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jeudi 15 janvier 2026

Dark Plagueis contre la Force

Qu’ils l’admettent ou non, les Jedi détiennent et exercent le pouvoir. Ils ont l’oreille des différents Chanceliers et c’est vers eux qu’on se tourne pour résoudre les crises. Mieux, ils offrent aux différentes populations un réconfort moral. Mais, les Jedi font preuve d’hypocrisie en refusant d’assumer ouvertement leur position. C’est une différence majeure avec les Sith qui, eux, expriment leur but sans aucune gêne. 

Quand il parle au jeune Palpatine, pas encore formé aux arts Sith, il s’interroge : « qui façonne le plus l’histoire de la galaxie : les bons qui adhèrent à ce qui a été testé et approuvé ou ceux qui cherchent à sortir les êtres de leur stupeur et à les mener vers la gloire ? » La quête du pouvoir, de la récompense pour les plus forts semble un aspect important de la philosophie Sith.


Choisir l’obscurité n’est pas la facilité. C’est oser prendre son destin en main, c’est oser ne pas se tourner vers les Jedi qui forment le groupe dominant de la Force à cette époque. Surtout, le côté obscur vous pousse à changer. Il est le début d’une nouvelle voie comme le dit Plagueis quand il finit par convaincre Palpatine de devenir son apprenti (« vous pensez : je vais mourir. Le Côté Obscur va me tuer. C’est vrai : vous mourrez. Mais seulement pour renaître »). En quelque sorte, se tourner vers l’obscurité ou les Sith est un acte de rébellion contre le bon ordre des choses. Plagueis résume la chose en affirmant que « les actions d’un Sith naissent de son moi intérieur et déferlent vers l’extérieur. Nous traquons la Force comme des chasseurs, nous ne soumettons pas comme des proies à ses caprices énigmatiques ». On note aussi qu’il y a un aspect de domination. Plagueis ne veut pas se laisser imposer des choses, que ce soit par la Force ou les Jedi ; il est là pour écrire le destin, l’histoire.


Plus loin, Plagueis confirme son hypothèse de se dresser face à la Force. Il faut se détacher d’un embrigadement idéologique, d’un lavage de cerveau. Les Sith doivent surtout se libérer de la « théorie du Potentium » qui dit que « le Côté Lumineux et le Côté Obscur dépendent de l’intention de l’utilisateur ». Pour Plagueis, elle ne peut être que fausse, elle est un moyen de garder les aspirants à l’obscurité sous le contrôle (« c’est une perversion de la vérité, causée par ceux qui voudraient nous maintenir enchainés à la Force »). Autrement dit, la pensée dominante a créé une théorie pour piéger les Sith.


Plagueis ne veut donc pas être mené par la Force ou, pire, pris par la main par les Jedi. Il a conscience d’être un être exceptionnel, au-delà de la norme et il a envie d’être un leader, d’être celui qui guide. Ses motivations sont franchement expliquées quand il professe que « la plupart des vies sont sans conséquences. Les Jedi ne l’ont pas compris. Ils sont tellement occupés à sauver des vies et à préserver l’équilibre des pouvoirs au sein de la Force qu’ils ont perdu de vue le fait que la vie intelligente doit évoluer ». La dernière partie de l’affirmation est intéressante : elle montre un aspect important de Plagueis : la recherche et la science, le progrès.


Plagueis a un objectif clair : défier la mort. Il veut vivre éternellement, régner sur la galaxie pour toujours. Il repousse les limites de l’étude des corps. D’une certaine façon, sa passion est venue ou a été revigorée quand il a assisté à la mort de son maître, Dark Tenebrous. Depuis, il n’a cessé de mener des expérimentations qui l’ont conforté dans sa quête : « grâce à la manipulation des midi-chloriens (…) l’écart entre la vie biologique et la Force pouvait être comblé et que la mort pouvait être effacée du continuum ».

Plagueis n’est pas naïf. Il sait qu’il n’atteindra pas facilement son objectif. Il sait aussi que la Force a sa volonté propre et qu’elle entravera ses efforts (« quand nous essayons d’arracher les pouvoirs de la vie et de la mort à la Force, quand nous essayons de faire pencher la balance, la Force résiste à nos efforts »).

Il pense qu’il faut tromper la Force. Il faut la cajoler, dissiper ses craintes. Ses propos ne laissent pas de place au doute puisqu’il dit à Sidious que « la Force doit être conquise, surtout pour un travail qui implique le Côté Obscur. Elle doit être rassurée, elle veut savoir qu’un Sith est capable d’accepter l’autorité ». L’idée de dissimuler les intentions est donc présente.


Et Plagueis parvient à ses fins. Il vainc la mort : « le même jour, ils avaient laissé Venamis mourir (…) Plagueis l’avait ressuscité ». Cette prouesse ravit Plagueis et choque ses collègues : « l’énormité de cet événement avait plongé Sidious dans un silence hébété et avait fait surchauffer les processeurs de 1-1-4D ».

Plagueis ne se contente pas de ça, il désire créer la vie à partir de rien (« le pouvoir de dominer la mort était un pas dans la bonne direction mais ce n’était pas la création pure »). Toutefois, la Force ne se laisse pas faire et lui envoie un avertissement (« la Force se tut, comme si elle le fuyait, et bon nombre des animaux de son laboratoire succombèrent à d’atroces maladies »). Orgueilleux et ambitieux, Plagueis n’écoute pas les avertissements. Il est persuadé d’être sur le bon chemin, de détenir la vérité. Il est tellement obnubilé qu’il ne comprend pas ce qui se passe quand la Force lui montre sa future mort (« tandis que la vie quittait le corps de Veruna, le chemin que Plagueis et lui suivaient s’enfonça plus profondément dans l’obscurité et le vide. Puis Plagueis s’arrêté, soudain gagné par l’impression d’avoir déjà vu et emprunté ce passage »). Plagueis ne voit pas là sa future agonie : ses défenses seront embrumées par l’alcool et les bonnes paroles de Dark Sidious qui en profitera pour le terrasser.


Mais, la plus grande réponse de la Force est de l’avoir empêché de rencontrer le jeune Anakin Skywalker. Quand il apprend qu’Anakin est né sans père, qu’il a un fort niveau de midi-chloriens, Plagueis est tout retourné. Il veut à tout prix rencontrer le jeune garçon, il échoue à chaque fois. Pour la première fois, on perçoit de la peur. Plagueis est sous le choc. Ses questions laissent peu de place au doute : « sommes nous vaincus ? se demanda-t-il. Nous avez-vous vaincus » Plagueis est gagné par le doute.

mercredi 2 mars 2022

Sith et obscurité dans les deux premiers tomes de la Haute République

Les deux premiers de la Haute République sont La Lumière des Jedi et L’orage gronde. Deux cent ans avant l’épisode I, la galaxie est en paix et les Jedi à leur apogée, jusqu’à ce que des événements viennent perturber la galaxie. Si le principal antagoniste de la série n’est pas Sith, il y a quand même quelques références aux Sith et à l’obscurité.

Très vite, on comprend que les Sith sont des éléments du passé, en tout cas pour les Jedi. Ils les ont combattu et ils les ont vaincus (« Mais nous l’avons déjà été par le passé, intervint Oppo Rancisis. De fait, nos prédécesseurs ont mené et remporté la Grande Guerre des Sith »). Les Jedi ont gagné et depuis ils dominent ; la domination se fait par des actes symboliques, des démonstrations de puissance. C’est par exemple l’Ordre Jedi qui, pour montrer sa puissance, fait construire son Temple sur un lieu important pour les Sith : « Peu de gens savaient que le Temple Jedi avait été construit sur un sanctuaire Sith. Il y avait là une vergence dans la Force, un nœud de puissance et d’énergie qui pouvait servir à beaucoup de choses (.. .) Dans le lointain passé de l’Ancienne République, à l’époque de l’antique Empire Sith, les Sith et les Jedi s’étaient souvent affrontés pour le contrôle de ces points-clés ». Cela montre bien la puissance des Jedi, le sentiment qu’ils ont d’être la force dominante de la galaxie. Ils sont convaincus que la menace Sith est quasiment nulle.

Pour autant, ils ne sont ni aveugles ni ignorants. Ils savent que les Sith ont par le passé été influents et qu’ils ont laissé des traces dans la galaxie. Cohmac est un Jedi à cette époque. Suite à enchaînement de catastrophes, Cohmac se trouve, avec d’autres, à explorer une Station amaxine (la relique d’une ancienne civilisation guerrière). Là, ils tombent sur des statues. Tout de suite, Cohmac fait la relation entre ces objets et des pratiques Sith. Il se rappelle que « dans toute la galaxie, il existe des légendes au sujet d’objets imprégnés par le côté obscur (…) certains affirment que, par le passé, les Sith les plus puissants étaient capables d’insuffler leur propre noirceur dans les objets qui les entouraient ». Cela fait un peu penseur aux orienteurs Sith que nous avons vus dans l’épisode IX, l’Ascension de Skywalker. En réalité, dans ce cas-là, la menace n’est pas Sith, elle vient des Drengir, une civilisation de plantes carnivores et guerrières, bien ancrées dans l’obscurité. Ce n’est pas l’obscurité à la façon Sith ; il y avait d’ailleurs la guerre entre eux (Cohmac : « Les statues ne contenaient pas le côté obscur à l’intérieur d’elles-mêmes. Elles contenaient dans la station amaxine, le gardaient prisonnier à bord »).

Jora est une Jedi qui a utilisé un objet Sith. Elle a transformé une lance en sabre laser. C’est bien la preuve que des objets Sith ont traversé le temps et que pour les Jedi il est important de les rayer de la carte. L’acte de Jora est symbolique (« elle avait retiré le cristal kyber, alors rouge sang, d’une antique lance laser Sith et l’avait saigné en le purifiant de toute la rage et de la souffrance qu’y avait instillés son propriétaire d’origine »). Des années plus tard, Ahsoka Tano fera la même chose avec les sabres des Inquisiteurs. Si les Sith ne sont pas physiquement présents, on comprend bien qu’ils sont toujours là, en menace de fond. Les Jedi Orla et Cohmac finissent par comprendre que les Drengir ont combattu les Sith (« Pas les mêmes. Leurs armes étaient rouges »).

Padawan, Reath suit les enseignements au Temple et de son Maître. Comme tant d’autres formés, il entend la célèbre maxime (« Détourne toi de la haine ; Elle mène au côté obscur »). A ce sujet, Cohmac a une réflexion qui résonne fortement à l’aune de ce qui se passe dans la prélogie (épisode I à III). Il s’interroge sur ce qu’est le côté obscur, sur la façon dont les Jedi le considèrent (« comment le côté obscur a-t-il pris forme dans ce lieu ? D’ailleurs, comment le côté obscur prend-il forme ? Parfois, je me dis que nous, les Jedi, avons notre notre part de responsabilité. Nous qui refusons de voir la Force dans sa totalité, d’en étudier l’obscurité aussi bien que la lumière »).