Rey, Caedus, Tahiri Veila, Abeloth, Tsavong Lah, Sidious, Marchion Ro, Luke Skywalker, Saba Sebatyne et les autres.
Article épinglé
Que lire dans l'univers légendes ?
Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt. Je conseillerais donc de lire : le ...
vendredi 7 août 2026
Qui sont les Yuuzhan Vong ?
Source : https://www.tumblr.com/archeo-starwars/800004182544433152/the-new-jedi-order-in-100-easy-lessons-star-wars
samedi 18 juillet 2026
Qui est Quoreal ?
Le Nouvel Ordre Jedi met en avant les Yuuzhan Vong et leurs leaders charismatiques : Shimrra, Tsavong Lah, Nas Choka et d’autres. Mais avant eux, il y avait un Yuuzhan Vong qui les dominait tous : Quoreal. Il était le chef quand ils ont parcouru les étoiles à la recherche d’une galaxie accueillante. Mais, à leur arrivée dans la galaxie connue, c’est Shimrra qui les mène. Où est donc passé Quoreal ?
Quoreal a été victime d’un coup d’Etat mené par certains des plus influents Yuuzhan Vong et des partisans de Shimrra (« poussé par les représentants de son domaine, il a usurpé le trône de Quoreal et pris la tête du convoi de vaisseaux-mondes »). Cela peu sembler surprenant tant les Yuuzhan Vong semblent respecter l’ordre, la hiérarchie sociale.
La question est donc de savoir pourquoi Quoreal a été si violemment remis en cause. En réalité, Quoreal représentait l’immobilisme. S’il était resté à la tête, jamais les Yuuzhan Vong n’auraient exploré et attaqué cette galaxie. Quoreal maintenait aux postes les plus importants des Yuuzhan Vong frileux : « les soldats de Shimrra (…) avaient ensuite abattu Quoreal et mis à mort tous les prêtres, conseillers et modeleurs qui avaient soutenu l’ancien Seigneur Suprême dans son choix de se tenir à l’écart de cette galaxie découverte récemment ». Témoin de ce qui s’est passé, Nom Anor soutient le choix de Shimrra. Selon lui, Quoreal ne pouvait mener les Yuuzhan Vong qu’à la mort, qu’à l’auto-destruction. Il affirme que « nous étions en train de mourir dans ce vide cosmique, Seigneur, et si vous n’aviez pas renversé Quoreal et sa cour de suivants trop prudents, il en serait certainement fini aujourd’hui de la race des Yuuzhan Vong ». La révolution de palais semble donc avoir été soutenue par beaucoup de Yuuzhan Vong, dont beaucoup que nous retrouvons aux hautes fonctions. C’est aussi le cas de Nas Choka (« cela avait conforté Nas Choka dans son choix, celui de s’être tenu aux côtés de Shimrra lorsque celui-ci avait renversé Quoreal de son trône »).
Des aspects marquants chez les Yuuzhan Vong sont leur appétit pour la violence, leur facilité à envoyer des gens à la mort et leur culture du sacrifice. Cela ressort quand on observe leurs batailles, leur rites sociaux. Pourtant, si on comprend bien, Quoreal n’était pas partisan de tout cela. Quelques uns déplorent que « Quoreal n’accordait qu’une importance relative à la guerre et aux sacrifices ». Cela a été mal interprété. En se comportant comme cela, il remettait en cause le contrat social de son peuple (« sans re rendre compte toute fois que l’absence de ces éléments contribuaient en grande partie à la déchéance de la Yuuzhan Vong »). Quoreal est donc un leader qui a manqué de clairvoyance. Il a mal compris les aspirations des Yuuzhan Vong.
Pour ne rien arranger, Quoreal semble avoir pris peur quand il a appris que la galaxie observée abritait Zonama Sekot, la graine issue de leur planète (Yuuzhan’tar). Or, Yuuzhan’tar (une planète vivante) a une mauvaise réputation car elle les a privés de la Force alors que les Yuuzhan Vong s’auto-détruisaient.
Quoreal a simplement eu peur. L’idée de faire face à une descendance de Yuuzhan’tar a refroidi grandement ses ardeurs. Quand ses espions lui ont appris que Zonama Sekot était dans cette galaxie, il a décidé d’annuler l’invasion. Harrar témoigne : « des rumeurs, également, disaient que les prêtres de Quoreal avaient interprété cette découverte comme un signe nous enjoignant d’éviter tout contact avec cette galaxie ». Autrement dit, il était prêt à condamner les Yuuzhan Vong à un voyage éternel plutôt que faire face à Zonama Sekot.
Quoreal a donc manqué de vision, de courage. Sa peur a fragilisé sa façon de gouverner. Quand il a vu quel genre de leader il était, Shimrra n’a pas eu d’autre choix que prendre ses responsabilités. Lui et « des membres du Domaine Jamaane entreprirent de critiquer Quoreal, le jugeant trop traditionnel, trop prudent, trop peu entreprenant ».
dimanche 30 novembre 2025
Le Nouvel Ordre Jedi : qui est Lord Nyax ?
Chassés de Coruscant après une défaite cuisante et humiliante, les Jedi, les forces armées républicaines et des citoyens se réfugient sur une planète proche : Borleias. De là, Luke ressent une perturbation dans la Force qui provient de Coruscant (« quelque chose n’allait pas dans la Force Il avait essayé d’en savoir plus sur cette sensation, avec l’espoir qu’elle soit la source de son malaise et des visions qui l’avaient conduit sur Coruscant »). Il est suffisamment intrigué pour monter une expédition sur la planète-capitale.
Luke, les Jedi qui l’accompagnent (Mara et Tahiri) et les forces spéciales arrivent sur une planète en train de changer. Coruscant n’est plus ce qu’elle était : les Yuuzhan Vont ont marqué la ville de leur empreinte. Et si les morts républicains sont nombreux, il reste quand même quelques survivants qui tentent de survivre comme ils peuvent. Ils se cachent des Yuuzhan Vong bien entendu mais aussi d’une autre menace : Lord Nyax.
Cette affirmation surprend quelque peu Luke. Nyax est un nom tiré des histoires destinées à faire peur aux enfants. Il est la représentation du croque-mitaine : : « c’était un spectre pâle et monstrueux qui s’emparait des petits pour ne jamais les rendre ».
Les Jedi finissent par ressentir la créature dans la Force. Créature semble le bon mot pour le décrire quand son histoire remonte un peu la surface. Un des agents accompagnant les Jedi rapporte que Nyax est « grand de trois mètres » et qu’il est « certainement capable de se servir de la Force » et « qui se balade dans un monde auquel il ne comprend rien ».
Nyax est donc totalement inconnu même si Luke a l’impression de l’avoir déjà vu (« Luke connaissait ce visage, mais il n’arrivait pas à établir le lien, dans sa mémoire »).
Présent fortement dans la Force, Nyax terrifie les Jedi. Il leur laisse une bien mauvaise impression. De lui se dégage une impression qui les marque. Tahiri en parle avec des mots qui ne laissent pas de place au doute : « nous avons eu l’impression de ployer dans un océan de Côté Obscur. C’était comme sentir de nouveau la mort d’Anakin. Et vouloir de nouveau mourir avec lui ». L’exemple choisi est très révélateur tant la disparition du jeune Jedi a marqué Tahiri. Il l’a brisée, presque détruite. Or, c’est ce qu’elle semble ressentir à ce moment-là.
Luke, lui, met aussi en avant l’aspect obscur de Nyax mais aussi sa puissance : « l’homme était perceptible dans la Force, Luke le sentait sans même à avoir à le chercher. Il brillait d’une lumière éclatante — un phare dans une mer d’obscurité. Ou plutôt un phare d’obscurité ».
En réalité, la chose qui hante Coruscant, répand la mort sans discernement est le fils d’un individu sensible à la Force. L’identité de son père n’est pas clairement établie (« le fils de l’Empereur ou d’un certain Sarcev Quest, et d’une femme appelée Roganda Ismaren »). Si on peut douter du fait qu’il soit réellement le fils de l’Empereur, on ne peut pas douter de ce qu’il est : presque un monstre, plus qu’un homme. Car, il mélange une forte sensibilité à la Force et des améliorations techniques : « il est — ou était — un Jedi Obscur appelé Irek Ismaren (…) cette folle avait modifié son fils à grand renfort d’implants informatiques ». Autrement dit, la mère de Lord Nyax (Irek Ismaren, donc) a fait de son fils le résultat de ses expériences. Elle espérait un grand destin pour lui ; le groupe finit par croire qu’elle voulait faire de lui « l’Empereur Irek, un fils aimant, un Jedi Obscur et un tyran invincible ».
Malheureusement, il a tant été modifié et les circonstances ont fait qu’il a été libéré trop tôt de son compartiment. Cela a eu un fort impact sur lui, il avait perdu un peu de sa sensibilité humaine. Il n’a donc pas reconnu sa mère et « elle n’était rien de plus qu’une silhouette qui se dressait sur son chemin ». Irek Ismaren a donc tué sa mère.
Les Yuuzhan Vong ont combattu Nyax. Ils sont presque admiratifs et respectueux. Denua Ku pense que « le géant combattait avec une sauvagerie et une vitesse supérieures à tout ce qu’il avait jamais vu ». On a bien là la confirmation que Nyax est un individu qui sort de la norme. Les Jedi le craignent, les Yuuzhan Vong seraient à deux doigts de le vénérer (« si cet individu était né parmi les Yuuzhan Vong (…) il serait devenu le plus grand guerrier de tous les temps, exception faite des dieux »).
dimanche 20 octobre 2024
La chute des enfants Solo
Alors que la guerre contre les Yuuzhan Vong bat son plein, Luke Skywalker hésite sur la stratégie que les Jedi doivent employer. Il refuse de suivre Kyp Durron qui est convaincu que les Jedi doivent affronter les envahisseurs frontalement. Il préfère se concentrer sur la protection des réfugiées et des actions localisées. Ses décisions n’empêchent pas les Yuuzhan Vong de progresser de conquérir des planètes. Pendant ce temps, les jeunes Anakin, Jaina et Jacen finissent leur apprentissage de Jedi dans cette période plus que trouble et mettent plusieurs fois leur vie en jeu. Jaina tente de définir qui elle est, Jacen refuse par moments d’utiliser la Force alors qu’Anakin doit faire face au dédain de son frère Jacen et de son père Han, ce dernier l’accusant d’avoir tué Chewbacca. Ce sont donc des instants plus que compliqués pour eux.
Le tome neuf de la saga, Etoile après Etoile, est une bonne illustration de tout cela.
Jaina n’a pas de chance. Elle pense qu’elle reste dans l’ombre de sa mère et qu’elle aura du mal à dépasser cela ; elle a peur d’être vue avant tout comme la fille de Leia Organa. Et pour ne rien arranger, elle a pour Maître un des Jedi les importants de l’époque : Mara Jade. Il n’est donc pas étonnant de la voir penser être parfois un imposteur (« Jaina se leva, et se sentant un peu comme un enfant qu’on aurait surpris dans le placard à confitures, s’empressa de libérer le fauteuil de pilote »). Ici, Jaina pense qu’elle n’a aucun droit de piloter le vaisseau de Mara alors qu’elle a montré à de nombreuses reprises ses talents de pilote dans cette guerre.
Contrairement à Jaina et Anakin, Jacen, lui, a décidé de ne pas utiliser la Force. Il n’a pas pris cette décisions sans raison : le jeune homme est paralysée par une vision qu’il a eue, « une vision au cours de laquelle il avait vu la galaxie basculer doucement vers les ténèbres ». L’impact avait donc été si fort qu’il avait renoncé à utiliser la Force à la grande horreur de ses proches (« le jeune Jedi avait temporairement renoncé à l’utilisation de la Force (…) Jacen demeurait suffisamment incertain à propos de sa vision pour que ce sentiment de malaise le contraigne à l’inaction »). Jacen refuse donc d’être un Jedi dans cette guerre, même si il sort de sa torpeur quand sa mère se fait agresser.
De son côté, Anakin doit faire face à sa réputation ; on murmure qu’il est trop impulsif et qu’il n’obéit pas aux ordres de Luke Skywalker. C’est sans doute justifié car le Jedi a volé au secours des apprentis Jedi contre l’avis de son oncle (« les gens l’accusaient de n’en faire qu’à sa tête depuis Yavin 4 et il ne souhaitait pas leur donne raison »).
Alors qu’il mène une réunion avec le plus de Jedi possibles, Luke explore les voies éventuelles de la guerre. Il se demande si il faut se battre, de quelle façon ou même si il faut se rendre pour éviter un bain de sang. Han, qui observe ses enfants, est presque choqué en voyant Jacen (« Han eut une sueur froide, son fils Jacen ayant semblé un instant vouloir intervenir dans ce sens. Mais le jeune homme conserva le silence »). La simple idée que Han ait pu envisager cela pour son fils illustre bien à quel point la nouvelle philosophie de non-utilisation de la Force de Jacen dérange.
A ce moment du récit, les Yuuzhan Vong introduisent une nouvelle arme destinée spécifiquement à tuer les Jedi : les voxyns. Ces créatures modifiées sont redoutables et plus qu’efficaces, et réussissent parfaitement ce qui leur est demandé. Les Jedi sont aux abois et il leur faut du temps pour comprendre ce qui se passe. Ils décident alors d’aller tuer les voxyns en formant une sorte de commando. Jacen s’oppose à cette mission qu’il trouve trop radicale : « si nous ne préoccupons pas des méthodes pour parvenir à notre but, nous ne valons pas mieux que l’Empereur ». Jacen ne se contente donc pas de se restreindre, il freine également les autres et place le combat contre les Vong sur le plan de la morale et de l’éthique.
Dès lors, un plan est mis en place : Lando est choisi par dénoncer et livrer des Jedi aux Yuuzhan Vong. Ces Jedi choisis ne sont pas Luke ou Mara ou ceux de sa génération, mais Jacen, Jaina, Anakin, Tahiri et les autres apprentis. Ils sont alors placés en captivité avant d’être conduits vers la planète Myrkr. Durant le trajet, les captifs sont torturés physiquement et brisés émotionnellement. Tous en font les frais. Par exemple, Jaina « avait du mal à rassembler ses pensées depuis que le voxyn lui avait lacéré le visage ». Leur maigre réconfort est une sorte de communion collective à travers la Force ; Jaina « se remémora soudain l’importance de leur travail en équipe et ouvrit ses émotions au reste de ses compagnons ». Ce que les Vong inflige aux jeunes Jedi est extrêmement douloureux ; ils doivent utiliser toute leur force de volonté pour lutter contre. Jaina doit puiser dans ses réserves puisque « seule la Force lui avait permis de ne pas sangloter comme une gamine la première fois que les Yuuzhan Vong avaient tenté de briser sa volonté ».
Après s’être défait de leurs bourreaux du vaisseau, les Jedi se posent en catastrophe sur Myrkr. Ils savent qu’une importante mission les attend. Pourtant, Jacen, au lieu de montrer sa solidarité et de taire ses divergences, décide d’attaquer frontalement Anakin en l’accusant d’être prêt à tout pour remplir sa mission, même sacrifier ses camarades. Cette déclaration gratuite atteint Anakin (« l’accusation frappa Anakin presque physiquement. Son sabre laser lui échappa et creusa un profond sillon dans le sol ») et illustre bien les différences entre Jacen et les autres. Son attitude met presque Jacen à l’écart des autres.
Sur Myrkr, les Jedi vivent un véritable enfer et rien dans leur formation n’a pu les préparer à cet immense défi. Leurs vies sont menacées à chaque instant, ils doivent faire face aux Yuuzhan Vong et aux voxyns, et la pression sur leurs épaules est immense. Plus d’un est blessé, quelques uns sont tués. Anakin, lui, est gravement blessé : « il demeura interloqué. Le bâton Amphi pivota et la tête fouailla ses entrailles. Il s’entendit crier. Puis il retomba. Ses pieds touchèrent le sol et il partit à la renverse ». Rien ne peut offrir un répit à Anakin : la mission ne peut attendre son rétablissement et la blessure est trop grave pour être atténuée via la Force (« Anakin se concentra sur la déchirure interne, essayant d’invoquer la Force pour la colmater. Mais il était trop faible pour se concentrer correctement »). Même la guérisseuse Jedi Tekli est impuissante.
Sentant sans doute que son frère n’en a plus pour très longtemps, Jacen décide de s’excuser. Il admet qu’il a eu tort de vouloir imposer sa volonté aux autres (« je ne peux pas attirer plus de monde à ma suite. Chacun doit choisir la voie qu’il juge la meilleure pour lui-même »). Surtout, il admet qu’il a fait preuve d’arrogance en pensant qu’il était le seul « susceptible de faire la différence entre le bien et le mal ».
Malheureusement, Anakin meurt. Le jeune homme continue de se battre malgré les douleurs et les blessures. Mais, il ne peut pas lutter et « un bâton Amphi s’abattit sur sa blessure et fit sauter une partie des sutures » ; les conséquences sont directes car « Anakin se mit à vomir du sang ».
Ses compagnons n’ont pas le temps de digérer sa mort. Il n’y a pas de répit. L’assaut des Yuuzhan Vong continue. C’est Jacen qui dirige à présent le groupe de survivants. Il est très vite plongé dans le bain et se rend compte que le leadership expose à la critique. Sa propre soeur l’accuse d’avoir maltraité la dépouille d’Anakin. Elle emploie des mots durs et blessants en disant que « tu l’as laissé aux mains des Yuuzhan Vong (…) Il t’a confié le commandement et tu l’as abandonné ». Cela touche Jacen même si il sait que « le sentiment de culpabilité éprouvé par sa soeur le poussait à l’accuser » : avant tout cela Jacen aurait répondu, ce n’est pas le cas ici (« il ne sentait pas assez sûr de lui pour tenir tête »). C’est bien la preuve que ce moment si intense bouleverse tout le monde.
Frappée la peine, Jaina utilise une technique les Sith n’auraient pas renié et bascule temporairement (et pas pour la dernière fois) vers une obscurité : « elle leva la main vers l’assaillant et libéré toutes les puissances obscures. Des décharges électriques jaillirent (…) fusèrent vers le Yuuzhan Vong, lui transpercèrent la poitrine et envoyèrent voler son cadavre ». C’en est trop pour Jacen, trop pour le lien qu’ils partagent en tant que Jedi et trop pour le lien qu’ils partagent en tant que jumeaux : « Jacen perçut que la colère de Jaina venait d’atteindre un niveau de violence qu’il ne pouvait supporter. Et il perdit le contact ». Jacen est alors capturé par les Yuuzhan Vong et les Jedi croient qu’il est mort : Jaina « sentit sa présence, une toute petite étincelle qui ne brilla qu’un instant avant de disparaître complètement ».
jeudi 5 octobre 2023
samedi 23 septembre 2023
Viqi Shesh, une traître ?
La guerre contre Yuuzhan Vong change les gens. Han veut à son fils Anakin Solo qu’il rend responsable de la mort de Chewbacca. Jacen Solo décide de ne plus être un Jedi et de ne plus utiliser la Force. Jaina Solo en veut à sa mère de trop aider les autres. Luke Skywalker ne sait pas quoi faire et reste apathique pour mener les Jedi. Les politiciens ne sont pas mieux lotis : Borsk Fey’lya refuse de mener la guerre et d’autres voient là une opportunité de gagner en influence. C’est le cas de Viqi Shesh.
Viqi Shesh veut du pouvoir, de l’influence. C’est ce qu’elle cherche en grimpant les échelons politiques ou en prenant la tête de commissions. Elle veut compter, elle veut avoir du poids. Elle n’a donc pas choisi le monde politique par hasard. Elle l’explique assez clairement à un gradé militaire qui lui dit qu’elle aurait de quoi faire une bonne meneuse d’hommes : « l’armée…, ricana Shesh. Sauf votre respect, commodore, je préfère être celle qui décide plutôt qu’une exécutante ». Elle veut donc commander, elle sait que les forces armées sont soumises au pouvoir politique. Viqi Shesh dresse un portait sombre de la situation et dégage une tendance claire : les Yuuzhan Vong vont gagner et il peut être profitable d’être dans leurs petits papiers, si cela est possible (« il ne faisait aucun doute que les Yuuzhan Vong arracheraient cette galaxie à la Nouvelle République tout comme cette dernière l’avait arrachée à l’Empire. Un changement rapide créait toujours des occasions »). Elle ne prend pas ouvertement parti pour eux mais elle leur fait comprendre qu’elle est encline à leur donner des informations.
Dès lors, Shesh passe plus ou moins à la solde des Yuuzhan Vong tout en gardant une forte influence auprès du gouvernement, du Sénat et des différentes commissions. Son attitude ambivalente est remarquée par certains Jedi. Ils l’observent dans la Force et regardent aussi ses actions, ses décisions. Leia a de forts doutes : « on ne comptait plus les ruptures inexpliquées de ravitaillements, les soucis de communication et les défaillances des système de défense. De là à suspecter le Sénateur Viqi Shesh de jouer un double jeu, il n’y avait qu’un pas. Un pas que Leia n’hésiterait certainement pas à franchir ». Pour ne rien arranger, Jacen la compare à Palpatine. Cette référence ne peut que renforcer les craintes tant Palpatine a laissé un héritage amer et néfaste. Jacen argumente en parlant du « ton de sa voix qui sonnait faux ». Il met en avant « sa posture et son drôle de petit sourire ». Il conclut en affirmant que « ça me rappelle les enregistrements holographiques d’un autre sénateur (…) Palpatine. Avant l’Empire (…) Quand il était en pleine ascension et qu’il se moquait bien de qui il avait à éliminer et de ce qu’il avait à détruire pour parvenir à ses fins ».
Une des envies de Shesh semble de mettre à bas les Jedi, de prouver leur inutilité. Elle n’est pas la seule politicienne à en vouloir aux Jedi. Beaucoup les accusent d’avoir déclenché la guerre, beaucoup leur en veulent à cause de ce qui s’est passé sur la planète Ithor. Shesh les attaque frontalement : « Maître Skywalker, j’ai bien peur que ce Conseil ne soit en position d’exiger des Jedi qu’ils rendent les armes et mettent fin à leurs activités irresponsables ». Elle va même plus loin en incitant à une rencontre avec émissaire des Yuuzhan Vong (« je serais la dernière à pardonner à quiconque pactiserait avec ces assassins, mais je pense qu’il est grand temps que nous ayons la possibilité de nous entretenir avec eux (…) Si nous pouvons faire comprendre à nos ennemis que la Nouvelle République n’exerce aucun contrôle sur les Jedi, alors, peut-être que les Yuuzhan Vong se contenteront d’exercer leur pouvoir sur des cibles judicieusement choisies ». Viqi Shesh n’est pas la seule à s’en prendre aux Jedi. Les Brigades de la Paix pensaient aussi que capturer des Jedi et les livrer aux Yuuzhan Vong leur accorderaient du répit. Ils se trompent tous puisque les leaders des Yuuzhan Vong ont clairement annoncé leur objectif : conquérir et purifier la galaxie. Viqi Shesh joue donc avec les mots ; elle ne se prononce pas pour une capitulation qui lui retirerait tout crédit mais elle se défausse sur les Jedi.
La collaboration avec les Yuuzhan Vong n’est pas de tout repos. Comme n’importe qui d’autre dans la galaxie, elle ne maîtrise pas leur façon de penser. Elle n’a aucune prise sur eux, aucune façon de les menacer. Elle ne peut qu’obéir et tenter de louvoyer pour rester en vie (« elle avait travaillé si durement, elle avait commis tant d’actes qui la répugnaient qu’elle ne pouvait pas tout laisser tomber sur un coup de tête »).
Puis, Shesh est démise de ses fonctions au sein du comité de surveillance militaire. Mais, cela ne la décourage pas ; elle a misé sur la victoire des Yuuzhan Vong et elle fait tout pour rester en bon terme avec eux. Cela conduit Tsavong Lah à mener une fine analyse d’elle : « Shesh redoublait d’efforts pour apporter la preuve de son utilité aux Yuuzhan Vong. Tsavong Lah se dit que ses actes étaient certainement plus animées par une simple soif de vengeance que par la cupidité ou un désir de pouvoir ». Shesh a donc changé : elle veut mettre à bas ceux qui lui ont fait du mal : les Jedi. Il n’est donc pas étonnant de la voir tenter d’enlever Ben Skywalker.
lundi 21 août 2023
Ce que Nom Anor pense des Mandaloriens
Nom Anor a été envoyé en avance par les responsables Yuuzhan Vong pour observer les forces en puissance dans la galaxie et commencer à la déstabiliser. Il a vite repéré que les Jedi étaient une des forces en présence. Mais, ce n’est pas le seul groupe qu’il a à l’oeil puisqu’il cherche à recruter des Mandaloriens.
Les intentions des Yuuzhan Vong sont claires, ils sont là pour conquérir la galaxie. Ils ne veulent pas coexister pacifiquement avec ceux qui sont là, ils veulent une nouvelle galaxie pour installer leur culture. A vrai dire, les Yuuzhan Vong sont presque des fanatiques religieux ; seule leur vision des choses est bonne. Nom Anor écrit que « tôt ou tard, nous rendrons gloire aux Tout-Puissants en purifiant ces mondes de leurs machines et des créatures qui sont volontairement devenues leurs esclaves ». Le vocabulaire est assez clair.
Nom Anor ne s’est pas tourné vers les Mandaloriens par hasard. Il a écouté les conseils de l’ancienne Jedi capturée il y a des décennies, Vergere (« Vergere dit qu’un groupe de guerriers appelé Mandalorien est l’ennemi le plus résistant que les Jedi aient pu rencontrer, hormis les Sith »).
Nom Anor dresse un parallèle entre les Yuuzhan Vong et les Mandaloriens. Ce qu’il a entendu d’eux lui donne un à priori positif à leur sujet : « j’ai entendu dire que les Mandaloriens ont été des vagabonds, eux aussi, et qu’ils étaient conquérants comme nous, et que leur dieu était la guerre elle-même ». En effet, les Yuuzhan Vong sont à la recherche d’une nouvelle galaxie depuis des décennies, ils errent à bord de leurs vaisseaux-mondes. Nom Anor semble donc presque à les considérer ou les respecter.
Mais, en les fréquentant, en les connaissant mieux, il se rend compte qu’ils ne valent pas grand-chose. Ses propos sont assez méprisants puisqu’il pense que « ils n’ont pas de castes, pas d’ordre, aucune volonté d’améliorer ou de sauver l’univers. Ils se préoccupent uniquement de survivre au jour le jour. Leur culture est maussade, et il y a bien longtemps qu’ils ne l’imposent plus aux autres ». On sent bien là une énorme différence avec les Yuuzhan Vong qui pensent qu’il est leur devoir d’imposer leurs dieux aux autres, leur façon de voir les choses (l’importance de la douleur) et leur modèle social.
Néanmoins, Nom Anor sait que les Mandaloriens sont de bons combattants (« Mandalore est déjà noté sur ma liste comme l’un des mondes qui sera le plus difficile à soumettre »).
Certain de sa force, Nom Anor n’hésite pas à dire face à face ce que les Yuuzhan Vong veulent (« nous sommes venus réclamer cette galaxie et la coloniser. J’ai parlé d’invasion, non ? »). Il n’a pas cette peur que tant d’autres ont en fréquentant Boba Fett. Il insiste d’ailleurs. Le sort des Mandaloriens ne sera pas différent de celui des autres habitants de la galaxie : « ils deviendront Yuuzhan Vong. Ou ils mourront ».
mercredi 17 mai 2023
mardi 9 mai 2023
lundi 1 mai 2023
Ce que les Yuuzhan Vong pensent des Hutts
Les Yuuzhan Vong ont envahi la galaxie et rien ne semble pouvoir arrêter leur marche en avant. Ils sont impitoyables, sans aucune pitié : des planètes sont dévastées, des millions de gens sont tués ou forcés de fuir. Les soldats ou les Jedi semblent être sans ressources, sans réponses. Dès lors, il n'est pas étonnant de voir que certains cherchent à collaborer : c'est le cas des Hutts.
Les Yuuzhan Vong ont bien étudié les peuples de la galaxie, ils savent que les Hutts adorent le commerce de marchandises illégales, les épices par exemple. Ils savent aussi que les Hutts sont attirés par le gain et qu'ils ont là un moyen de les mener en bateau.
Nom Anor résume la situation à Malik Carr : « les Hutts sont plus désireux de signer un accord avec nous que d'entrer en guerre. Ils contrôlent un important secteur de l'espace. Plusieurs planètes seront faciles à transformer ». Il y a là une indication intéressante car on comprend que la relation ne sera pas d'égal à égal. Les Hutts ne sont pas des associés ou des partenaires. Comment pourraient-ils l'être tant les Yuuzhan Vong les méprisent ? Quand il se rend sur Nal Hutta, Malik Carr a des propos méprisants sur l'endroit (« quel monde abominable ! »). Il rencontre Borga et son apparence le rebute : « elle ressemble à une créature que nos modeleurs auraient pu inventer ». Et alors que Borga est à ce stade du récit une femme, il la compare à une des « femmes de notre caste la plus basse ».
Les intentions des Yuuzhan Vong sont claires. Les Hutts doivent subir le même sort que les autres peuples de la galaxie. Nas Choka affirme que « quand nous n'aurons plus besoin d'eux, les Hutts nous serviront de chair à sacrifice ». les Yuuzhan Vong tolèrent donc les Hutts le temps de progresser. Ils ont l'intention de se débarrasser d'eux dès qu'ils le pourront.
Très vite, les responsables des Hutts comprennent qu'ils ne peuvent se fier aux Vong. Il faut dire que Nas Choka ne fait rien pour cacher son dédain ou son mépris. Il insulte même frontalement : Borga : « Silence, limace mutante ! Parlez seulement quand on s'adresse à vous, ou je vous ferai arracher votre langue ! »
Dès lors, le sort de la planète des Hutts est connu. Elle ne peut que subir l'attaque des Yuuzhan Vong. Rando, un Hutt, explique que « le Glorieux joyau est la proie de bombardements intensifs (…) on sait bien ce que l'ennemi a fait d'Ithor ». Le Maître de Guerre Tsavong Lah est ravi de ce que vit la planète. Il contemple avec satisfaction ce qui lui arrive : « des images en provenance de Nal Hutta montraient la progression des microbes qui, bientôt, purifieraient cette planète – et sa terrible lune couverte de monstruosités technologiques- ravagée par la vermine pour la transformer en un monde agréable et fertile ». On retrouve là le dédain et le dégoût des Yuuzhan Vong pour tout ce qui est machine. Cela vire même au fanatisme et cela explique, en partie, leur destruction systématique des planètes conquises.
C'est Tsavong Lah qui exprime clairement le point de vue des Yuuzhan Vong sur les Hutt : ce ne « sont que bêtes voraces ».
lundi 20 février 2023
Qui est Vergere ?
Dans le Nouvel Ordre Jedi, Vergere est celle qui permet à Jacen de d'échapper des griffes des Yuuzhan Vong. Elle est celle qui bouscule les croyances de Luke Skywalker sur les Jedi ou la Force. On peut se demander comment cette personne peut arriver à ça. On comprend mieux pourquoi en lisant certains romans datant de l'Ancienne République.
Vergere était une Jedi. Dans une galaxie peuplée de créatures aux physiques plus différents les uns que les autres, Vergere ne détonne pas. Elle est une « femelle Fosh, aussi petite que Yaddle, qui avait été jadis l'apprentie de Thracia Cho Leem (…) Le buste svelte de Vergere était couvert de courtes plumes de couleurs variées ». Dans Planète rebelle, Kenobi nous donne quelques indications sur son physique et sa mentalité. Dans un Ordre Jedi qui peut paraître assez défiant envers Anakin, elle sort du lot. On lit qu' « il se souvenait de Vergere, une jeune Jedi assez petite mais très svelte et très robuste. Elle avait toujours traité le garçon avec une réserve polie. Elle l'avait toujours considéré comme un adulte. Anakin appréciait Vergere. »
Pour être capable de résister aux Vong et à leur torture, il faut sortir du lot. Vergere a durant été des années leur prisonnière puis la confidente d'une Yuuzhan Vong influente. Si elle réussit cette prouesse, son ancien Maître Thracia Cho Leem nous explique pourquoi : « Vergere était la plus douée de mes apprenties. Je l'ai recueillie alors qu'elle n'était encore qu'un enfant, à peine sortie de l’œuf ».
Dans le roman Vol vers l'infini, on poursuit les événements du roman Planète rebelle. Vergere est toujours portée disparue et elle est toujours recherchée. Elle est pourtant une cible prioritaire puisque le Conseil Jedi avait dépêché des Jedi pour la retrouver (« C'Baoth espère découvrir grâce à ce voyage ce qui est arrivé à Vergere (…) Anakin et moi-même n'avons jamais su l'entière vérité quant à sa disparition... Pire, nous n'avons pas même été capables de la retrouver quand nous nous sommes rendus sur les lieux »). C'Baoth dit exactement la même chose : Vergere est un « Jedi disparu. Maître Kenobi a tenté par le passé de retrouver sa trace, mais il a échoué ».
Il faut dire que les deux Jedi avaient peu de chances de la retrouver puisque Vergere a quitté la planète Zonama Sekot pour suivre les Yuuzhan Vong.
Au départ, Vergere était chargée par l'Ordre d'une mission de reconnaissance et de collecte d'informations comme tant d'autres : « il y a trois ans sont arrivés des rapports détaillant l'intrusion d'une race inconnue de voyageurs spatiaux dans le secteur de Gardajj. C'est pour aller étudier cette race de plus près que Vergere est partie ».
En réalité, Vergere a donc rencontré les Yuuzhan Vong. Elle a tout de suite perçu leur nature belliqueuse et destructrice (« je suis sur le point de m'en aller avec ceux qui ont déclenché la terrible guerre sur cette planète, cette guerre qui a éradiqué plus de la moitié de Zonama Sekot. Je crois que c'est là le seul moyen de les étudier et d'éviter ainsi une autre guerre »). Pire, Vergere a remarqué une particularité qui ne peut qu'étonner un Jedi : ces créatures ne répondent pas à la Force (« les Nomades ne connaissant rien de la Force. Et la Force ne sait rien d'eux. Pourtant, ce ne sont pas des machines, ils sont bien vivants, ils pourraient bien représenter une menace effroyable pour nous tous »). Vergere n'est donc pas seulement étonnée mais elle entrevoit également la terrible guerre qui marquera la galaxie des dizaines d'années plus tard.
Les derniers mots de Vergere sont presque prophétiques. Elle affirme que « je pars avec eux pour tenter d'apprendre leurs secrets et je fais le vœu, en tant que Chevalier Jedi, de survivre à cette épreuve pour pouvoir faire part de mes découvertes ». Elle réussira puisque non seulement elle formera Jacen Solo mais elle permettra aux Jedi de tracer une nouvelle fois pour les affronter. Mais, on peut douter de son engagement à rester une Jedi puisqu'elle devient une Sith (en tout cas selon Lumiya).
lundi 16 janvier 2023
Le Nouvel Ordre Jedi : hérésie et conséquences
Comme toute organisation sociale, la société des Yuuzhan Vong produit son lot de rejetés, de mécontents. Honteux ou Humiliés, ces Vong n'ont plus rien à perdre. Ils sont tellement bas dans la hiérarchie que leur vie ne vaut rien. Acculés, ils cherchent de l'espoir où ils peuvent et ils le trouvent dans leurs ennemis : les Jedi. Des histoires sont murmurées, racontées, partagées ; on parle des légendes de Tahiri Veila, de Ganner Rhysode ou encore Anakin Solo. Cela contribue à l'émergence d'une hérésie, une doctrine qui promet un meilleur futur. Si pour certains la foi est sincère, pour d'autres, il est un moyen de revanche ou de retrouver sa place. Nom Anor en est un bon exemple. Il s'empare de l'hérésie, décide de devenir un prophète. Il est doué pour la manipulation et il sent que le mouvement contestataire peut lui permettre de gagner en influence : « si Nom Anor ne croyait pas aux sornettes qu'il débitait sur les Jedi, il comptait beaucoup sur son énergie corollaire. Les Honteux lui permettraient un retour triomphal dans la société vong. Il lui donnait les moyens d’agir pour arriver à ses propres fins ». Il faut préciser que la situation de Nom Anor est plus que périlleuse après ses nombreux échecs. L'hérésie doit lui permettre d'affaiblir Shimrra et regagner son rang, il joue sur les deux tableaux (« il serait dans le flanc de Shimrra une épine que les Honteux reconnaîtraient comme telle »).
D'autres sont bien plus sincères et ils n'hésitent pas à affirmer publiquement leur foi. Tahiri Veila en a l'illustration lorsqu'elle se rend sur Dagobah et rencontre deux Yuuzhan Vong, dont un Honteux. Ce dernier ose dire à l'autre que « vous vous prosternez aux pieds de Shimrra. Pourtant, c'est lui le véritable hérétique. Regardez ce que cette Jeedai vous a fait ! Les dieux la soutiennent contre vous ».
Shimrra n'est pas aveugle ou stupide. Il sait que quelque chose se trame, il sait qu'une autre idéologie se répand insidieusement dans ses rangs. Il a conscience que cela peut affecter son pouvoir : « le concept de rédemption des Honteux touchait au cœur de la hiérarchie Yuuzhan Vong. Il minait l'autorité de ceux qui siégeaient au sommet, et redonnait une voix aux opprimés ». Le leader des Vong ne peut tolérer ça et il prend des mesures fortes. Il laisse la porte ouverte à la traque des hérétiques en disant que « une confession est inutile. Les soupçons suffisent. Tel sera le sort commun à tous ceux qui laissent l'hérésie s'installer ». Clairement, Shimrra est aux abois d'autant plus que ses forces militaires subissent des revers préoccupants et que la planète vivante Zonama Sekot refait surface. Shimrra fait preuve d'une extrême férocité dans le choix des punitions : « brisez-lui les jambes et jetez-la dans le puits. Qu'elle y meure de faim et de soif, comme un animal. Son corps pourrira là en témoignage du sort réservé aux infâmes propagateurs de cette hérésie ! »
Shimrra sait qu'une hérésie repose sur des symboles. Il sait aussi qu'il doit montrer aux Vong qu'il n'a pas peur. Quoi de mieux que brandir un sabre laser ? Et il ne choisit pas n'importe lequel : « ceci est la lame d'énergie prise au Jeedai qui a tué tant de nos congénères au Puits du Cerveau-Monde. Celui qui s'appelait Ganner. Celui que beaucoup d'entre vous ont tendance à vénérer ». Bien entendu, cela n'aura pas les effets escomptés. Shimrra ne retrouvera jamais sa mainmise sur les Vong. Son pouvoir s'érode et les conditions de sa chute se mettent en place.
lundi 21 novembre 2022
La chute de Tsavong Lah
Les Yuuzhan Vong semblent inarrêtables. Ils prennent planète après planète dans la galaxie. Leurs forces finissent par prendre Coruscant : les forces militaires et les Jedi sont obligés de reculer. Les Yuuzhan Vong sont menés par Tsavong Lah, un Maître de Guerre particulièrement charismatique et obsédé par les Jedi. Il faut dire que c'est un Jedi qui lui a tranché une jambe. Il a même demandé à ses modeleurs de créer une arme anti-Jedi, les voxyns. Mais, après le temps de la conquête vient le temps de l'administration et de rendre des comptes au seigneur Suprême, Shimrra. Et là, les choses ne se passent pas très bien. Shimrra pointe du doigt les limites de la conquête audacieuse de Tsavong Lah qui a occasionné la mort de beaucoup de soldats. Les effectifs sont alors dans une situation tendue et la situation se complique. Shimrra lui demande de rendre compte : « Ne me prends pas pour un imbécile ! aboya Shimrra en tendant un doigt vers Tsavong Lah. Tu as remporté ces victoires en envoyant tes troupes escalader un rempart constitué de nos propres morts : Comment espères-tu remplacer tous ces disparus ? » Tsavong Lah n'a pas d'autre choix que baisser la tête et justifier comme il peut tant Shimrra l'écrase. Ce paradoxe de progression des Vong à grands coûts est également perçu par les responsables de la Nouvelle République. Ceux qui sont en train de perdre la guerre remarquent que « les pertes Yuuzhan Vong lors des assauts de Fondor et de Coruscant ont été très lourds. Même si, dans ces deux cas, il s'agit d'une victoire pour nos adversaires ».
La situation de Tsavong Lah est d'autant plus compliquée qu'il se fait humilier publiquement. Quand Shimrra demande des comptes, un bon nombre de grands responsables Vong sont présents. Le bouffon de Shimrra, Onimi, est également là et il profite de sa position pour se moquer verbalement du Maître de Guerre. Il se rit de lui en disant qu' « il a besoin d'une nouvelle paire d'oreilles, à moins qu'il ne faille remplacer l'organe qu'il a entre les oreilles ». La blague est brutale, il ne peut même pas répliquer. Plus tard, Tsavong Lah espère inverser le cours des choses en faisant un sacrifice aux dieux. Il leur offre des victimes mais les choses se passent mal : « de grandes formations de Yuuzhan Vong, en tenue de cérémonie, s'y étaient assembles pour assister à la mise à mort, lente et douloureuse d'une centaine de prisonniers (…) c'est alors qu'une odeur pestilentielle s'était abattue ». Le présage n'est pas bon.
Tsavong Lah devient paranoïaque. Il n'est plus seulement obsédé par les Jedi, il est aussi convaincu que des gens de son propre camp veulent le voir échouer. Sa cible principale est Nom Anor. Il n'a pas tort mais il en vient à douter de tous les actes de l'Exécuteur. Il est persuadé que si Nom Anor montre de la bonne volonté, c'est pour mieux le trahir ensuite (« des soupçons se mirent alors à poindre dans son esprit. Nom Anor ne pouvait pas être d'accord avec lui, comme ça, par pure sympathie envers son inconfortable situation. Il devait y avoir autre chose, un plan, un programme diabolique concocté par l'Exécuteur pour le discréditer aux yeux de leur maître »). Nom Anor est particulièrement brillant et observateur. Il sait que la position de Tsavong Lah est inconfortable et il sait que Tsavong Lah a une étrange attraction pour les Jedi (« il sentit que Tsavong Lah s'était raidi à l'évocation des jumeaux Solo »). En effet, Tsavong Lah est avide de revanche, il a hâte de pouvoir affronter les Jedi et les tuer (« les hurlements des voxyns s'élevèrent tout autour de Tsavong Lah. Il sentit le triomphe monter en lui, pareil à un vent glorieux. Il leva les mes bras et les mains griffues vers le plafond comme pour déchirer le ciel. Les Jeedai , les Jeedai étaient bien là ! »)
La lune où va se sceller le destin de Tsavong Lah est Ebaq 9. La Nouvelle République a laissé fuiter des indications sur lesquelles se sont jetés les espions de Nom Anor. Ce dernier les a rapportés à Tsavong Lah qui a alors dressé un plan. Mais, quand la bataille commence à mal se passer, Tsavong Lah s'interroge : « ce manipulateur de Nom Anor n'aurait-il pas, à son tour, été manipulé ? » Pour ne rien arranger, Vergere contacte Tsavong Lah et l'embrouille un peu plus. Elle lui dit sa vérité, elle s'est jouée de lui (« j'ai vécu à vos côtés pendant cinquante ans sans être détectée. Et puis je vois ai trahis. Je suis surprise que le Seigneur Suprême vous ait laissé la vie sauve dans la mesure où je vous ai tant ridiculisé »). Il n'est donc étonnant de voir Tsavong Lah perdre en lucidité. Rien ne s'arrange quand il apprend que Jacen Solo est là car il a des comptes à régler avec lui (« à la pensée du jeune homme, le pied de vua'sa du Maître de Guerre se serra et ses griffes labourèrent le sol. Jacen avait contrecarré ses plans à chacun de leurs rencontres »). Tsavong Lah se jette alors personnellement dans la bataille. L'odeur du sang et de la mort des jumeaux Solo trouble ses pensées et ses idées ; « il avait jadis planifié de sacrifier aux dieux les jumeaux Solo, une ambition contrecarrée par la trahison de Jacen et de Vergere (…) une fois que ces deux-là seraient morts, Tsavong Lah pourrait enfin rejoindre le territoire de chasse des dieux le sourire aux lèvres ». C'est Jaina qui tuera Tsavong Lah : « elle souleva par la pensée son sabre laser et ficha la lame violette dans la gorge de Tsavong Lah. Le Maître de Guerre s'effondra . Jaina ne lui accorda pas le moindre regard ». Sa fin est presque pathétique. Il meurt seul. Lui qui a fait trembler la galaxie tombe dans l'anonymat.
mercredi 21 septembre 2022
dimanche 18 septembre 2022
La chute de Shimrra
Les Yuuzhan Vong sèment le chaos, la mort et la peur dans la galaxie. Ils sont menés par des Maîtres de Guerre (Tsavong Lah par exemple), des prêtes (Harrar) qui obéissent tous au Seigneur Suprême Shimrra. Shimrra est impressionnant : tous les Vong le craignent et respectent sa puissance. Il n'est pas qu'un leader politique ou militaire, il est un être choisi par les Dieux.
Dans les derniers tomes du Nouvel Ordre Jedi, les choses se gâtent pour les Yuuzhan Vong. La Nouvelle République regagne de la vigueur, l'Empire commence à entrer pour de bon dans la guerre et des dissensions internes commencent à prendre de l'importance. En effet, le manipulateur Nom Anor joue avec les espoirs de Vong crédules (Honteux, Humiliés et autres basses castes). Pour tenter de réaffirmer son autorité et de donner un nouvel élan, Shimrra se tourne vers un objectif symbolique : détruire Zonama Sekot. Il faut savoir que la planète Zonama Sekot est issue d'une graine du monde natal des Yuuzhan Vong, Yuuzhan'tar. Or, cette dernière a banni les Vong et les a coupés de la Force. Il n'est donc pas étonnant de savoir que Shimrra craint Zonama Sekot. La rumeur est assez explicite : « dans le palais de Shimrra, on disait qu'elle était vivante, mais d'une étrange manière. Elle terrifiait le seigneur suprême, qui avait fait exécuter le commandant porteur de la nouvelle ». Dès lors, Shimrra ne voit pas qu'en la destruction de cette planète une vengeance, il voit là une manière de gagner la guerre : « Zonama Sekot sera bientôt un astre mort ». Il essaiera d'utiliser le virus Alpha Rouge, conçu par les Chiss.
La peur des Yuuzhan Vong envers leur leader est palpable, réelle. Ils se censurent eux-mêmes car Shimrra mène une réelle persécution envers tous ceux qui pourraient avoir des paroles qui remettent en cause le discours officiel. Ceux qui sont dans son cercle de confiance se taisent et n'osent pas exprimer leur opinion. C'est par exemple le cas de la modeleuse Nen Yim qui a découvert un certain nombre de choses. Elle pense que « Shimrra doit entretenir la fiction qui prétend que nos inventions sont les dons des dieux, et qu'il est l'intermédiaire nous offrant ces cadeaux. Si la vérité se faisait jour, le seigneur suprême serait démasqué comme un vulgaire imposteur ». Nen Yim ne remet pas seulement en cause Shimrra mais toute l'histoire récente des Yuuzhan Vong. Toute leur conquête serait basée sur rien. Il faut préciser qu'un certain nombre d'allégations circulent sur Shimrra et son avènement. Il aurait toujours été particulièrement retors, cruel et calculateur : « preuve précoce de sa malfaisance évidente, il avait tué son propre frère jumeau à l'âge de sept ans, afin d'éliminer toute compétition lors de sa future candidature à l'accession du pouvoir ». Le prêtre Harrar, lui, a changé de camp et est dorénavant au service de la République. Il explique à Mara qu'ils ont suivi Shimrra parce que l'invasion se passait bien et qu'il était manifestement le choisi des Dieux. Il admet que la mauvaise tournure des choses a jeté un doute sur les capacités du seigneur suprême : « ce n'est que plus tard que nos doutes ont refait surface. Le mouvement hérétique, la défaite sur Ebaq Neuf, les problèmes persistants sur Yuuzhan'tar ». Comment peut-il être l'envoyé des dieux en collectionnant les revers ?
Shimrra est prêt à tout pour gagner. Il blasphème et pour beaucoup de Vong, c'est un point de non-retour, la confirmation qu'ils ne peuvent plus le suivre. Shimrra ne se voit plus comme un envoyé des Dieux mais comme un être qui leur est supérieur (« ils sont en colère parce qu'ils ont été obligés de reconnaître que leur dernière heure était arrivée, qu'il était temps de transférer leur pouvoir à Shimrra et à l'ordre nouveau »). Pour Nom Anor et d'autres, c'est un signe : Shimrra a basculé vers la folie (« si cela n'avait pas paru évident jusqu'à ce jour, il était à présent clair que Shimrra avait perdu le contrôle... qu'il était assurément... dérangé »). Shimrra, aveuglé, prend alors des décisions douteuses. Il veut détruire les deux émanations de Yuuzhan'tar : Zonama Sekot donc et ce qui fut la planète Coruscant (conquise par les Vong et vongformée par la suite). Il veut tuer Zonama Sekot et il demande au Cerveau-Monde de répandre la mort sur l'ancienne Coruscant : « avec la même cruauté qui lui avait permis d'envoyer le Maître de Guerre Nas Choka en mission suicide pour empoisonner Zonama Sekot, Shimrra avait de lui-même décidé d'éradiquer la civilisation Yuuzhan Vong ». Avec le Cerveau-Monde, Shimrra utilise une autre technique. Il ne cherche pas à imposer ou marquer sa domination physique, il ne veut pas terrifier ou inspirer la crainte, non, « Shimrra était parvenu, en le cajolant, à lui faire croire que les incendies et les orages, la démolition et la destruction , étaient nécessaires ».
Dès lors, la mort de Shimrra apparaît inévitable. Car, bien qu'il ait sombré, il est toujours suivi par une grande partie des Yuuzhan Vong. Il reste leur chef, celui qui commande et celui qui dirige les plans de l'invasion. Luke Skywalker finit par admettre et comprendre qu'il faut le tuer. Et Luke s'en charge lors d'un duel éprouvant et terrifiant qui le mène à l'article de la mort. Luke doit user de tous ses talents et dons pour arriver à ses fins (« la tête de Shimrra roula au sol en produisant un choc sonore. Le corps décapité du chef des Yuuzhan Vong s'effondra » ). La mort de Shimrra révèle une grande surprise : le seigneur suprême a été influencé, guidé par Onimi. Ce n'était pas qu'un bouffon ou une vile créature, c'était un ancien modeleur qui s'est greffé des cellules d'un yammosk et qui pouvait donc être lié à la Force. Avant de se faire battre et abattre par Jacen Solo, Onimi révèle la vérité : « j'ai pu manipuler Shimrra comme un pantin (…) j'ai obligé Shimrra à annoncer qu'une galaxie, tout juste découverte, ne demandait qu'à être envahie ».
jeudi 10 mars 2022
La Brigade de la Paix, une bande de traîtres
La galaxie en guerre laisse des mondes en souffrance, des millions de gens morts et offre des opportunités à quelques uns. Ce ne sont pas des gens qui profitent de l’occasion pour s’élever, devenir des héros. Ils sont là pour faire des profits et sauver leur peau. Quitte à sacrifier d’autres personnes pour y arriver.
Dans le quatrième tome de la série, La colère d’un héros, le lecteur fait la connaissance de la Brigade de la Paix. C’est Roa, un contrebandier, qui informe Han Solo de l’existence de ce groupe. Il faut dire qu’il a été fondé par une connaissance commune et représente une menace pour des gens proches de Han : « le groupe que Reck a rejoint se donne le nom de Brigade de la Paix. Il ferait de la propagande anti-Jedi et chercherait des mondes susceptibles de subir le sort de Sernpidal ». On voit bien là les deux activités où ils se développeront : profiter de la détresse des gens pour les arnaquer et collaborer avec les Vong en leur donnant des Jedi. On en apprend un peu plus dans le récit : la Brigade de la Paix est pleinement engagée dans la trahison. C’est d’autant plus dur pour les Jedi et les forces militaires que la galaxie est déjà assez morcelée et qu’ils ne peuvent que difficilement compter sur le pouvoir politique. La Brigade cherche à « vendre des infos à l’ennemi sur les défenses planétaires, ou capturer les vaisseaux des réfugiés et les livrer aux Yuuzhan Vong pour alimenter leurs sacrifices ».
Dans le tome sept, Anakin Solo retourne sur Yavin afin de sauver les apprentis Jedi des griffes des Vong. Lorsqu’il interroge un prisonnier, on comprend que les membres des Brigades de la Paix ont peur, sont terrorisés, qu’ils ont baissé les bras (« la Brigade de la Paix a décidé de les précéder et de capturer les Jedi pour eux (…) Les types de la Brigade de la Paix sont sérieux. Ils croient dur comme fer que notre galaxie est condamnée si nous ne donnons pas aux Yuuzhan Vong ce qu’ils exigent »). Se soumettre à un pouvoir fort, ce n’est pas nouveau dans cette galaxie. Mais, on ne peut que pointer du doigt la naïveté de cette organisation qui refuse de voir que les vong sont lancés dans un génocide et qu’ils ne cherchent à épargner personne. Cela ne peut susciter que la colère et le dégoût d’un Jedi comme Anakin qui déclare que la Brigade de la Paix est « un ramassis de lâches et d’idiots pour qui donnes vies à l’ennemi ne pose aucun problème ! »
Dans le huitième tome, Renaissance, Lando illustre que la Brigade est pleinement soumise aux Vong. Ceux-ci leur ont, en quelque sort, confié des missions comme maintenir un certain calme dans les zones conquises (« la Brigade a étendu ses opérations. Elle n’est plus exclusivement consacrée à la chasse aux Jedi. Elle a repris à son compte les routes commerciales des territoires occupés »). On en a parfait exemple lorsqu’un espion fait son rapport ; il affirme que la « Brigade de la Paix a pris les minerais dont elle avait besoin, et N’Zoth a été détruite grâce aux informations que les Fia ont données à la Brigade, qui les a communiquées aux commandements Vong ». La situation est claire : la Brigade est une ressource pour les Vong. Les vong leurs délèguent des tâches qu’ils n’estiment pas dignes d’eux. Et cela leur permet de dégager des troupes pour les différents fronts de guerre. Autrement dit, comme le pense Leia, « les Yuuzhan Vong ne sont pas assez nombreux pour prendre cette région par la force ; Alors, ils se fient à des groupes comme la Brigade de la Paix pour faire leur travail à la place ».
Le terme Brigade la Paix est marqué d’infamie, en faire partie est honteux. C’est une insulte qu’on emploie, une expression dégradante. On en a un exemple avec Luke qui trouve un sénateur tellement insupportable, repoussant et égoïste qu’elle pense qu’il fait partie du groupe (« Luke n’aurait guère été étonné s’il apprenait que Pwoe était mêlé à la formation de la Brigade de la Paix »).
Des opportunistes, des politiques en quête de pouvoir, des gens qui voulaient survivre encore quelques temps, il est difficile de savoir qui exactement a créé la Brigade de la Paix. On murmure même que, là encore, Nom Anor n’est pas loin (« il avait contribué à fonder la Brigade de la Paix qui avait tant nui à la cause des Jedi »).
jeudi 27 janvier 2022
Quelques réflexions de C-3PO
L’affrontement entre les Yuuzhan Vong et les forces républicaines n’amènent pas uniquement leurs lots de morts par millions, de planètes détruites. Il ne pousse pas seulement les Jedi à repenser leur rapport à la Force, il ne conduit pas uniquement à l’anarchie, à la peur. Il pousse également chaque être à une réflexion interne, et pas forcément les créatures vivantes. C’est le cas également des droïdes comme C-3PO : lui qui a vécu un bon nombre d’aventures est fortement perturbé par tout ce qu’il voit. C’est la haine féroce des Yuuzhan Vong contre tout ce qui est machine, c’est la famille Solo qui se déchire, c’est des humains qui étaient vivants et meurent brutalement en quelques secondes.
C-3PO a assisté à un bon nombre de batailles, de combats contre les Vong. Il a vu des gens faucher par les armes des créatures extra-galactiques. La mort était partout et en cette époque troublée elle ravageait les peuples. Cela le pousse à réfléchir à sa propre fin. S’il se compare aux humains, il finit par se rendre compte qu’il n’est pas si différent d’eux (« tous les êtres vivants mouraient un jour ou l’autre, de vieillesse, d’accident, de maladie ou de mort violente. En un certain sens, le décès s’apparentait à la désactivation ou à l’effacement de la mémoire. Pourtant, c’était aussi très différent… Une cessation complète de l’être, la fin des aventures »). Quand un être vivant se fait trancher en deux, il y a bien peu de chances qu’il survive. C-3PO lui a été démantelé, démembré, brisé, sa mémoire a été effacée et pourtant il est toujours là. Des parties de son corps ont été changées à maintes reprises et il est toujours là. Mais là, les choses sont différentes : le Vong sont lancés dans une démarche génocidaire, et en particulier contre tout ce qui est machines. Ils les détruisent méticuleusement et méthodiquement. Être capturé par eux, ce serait, pour de bon, la fin ; il en a bien conscience quand on lit que « plus d’une fois C-3PO avait frôlé la destruction (…) Mais à chaque fois, réparation et bain d’huile - l’équivalent droïde du bacta – lui avaient rendu sa splendeur dorée. Ces résurrections périodiques rendaient la désactivation inconcevable, ou du moins difficile à imaginer. Cesser d’être signifiait être désactivé de façon permanente (…) et qu’il devait être pénible de subir une désactivation forcée entre les mains de l’ennemi ».
La situation de C63PO est d’autant plus intéressante qu’il côtoie une famille qui est en train de se déchirer, où plus aucun membre ne parvient à réfléchir rationnellement et se laisse dépasser par ses émotions. Après la mort de Chewbacca, Han blâme son fils Anakin qui se réfugie dans le combat. Jacen décide de ne plus utiliser son lien avec la Force et Leia, au lieu de soutenir sa famille, se lance dans l’aide aux réfugiés. C-3PO se rend alors compte qu’il n’a pas peut-être pas de sentiments et d’émotions, mais qu’au moins ces derniers ne perturbent pas inutilement sa conduite (« si le prix de la conscience était une perte de logique et d’équanimité, ce n’était peut-être pas si désirable »). Sa conclusion est alors qu’il « n’est pas si étonnant que les êtres pensants se fassent la guerre sans arrêt ».
Pour autant, C-3PO est attaché aux humains qu’il fréquente depuis des décennies. Il fait de son mieux pour les aider. Il compile des données sur la culture Vong, il traduit leur langue. Quand Han s’enfonce dans le désespoir suite à l’enterrement de Chewbacca, il regrette de ne pas pouvoir en faire plus : « Pourquoi le Grand Ingénieur ne l’avait-il pas équipé des programmes nécessaires pour secourir Maître Yan en cet instant tragique ? Pour toute consolation, il pouvait lui offrir des discours philosophiques sans intérêt ».
Dans cette longue saga, C-3PO garde sa propension à faire des remarques qui, parfois tombent à plat, parfois sont importantes. Il remarque ainsi « l’intérêt manifesté par Nom Anor lorsqu’on lui a annoncé que Jacen et Jaina étaient jumeaux ». C’est un fait important car les Vong sont obsédés par la question de la gémellité.
lundi 29 novembre 2021
L'attitude des politiciens au début de la guerre contre les Yuuzhan Vong
Dans les premiers temps de la guerre contre les Yuuzhan Vong, les Jedi sont en première ligne. Ce sont eux qui font face à ces créatures inconnues et invisibles dans la Force. Ce sont eux qui voient les premières planètes décimées, les premiers milliers de morts. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et le bon vouloir des forces militaires, car le pouvoir politique a décidé de ne pas croire les Jedi. Entre ceux qui les accusent d’avoir provoqué leurs opposants et ceux qui ont peur pour leur place, la situation est compliquée pour l’Ordre Jedi de Luke Skywalker.
Niuk Niuv, un sénateur de Sullust, pointe la responsabilité des Jedi dans les premières escarmouches et les accuse clairement et publiquement d’être des fauteurs de trouble. Quand Leia vient réclamer de l’aide au nom de l’Ordre Jedi de Luke Skywalker, elle fait face à un mur d’hostilité. Niuk Niuv lui jette à la figure que « vous essayez de nous faire oublier la menace que représentent les Jedi pour la Nouvelle République ! C’est un Jedi qui a envenimé la situation entre les Osariens et leurs adversaires ». Il fait référence à un conflit entre les habitants des planètes Osarian et Rhommamool sans savoir que c’était le Vong Nom Anor qui maintenait l’agitation. Pwoe, un autre sénateur, a peur du retour de Leia dans la politique galactique. Il croit que c’est un stratagème de sa part pour retrouver sa place de Présidente. Les mots de Pwoe ne sont pas qu’accusateurs, ils sont emplis de condescendance : « Leia, je vous en prie, imitez Mon Mothma. Disparaissez sans faire d’histoire ! Le gouvernement nous appartient. Nous voulons nous souvenir de vos avec gratitude, comme d’une humaine ayant dépassé ses faiblesses. »
Ce que reproche le pouvoir politique aux Jedi est, entre autres, leurs liens trop étroits avec les militaires. Le Président de la Nouvelle République Borsk Fey’lya est en quelque sorte jaloux de la relation de confiance et d’estime qui estime entre les deux organisations. Il se sent exclu et tente de réaffirmer son autorité (« Même si ces planètes sont impliquées dans l’invasion Yuuzhan Vong – et vous n’en avez aucune preuve –, la conduite de la guerre est de notre ressort »). Fey’lya va même plus loin. Il accuse Leia d’avoir fomenté une sorte de coup d’État, des paroles qui remettent d’ailleurs en cause tout l’engagement que Leia a pu avoir depuis la Rébellion. Quand Fey’lya se rend compte que les militaires suivent volontairement les Jedi, sa parole est bien plus incisive et mordante : « c’est donc ça, Leia ? Vous détestez tellement ne pas être au pouvoir que vous avez circonvenu l’amiral Kre’fey ? Voulez-vous établir que les Jedi gouvernent la Nouvelle République ? Vos enfants hériteront-ils de votre titre après vous ? » Il continue d’accuser Leia de tout et n’importe quoi en se lançant dans une comparaison hardeuse avec l’Empire de Palpatine (« l’Empire traitait les humains avec autant de désinvolture que les Yuuzhan Vong traitent les humains. Maintenant, vous savez ce que nous avons affronté »). Cette dernière affirmation laisse entendre qu’il a bien peu de considération pour les victimes de la guerre.
Pour autant, tout cela ne pousse pas les Jedi à baisser les bras et abandonner les champs de bataille. Luke Skywalker voit même du positif dans tout cela : les Jedi ne seront pas usés comme de la vulgaire chair à canon ou des outils par le pouvoir politique (« si la Nouvelle République comptait sur nous, elle nous jetterait dans la bataille en espérant nous voir résoudre tous ses problèmes. C’est arrivé plus souvent que j’aurais voulu »). Il précise également aux Jedi qu’il faut distinguer le politique du militaire, que le groupe des forces armées ne tournera pas le dos à l’Ordre Jedi : « les politiciens ne peuvent pas soutenir les Jedi. Cela n’implique pas que nous serons seuls. Les militaires ne pourront pas ouvertement nous aider, mais leurs sympathies nous seront acquises ».
Mais, la situation est tellement grave que la Nouvelle République autorise un émissaire à aller voir les Impériaux. De façon assez perverse, Fey’lya demande à Leia d’y aller. Là-bas, Leia rencontre Pellaeon, le chef des forces militaires de l’Empire. Lui aussi doit faire avec l’hostilité des Gouverneurs ; il fait remarquer à Leia que « les moffs seront aussi opposés à ce que je vous aide à défendre Ithor que vos chefs le seront à voir des Impériaux opérer dans l’espace de la Nouvelle République ». On voit également que les vieilles querelles du passé sont encore présentes, et que personne n’a réellement tourné la page. L’alliance contre les Vong gagne un partisan quand les Chiss d’apporter un soutien, certes minime. Ces gens qui vivent dans les Régions Inconnues de la galaxie ont repéré la menace et veulent autant aider que récolter des donnés. Le leader Chiss est très explicite quant à sa présence et sa façon de fonctionner : « je viens pour me battre, pas jouer à des jeux politiques. Ma mission est de préserver votre liberté, non d’augmenter vos pouvoirs. Ou de vous aider à prendre le pouvoir. »
L’amiral Kre’fey de la Nouvelle République, après la bataille d’Ithor, a des paroles qui annoncent le pire. Il se rend compte que l’attitude des Vong, leur violence, leur puissance, va créer la peur chez certains et les pousser à collaborer. Et même si certains vont se battre pour la survie, il va falloir faire à une nouvelle menace, interne cette fois-ci : « la destruction d’Ithor a fait souffler un vent de terreur dans les rangs du gouvernement. Certains veulent pactiser avec les Yuuzhan Vong, d’autres désirent les combattre ».






