclamez les défenseurs des faibles, les garants universels de la paix, mais vous n’apportez que le chagrin, la mort et la trahison partout où vous allez ». On sent qu’elle prend un malin plaisir à dire, qu’elle est contente de pouvoir enfin dire ce qu’elle avait sur le coeur.


lundi 15 avril 2024

Les clones, traitres et trahis

Et puis vient l’Ordre 66. Les clones se retournent contre les Jedi, ceux qui avec qui ils ont combattu lors d’une guerre montée de toutes pièces par le Sith Dark Sidious. C’est le dernier acte tragique d’une guerre dans laquelle les Jedi se sont lancés à contre-coeur. Elle aura précipité leur chute et la disparition de l’Ordre. 

Pendant les quelques années de la Guerre des Clones, Jedi et clones ont passé beaucoup de temps ensemble. Opposés aux séparatistes et à leur armée de droïdes, ils ont appris à créer des liens, à se respecter en tant que combattants. Même pris par les combats, certains Jedi prennent le temps de réfléchir sur la situation. C’est par exemple le cas du Jedi Shryne : « Shryne sentait que les clones avaient une meilleure vision d’ensemble de la guerre que lui (…) Créés pour faire la guerre, ils devaient se dire que les Jedi étaient fous d’aller se battre vêtus d’une simple tunique et de robe à capuchon, avec pour seule arme un sabre laser ». On peut donc supposer que les clones ont gagné le respect des Jedi. Ils ne voient pas en eux de simples créatures crées pour faire la guerre mais aussi des individus avec leur propre personnalité. Se différencier les uns des autres malgré leur origine commune, c’est ce que les clones ont l’air de chercher à faire. Salve en est un bon exemple : « sur le côté gauche de son casque constelle d’impacts de shrapnel, on pouvait lire gravé au laser : Le service est ma vie (…) S’il n’appartenait pas aux CRA - les Commandos de Reconnaissance Avancée - il en avait les manières, et celles de leur modèle à tous, Jango Fett ».

Qu’ils aient tous le même visage ne semble pas embêter les clones et les Jedi. C’est même devenu un sujet de plaisanterie qui « avait maintenant plus de trois ans, mais elle avait toujours beaucoup de succès parmi les clones et entre les clones et les Jedi ».


Tout laisse donc supposer qu’il y a une relation de confiance. Mais, les clones doivent obéir aux ordres. C’est dans leur programmation. Quand l’Ordre 66 est déclenché, des Jedi sont abattus sur un bon nombre de planètes par les clones. Shryne, lui, échappe de très peu au pire grâce à un clone, Grimpeur, qui décide de lui accorder un sourire. Il affirme qu’ « en souvenir du bon vieux temps, je vous laisse une chance de vous enfuir. Mais les ordres sont les ordres. Si nous nous retrouvons, nous engagerons le combat ». 

Si Grimpeur ne tue pas Shryne et les autres Jedi, ce n’est pas nécessairement par sympathie pour eux mais aussi parce qu’il a besoin de comprendre la raison de l’ordre. Son supérieur, Salve, lui dit que les Jedi ont trahi le Chancelier, que les clones doivent obéir au Chancelier. Grimpeur doute encore, il ne comprend pas le plan des Jedi. Les questions qu’il se pose (« vous savez, la rumeur que les Jedi y soient pour beaucoup dans la création de la Grande Armée. Pensaient-ils que nous serions de leur côté le jour où ils agiraient ou comptaient-ils se retourner contre nous aussi ? ») semblent légitimes. Grimpeur ne semble pas adhérer pleinement à la thèse du coup d’Etat contre la République et Palpatine.


Tout cela aurait pu ne pas avoir de conséquences mais Vador débarque et demande des comptes. Globalement, Vador analyse que l’Ordre 66 a été une brillante manœuvre de son Maître Sidious et un succès : « les soldats - surtout les commandants - avaient été programmés pour montrer une loyauté indéfectible au Chancelier. Suprême dans son rôle de Commandeur en chef de la Grande Armée de la République (…) des milliers de Jedi avaient été assassinés par des soldats qui pendant trois ans n’avaient toujours répondu qu’à leurs ordres ». 

Mais, Vador vient demander des comptes aux clones qui n’ont pas tué les Jedi et leur ont laissé une chance. Il n’est pas là pour poser des questions mais pour punir. Grimpeur n’est pas d’accord (« Nous sommes des soldats raisonnables. Nous ne tuons pas les nôtres sans raison valable ») ; mal lui en prend : deux de ses camarades sont tués et lui est blessé et capturé. Voilà ce que récoltent les clones dissidents de l’Ordre 66.


Les clones ont donc été vitaux pour les plans de Sidious. Ils ont fait le sale boulot en tuant les Jedi et en éliminant du tableau les plus grands opposants du Sith. Sans eux, l’ascension de Sidious aurait été bien plus compliquée. Malheureusement pour les clones, Sidious est un être retors qui pense déjà au futur. Dans un discours, il trace un sombre avenir pour les clones. Il pense que la façon dont ils ont été élevés va desservir l’Empire et qu’il faut envisager de les remplacer : « notre armée actuelle subit un vieillissement accéléré, aussi faudra-t-il la remplacer peu à peu. Je soupçonne les Jedi d’avoir voulu créer une armée à l’espérance de vie brève, pensant qu’ils n’en auraient plus besoin une fois qu’ils auraient renversé le gouvernement de la République ». Là encore, le destin des Jedi et des clones est lié. Là encore, on comprend que les deux ont été manipulés par Sidious et que la chute de l’un entraîne la chute de l’autre.

Starstone, une apprentie Jedi, a bien saisi que les deux groupes ne sont que des pantins manipulés : « tout comme les Jedi, les soldats qui avaient été créés pour servir la République étaient les victimes de la traîtrise de Palpatine. Et maintenant ils mourraient des mains de ceux qui étaient à l’origine de leur naissance. C’est mal. C’est terriblement mal. Mais la notion d’ironie tragique ne faisait pas partie de la programmation des clones ».


mardi 16 janvier 2024

Des préjugés

Le premier roman de la saga Clone Wars n’est pas uniquement des Jedi recherchant le fils de Jabba le Hutt. Ce n’est pas non plus uniquement une des nombreuses péripéties de la Guerre des Clones ou les manipulations de Palpatine (Dark Sidious). C’est aussi un roman qui met en avant des préjugés sur des espèces. Ce sont des idées préconçues qui peuvent révolter ou se confirmer.


Un des préjugés est celui qu’a Jabba sur les humains. Il leur accord bien peu de valeur, il en parle avec des mots durs. Il semble ne leur reconnaître qu’un mérite : leur capacité à pulluler. Et même si certains d’entre eux détiennent le pouvoir, il affirme qu’ils ne sont clairement pas à son niveau. C’est impossible puisque leur vie est éphémère alors que lui peut viser le millénaire. Clairement, Jabba ne se voir pas comme une immense limace rampante mais comme un cerveau au-dessus de la moyenne, bien au-dessus.  C’est ce qu’il cherche à inculquer à son fils, lui expliquer qu’il ne peut s’en sortir que grâce à son intellect (« jusqu’à ce que Rotta soit assez grand pour comprendre que l’unique moyen de maintenir sa place dans une galaxie dominée par des bipèdes arrogants et arrivistes toujours en mouvement est de servir de ses méninges »). 

L’enlèvement de Rotta perturbe grandement Jabba. Pour lui, c’est un bouleversement que personne ne peut comprendre. Les gens, les autres le pensent froid, machiavélique, incapable de ressentir la moindre émotion. Ils se trompent car Rotta est sa chair, car Rotta est lui-même. Rotta est l’aboutissement de Jabba : « Les humains pouvaient-ils comprendre ? Se rendent-ils compte que quand on vit mille ans, quand votre enfant est vous-même, le produit de vos seuls gênes (…) cet enfant incarne l’avenir tout entier ? Il en doutait. Les humains n’étaient que des choses éphémères. Ils ne comprenaient que le maintenant. ». On perçoit là une différence de conception du temps : Jabba réfléchit à long terme, contrairement aux humains. Il sera toujours là quand ceux qui tentent de le défier seront morts.

Les événements poussent Jabba à fréquenter des Jedi. Si ils ont des pouvoirs, Jabba ne les classe pas différemment des autres humains : ils sont avides, ils sont fragiles. Jabba pense que « Jedi ou non, ils pouvaient être tués. C’étaient des mortels, et à l’instar de tout être vivant, ils convoitaient quelque chose ».

Malheureusement, Jabba est pris au piège par les machinations de Sidious. Il n’est qu’un pion, certes important à ce moment-là, dans une guerre montée de toutes pièces par les Sith. Il en prend conscience d’ailleurs : « Dooku l’avait roulé dans la farine, mais les Jedi aussi. Ils étaient tous les mêmes, ces humains, ils n’en avaient qu’après ses bonnes grâces et ce qu’ils pouvaient en tirer dans leurs incessantes chamailleries ». Au final, on sent que Jabba méprise les humains.


Le roman Clone Wars marque l’apparition d’Ashoka Tano, une Togruta, apprentie Jedi et confiée à Anakin Skywalker. Ashoka débarque en pleine guerre, pressée de faire ses preuves. Elle doit faire avec un maître (Anakin) secoué par des doutes et des secrets, et des clones qu’elle juge mal. Dans un premier temps, elle pense que les clones sont tous les mêmes, qu’ils n’ont aucune différence, aucune particularité. Elle se trompe. Pour lui prouver de voir plus loin que ce qu’on apprend, Rex lui conseiller de voir la façon dont sont décrits les Togrutas dans les datablocs : « la plupart des Togrutas ne sont pas autonomes. Beaucoup d’espèces les considèrent comme venimeux ». Bien entendu, Ahsoka est choquée et révoltée par ce qu’elle lit. Rex, lui, est plus pragmatique. Il apprend à connaître Ahsoka et apprécier ses qualités et ses attributs d’espèce : « Rex vit ce qu’elle était réellement : encore et toujours un prédateur, un chasseur vif et précis (…) Dans une guerre comme celle-ci, un prédateur était un sacré atout ». Rex voit donc Ahsoka pour ce qu’elle est et ce que ses caractéristiques peuvent apporter : il voit plus loin que les simples descriptions réductrices.

Entre les deux, un lien se crée. On en a la preuve lorsque Rex peut taquiner Ahsoka (« pas question de boulotter les rongeurs du coin, petite ») et qu’Ahsoka réagit positivement à sa blague (« il était content qu’elle prenne bien la plaisanterie. C’était un gros plus »).


Anakin a une façon de voir les choses plus binaires. Il manque parfois de subtilité. Lui aussi juge Ahsoka en l’observant et son analyse est bien moins mesurée : « plus il regardait, plus il voyait, non pas la gamine étourdie si anxieuse d’être prise au sérieux, mais l’héritage d’une espèce qui pouvait s’il le fallait planter ses griffes dans sa proie et la déchiqueter sans une seconde hésitation. ».

Quand Anakin et Ahsoka doivent prendre soin de Rotta et le ramener à Jabba, ils ont entre les mains un jeune Hutt malade. Il faut s’en occuper, le faire boire. Ahsoka montre plus de patience et de prévenance. Anakin supporte difficilement le contact avec le Hutt. Il a une bonne excuse puisque une Hutt l’a condamné à l’esclavage. Mais comment expliquer que ses cruelles pensées touchent aussi Ahsoka ? On peut lire que « Anakin eut un léger haut-le-coeur. Peut-être que quand on se délecte de rongeur, la bave de Hutt ne semble pas aussi répugnante ».

dimanche 10 avril 2022

Geonosis a changé les Jedi

L’Attaque des clones se conclut sur la terrible bataille entre les forces républicaines (et les clones de Kamino) contre les droïdes de la Confédération. Mais, un peu avant, il y a eu le massacre des Jedi dans l’arène : en effet, ces derniers étaient arrivés, menés par Windu, pour sauver Kenobi, Anakin Skywalker et Padmé Amidala. La Force et les sabre lasers furent bien impuissants face aux terribles droïdes et de nombreux Jedi tombèrent. Geonosis, ce n’est pas seulement la mort de dizaines de Jedi inconnus, ce sont aussi des histoires particulières, des individus marqués.

Dans la Revanche des Sith, on voit à quel point l’événement a marqué encore un peu plus Anakin et a contribué à son changement de comportement. Lui qui venait de goûter aux joies de l’amour est ramené à la raison avec la mort de sa mère déjà et également la mort de nombreux Jedi. Kenobi voit bien que son ami a changé et pour lui c’est la conséquence directe de Geonosis (« Obi-Wan espérait toujours deviner dans la voix d’Anakin un peu de son sourire moqueur de jadis, mais il ne l’y retrouvait jamais. Plus depuis Jabiim. Peut-être même depuis Geonosis »). Si Anakin est atteint, Geonosis a également touché des Jedi bien plus expérimentés. C’est le cas de Mace Windu qui ne cesse de se demander si il aurait pu mieux faire en étant plus incisif lorsqu’il avait Dooku et Fett à portée de sabre. Windu ressent la même chose qu’Anakin, quelque chose en lui s’est envolé, a disparu (« Mace aussi aurait ri, si quelqu’un dans l’arène de Geonosis ne lui pas, un jour de triste mémoire, si brutalement fait perdre le sourire »).

Dans Point de rupture, on comprend que c’est tout l’Ordre Jedi qui a été ébranlé par ce qui s’est passé. Les conséquences ne sont pas qu’immédiates, elles se diffusent aussi à moyen terme. C’est un réel traumatisme collectif qui touche aussi bien ceux qui ont combattu que ceux qui les ont soutenus : « la plupart des survivants de Geonosis soufraient de cauchemars terribles. Je ne compte plus les soigneurs Jedi qui me font part de leurs expériences auprès des victimes (…) Il n’y avait pas eu de massacre de Jedi depuis la guerre des Sith, il y a plus de quatre mille ans ». On le voit bien, les Jedi ont également perdu une illusion de sécurité et de puissance. Voir tant de Jedi mourir d’un coup en même temps ne leur était pas arrivé depuis bien longtemps : ils ont perdu leur innocence. D’autant plus que ce sont des Jedi prometteurs qui sont morts comme le dit Maître Leem : « le massacre de Geonosis était survenu, exterminant la fleur de la génération Jedi en moins d’une journée ».

La padawan Scout n’a pas participé à la bataille mais elle en a entendu des échos, elle a vu des Jedi survivants. Elle dit que « on a essayé de bien apprendre nos leçons, de nous tenir à carreau, mais on passait le temps à attendre que les autres reviennent. Et ils ne sont jamais revenus. Je ne parle pas seulement de ceux qui sont morts. Mais aussi de ceux qui ont survécu. A leur retour, ils étaient différents. Beaucoup plus sombres ». Son témoignage illustre bien l’état d’esprit des Jedi restés au Temple. Ils savaient que quelque chose de grave se passait et ne pouvait rien faire : leur impuissance leur était renvoyée en pleine face. Et quand les combattants sont revenus, ils sont marqués par les horreurs de la guerre, de leurs proches. Ils ont perdu le sourire, ils ont perdu un peu de leur joie de vivre. Ce qui est sans doute aussi compliqué est que les Jedi n’ont pas le temps de faire le deuil de ceux qui sont morts. La guerre des clones a commencé et elle ne leur laisse pas le temps de rendre hommage (« au début, il y avait eu des cérémonies commémoratives et des veillées afin que personne n’oublie jamais l’effroyable massacre. Mais le temps était passé, le déclenchement de la guerre avait eu lieu, éludant tout cela »).