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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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vendredi 20 mai 2022

Qu'a fait Luke après la bataille d'Endor ?

Qu’a fait Luke après la bataille d’Endor ? Les romans qui accompagnent les films de la prélogie nous donnent quelques réponses. Si rien n’est précis chronologiquement, on a les grandes lignes et on comprend que Luke est loin d’être resté inactif. Il a tenté de faire revivre un Ordre Jedi à sa façon.

Après la bataille d’Endor, Luke s’est tourné vers la formation de nouveaux Jedi ainsi que vers une quête philosophique. Il cherchait à en apprendre plus sur la Force et les Jedi, lui qui a eu un enseignement très réduit. Si l’on en croit les romans, son premier élève fut sa sœur, Leia Organa. Yoda lui avait en effet appris que sa sœur avait de fortes aptitudes et Luke a décidé de lui donner des bases. Dans le roman « L’ascension de Skywalker », Leia enseigne ce qu’elle peut à Rey sur la lune Ajan Kloss. C’est là que tout a commencé pour Leia : «  Ajan Kloss abritait tant de bons souvenirs. Des années plus tôt, elle s’était entraînée ici avec Luke, qui parlait de ce monde comme d’un Dagobah en mieux ». La comparaison est peu flatteuse pour la lune… Dans l’épisode V et VI de la saga, Leia a une pratique instinctive de la Force, elle s’en sert sans contrôle et sans maîtrise. C’est sur cela que Luke travaille. Il lui « avait appris à s’ouvrir à la Force, à sentir le mystérieux champ d’énergie qui sous-tendait le cosmos ». L’entraînement de Leia nous apprend que Luke a progressé dans sa réflexion. Lui qui a une formation incomplète et très peu accès aux anciens préceptes de l’Ordre a le champ quasiment libre pour former un Ordre. Il s’éloigne de ceux qu’ont pu lui apprendre Yoda et Kenobi qui, dans l’épisode V, le conseillaient presque de ne pas s’attacher à ses amis. L’expérience a prouvé le contraire à Luke : l’attachement peut aider les Jedi (« Luke lui avait expliqué qu’il avait rejeté les enseignements des Jedi (…) Les émotions qui avaient permis à Anakin de devenir Dark Vador pouvaient aussi le ramener du Côté Lumineux »).

A un moment donné, Luke a débuté une nouvelle mission : en apprendre plus sur la Force, les Jedi, les Sith et autres. Dans les derniers Jedi puis dans l’ascension de Skywalker, on voit bon nombre de livres se rattachant à tout ça. La quête de Luke a donc été concluante. Il n’a pas fait que les chercher, il les a lus et les a étudiés (« les textes Jedi étaient éparpillés sur l’établi de Rey et elle les étudiait pour la centième fois (…) Ce qui était étrange, c’est que certaines des annotations mystérieuses avaient été écrites par Luke »).

A une date indéterminée, Luke, accompagné de Lando, traquait Ochi de Bestoon qui devait lui permettre de retrouver le monde d’Exegol. Lando rencontre Rey, Finn et Poe et leur apprend ce qui s’est passé : « Luke et moi coursions une vraie fripouille. Il s’appelait Ochi de Bestoon. Un tueur de Jedi, depuis la guerre des clones. Il cherchait des reliques Sith ». La relique Sith cherchée par Luke était un orienteur, un instrument nécessaire pour se rendre sur Exegol. Rey affirme que « Luke était à sa recherche. Il a failli la trouver (…) Luke dit que pour s’y rendre, il faut disposer d’un de ces objets, un orienteur Sith ».

Mais, ce qui a le plus occupé Luke a été la formation ou plutôt la tentative de formation de nouveaux Jedi. Après avoir assisté à la fin de Vador et Sidious, Luke a laissé le statu quo se faire. Il n’a pas cherché à former de nouveaux apprentis. Mais, Leia et Han ont eu un fils sensible à la Force et lui ont demandé de l’aide (« Pendant de nombreuses années, l’équilibre s’était maintenu. Je n’ai pas pris de padawans et aucune obscurité ne s’est élevée. Jusqu’au jour où j’ai vu apparaître Ben, mon neveu »). Là, tout a basculé. D’autres expliquent ce qui s’est passé. Han Solo confirme que Luke n’a pas cherché dans un premier temps à fonder un Ordre Jedi ni même qu’il le désirait réellement. Il affirme qu’il « ne restait personne d’autre pour le faire, alors il a endossé ce fardeau. Tout se passait bien jusqu’au jour où un jeune apprenti s’est rebellé contre lui et a tout détruit ». Dans sa vision, Rey est témoin de la fin des espoirs de Luke. Elle le voit abattu et défait : « La lueur d’un feu l’éclaira, c’était la lueur d’un Temple en flammes au loin (…) L’individu tomba à genoux et tendit vers le droïde un bras artificiel ».

Cet événement a considérablement marqué Luke. Il a échoué. Dès lors, il s’exile sur la planète Ahch-to sans donner d’explications. Lorsque Rey finit par le retrouver et qu’elle lui demande de l’aide, il fournit des explications : « tu crois que je ne sais pas que mes amis souffrent ? Tu penses que je serais venu sur une des planètes les plus retirées de la galaxie sans avoir de bonnes raisons ? » Autrement dit, Luke se sent coupable de l’échec de Ben, du fait qu’il se soit tourné vers une obscurité. Ce sentiment le hante tellement qu’il prend une décision radicale. Il se coupe de la Force (« Je n’ai rien vu de vous. Pas de lumière, pas d’obscurité. Vous vous êtes fermé à la Force »).

dimanche 15 mai 2022

Kenobi n'aime pas les politiciens et Palpatine

Maître Jedi, au service de la République, Kenobi est sceptique en ce qui concerne les politiciens. Il a foi dans le système politique, il doute de ceux qui l’animent, le dirigent. Il faut dire que son époque est marquée par des troubles grandissant, des planètes abandonnés et des dirigeants corrompus. Passant du temps à Coruscant, le centre politique de la galaxie, il est un bon témoin de tout ce qui ne va pas. Il s’en ouvre à son apprenti Anakin Skywalker, un jeune homme largement influencé par Palpatine. Si il emploie des mots durs envers les sénateurs et politiciens, c’est sans doute pour instiller du doute dans le cerveau du jeune homme. Il lui affirme que « je sais d’expérience que les sénateurs ne cherchent à plaire qu’à ceux qui financent leurs campagnes électorales. Je sais également qu’ils ont un peu vite tendance à oublier les règles élémentaires de la démocratie pour obtenir ces financements ». Ce sont des critiques très dures. Dans le roman de l’Attaque des clones, il émet également ses premiers doutes quant à Palpatine. Si il ne parvient pas à saisir (comme tous les Jedi) que c’est un Sith, il se rend compte que Palpatine est un sénateur comme un autre, d’autant plus dérangeant qu’il est influent (« Palpatine est un politicien. J’ai remarqué qu’il était très versé dans tout ce qui concerne les passions et les problèmes des autres sénateurs »).

Au début de la Revanche des Sith, Kenobi et Anakin parviennent à récupérer le Chancelier Palpatine des griffes de Dooku et Grievous. Leur retour à Coruscant, bien qu’épique, devrait être un moment de triomphe. Mais, Kenobi ne peut s’empêcher d’être moqueur envers les politiciens (« c’est toi le héros. Va vivre ton jour de gloire entouré de… politiciens, acheva Obi-Wan avec une petite toux dédaigneuse »). Kenobi envoie Anakin récolter les lauriers. Il les a mérités certes mais surtout cela permet à Kenobi de ne pas y assister, de ne pas avoir à côtoyer des sénateurs. Rien ne s’arrange quand un amendement est proposé pour que le Conseil Jedi passe sous l’autorité du Chancelier. Kenobi montre clairement qu’il ne fait plus confiance à Palpatine. Windu, Yoda et Kenobi se rendent compte que Palpatine est entouré par l’obscurité ; s’ils refusent de croire que c’est le Sith qu’ils cherchent tant, ils savent que quelque chose ne tourne pas rond (« nous ne savons quels peuvent être les plains du Seigneur Sith mais ce que nous savons, c’est qu’il ne faut pas nous fier à Palpatine. Plus maintenant. Ce projet de résolution n’est pas le fruit d’un délégué trop zélé. On peut être sûr que c’est Palpatine lui-même qui l’a rédigé et fait présenter par un Sénateur à sa botte »). Malheureusement, Kenobi est dans une situation difficile car Anakin est sous l’emprise de Palpatine. Le jeune Jedi vénère le Chancelier et voit en lui la solution de tous les problèmes politiques du Sénat et de la galaxie. Dès lors, il est bien difficile de séparer Anakin et Palpatine. D’autant plus que le Sénateur cajole Anakin et prend plaisir à placer les Jedi en difficulté. Il nomme par exemple Anakin au Conseil Jedi et pousse ces derniers à avoir une attitude méprisante. Le pauvre Kenobi n’a pas d’autre choix que prévenir clairement Anakin : « plus rien n’est sûr. Je suis ton ami, et en tant qu’ami, je te le demande : méfie-toi de Palpatine ».

mardi 10 mai 2022

Une nouvelle aube : la question Jedi

Dans une nouvelle aube, l’Empire a gagné et étend ses tentacules dans toute la galaxie. Les peuples sont opprimés, utilisés sans merci et les Jedi défaits. Ceux qui ont survécu doivent changer : changer d’identité, de comportement. Ils ne peuvent plus vivre librement. Ce roman montre la façon dont Caleb Dume est devenu Kanan Jarrus, a tourné le dos aux enseignements Jedi, puis finit par y revenir.

Kanan était un apprenti Jedi lorsque la République a chuté. Appelé Caleb Dume, il était en mission sur Kaller lorsque l’Ordre 66 fut prononcé par Palpatine. Ce fut un terrible moment de sa vie, particulièrement dur où il assista à la mort de son Maître : « puis, d’un coup, la République et ses soldats clones s’étaient retournés contre les Jedi. Depa Billaba s’était battue pour le protéger… et Caleb s’était battu pour la protéger. Elle était morte ; il s’était enfui ». Non seulement Caleb n’a pas pu aider celle qui l’a formé mais en plus il n’a eu d’autre choix que de la laisser. Pire, avec le temps, Kanan différenciera Caleb de Kanan : il s’en voudra d’avoir été un apprenti Jedi, un statut qui lui a apporté une immense peine, qui lui a montré toute son impuissance. Des années plus tard, il pense à cette époque avec déception et peine : « Caleb avait autant que l’Empereur gâché l’adolescence de Kanan, et l’ensevelissait sous les regrets. L’esprit du jeune Caleb était rempli de et si, il se rejouait sans cesse la mort de Depa Billaba et des autres Jedi, cherchant toujours une solution qui aurait permis d’éviter la catastrophe ».

Si Kanan a cessé d’être un Jedi, c’est qu’il se sent impuissant. Pour lui, l’Ordre est bel et bien éteint, il n’y a rien à espérer et attendre. Pire, il est convaincu que les leaders des Jedi sont morts. S’ils étaient vivants, ils seraient nécessairement en train d’agir (« il n’arrivait pas à imaginer Obi-Wan caché de son plein gré sur une planète perdue, attendant que les choses se calment. S’il était en vie, il serait occupé à accomplir une mission »). Malheureusement, c’était bel et bien le cas : Kenobi était bien reclus, exilé mais avec une mission (protéger le jeune Luke Skywalker). Ayant tourné le dos aux Jedi, il a également arrêté de croire en leurs règles, enseignements et tabous. L’attachement et les relations charnelles ne sont plus un problème (« l’une d’elle spécifiait que les Jedi devaient éviter les relations amoureuses. Dès que Kanan Jarrus avait pris la fuite, il avait trouvé cette règle facile à oublier »). Pour autant, être Jedi ne lui a pas apporté que du négatif. Involontairement, ça lui a donné des outils pour survivre dans cette galaxie hostile. Non seulement, il a pu sentir quand des événements tragiques allaient arriver, mais en plus le non-attachement prôné par les Jedi l’avait préparé à sa vie de cachettes et de fuite : « ils avaient sans le couloir entraîné leurs élèves à devenir les fugitifs parfaits, capables de couper les points et de fuir à tout moment ».

Toute la galaxie sait ce qui est arrivé aux premiers jours du Nouvel Empire : on lit que « pendant des jours et des semaines, après que les généraux Jedi eurent été abattus par leurs propres soldats clones, le Nouvel empire avait traqué et éliminé les Jedi ».

Zaluna travailla pour la République puis pour l’Empire sur la planète Gorse : à chaque fois, elle était chargée de surveiller les civils. Elle est prise dans le feu de l’action contre son gré dans le roman Nouvelle aube : en effet, un de ses camarades de travail devait transmettre des informations à la Rébellion (Hera Syndulla), mais il se retrouve empêché et demande à Zaluna de prendre sa place. Zaluna a une vision assez objective des choses, elle sait que aucune information n’est neutre, qu’elle dépend du point de vue selon laquelle on l’observe. Elle remarque que « pendant la Guerre des Clones, les Séparatistes avaient fomenté de nombreux conflits contre la République. Les tenir à l’œil était une question de bon sens. Même les soi-disant défenseurs de la République, les Jedi, étaient devenus des traîtres...à en croire l’Empereur ». On peut croire qu’elle a l’impression que quelque chose ne tourne pas rond, que l’Empereur n’est pas aussi innocent qu’il le dit. Ce qui se passe à Gorse (l’exploitation de la planète et la menace de détruire sa lune) finit par convaincre Zaluna que l’Empire est loin d’être bénéfique, et que les Jedi seraient bien utiles (« dès que des vies innocentes étaient menacées, ils savaient comment réagir. Même dans les situations les plus inextricables »). Autrement exprimé, les Jedi apportaient l’espoir.

Hera Syndulla est également au centre des événements dans ce roman, elle fréquente énormément Kanan et finit par comprendre son passé, qu’il a été un Jedi et qu’il porte un lourd poids sur ses épaules (« elle avait regardé de nombreux holos historiques – tous interdits désormais- montrant les Jedi en action. Elle avait compris que leurs pouvoirs ne provenaient pas d’une sorte d’armure superpuissante qu’on pouvait laisser à la maison (….) Et seul un Jedi pouvait réussir les exploits que Kanan avait accomplis »). Bien impliquée dans la lutte contre l’Empire, malgré de faibles moyens, Hera saisit à quel point un Jedi pourrait faire la différence. Mais, elle ne presse pas Kanan, elle ne cherche pas à le forcer à dévoiler son passé. Elle désire qu’il rejoigne les rangs de la contestation par son propre choix, en faisant son propre parcours. C’est ce qu’il fera en la rejoignant à bord du Ghost (il est également attiré par la Twi’lek).

vendredi 6 mai 2022

Maître et apprenti : Dooku, Jinn et Averross

Dans le roman Maître et apprenti, le lecteur rencontre deux des apprentis de Dooku : Qui-Gon Jinn et Rael Averross. Le livre montre également la façon dont Dooku s’intéresse aux prophéties et au côté obscur.

Dooku a eu un fort impact sur le Jedi que Qui-Gon est devenu. Il a fait en sorte que son apprenti reste curieux, qu’il ne prenne pas les paroles du Conseil Jedi comme absolues (« c’était Dooku qui l’avait initié aux anciennes prophéties Jedi, suscitant son intérêt pour l’histoire et la linguistique (…) tous deux partageaient en outre de nombreux traits de caractère : l’autonomie, le scepticisme et une réticence à considérer la parole du Conseil comme sacrée »). On entrevoit bien là des choses qui mèneront Dooku vers l’obscurité et vers les Sith : le Conseil est devenu une force immobile et cela lui déplaît. Peut-être aussi que les prophéties Jedi le poussèrent à croire que l’Ordre était condamné. En tout cas, son positionnement théologique le poussait inévitablement à se détacher des Jedi : Dooku ne considérait pas l’obscurité comme un tabou, quelque chose qu’il ne fallait surtout pas étudier ou chercher à comprendre. On pourrait dire que, selon lui, limiter la Force à la lumière reviendrait à ne pas la comprendre : « Qui-Gon se souvenait encore de la première fois qu’il était tombé sur un arbre imprégné du côté obscur ; le choc avait été énorme. Maître Dooku avait secoué la tête d’un air réprobateur et déclaré : l’obscurité fait partie de la nature, Qui-Gon. Elle est aussi fondamentale que la lumière, ne l’oublie jamais ». Entendre cela peut choquer un jeune homme qui a passé toute sa vie baigné et bercé par les enseignements Jedi.

Pour autant, il ne faut pas croire que Dooku a tenté Qui-Gon. Au contraire, il l’a prévenu que les enseignements pouvaient l’aveugler, le tromper (« les anciens mystiques cherchaient à tort à connaître l’avenir. Cela les avait conduits sur des chemins dangereux. Ceux qui s’y intéressaient trop étaient souvent… étaient tentés par le côté obscur »). D’ailleurs, Dooku se détourne quelques temps des prophéties.

Quand Qui-Gon rencontre Averross, les deux partagent pour leur enthousiasme pour les prophéties. Averross est surpris d’entendre que Dooku ne s’y intéresse plus (« l’étonnement de Rael était sincère » et « c’est lui qui m’a rendu accro à ces trucs-là ! ») Averross a bien connu Dooku, il fut son padawan, il a partagé avec lui des centres d’intérêt. Il est donc un bon analyste, une bonne personne pour expliquer pourquoi Dooku a pu quitter les Jedi. Pour lui, la réponse est claire : « Dooku a quitté l’Ordre, parce qu’il en a eu marre de l’hypocrisie, du jugement et de tout le reste ». Ayant rejoint les rangs du Sith Dark Sidious, Dooku change. Il est impitoyable, prêt à tout pour atteindre son but. Il propose à Averross de le rejoindre (« il y a tant de choses que j’ai apprises, que je pourrais t’apprendre, bien plus que ce qu’on ne nous a jamais dit au Temple »). Dooku a clairement tourné la page des Jedi.

mercredi 30 mars 2022

Le déclin de Jar Jar Binks

Dans la petite collection de nouvelles sur Luke Skywalker, une jeune femme demande à l’assistance qui l’écoute si ils savent que Jar Jar Binks et Dark Vador sont la même personne. C’est une question qui montre bien à quel point l’aura de Jar Jar est entouré d’un mythe. Lui qui était un homme politique de premier plan à l’époque de la chute de l’Ancienne République a totalement disparu des radars, son nom est très rarement évoqué ou prononcé.

Car Jar Jar Binks a vécu quelques uns des plus grands moments de la fin de la République. Il était là à tenter de défendre le système politique alors que la menace séparatiste ne cessait de gagner en importance. Propulsé en tant que remplaçant de Padmé Amidala, il occupe la fonction de sénateur, un rang bien trop important pour ses capacités. Il se fait manipuler par Palpatine qui a besoin d’un porte-voix pour qu’un sénateur lui laisse la pleine conduite de la guerre. Croyant bien faire, Jar Jar s’exprime devant le Sénat : « en réponse à la menace directe sur la République, commença le Gungan, parlant à haute et intelligible voix, moi proposer que le Sénat accorde immédiatement les pleins pouvoirs d’urgence au Chancelier Suprême ».

Plus tard, sa réaction lors de la proclamation de l’Empire peut laisser croire qu’il n’est pas un partisan de ce nouveau régime. Il a en tout cas conscience que la situation est catastrophique. Contrairement à un bon nombre de sénateurs en liesse lorsque Palpatine proclame son nouvel ordre, lui est bien plus mesuré et cela étonne même ceux qui l’ont cotoyé (« de l’autre côté, le Représentant Binks hocha la tête et lui fit un clin d’oeil solennel, mais ne dit rien. Bail se renfrogna. Si même l’ineffable Jar Jar s’en faisait, c’est que ça allait encore plus mal qu’il ne le pensait »).

Présent lors de la mort de la République, il est également là pour la cérémonie d’adieux à Padmé Amidala. Il se montre digne, à la hauteur de la femme que fut Padmé et à la hauteur de ce que fut leur relation : « même les Gungans de la procession marchaient pesamment, plutôt que de leur pas sautillant habituel. Sur tout Naboo, le peuple pleurait une reine, une sénatrice ». Mais, la suite est bien moins brillante pour Padmé. Tout le monde lui tourne le dos, on l’accuse d’avoir permis l’Empire (« missa penser parce que Jar Jar Kinks faire bêtises. Maximax bêtises. Boss banni missi longtemps. Missa pas rentré à la maison maximax longtemps. Eussa croire missa aider euh-oh Empire »). Il est ostracisé, rejeté, erre. Il finit par vivre, à la rue, tentant de gagner sa vie en faisant le clown pour attirer pitié ou compassion. C’est un jeune garçon aussi perdu que lui qui lui tendra la main.

mercredi 2 mars 2022

Sith et obscurité dans les deux premiers tomes de la Haute République

Les deux premiers de la Haute République sont La Lumière des Jedi et L’orage gronde. Deux cent ans avant l’épisode I, la galaxie est en paix et les Jedi à leur apogée, jusqu’à ce que des événements viennent perturber la galaxie. Si le principal antagoniste de la série n’est pas Sith, il y a quand même quelques références aux Sith et à l’obscurité.

Très vite, on comprend que les Sith sont des éléments du passé, en tout cas pour les Jedi. Ils les ont combattu et ils les ont vaincus (« Mais nous l’avons déjà été par le passé, intervint Oppo Rancisis. De fait, nos prédécesseurs ont mené et remporté la Grande Guerre des Sith »). Les Jedi ont gagné et depuis ils dominent ; la domination se fait par des actes symboliques, des démonstrations de puissance. C’est par exemple l’Ordre Jedi qui, pour montrer sa puissance, fait construire son Temple sur un lieu important pour les Sith : « Peu de gens savaient que le Temple Jedi avait été construit sur un sanctuaire Sith. Il y avait là une vergence dans la Force, un nœud de puissance et d’énergie qui pouvait servir à beaucoup de choses (.. .) Dans le lointain passé de l’Ancienne République, à l’époque de l’antique Empire Sith, les Sith et les Jedi s’étaient souvent affrontés pour le contrôle de ces points-clés ». Cela montre bien la puissance des Jedi, le sentiment qu’ils ont d’être la force dominante de la galaxie. Ils sont convaincus que la menace Sith est quasiment nulle.

Pour autant, ils ne sont ni aveugles ni ignorants. Ils savent que les Sith ont par le passé été influents et qu’ils ont laissé des traces dans la galaxie. Cohmac est un Jedi à cette époque. Suite à enchaînement de catastrophes, Cohmac se trouve, avec d’autres, à explorer une Station amaxine (la relique d’une ancienne civilisation guerrière). Là, ils tombent sur des statues. Tout de suite, Cohmac fait la relation entre ces objets et des pratiques Sith. Il se rappelle que « dans toute la galaxie, il existe des légendes au sujet d’objets imprégnés par le côté obscur (…) certains affirment que, par le passé, les Sith les plus puissants étaient capables d’insuffler leur propre noirceur dans les objets qui les entouraient ». Cela fait un peu penseur aux orienteurs Sith que nous avons vus dans l’épisode IX, l’Ascension de Skywalker. En réalité, dans ce cas-là, la menace n’est pas Sith, elle vient des Drengir, une civilisation de plantes carnivores et guerrières, bien ancrées dans l’obscurité. Ce n’est pas l’obscurité à la façon Sith ; il y avait d’ailleurs la guerre entre eux (Cohmac : « Les statues ne contenaient pas le côté obscur à l’intérieur d’elles-mêmes. Elles contenaient dans la station amaxine, le gardaient prisonnier à bord »).

Jora est une Jedi qui a utilisé un objet Sith. Elle a transformé une lance en sabre laser. C’est bien la preuve que des objets Sith ont traversé le temps et que pour les Jedi il est important de les rayer de la carte. L’acte de Jora est symbolique (« elle avait retiré le cristal kyber, alors rouge sang, d’une antique lance laser Sith et l’avait saigné en le purifiant de toute la rage et de la souffrance qu’y avait instillés son propriétaire d’origine »). Des années plus tard, Ahsoka Tano fera la même chose avec les sabres des Inquisiteurs. Si les Sith ne sont pas physiquement présents, on comprend bien qu’ils sont toujours là, en menace de fond. Les Jedi Orla et Cohmac finissent par comprendre que les Drengir ont combattu les Sith (« Pas les mêmes. Leurs armes étaient rouges »).

Padawan, Reath suit les enseignements au Temple et de son Maître. Comme tant d’autres formés, il entend la célèbre maxime (« Détourne toi de la haine ; Elle mène au côté obscur »). A ce sujet, Cohmac a une réflexion qui résonne fortement à l’aune de ce qui se passe dans la prélogie (épisode I à III). Il s’interroge sur ce qu’est le côté obscur, sur la façon dont les Jedi le considèrent (« comment le côté obscur a-t-il pris forme dans ce lieu ? D’ailleurs, comment le côté obscur prend-il forme ? Parfois, je me dis que nous, les Jedi, avons notre notre part de responsabilité. Nous qui refusons de voir la Force dans sa totalité, d’en étudier l’obscurité aussi bien que la lumière »).

jeudi 30 décembre 2021

Qui est Snoke ?

Dans le Réveil de la Force, Kylo Ren, Phasma et Hux sont les principaux antagonistes des personnages principaux. On apprend qu’ils sont sous les ordres de Snoke, un personnage assez mystérieux, impressionnant et charismatique. Il dégage de lui, visuellement, une impression de puissance grâce à sa voix. Surtout, Snoke a réussi à redonner un cap à ce qui restait de l’Empire. Il a transformé, modelé et donné un cap à des gens perdus. Hux le dit clairement : « Snoke avait guidé le Premier Ordre pendant ses années difficiles, transformant une bande de réfugiés impériaux en une arme disposée à reprendre le contrôle de la galaxie ». Si Snoke a réussi à prendre la tête du Premier Ordre, cela n’a pas été facile. La galaxie était instable, les chefs impériaux se battaient entre eux (« Snoke savait que lui-même était une source inattendue de changement dans la galaxie, bien loin du nouveau leader que les nostalgiques de l’Empire de Palpatine avaient imaginé. Les amiraux et les généraux de l’Empire qui avaient survécu à l’implosion de l’Empire, puis à la colère de la Nouvelle République avaient imaginé être dirigé par quelqu’un d’autre »).

Pour arriver à ses fins et reprendre le contrôle, Snoke s’appuie donc sur Kylo Ren, un jeune homme qu’il forme et initie à la Force. Kylo Ren n’est n’importe qui, il est en réalité Ben Solo, le fils de Leia Organa et Han Solo, le neveu de Luke Skywalker. Attirer Kylo Ren a été une grande réussite dans un premier temps car cela a aussi permis de saper le moral de Leia Organa et priver Luke d’un apprenti de valeur. Mais, dans le Réveil de la Force, Kylo Ren déçoit Snoke : il est mis à mal par une jeune femme (Rey) et ne parvient pas à stopper les efforts de la Résistance de retrouver Luke Skywalker. Snoke montre alors tout son mépris à Kylo Ren par des paroles blessantes. Il lui dit que « Skywalker est en vie. Le germe de l’Ordre Jedi est en vie. Et tant qu’il vivra l’espoir vivra dans la galaxie. Un instant, j’ai cru voir en toi son fossoyeur. Hélas, tu n’es pas Vador. Tu n’es qu’un enfant avec un masque. » Snoke a tout de suite désigné Luke Skywalker comme son principal adversaire, loin devant le pouvoir politique en place. Snoke sait que Luke est un adversaire de valeur, on peut même penser qu’il le respecte en lisant que « Skywalker avait été assez malin pour ne pas reconstruire l’Ordre Jedi, n’y voyant plus que le club de débat sclérosé qu’il était devenu au moment de son agonie ». Snoke admet donc que Luke Skywalker a eu du courage pour ne pas recréer l’Ordre comme il était avant ; pour autant, il s’est très vite méfié de ses intentions et a tout fait pour le contrecarrer : « dès que Skywalker avait mis en danger les intentions de Snoke, il était devenu urgent d’agir (…) il avait pris la famille de Luke et dompté les pouvoirs de Ben Solo pour assurer à la fois la destruction de Skywalker et son propre triomphe ».

Snoke enseigne donc à Kylo Ren. Il doit faire avec l’orgueil du jeune homme et le prévient qu’il fera face à de nombreux défis. Lorsque Kylo finit par lui emmener Rey, il rappelle à son jeune apprenti l’inévitabilité de l’apparition d’un adversaire (« le Côté Obscur reprend ses droits et la lumière s’oppose à lui. J’avais prévenu mon jeune apprenti qu’en se renforçant, il verrait se dresser son homologue lumineux »). Si Snoke est aussi dur et exigeant avec Kylo Ren, c’est qu’il place de grands espoirs en lui. Alors qu’il est en train de martyriser Rey, il se perd dans ses pensées, dans sa vanité. D’ailleurs, il devient aveugle à ce qui se passe autour de lui, à ce que ressent son apprenti. Il dresse déjà des plans pour le futur, négligeant ce qui se passe au moment présent. Kylo Ren a déçu Snoke et ce dernier est enclin à tourner la page. Snoke se rend compte qu’il « avait considéré Kylo comme l’apprenti idéal : une création de la lumière et de l’obscurité, réunissant les deux aspects de la Force. Mais il s’était peut-être trompé. Peut-être que Kylo Ren était un mélange instable de ces deux versants de la Force, un réceptacle qui ne pourrait jamais être rempli ». Snoke sait qu’il joue gros (« établir un lien entre leurs esprits avait été un pari risqué. Il avait hésité ») en réunissant Rey et Kylo Ren. La jeune femme aurait pu fortement influencé Kylo Ren ; Snoke est persuadé de garder le contrôle. Il se trompe puisque Kylo Ren le coupe en deux (« le bas de son corps gisant au pied de son trôle « ).

Tout cela nous laisse croire que Snoke est un personnage intelligent, indépendant. Mais, l’Ascension de Skywalker remet tout en cause sans apporter de réponse franche. On y apprend que Snoke ne serait qu’un jouet de Palpatine. Le Seigneur Sith affirme en effet à Kylo Ren que « j’ai créé Snoke. J’étais toutes les voix que tu entendais dans ta tête ». Cela se confirme lors qu’il voit des clones dans les laboratoires d’ Exegol (« la même peau ridée, le même crâne chauve surdimensionné et les mêmes traits figés dans une expression d’angoisse éternelle. Des sosies parfaits de Snoke »). Mais est-ce la réalité ? Tout cela ne pourrait être qu’une nouvelle mise en scène de Sidious pour embrouiller l’esprit de Kylo Ren et montrer qu’il avait toujours eu le contrôle. Et cela fonctionne car Kylo Ren a l’impression qu’on s’est moqué de lui, que celui qui a été son Maître n’était en fait qu’une marionnette (« ce qui l’emplissait surtout d’une rage incandescente, c’était l’idée même que Snoke – son maître, celui qui l’avait tiré des embûches de la lumière, celui qu’il avait admiré plus que quiconque – n’avait été que le pantin de quelqu’un d’autre »).

dimanche 21 novembre 2021

Point de situation dans L'Escouade Inferno

Chronologiquement, le roman L’Escouade Inferno se déroule en parallèle et après les événements des film Rogue One et Un Nouvel Espoir. Dans cette œuvre, on a vu l’Alliance Rebelle mener une opération d’envergure contre une installation impériale et renverser le cours de l’affrontement. En réaction, l’Empire a ajusté sa réponse et a décidé de créer une équipe chargée de missions spéciales ; elle est composée d’Iden, Gersio, Del et Seyn.

Même si ce sont des impériaux, les membres de l’Escouade ont une grande crainte et un grand respect pour les dirigeants de l’Empire. On a la confirmation que c’est un régime dirigé via la peur, le respect de la chaîne de commandement. Vador et Palpatine sont tellement impressionnants que leur aura dépasse leur fonction, qu’ils ont créé une réputation bien sombre. Présente quand elle a vu les Rebelles détruire la première Étoile de la Mort, Iden a donc vu Dark Vador voler à bord de son vaisseau. Cela ne fait que confirmer ses craintes : « Iden sentit son estomac se nouer à la perspective d’une conversation personnelle avec le Seigneur Vador. Elle ne l’avait jamais rencontré, heureusement, mais les rumeurs effroyables ne manquaient pas à son sujet ». Quand ils sont envoyés en mission, Del et Gideon doivent infiltrer une cellule des partisans de Gerrera. Ils sont isolés et disposent de bien peu de ressources. Ils sont donc bien loin des forces impériales et pourtant l’ombre de l’Empereur est toujours là (« tous deux avaient éclaté de rire, mais s’étaient aussitôt interrompus. Même ici, même à cet instant, on ne plaisantait pas avec l’Empereur »).

C’est une époque compliquée pour l’Empire qui a perdu son sentiment d’invulnérabilité. Les Rebelles ont montré qu’ils étaient capables de leur faire grandement mal : « tous savaient qu’après la destruction de l’Étoile de la Mort, plus rien ne serait jamais comme avant ». Le roman nous en apprend plus sur ceux qui s’opposent à l’Empire. L’Alliance et les partisans de Gerrera ont le même but mais pas la même conception des choses pour y arriver. C’est un fait qui est partagé par un bon nombre de personnages, qu’ils soient impériaux ou non.

Iden revient sur les événements qui ont précédé les vols des plans de l’Étoile de la Mort. On a un rappel de ce qui s’est passé sur la lune de Jedha : « mais si nous avons la confirmation que Saw Gerrera et nombre de ses collègues ont en effet péri sur Jedha, des preuves indiquent que plusieurs partisans ne se trouvaient pas sur la planète ». C’est d’ailleurs Del un membre du groupe impérial qui pointe du doigt une principale différente entre les Rebelles et les partisans de Gerrera. Même après la mort de leur leader, ils ont gardé sa vision des choses, sa radicalité et sa violence. Il affirme qu’ « ils sont toujours demeurés fidèles à Gerrera et les méthodes trop extrêmes les coupaient de l’Alliance Rebelle ».

Azen, un homme de Gerrera, pense exactement la même chose : « jusqu’à ce qu’ils rassemblent assez de courage pour aller voler ces plans sur Scarif, j’aurais cru que les Rebelles étaient plutôt du genre à prendre le thé avec l’Empereur pour lui demander poliment si ça ne le dérangerait pas trop de se rendre ». On sent bien dans ses propos un réel mépris pour l’organisation pourtant alliée. Les rebelles ont clairement la mauvaise méthode, ils sont bien trop hésitants, pas assez enclins à prendre de gros risque. Mais ça, c’était avant la destruction de l’Étoile de la Mort qui a tout changé. Elle a mis la Rébellion au centre du jeu et lui a permis de propulser des figures médiatiques. Le Mentor, un autre agent de Gerrera, pense que « quand on a commencé à identifier l’Alliance à Mon Mothma et à la Princesse Leia, la Rébellion a soudain joui d’une légitimité sans précédent ».

vendredi 10 septembre 2021

La relation entre Finn et Rey dans l'Ascension de Skywalker

L’Ascension de Skywalker n’est pas que l’éternel combat entre les Sith et les Jedi ou le retour de Dark Sidious. Ce sont également les aventures de deux jeunes gens qui sont devenus des acteurs majeurs de la Résistance alors que rien ne le prédisposait : Rey et Finn. Les événements les ont rattrapés et ont fait d’eux des acteurs majeurs dans le combat contre les forces de Kylo Ren puis de l’Empereur Palpatine.

Tombés l’un sur l’autre par hasard, la relation entre Rey et Finn a pris un autre tournant quand Finn a décidé de venir sauver la jeune femme sur la base Starkiller dans le Réveil de la Force. Ce qui peut paraître anodin est un acte plus qu’important pour Rey. Elle n’a pas que passé sa vie seule, elle a également été abandonnée sur la planète Jakku par ses parents. Ce sentiment de rejet a modelé Rey et l’a longtemps empêchée de créer des liens (par exemple, elle refuse un poste auprès de Han Solo dans l’Héritage de la force). Finn est donc devenu « l’une des personnes les plus gentilles qu’elle ait jamais rencontrées. Non, la plus gentille (…) Finn avait accompli une chose que personne dans sa vie n’avait jamais faite pour elle, ce qu’elle attendait de ses parents depuis toujours : il était venu la chercher ». Cet accomplissement, s’être fait des amis, l’accompagne tout le long de sa quête. En effet, elle recherche un objet Sith qui doit lui permettre de trouver la planète Sith (Exegol) et doit donc aller sur Pasaana. Elle pense y aller seule, veut y aller seule mais Rey et Finn insistent. Cette attitude n’influe pas que sur sa décision, elle lui montre qu’elle fait partie d’un groupe (« elle était terrifiée pour eux, mais ne put s’empêcher de sourire (…) Rey avait réalisé depuis un bout de temps qu’elle n’était plus seule, mais désormais elle le savait, et c’était tellement merveilleux que ça faisait mal »). Les trois, Poe, Finn et Rey, forment « une super équipe même, les rare fois où Rey les accompagnait ». Car, si chacun a son propre voyage à faire (apprendre à diriger pour Poe, se débarrasser de l’éducation du Premier Ordre pour Finn), la situation de Rey est encore plus délicate. Poe le comprend mal, Finn l’accepte : « elle avait des choses plus importantes à faire en ce moment. Des trucs avec la force que Finn s’efforçait de comprendre ».

Le groupe évolue donc bon gré mal gré. Sur Passana, Finn, croyant mourir, décide de s’ouvrir (« Rey ! Je ne te l’ai jamais dit, mais... »). Malheureusement, ses derniers mots sont avalés par le sable. Lorsque la situation se stabilise et que Poe lui demande des comptes, Finn se retranche dans une attitude boudeuse. Poe a bien vu que la relation entre ses deux amis change ; il se montre malgré tout taquin (« On va mourir dans ce terrier et on se fait encore des cachotteries »). Plusieurs fois dans le récit, l’attitude de Rey à vouloir agir seule énerve Poe. Il ne comprend pas pourquoi elle tient tant à agir dans son coin ; Finn n’est pas sur cette position. Alors qu’ils sont aux alentours de l’Étoile Noire, Rey se lance à la recherche de l’orienteur, bravant les éléments. Il semble comprendre sa décision quand on lit que « Finn savait très bien ce qui lui était passé par la tête : elle allait traquer le Sith seule, pour tenter de protéger ses amis. Rey… Aussi stupide et merveilleuse qu’exaspérante ! »

Rey est contente d’avoir Finn à ses côtés. Il tient à elle, il est prêt à risquer sa vie. Elle remarque même les changements physiques qui s’opèrent chez lui, preuve qu’elle est attentive ( «  le jeune homme descendit de la rampe et son visage s’illumina en voyant son amie approcher (…) Finn avait un peu laissé pousser ses cheveux (…) Sa nouvelle coiffure lui donnait un air plus détendu »). Elle est tellement à l’aise avec lui qu’elle est capable de dire ce qu’elle ressent profondément (« tout le monde prétend me connaître. Je crois que personne ne sait qui je suis. Même pas moi »).

Poe n’est pas le seul à ne pas pleinement comprendre ce qui unit Rey à Finn. On peut presque percevoir une pointe de jalousie chez Rose : «  même Rose, qui acceptait pourtant la situation, trouvait cet attachement un peu étrange »).

Sur Exegol, Finn et Rey sont séparés car ils ont chacun des objectifs différents. Rey doit défier Palpatine alors que Finn participe à la bataille finale. Ils ne se voient à aucun moment, ils sont séparés par une forte distance physique. Pourtant, sans doute grâce à une sensibilité à la Force, Finn parvient à sentir quand Rey est en difficulté et même quand elle meurt : « elle était partie. Il commençait à peine à réaliser à quel point sa présence pesait lourd dans son esprit. Il aurait dû le lui dire ». Encore une occasion manquée pour Finn…

Heureusement pour l’ancien stormtrooper, Ben Solo (anciennement Kylo Ren) donne sa vie pour ramener Rey. Les retrouvailles sont donc possibles : « Rey sentit l’humidité des larmes de Finn contre ses propres joues et Poe la serra si fort qu’elle eu du mal à respirer ».


mardi 27 avril 2021

Les derniers Jedi : La Force, les Jedi


Dans le film Les derniers Jedi, des questions liées à la Force et à l’héritage des Jedi sont abordées. Ce qui est intéressant est qu’elles le sont à travers des personnages variés, qui ont différentes expériences : un Jedi, la fille d’un puissant Sith, un militaire, une jeune femme éloignée de tout… 
 
Il faut déjà se demander ce qu’est la Force. Alors qu’il tente d’enseigner à Rey quelques sujets, Luke Skywalker lui donne une définition claire : « la Force (…), c’est l’énergie qui relie toutes les choses entre elles. Une tension… qui maintient l’équilibre au sein de l’univers. » On apprend que Luke s’est coupé de tout ça, qu’il a cessé de faire partie d’un monde bien plus grand et que c’est pour ça qu’il s’est exilé. Il finit par se rouvrir et cela nous donne l’opportunité d’avoir une approche plus fine. Il y aurait une différence entre la Force vivante (« il eut à nouveau l’impression de faire partie d’un réseau infini de connexions maintenant tout en place, lui compris ») et la Force cosmique (« elle avait une conscience, un but et une volonté »).

La Force englobe tout, elle est tout. Leia Organa l’a compris il y a des années. Elle a eu quelques enseignements avec Luke et son frère « lui avait appris à s’ouvrir à la Force (…) il lui avait expliqué qu’elle avait inconsciemment fait appel à la Force toute sa vie. »
La Force existe, tout le monde n’y croit pas. C’est un peu la même chose des Jedi, ces gardiens de la paix qui ont été purgés sous le règne de l’Empereur Palpatine. Hux illustre bien ce doute. Comme tant de gradés militaires issus, il méprise la Force et la sous-estime. Il la considère comme « une sorcellerie », qui « était un écho moribond d’une histoire ancienne, peu fiable et imprévisible, alors que les prouesses technologiques apportaient la certitude. » Les Jedi disparus, beaucoup de rumeurs ont circulé à leur propos, des rumeurs négatives entretenus au fin des décennies et des années. Hux nous apprend que « son père, Brendol, lui avait raconté que les Jedi avaient maintenu le pouvoir en s’emparant des bébés sensibles à la Force et en les formant pour en faire des guerriers ». Cette affirmation peut presque être vraie, tout étant question de point de vue. Après tout, les Jedi ne prennent que des enfants très jeunes…
 
Luke est reclus. Il est meurtri et il a subi l’échec. Sa nouvelle académie a été détruire, Ben Solo s’est tourné vers l’obscurité. Surtout il remet en question ce que les Jedi du passé croyaient, eux qui se positionnaient en tant que gardien de la paix, du bien. Les Jedi se sont considérés trop important (« dire que la lumière s’éteindrait avec les Jedi est du pur orgueil »). Il dresse alors à Rey un sombre bilan des Jedi : « l’héritage des Jedi est un échec. Hypocrisie. Orgueil (…) Au sommet de leur puissance, ils ont laissé le champ libre à Dark Sidious, le créateur de l’Empire, qui les a balayés. C’est à un maître Jedi qu’incombe la responsabilité d’avoir créé et formé dark Vador. » Luke n’est pas tendre avec son ancien ami et maître, Obi-Wan Kenobi. Il arrive à garder un esprit lucide malgré des liens affectifs. Il sait que les Jedi ont pêché, à un point qu’ils ne furent plus qu’une poignée quand il y en avait des milliers quelques mois auparavant.

Snoke semble partager la décision de Luke. On peut lire que « Skywalker avait été assez malin pour ne pas reconstruire l’Ordre Jedi, n’y voyant que le club de débat sclérosé qu’il était devenu au moment de son agonie ».

Snoke semble également au fait de l’histoire récente des Jedi. Il veut éliminer Luke car c’est un adversaire redoutable (« comme son père, Skywalker, avait été un instrument de prédilection au service de la Force cosmique. C’est pourquoi il était essentiel de le surveiller »).

Dans cette logique, il est intéressant de noter la réapparition de Yoda et l’enseignement final qu’il donne à Luke. Dans la trilogie originale, Kenobi et Yoda insistaient plus ou moins sur la nécessité de Luke d’affronter et de mettre à bas Sidious et Vador. Certes, il y avait Leia mais ça ne réconfortait pas Luke, il ne voulait en aucun cas sacrifier sa sœur. Yoda insiste à nouveau, Luke n’est pas le dernier Jedi. Il a beau avoir rejeté l’Ordre, il faut qu’il dise à d’autres tout ce qu’il a appris ou vécu (« transmets ce que tu as appris. La sagesse, oui, mais aussi les folies. La puissance, la maîtrise, mhm. Mais la faiblesse et les échecs aussi. Oui. L’échec surtout. Le meilleur des maîtres, c’est l’échec »).

vendredi 1 janvier 2021

Dans le roman Ahsoka, quels sont les personnages des films et des séries évoqués ou présents ?

  • Anakin Skywalker, avant qu’elle ne parte chasser Maul et dans différents souvenirs
  • Maul sur Mandalore (le combat)
  • est évoqué Palpatine et son Empire
  • R2-D2
  • Mace Windu et Rex servent de point de comparaison avec Kaden (teint de peau)
  • Kenobi (souvenirs)
  • Kenobi a également un flash-back  quand il emmène Luke chez les Lars et rencontre Qui-Gon Jinn)
  • Le Gouverneur Tarkin
  • Barris Offee (souvenir de sa trahison et réflexion sur son comportement)
  • Maître Plo
  • Bail Organa (ce qu’il a vu au Temple, la Rébellion et rencontre Ahsoka)
  • Le Sixième Frère (Inquisiteur) traque Ahsoka
  • Jabba le Hutt
  • le Soleil Noir
  • Commandant Cody
  • Sénatrice Amidala
  • Maître Yoda (souvenirs quand Ahsoka cherchait un cristal pour son sabre)
  • Leia, la fille de Bail Organa (canal audio, on n’entend que sa voix)
  • Capitaine Wedge Antilles
  • Le Grand Inquisiteur
  • Seigneur Vador


jeudi 17 décembre 2020

Ce que L'ascension de Skywalker nous apprend sur les Sith

L’ascension de Skywalker consacre le retour de Palpatine, autrement connu sous le nom de Dark Sidious. Le Sith est parvenu à transformer la Nouvelle République en un Empire. Mais après quelques décennies de règne, il a été renversé par son apprenti Vador et un jeune Jedi Luke Skywalker.

Jusqu’à présent, les films avaient été avares de renseignements sur les Sith et il avait fallu se tourner vers des romans ou des comics pour en apprendre plus. On pouvait piocher dans l’univers canon ou l’univers légende. Le film IX de la saga offre déjà un peu plus de contenu sur la culture Sith. On visite la planète Exegol, on a de gigantesques statues, on voit des gens encapuchonnés dans une arène. Mais aussi, il y a ces scientifiques qui travaillent sur les clones de Sidious ou autour de Snoke.

Le roman prolonge cette découverte.

On apprend que ce sont des découvreurs, des gens de science. On en a une preuve avec l’harnais d’Ommin, “une colonne vertébrale mécanique portée autrefois par un ancien Roi des Sith”. Kylo Ren voit non seulement que les Sith sont capables de prouesses techniques mais que leurs créations se transmettent dans le temps.

Kylo bénéficie d’ailleurs d’une technique Sith quand son casque est réparé. Tous les Sith ne sont pas voués à devenir Empereur ou Maître, Roi ou apprenti. Il existe différents rôles, comme celui qu’occupe Albrekh, un “alchimiste Sith formé à la métallurgie classique, capable de réaliser des exploits sans précédents dans la galaxie moderne”.

Ils sont aussi des explorateurs, osant braver les dangers de la galaxie pour toujours en savoir plus. Ainsi, il est écrit que “les Sith et les Jedi avaient déniché des chemins menant jusqu’à quelques planètes plus dangereuses et plus secrètes encore dans ces régions inconnues”.

Et pour parcourir la galaxie, il faut parfois des cartes spéciales. C’est pourquoi les Sith ont créé des orienteurs. L’historien de la Résistance nous dit que “ce sont des antiquités. Seuls deux exemplaires ont été fabriqués : un pour le Maître Sith, l’autre pour l’apprenti.”

Le roman met également en avant la culture, l’histoire Sith. Une part de l’action se déroule sur une planète jusque là inconnue, cachée dans les recoins de la galaxie. Ce n’est pas qu’une planète, elle abrite également tout un tas d’habitants. On lit qu’ “Exegol abritait l’Eternel Sith, un culte composé de véritables adeptes du côté obscur de la Force”. Une culture peut également être représenté par des objets significatifs, importants symboliques ou simplement beaucoup utilisés. On en a deux illustrations ici. C’est l’amulhex dont se servent les héros pour chercher un orienteur. C’est un objet banal selon C3PO (“un emblème très courant des loyalistes Sith”). Puis quand Rey se rend sur Exegol, elle aperçoit de gigantesques portraits de pierre. Elle ne peut que penser que “les statues rendirent hommage à d’anciens Seigneurs Sith”.

Enfin, il y a également la langue Sith qui semble être un grand tabou. Sa pratique a été interdite par le Sénat de l’Ancienne République.

Si le roman parle des Sith de façon générale, il ne faut pas oublier que c’est Sidious le principal antagoniste. Il y est souvent fait référence.

Kylo Ren est le premier à le rencontrer et Sidious le tente, lui promet du pouvoir. Kylo n’est pas dupe, il n’est ni naïf ni stupide. Il sait que “jamais un Sith n’avait renoncé de son plein gré à un trône.”

Sidious tente aussi de manipuler Rey. Il lui fait croire qu’il a gardé le trône bien au chaud pour elle. Elle est sa petite-fille et il ne veut que lui transmettre le pouvoir (“tue-moi et mon esprit pourra passer en toi. Comme tous les Sith vivent en toi”). En vérité, il ne veut qu’une nouvelle enveloppe charnelle. En effet, on apprend dans des notes de Luke que Sidious “avait prétendu avoir découvert le secret de la vie éternelle grâce à son propre maître, Dark Plagueis”.

Tous les membres de la Résistance et le lecteur sont choqués de voir Palpatine de retour. L’Etoile de la Mort n’a pas qu’explosé, Vador a propulsé son corps dans un très profond conduit, le générateur du vaisseau. Mais, Leia nous apporte un éclaircissement qui concorde avec ce qu’on sait du Sith : “il était intelligent, déterminé et extrêmement bien préparé. Avec toujours deux temps d’avance sur tout le monde.”


samedi 29 août 2020

De quoi traite Le Collectionneur ?

Le roman Le Collectionneur nous fait suivre les traces du jeune Karr. Ce dernier est un jeune homme banal, comme il en existe tant d’autres dans la galaxie. Les événements se déroulent après la chute de l’Empire et le Premier Ordre est déjà bien installé. Cela fait quelques années que le jeune homme sait qu’il a un talent particulier, à savoir que certains objets lui procurent des visions quand il les touche avec ses mains. Sa grand-mère, avant sa mort, a essayé de le guider. 
Un beau jour, il décide d’explorer la galaxie pour se remettre à la recherche d’objets liés à la Force, aux Jedi. Et son voyage lui réservera un bon nombre de surprises. C’est le grand intérêt de ce roman qui nous fait revivre quelques uns des plus grands moments de la saga. Il s’ancre aussi dans la réalité de la postlogie avec le Premier Ordre ou Maz Kanata. Il offre le point de vue de quelqu’un de curieux vis à vis de la Force mais aussi sans connaissances poussées : il est donc curieux, ouvert à toutes les histoires et critiques (positives ou négatives), il ne nie pas l’existence des Jedi, des Sith ou de la Force comme d’autres avant lui.

Sont abordés ou évoqués :

  • l’Ordre 66 et la disparition des Jedi
  • la Guerre des Clones
  • l’arrivée de Kenobi sur Utapau à travers une vision procurée par le bâton de l’administrateur Tion Medon
  • la bataille de Jakuu où on aurait vu Luke Skywalker
  • Le Faucon Millenium
  • Un entraînement à bord du Faucon, Kenobi supervise Luke puis perçoit la destruction de la planète Alderaan
  • La vision du crash de Sifo-Dyas sur la lune Oba Diah
  • Un des derniers messages enregistrés de Sifo-Dyas où il avertit le Conseil qu’il a décidé de commander une armée de clones aux Kaminoans
  • Un vieillard alcoolique raconte avoir vu, sans pouvoir les nommer, Kenobi, Luke, Han Solo et Chewbacca à la cantina de Mos Eisley
  • un casque d’un garde montre le massacre du Temple Jedi par Anakin
  • Des Inquisiteurs
  • la vision de la cérémonie de la remise de la médaille de Luke par Leia après la destruction de la première Etoile de la Mort, Karr a touché celle d’Han Solo
  • après avoir touché l’ancien bras de C3PO, Karr a une vision assez large de la vie d’Anakin (destruction de l’Etoile de la Mort au-dessus d’Endor, C3PO et R2D2, Obi Wan Kenobi, la naissance de Luke et Leia, Anakin devenu Vador)
  • le Jedi survivant de l’Ordre 66 Naq Med : il a quitté l’Ordre avant, a été traqué par un Inquisiteur, a cru les mensonges de Palpatine et se révèle le grand-père de Karr (ce qui explique sa sensibilité à la Force)