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Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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jeudi 21 mai 2026

La fin de la guerre contre les Nihil de Marchion Ro

La République et les Jedi face aux Nihil de Marchion Ro ! Dans ce dernier roman de l’excellente saga de la Haute République, le moment est venu de régler les comptes. L’action se déroule sur Coruscant, sur Eriadu, sur la Planète X… C’est une lutte pour la vie, pour la survie. Et même si Marchion Ro semble se désintéresser du sort des Nihil, cela ne veut pas dire que la tâche est plus aisée pour les Jedi et leurs alliés : après tout, il faut affronter les redoutables Sans-noms et le Fléau.


Les Jedi ont fait une découverte sur la planète Kashyyyk. Il semblerait que les Sans-noms puissent les aider à lutter contre le Fléau, à le repousser. Le Fléau est sans aucun doute le pire ennemi qu’ils aient affronté jusqu’à maintenant tant cette infection ronge les planètes et semble impossible à canaliser. Or, en ramenant les Sans-noms sur leur planète d’origine, la planète X, il semblerait que cela permettrait de trouver des réponses. Le Jedi Torban Buck résume clairement la chose en disant que « les Sans-noms incarnent notre pire cauchemar. Ils nous ont tout pris… Et voilà que nous risquons nos vie pour sauver les leurs ! » Il s’avère que tuer un Sans-nom participe à l’extension du Fléau. Les Jedi doivent donc tout faire pour les sauver alors qu’ils ont vu ces créatures tuer bon nombre d’entre eux, les réduire à un fort état d’incapacité. Un groupe de neuf personnes (7 Jedi, un Jedi ayant basculé vers le côté obscur et une ancienne Jedi reconvertie en chasseuse de primes) est constitué pour transporter les Sans-noms. L’ex Jedi et critique de l’Ordre, Ty Yorrick, explique que « le briefing de mission que les Neuf avaient reçu juste avant de partir de Coruscant avaient fait toute la lumière sur les conséquences terribles qu’entraînerait la mort d’autres Sans-Noms ».


Arrivés sur X, le groupe des Neuf arrive sur une planète où la vie est particulièrement forte et exaltée. Leur vaisseau hors service, ils n’ont pas d’autre choix que d’avancer et ils tombent sur Marchion Ro qui les attend ! Le leader des Nihil n’est pas seul, il est accompagné de Sans-noms. Dès lors, Marchion Ro ne se contente pas de contrôler les Sans-noms qu’il maîtrise. Grâce à son sceptre, il envoie à une lutte à la mort bon nombre de Sans-noms indigènes à X. Les Jedi ont beau tenté de les protéger et des empêcher de s’entre-tuer, c’est en vain. Les conséquences sont terribles dans toute la galaxie : « et désormais, étant donné que Marchion Ro avait provoqué la mort d’une quantité de Sans-noms sur leur monde d’origine, un nexus de la Force (…) le Fléau gagnait en Force ».


Si le Fléau est une horreur, les Jedi et leurs alliés ont toujours pensé la même chose des Sans-noms. Or, sur X, Avar Kriss et Elzar Mann font une découverte qui change tout. Les Sans-noms sont intelligents. Ce sont des êtres vivants indépendants qui sont capables de s’exprimer et vivent en société. Un Sans-nom communique même avec eux, cherchant à savoir quelles sont leurs intentions. Avar lui répond que « nous cherchons à porter la lumière dans la galaxie, et blesser ou tuer délibérément n’importe quel être doué de conscience nous parait abject ». On peut noter qu’Avar Kriss porte là le message majoritaire de l’Ordre Jedi, même s’il n’est pas le seul à exister ; tous les Jedi ne se sentent pas si liés à cette façon de penser ou voir les choses.


Sur Eriadu, le peuple vivant sous l’occupation des Nihil se soulève. La bataille a lieu sur terre, dans le ciel et dans l’espace. C’est un combat à la vie, à la mort. Une leader d’Eriadu, Tarkin, est claire : « nous sommes en guerre. Les Nihil fauchent les innocents comme autant de brins d’herbe. Ils ont ainsi renoncé à la considération qu’on pouvait leur porter. Nous sommes tous la République. Et les Nihil ont prouvé qu’ils n’en faisaient pas partie ». Ce discours n’est pas censé uniquement galvanisé ses troupes, il sert aussi de signal de rappel aux Jedi : il faut tuer si on veut gagner, et pas chercher une éventuelle rédemption ou bonté chez les ennemis (« faites bien savoir aux Jedi que le temps n’est plus à la prudence (…) aux tentatives visant à réhabiliter l’ennemi »).


Ce que Tarkin ne sait pas et ce qu’elle ne peut pas savoir est qu’un Jedi légendaire est présent sur Eriadu : Porter Engle. Il faudrait plutôt dire qu’il est un ancien Jedi car il n’est animé que par une seule chose : la vengeance. Porter Engle veut tuer Abediah Viess, la Générale des Nihil qui a tué sa soeur (Barash Silvain).

Porter Engle est particulièrement charismatique. Son nom est connu de tous les Jedi comme con histoire. Le Jedi Emerick Caphtor, aussi présent sur Eriadu  assiste à l’arrivée de Porter Engle. Il témoigne : Porter Engle « s’était retiré de l’Ordre, mais a repris du service au début du conflit contre les Nihil (…) Il s’est concentré sur le maniement du sabre laser tout au long de sa carrière. Il réalise des prouesses que nous autres saisissons à peine ». Les événements lui donnent raison. Porter Engle joue avec la plus haute gradée Nihil présente lors de la bataille d’Eriadu. Porter Engle cherche un adversaire à sa hauteur et il semble déçu de ne pas le trouver (« la joie du sabre laser résidant dans la possibilité que votre partenaire de danse vous surprenne, ou bien vous batte »). Cette attitude ne semble pas être compatible avec les préceptes des Jedi. Porter Engle l’est encore bien moins quand il achève froidement Viess (« l’interrupteur de son sabre laser s’activa un très bref instant. Un trait d’énergie bleu vif en jaillit et transperça la tête de la Générale Abediah Viess »). Les Nihil sont vaincus et c’est la continuité de la fin pour eux. 

Car, en effet, quelques temps avant, l’égoïste et narcissique Marchion Ro avait mis fin, sans prévenir personne, au Rempart d’Orage. La zone créée et contrôlée par les Nihil n’existait plus.


Pour Ghirra Starros, c’est un réel traumatisme. Elle qui se sentait en position de force (« j’ai créé une société fonctionnelle à partir d’un groupe de fous furieux, qui avaient autant de chances de s’entretuer que d’éliminer leurs ennemis. Les Nihil paient des impôts à présent ») a tout perdu. La principale ambassadrice et politicienne des Nihil, l’amante de Marchion propose alors à la République la reddition des Nihil.


X apporte un bon nombre de réponses aux Jedi. Ils comprennent que les Sans-noms ne peuvent vivre que sur cette planète et les éloigner créer en eux une forte détresse et peur. Elzar Mann dit que « quand Marchion Ro les a arrachés à ce lieu, ils ont perdu la raison et développé des tendances monstrueuses. Affamés et réduits en esclavage, l’esprit rongé par la faim ». Autrement dit, on comprend que les Sans-noms n’avaient rien de particulier contre les Jedi mais que toute leur cruauté a été impulsée par les circonstances et Marchion Ro. 

X a besoin dans Sans-noms et les Sans-noms ont besoin de X. Elzar Mann explique que « ce monde est un nexus de la Force, un lieu qu’investissent en grande quantité la côté lumineux et le côté obscur. Les Sans-noms canalisent ces énergies et les maintiennent en équilibre ». 

Mais, les efforts de Marchion Ro ont perturbé l’ordre des choses. Dès lors, Avar Kriss et Elzar Mann doivent rester sur la planète le temps que les Sans-noms soient assez nombreux (le temps de contenir le Fléau), ce qui peut prendre des dizaines d’années… Les deux Jedi effectuent donc un immense sacrifice. Ils restent sur la planète alors que les autres Jedi rentrent sur Coruscant avec un Marchion Ro vaincu.


Marchion Ro a bel et bien été défait. Lui qui semblait imbattable a connu la peur et l’échec. Cela ne semblait pas évident tant il fanfaronnait quelques jours avant.


En effet, alors que le Fléau prospérait dans la galaxie et que la République était impuissante à stopper son évolution, il avait offert son aide. Il avait ajouté à cela une belle mise en scène lors de son apparition en holo à la chancelière Lina Soh (« un individu dépourvu de peur, d’armure, de protection contre le Fléau face auquel le reste de la galaxie se recroquevillait de terreur. Bref, il ressemblait… à un conquérant, pensa Lina »). Marchion Ro se voyait en sauveur, il pensait que la République allait se jeter à ses pieds et le remercier. On se rend compte que Marchion Ro est ambitieux : il veut être la personne la plus importante de la galaxie. Tuer des milliards de gens ne le suffit plus, il veut marquer l’histoire, devenir immortel via sa sauvagerie.

Lina Soh repousse son offre. Cela n’étonne pas plus que ça Ghirra Starros (« ils ne te font pas confiance, Marchion, ce que je peux comprendre. Ton offre a dû leur paraitre étrange. Quand ton ennemi souffre, tu ne lui tends pas la main pour l’aider »).


Marchion Ro veut être reconnu, admiré. Il ne cherche pas à partager le pouvoir ou l’influence, il veut être le seul qui compte. C’est un trait qui lui est apparu jeune (« il avait commencé par sa famille, même si la méthode paraissait drastique : il était devenu le plus important des Ro en étant tout simplement le dernier »). Son égo le pousse à ne pas prendre en compte ce qui lui disent ses proches. Ghirra Starros, Abediah Viess ou Nan peuvent dire ce qu’elles veulent, il s’en fiche. Il se moquait aussi totalement de ce que pouvait dire les Maîtres-Tempêtes. Plus les Nihil représentent une menace pour la République, plus Marchion Ro goûte au pouvoir et plus cela nourrit son estime de lui-même (« l’univers venait à sa rencontre et dans des sphères de plus en plus hautes, la volonté de Marchion Ro était devenue la seule qui importait »).


D’ailleurs, quand il fait face aux Jedi sur X, il leur dit exactement cela. Il se vante que « personne d’autre n’a d’importance (…) Excepté moi (….) Maintenant et à jamais ». Mais, Marchion Ro est vaincu par les Jedi. Pire, ils ne lui accordent pas une fin rapide en le tuant. Immobilité, il est transporté comme un vulgaire sac de patates par le Jedi Wookie Burryaga Agaburry. Là, il est ramené sur Coruscant où il est jugé et condamné à la prison à vie. Sa cellule n’est pas une prison où il pourrait recevoir des visites ou se tenir au courant de l’actualité ; on lui creuse un trou dans un astéroïde loin de tout, loin de toutes les routes spatiales et il est condamné à finir là, avec quelques droïdes et des réserves alimentaires. Marchion Ri finit donc seul mais sans aucune gloire, sans aucun impact sur la galaxie.

La mort finit par le prendre (« jusqu’au jour où il poussa le dernier soupir dans la douleur et la solitude, les poumons noyés de sang, le corps réduit à une coquille desséchée. Durant tout ce temps, personne ne visita jamais Marchion Ro. Pas même les sceptres »). Ainsi finit le leader des Nihil. Dans l’indifférence totale.


Yoda jette un regard triste sur ce conflit qui a vu mourir tant de Jedi, tant de citoyens innocents où des planètes ont connu le pire. Le vieux Jedi refuse de voir que les Jedi ont aussi leur part de responsabilité (« toute cette douleur avait émané des choix d’une seule personne égarée, d’un être rongé par l’avidité et la possessivité. Une femme du nom d’Elecia Zeveron qui s’était fait appeler Mère alors qu’elle n’avait engendré que tragédie »).. Après tout, elle a été séparée jeune de sa soeur, partie rejoindre les Jedi, et elle l’a très mal vécu.

vendredi 9 mai 2025

Les larmes des Sans-Noms : des Jedi brisés.

Plus les choses avancent et plus la situation se complique pour la République et les Jedi. Les Nihil contrôlent une partie de la galaxie, des Jedi sont tués par des créatures abjectes. Et, pour ne rien arranger, un fléau incontrôlable (sauf par Marchion Ro) ravage des planètes.


Les Jedi pourraient penser être à l’abri sur Coruscant : ils ne le sont pas. S’ils ne doivent pas craindre une attaque frontale et directe des Nihil, il apparait que le fléau les menace. 

Dans un premier temps, le Jedi Reath Silas confond le fléau avec ce que pourrait dégager le Jedi déchu Azlin Rell (« un être aussi pitoyable que dangereux (…) Azlin Rell (…) Le déchu. Un Chevalier qui avait embrassé le côté obscur de la Force »). Il faut dire que ce Jedi a été traumatisé par les Sans-Noms et qu’il a basculé vers l’obscurité pour lutter contre. Cela lui a permis de vivre pendant plus d’un siècle, certes consumé par l’obscurité, la haine et la peur. Reath Silas lui rend donc visite alors qu’il est enfermé dans les profondeurs du Temple et il pense que cette sensation de mal-être (« dans les niveaux souterrains du Temple Jedi, l’air semblait froid et humide, comme si Reath avait quitté Coruscant et traversait un royaume surréaliste ») pourrait venir de lui.

En réalité, c’est le fléau qui a envahi le Temple comme le découvrent Vernestra Rwoh et Reath Silas : « des cendres blanches à l’endroit où se trouvaient jadis (…) un lieu toujours riche en Force ». Rien ne semble pouvoir arrêter la progression du fléau dans le Temple, pas même les Jedi. Ils s’emploient  pourtant vaillamment pour lutter contre et ils font tout pour circonscrire la chose (« on ignorait toujours comment le fléau était arrivé sur Coruscant, mais ils savaient tous que si la nouvelle se répandait, cela provoquerait une panique démentielle »).


Des Jedi, aussi, sont brisés et luttent contre leurs démons intérieurs. Tous ont vécu des moments traumatisants depuis l’arrivée des Nihil. Elzar Mann est possiblement un des plus touchés : il faut dire qu’il se sent responsable de la chute du Flambeau Stellaire. Reath Silas pense qu’ « Elzar avait commis une erreur dévastatrice durant les derniers instants du Flambeau Stellaire ». Elzar Mann a mal évalué la situation (« il avait surpris un Nihil qui tentait de contrôler la chute de la station, et la prenant pour une saboteuse, l’avait tuée. Cette tragédie pesait sur lui depuis plus d’un an »). Depuis, Elzar Mann ne pense qu’à se racheter et montrer qu’il peut être un Jedi (« il valait mieux que ses erreurs, qu’il méritait la tunique qu’il portait et sa place dans l’Ordre Jedi »).


Même Yoda semble mal évaluer la situation. Il persiste à voir les Nihil comme un groupe criminel quelconque : « sans ces créature, juste un autre seigneur de guerre Marchion Ro serait ». Mais, bien avant l’utilisation des Sans-Noms, les Nihil avaient mis la République et les Jedi à genoux.


Les Sans-noms ont juste renforcé la puissance des Nihil. Ils sont une nouvelle arme qui terroriste les Jedi et leur fait perdre tous les moyens. On en a la preuve quand le Padawan Amadeo Azzazzo en rencontre un. Sa réaction corporelle laisse peu de place au doute : « sa vision était complètement brouillée. Il n’arrivait pas à penser. Il se rendit compte qu’il tremblait, évacuait toute sa peur dans un cri rauque et guttural ». Pour ne rien arranger, Azzazzo voit un Jedi mourir devant lui : «  l’oeil restant de Maître Lox parut se fixer sur lui quand la matière grise de son visage desséché commença à s’effriter. Sa mâchoire, le côté de sa tête, puis son torse tout entier s’affaissèrent tels des grains de sable ». Le traumatisme est donc encore plus fort. Azzazzo est brisé et la perte d’un proche ajoute encore plus à sa douleur.


Un autre individu va connaître un sort tragique : Sicarus. Il est un homme du Baron Boolan, un important membre de la hiérarchie des Nihil. Sicarus a une particularité : il contrôle des Sans-Noms (« c’est moi le chef de meute; Pas toi, le pâle. C’est moi qui décide quand tu manges ») et il s’en sert pour traquer les Jedi. L’homme se vante, il se sent fort et craint. Sensible à la Force, il prend du plaisir à voir les Jedi mourir ; il se nourrit de leur peur et de leur détresse. Il savoure le moment où il les voit mourir : « c’était le dernier regard qui rendait toujours ce moment spécial (…) quand la Force s’échappait de leur coquille vide et que l’essence-même de ce qu’ils avaient été disparaissait (…) oh, comme il aimait ce moment ».

Le Jedi Azzazzo rencontre Sicarus. Il est touché par ce que dégage l’homme : « c’était comme si, après avoir passé du temps avec les Sans-Noms, il avait été souillé par eux, avait adopté leur saveur unique ». Sicarus combat des Jedi et pense pouvoir prendre le dessus. Mais, il est vaincu et il connait le même sort qu’ont connu tant de Jedi ; il est « allongé sur le sol » et « se battait en hurlant » alors que « la forme démoniaque de la créature dévorait avidement la Force Vivant de son propre maître ». 

mardi 15 avril 2025

Le roman la Tentation de la Force

Les Nihil ont réussi à s’accaparer un morceau de la galaxie. Relativement à l’abri derrière leur Rempart, ils imposent leurs lois, la violence et la peur. La République et les Jedi tentent de lutter et de faire face. 

Les Jedi se rendent compte que la situation est plus que périlleuse. Le combat contre les Nihil mobilisent beaucoup de leurs ressources et créent beaucoup de dégâts dans leurs rangs. Les morts sont nombreuses, la conception de la Force se retrouve chamboulée. Le Jedi Elzar Mann se rend compte que « la République était totalement débordée : elle devait faire face aux habituels conflits locaux, grèves générales et catastrophes naturelles frappant des systèmes entiers, tout en gérant la menace constante, extrême et imminente d’une invasion nihil ». Les Jedi sont donc sollicités. Ils combattent et perdent parfois pied. Ils ont quelques victoires, ils sont souvent traumatisés. Ils n’ont pas oublié la catastrophe du Legacy Run ou du Flambeau Stellaire, la mise à mort du Grand Maître Jedi VeTer par Marchion Ro. Et pourtant, Coruscant n’a pas changé. Ses habitants continuent de vivre comme si rien de grave ne se passait. Elzar est presque choqué de cette apathie (« les habitants de Coruscant se comportaient tout à fait normalement comme si rien n’avait changé depuis deux ans. Un parfait étranger aurait pu penser que les Nihil n’existaient pas. Qu’aucune énorme distorsion gravitationnelle n’isolait une section de la galaxie »).

La République est donc menacée par les Nihil. Pire, les Nihil, en tout cas selon Ghirra Starros, peuvent offrir aux gens un autre modèle de société. Si on ne voit les Nihil que par leur violence, il ne faut pas négliger le fait que certains d’entre eux veulent construire quelque chose de concret et durable. Alors qu’elle se rend sur Coruscant pour rencontrer la chancelière Lina Soh, Ghirra Starros délivre une rélle profession de foi : « il existera toujours des gens qui n’auront pas leur place dans la République. Des cartels et des organisations que les moeurs de la République et des Jedi irriteront. La République ne saurait répondre aux besoins, aux aspirations de tous ». La chose est claire : les Nihil veulent offrir une alternative.


Les Jedi vivent de grands bouleversements. Les Nihil offrent une menace tout à fait inattendue et inconnue. Ils ne sont pas comme les ennemis traditionnels des Jedi, les Sith. Rien dans leur formation n’a préparé les Jedi à ce genre de défi. Avar Kriss pense que « la pire perte infligée par Marchion Ro au Jedi constituait à les avoir privés de leurs certitudes ».

De façon plus terre à terre, les Jedi sont confrontés à des ennemis impitoyables qui n’hésitent pas à leur envoyer de terribles créatures comme les Sans-noms qui « s’étaient révélés des ennemis brutalement efficaces pour la Force elle-même ».

Les Nihil ont visiblement bien étudier les Jedi. Ils savent qu’ils ont une arme redoutable : les sabres laser. Les Nihil ont donc trouvé de quoi les contrer : le beskar. Quand le Jedi Porter Engle affronte la Nihil Viesse, il s’en rend compte : l’arme devait être faite de beskar pour supporter l’impact ».


Les impacts sont donc en grande partie négatifs. Mais, tout n’est pas noir. Des Jedi trouvent même l’amour, osent s’avouer leur amour. C’est le cas d’Elzar Mann et Avar Kriss qui finissent par se rendre compte que s’avouer leurs sentiments et les vivre ne va pas les empêcher de faire leurs devoirs de Jedi. Ils perçoivent que « l’attachement et la possessivité sont des défauts parce qu’ils limitent le potentiel d’un Jedi. Ils amenuisent la galaxie. Mais l’amour est sans limites (…) nous sommes tous des trous noirs qui attirent l’amour. Des notes sans fin, des océans sans fond ».


Marchion Ro, lui, est de plus en plus détaché du sort quotidien des Nihil. Son comportement intrigue ses subordonnés. Il est souvent absent, et quand il est présent, c’est comme si il n’était pas là. Son comportement surprend donc, d’autant plus que Marchion Ro a des visions d’une ancêtre décédée : Marda Ro apparait en tant que fantôme.

Lorsqu’il focalise son attention sur les Nihil, Marchion Ro est presque dégoûté par ce qu’il voit : « aucun de ceux qu’il avait admis à ses côtés ne s’en montrait digne ».

Ce dédain n’est pas réservé aux Nihil. Il a également un fort mépris pour les Jedi et l’Ordre. Ils ne voient pas que quelque chose de plus vaste est en cours, ils sont limités par leurs responsabilités (« accaparés qu’ils étaient par le Rempart d’orage, le sauvetage de la population (…)  ils ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez »).

En tout cas, Marchion Ro reste un formidable opposant comme s’en rend compte Vernestra Rhow quand elle lui fait face : « Ro leur tirait dessus de manière décontractée, presque amusée ». 

C’est Xylan Graff, un ancien collaborateur des Nihil qui les a trahis pour rejoindre la République, qui offre la description qui résume le mieux Marchion Ro. Il affirme que Marchion Ro « dort sur un matelas rembourré de plans B ! Il lance tellement de machinations à la fois que peu importe celle qui fonctionne, puisqu’ il y en aura bien une qui le fera ». On pourrait presque dire que Marchion Ro a pénétré l’esprit des Jedi et des politiques de la République : ils ne font que lui courir après, ils ne sont pas à la manoeuvre.


En réalité, le roman La tentation de la Force révèle un nouvel ennemi, potentiellement plus dangereux que les Nihil, les Sans-nom ou les Drengir. Cette nouvelle menace est tellement terrifiante que le Jedi Burry finit par ressentir de la compassion pour les Sans-noms qui en sont victimes (« devant ces dépouilles, ces sacs d’os vides couverts d’un pelage miteux… il ne pouvait faire autrement. Ils paraissaient usés. Abandonnés »). Cette chose est « un phénomène cancéreux, qui se développaient insidieusement selon un schéma incompréhensible à ce jour mais qui dévorait entièrement des mondes sains et vivants ». 


C’est Marchion Ro qui étudie le plus ce phénomène. Dans un moment bien intrigant, Marchion se rend sur Coruscant pour voir les Jedi et la chancelière. Comme souvent, Marchion ne questionne pas, il assène sa parole : « vous êtes au courant du fléau qui se manifeste dans toute la galaxie ». Il ne fait pas que mettre en garde, il toise, il provoque : « nul n’es à l’abri : ni la République, ni les Nihil, ni les Hutts, les mercenaires de Takodana ou les Mandaloriens. Personne sauf moi ». Le roman se termine donc sur un Marchion Ro triomphant. Et qui se place en seul recours.


mardi 20 août 2024

La situation de la galaxie dans le roman l'Oeil des Ténèbres

Les Nihil de Marchion Ro ont réussi un exploit en faisant s’écraser le symbole de la République : le Flambeau Stellaire. En faisant cela, ils ont montré que la République n’était pas si protectrice que ça, et qu’ils avaient une force de frappe incroyable. Surtout, ils ont réussi à se construire un territoire dans la galaxie. Ils ont coupé un bon nombre de planètes de la République.


Marchion Ro trône sur cette zone. Si il n’est pas du genre à diriger au jour le jour, à s’impliquer dans toutes les tâches administratives, il donne quand même le tempo. C’est lui qui insuffle la direction aux Nihil, c’est lui qui les inspire et leur donne le mode de vie à suivre.

Shryke, une Nihil, a trouvé son destin en les suivant. Fille d’une bonne famille, riche et aisée, elle n’a rien à voir avec les Nihil en apparence. Mais, les Nihil lui ont permis d’ôter une sorte de chape qu’elle portait, d’être enfin réellement qui elle est. Prendre ce qu’on veut quand on le veut semble être le leitmotiv de ce groupe. C’est en tout ce qu’on peut conclure en ayant accès aux pensées de la femme : « là, parmi les Nihil, se trouvaient des individus capables de trouver la joie dans un total abandon (…) Des gens qui prenaient ce qu’ils voulaient ,disaient exactement ce qu’ils pensaient. Et qui manifestaient une splendide et dévastatrice aptitude à la violence. Pour une femme qui avait passé comme (…) costumée et paradée (….) qu’on n’avait jamais autorisé à parler ou à agir comme elle le souhaitait, l’idée s’avérait tout à fait grisante ». On peut donc très bien embrasser les idéaux et le style de vie des Nihil et apprécier leur barbarie.

Toutefois, tous les gens ne sont pas des Nihil. Ceux qui se retrouvent du mauvais côté de la frontière ont vu la situation s’imposer à eux. Ils n’ont pas d’autre choix que baisser la tête et accepter la domination des Nihil. Si ils ne le font pas, c’est la mort. Boona dit ainsi qu’ « ils ont tué la moitié de la population (…) Ils ont aligné les habitants et s’en sont servi pour s’entraîner au tir. Et ils ont conclu que nous devions nous estimer heureux, avec autant de bouches à nourrir de moins ». Les Nihil font donc régner l’ordre en répandant la peur et la mort. Ils doivent bien se douter qu’ils ne vont pas avoir automatiquement le soutien des populations locales. 

Ils essaient parfois de se placer comme l’institution régnante légitime. Ils contrôlent les médias et lèvent l’impôt, quitte à faire de la propagande assumée.

Par exemple, Rhil, une journaliste prisonnière, est forcée de présenter des informations et de tourner des reportages mettant en avant les Nihil (« l’émission, scénarisée par la Générale Viess, avait pour but d’encourager les habitants de l’Espace Nihil à verser leur impôt de bonne grâce au moyen d’une série de menaces à peine dissimulées »).


Les Jedi sont dans une impasse. Ils n’ont pas pu empêcher la terrifiante Catastrophe, ils n’ont pas pu empêcher la chute du Flambeau. Si ils ont pu avoir quelques succès ici ou là, rien ne semble empêcher la marche en avant des Nihil. Pour ne rien arranger, un des Grands Maîtres, Pra-Tre Veter, a été capturé et sa mise à mort se fait de façon publique, elle est diffusée via un flux vidéo à toute la galaxie. C’est un spectacle inhumain que regardent les Jedi. Ils voient l’un d’entre eux être réduit à rien par les Sans-nom (« il ne restait plus rien du Grand Maître Jedi qui avait été Pra-Tre Veter. Rien d’autre que la poussière et le vague contour d’une coquille vide de forme humanoïde »).


Les Jedi semblent sans repères, perdus. Quelques uns sont présents dans le territoire Nihil comme Avar Kriss. La Jedi ne sent plus ses camarades, elle est isolée. La Force a beau toujours coulé en elle, elle ne sent plus faire partie d’un grand tout : « son lien avec la Force s’était…. Altéré, après le Flambeau, lorsqu’elle s’était retrouvée prisonnière de l’espace Nihil (…) Mais durant l’année passée, le chant s’était estompé, désormais dissonant. Etouffé et détraqué ».

Le Jedi Elzar Mann, lui, ne sait plus du tout où il en est. Il rêve d’une action héroïque qui renverserait le cours des choses. Il est grandement marqué par ce qui est arrivé à Veter (« il avait également observé avec une fascination terrifiée la créature de Ro (…) La proximité du monstre exerçait un effet prononcé sur la perception des Jedi, dont elle perturbait les pensées, provoquant chez eux des hallucinations biaisées et une terreur abjecte »).

Elzar Mann tente de franchir la frontière mais son action conduit à encore plus de morts. A ce moment là, il perd espoir, il s’avoue vaincu. Il confesse dans un message à une Avar Kriss absente que « je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite, ni comment rattraper ces erreurs. J’ignore même si je dois tenter de les rattraper ».


Marchion Ro, lui, mène ses troupes. Si il lui arrive de prendre en compte les avis de ses adjoints les plus proches, ses deux plus proches compagnons semblent être les créatures tueuses de Jedi, les Sans-nom. Son côté violent et impitoyable est ainsi mis en avant. Ro est aussi un bon stratège, sachant jouer sur les peurs de ses ennemis. Il tue des Jedi et ridiculise la République en mettant sa capitale sur un monde important. Ainsi, on peut lire que « Ro savait ce qu’il faisait en exploitant les symboles (…) Hetzal comptait pour la République et les Jedi. Pas seulement en raison de ses abondantes récoltes (…) C’était le monde qui avait échappé à la Catastrophe de l’Hyperespace ». 


Tout ne se déroule pas parfaitement non plus. Si personne ne remet en cause sa façon de mener les Nihil, quelques uns ne le suivent pas non plus aveuglément. C’est ainsi le cas de Ghirra Starros, une sénatrice républicaine ayant rejoint les Nihil et qui aurait envie que les Nihil profitent de leur avantage pour construire quelque chose de solide. Starros a énormément de mal à se faire entendre par Marchion Ro. Starros se rend compte que Ro n’est animé que par l’envie de destruction ; il le lui dit d’ailleurs clairement (« Telle est la Nature des Nihil. Une tempête qui balaie la galaxie. Une force inexorable. Le chaos ne se transforme pas en ordre une fois qu’il a tout dévasté »). Calculateur, il accepte d’envoyer Starros en mission auprès du Sénat et de la Chancelière pour négocier un accord auquel il ne croit pas du tout. Tout le monde en a conscience sauf une partie bien naïve de Ghirra Starros. La Chancelière Soh exprime ses doutes assez clairement : « Marchion Ro vous a envoyé pour faire mine de rechercher la paix, mais, je ne crois pas qu’il souhaite une solution pacifique. Je crois qu’il nous nargue et se sert de vous pour y parvenir ».

Et Soh semble avoir raison car Ro a des volontés expansionnistes. Il ne se contente pas de la zone qu’il occupe déjà puisque « nous avons reçu confirmation que le Rempart d’orage s’étendait », autrement dit les Nihil ont de plus en plus de planètes sous leur domination.

Starros se rend compte qu’elle a été manipulée, que Ro n’a aucune envie de négocier un accord.


Le tableau semble donc bien sombre. Mais, des signes d’espoir émergent. Avar Kriss parvient à franchir la frontière et revenir sur Coruscant. En outre, certains Nihil doutent : ils en ont assez des meurtres gratuits, du toujours plus de violence et de sang. Discrètement, un Nihil glisse à Starros que « je voulais juste que vous sachiez que nous sommes nombreux à adhérer à votre façon de penser ».

Enfin, Marchion Ro semble montrer des signes de fragilité. Il est en proie à des visions qui ont l’air de le tourmenter quelque peu. Il voit des membres de sa famille, dont son père qu’il a tué (« il entendant de plus en plus souvent la voix de son père ces dernières semaines, ainsi qu’une autre (…) Marda Ro. La fondatrice d’origine des Nihil »).