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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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lundi 15 septembre 2025

Les premiers pas de Ben Solo

Si la guerre contre l’Empire a permis une belle chose, c’est de rapprocher Han et Leia. Avec le temps, ils ont appris à s’apprivoiser, se connaître et s’aimer. Et même si la lutte a continué après la chute de l’Empereur Palpatine, ils ont trouvé le temps de faire un enfant. Ben Solo naît alors que la bataille de Jakku vient de se terminer : « et puis, il y a l’enfant. Le jour de la signature des instruments de la capitulation, un enfant naît sur Chandrilla, celui de Leia Organa et Han Solo ». Sa naissance est comme une bouffée d’air frais.

Dans un premier temps, Han a des doutes sur sa capacité à être bon père. Il pense qu’il ne sera pas à la hauteur, il pense que Leia et Ben auront un lien particulier grâce à la Force (« Leia possède un lien avec le gamin qu’il ne pourra jamais avoir. Comme Luke, elle a la Force »). Il a peur d’être rejeté, d’être mis à l’écart. Tout cela est vite balayé dès que Han tient son fils pour la première fois (« Han fait donc ce qui lui semble le plus naturel : il protège l’enfant en le rapprochant de sa poitrine. Et juste ainsi, Ben arrête de pleurer »).


Dans Baroud d’honneur, on se rend compte que les doutes de Han perdurent. Il dit que « je ne sais pas comment être un bon père, et à peine comment être un bon mari ». On peut comprendre les interrogations de Han, lui qui a passé toute sa jeunesse sans parents, a tenté de survivre dans l’enfer de Corellia puis a plongé dans l’univers de la guerre d’abord en tant que soldat puis en tant que contrebandier. Leia lui rappelle qu’il ne faut surtout pas se comparer aux autres ni à elle-même ; chacun occupe la place qu’il peut. Leia insiste en disant que elle aussi subit des contraintes, qu’elle ne pourra pas être toujours présente : « bientôt, c’est moi qui devrai m’absenter et te laisser avec Ben toute la journée ».


L’ombre des Sith nous montre un Ben Solo qui a commencé sa formation de Jedi auprès de Luke Skywalker. Ben est porteur d’espoir ; Luke voit grand pour lui. D’après Luke, Ben a une très forte connexion avec la Force et tout laisse croire qu’il pourra devenir un grand Jedi (« Luke sentait le pouvoir en lui. Une fleur magnifique poussait à l’intérieur de son padawan, attendant de s’épanouir en quelque chose de merveilleux. Parfois, Luke se disait que Ben allait devenir aussi puissant que lui »). Sur Ossus, Luke observe Ben et se rend compte que Ben est un leader, qu’il mène les gens. On peut lire que « depuis le haut de la petite colline où se dressait son logement, il regarda les alentours et vit que Ben avait pris la place d’Enyo et dirigeait la séance ». Mais, tout n’est pas rose. Luke se rend compte que Ben a quelques faiblesses de caractère. Luke se reproche aussi de ne pas être assez sévère avec son neveu. Luke pense devoir « modérer la familiarité qui allait de pair avec le lien familial et imposer un peu plus de rigueur ».


Leia aussi s’inquiète de potentielles révélations dans Liens du sang. Elle craint que son fils découvre la réelle identité de son grand-père, à savoir qu’il est l’infâme Dark Vador. Leia ne se sait pas d’illusion et elle sait que cela fera nécessairement du mal à son fils (« elle avait été tellement anéantie par la découverte de la véritable identité de Vador qu’elle ne pouvait imaginer l’effet que cela procurerait sur Ben »). Et, pour ne rien arranger, la primeur de l’annonce lui est enlevée. Comme Han et Leia ont trop attendu pour dire la vérité, ils sont devancés par des ennemis politiques de Leia. Ils s’en veulent comme le pense Leia : « elle devait expliquer à Ben que s’ils ne lui en avaient pas parlé, c’était parce qu’ils attendaient de trouver le bon moment pour le faire. Elle se rendait compte à présent qu’elle avait fait une erreur ».

samedi 10 août 2024

L'Aube Ecarlate

Dans une galaxie bien injuste, gouvernée en grande partie par un Sith, où des maux comme l’esclavage perdurent, il n’est pas étonnant de voir des organisations criminelles prospérer. L’Empire a beau resserrer son emprise sur la galaxie, il ne contrôle pas encore toutes les planètes, tous les aspects de la société. Dans ce contexte, une organisation criminelle se développe : l’Aube Ecarlate.


Voler des gens et des ressources, terroriser des populations, organiser le trafic de minerais… voilà autant d’activités qui peuvent rapporter gros. Si tout un tas de groupes criminels existent, quelques uns sont les plus importants : « l’Aube Ecarlate était un syndicat du crime, l’un des cinq les plus importants de la galaxie. Un tas de légendes et de rumeurs circulaient à leur sujet : la cruauté de ses membres, leur richesse, leur brutalité ». On comprend donc que l’Aube Ecarlate a assis sa domination en employant des méthodes dures et brutales. Mais, l’Aube Ecarlate ne peut pas tout se permettre puisqu’elle doit faire avec l’existence d’autres groupes. Là, c’est un jeu plus politique qui se met en place, et non une domination par la force physique. Dryden Vos le dit clairement quand Han Solo et Tobias Beckett envisagent de voler les Pykes (un autre syndicat criminel important) : « Kessel est contrôlé par les Pykes. L’Aube Ecarlate a noué une alliance fragile avec eux. Il est hors de question que je compromette cet équilibre et risque de déclencher une guerre ouverte avec les Syndicats ».

Dryden Vos semble être le leader, en tout cas un homme de premier plan, au sein de l’Aube Ecarlate. Sa réputation le précède et les gens le craignent, même ses plus proches subordonnés (« le langage corporel de Beckett et de Qi’ra changea immédiatement. Han les vit pâlir, se redresser et jeter un regard paniqué autour d’eux pour s’assurer que rien ne soit de travers »). Plus tard, L3, la droïde de Lando affinera que « la cruauté de Dryden Vos n’est un secret pour personne ».


Enfys Nest refuse de vivre sous le joug de l’Empire et des gangs comme l’Aube. Elle s’attaque à l’Aube quand celle-ci réalise ses coups, cambriolages et autres. Enfys montre à Han Solo la réalité des choses, à savoir que « l’Aube Ecarlate et les quatre autres syndicats ont commis des crimes monstrueux dans toute la galaxie ». Han, fasciné par Beckett, voit l’Aube comme une façon de gagner sa liberté et réaliser des prouesses. En rencontrant Enfys, il a une autre vision des choses. Il voit aussi des gens qui ont été durement marqués : « certains des pillards avaient des cicatrices ; d’autres portaient sur leurs visages des traces des dégâts émotionnels qu’ils avaient subi. Ils les fixaient durement, comme s’ils les mettaient au défi de remettre en question les atrocités que l’Aube Ecarlate leur avait fait endurer ».


Si certains ont peur de l’Aube Ecarlate, des membres du groupe ont peur de Dryden Vos. Et Dryden a peur du vrai boss de l’organisation : Maul. 

Faisant face à l’échec de Beckett de fournir le produit demandé (du coaxium), Dryden lui laisse clairement entendre qu’il est au pied du mur, que lui-même ne fait pas ce qu’il veut. Il a des comptes à rendre à un responsable bien peu compréhensif (« la question n’est pas de te rattraper. Tu sais très bien à qui je dois rendre des comptes. Et ce qu’il attend de moi. Il va me demander de prendre des sanctions. »).

Vos tué par Qi’ra, cette dernière reprend en main l’Aube Ecarlate. Elle fait alors la connaissance du vrai patron et remarque que « c’était un Zabrak plus âge qu’elle » et que « son visage rouge et noir était barré de cicatrices et de rides. Ses cornes étaient courtes et entouraient son crâne comme une couronne ». Cette description laisse bien peu de place au doute : il s’agit de Maul. Et pour confirmer la chose, l’ancien Sith va utiliser la Force pour se mettre en valeur (« seuls les Jedi étaient capables de déplacer des objets avec la Force. Les Jedi et les Seigneurs Sith. Elle comprenait enfin pour quelle raison Dryden était paralysé par la peur face à son maître »).

samedi 20 juillet 2024

Des zombies ?

Le roman Death Troopers réserve quelques bonnes surprises. Dans une vaste galaxie où l’action a tendance à se passer en plusieurs endroits et sur plusieurs planètes, nous avons là un quasi huis-clos. Alors que l’Empire est en train de lutter contre la Rébellion, une barge pénitentiaire transporte des prisonniers. Mais, une panne force l’équipage à chercher des pièces sur un destroyer abandonné. Et, c’est le début des ennuis.


Sur la barge, Zahara Cody est une impériale qui travaille dans le secteur médical. Elle n’a pas choisi cette affectation par hasard. C’est un réel choix influencé par un docteur qui a été son mentor et lui a inculqué une certaine façon de voir la monde. Il lui a appris à aider les plus défavorisés, ceux qui sont mis à l’écart par l’injuste système impérial (« il leur rappelle les milliers de miséreux, humains ou non, et ces jeunes êtres qui meurent de malnutrition et de maladie, tandis que la crème de la société galactique se complait derrière ses oeillères »). Dès lors, Zahara effectue un choix périlleux ; elle se retrouve sur un navire qui lui est hostile : on lui reproche de trop prendre soin des rebelles et elle est la seule femme à bord. Elle en a conscience d’ailleurs (« objet bien malgré elle des fantasmes d’une centaine de matons frustrés et de stormtroopers en manque »). Zahara est donc dans la pensée et les conversations de beaucoup de soldats. Ces derniers ne sont pas non plus dans des conditions merveilleuses : ils sont loin de tout, avec des détenus violents et un commandement sadique ou désintéressé. Les soldats cherchent donc une échappatoire à cette morosité et Zahara Cody en offre une (« combien de temps pouvait-on supporter ses collègues se plaindre des menus du réfectoire et s’interroger sur la partie de son anatomie que Zahara Cody lavait en premier sous la douche ? »).

Le roman traite donc d’une infection très mortelle qui se répand sur le vaisseau. Quand il est atteint, Austin, un gardien très malade, crache son venir sur Zahara. Il remet en cause sa façon de travailler, son intégrité et l’insulte : « vous en pincez pour les taulards. Je parie que si j’étais une de ordures de Rebelles, vous me traiteriez comme votre unique patient ».


Dès que les premiers soldats pénètrent le destroyer à la recherche de pièces, ils ont de mauvaises sensations et impressions. Santoris sent que quelque chose ne va pas. Découvrir un nouveau vaisseau, quitter quelques temps la barge aurait dû lui faire du bien, ce n’est pas le cas : « un homme terrifié par les espaces exigus aurait dû se sentir vivifié ici. Pourtant, il ne ressentait qu’une forme curieuse et inédite de panique qui bouillonnait au creux de son ventre ». Un autre soldat, Vesek, confirme cette impression et ajoute d’ailleurs un cran à la comparaison. Il se sert de Vador pour illustrer son malaise (« on éprouve une sensation bizarre quand on le regarde. Comme je ne sais pas… une sorte de froid intérieur. (Vesek frémit.) Un peu comme ici, à vrai dire »).


En revenant sur la barge, les soldats apportent avec eux un virus dont « le taux d’infection avoisine les cent pour cent ». Un droïde médical avec une impressionnante banque de données avoue son impuissance et le fait qu’il est totalement pris au dépourvu ; il affirme que ses « données en matière de maladies infectieuses sont presque exhaustives, mais je n’ai jamais vu quoi que ce soit de semblable à cette épidémie ». Et l’horreur se propage. Les soldats et les prisonniers tombent et meurent (« des cadavres sur les couchettes, des cadavres par terre, des cadavres roulés en boule dans les coins, les bras déjà raides autour de leur genoux serrés »).

De façon assez inattendue, Han Solo et Chewbacca sont présents dans le roman. Placés en quarantaine, ils ont échappé à la propagation du virus et il a été possible pour Zahara de leur inculquer un essai de protection virale. Si Han réagit bien, ce n’est pas le cas de Chewbacca. La façon dont il réagit à l’injection montre la façon dont le virus se développe dans le corps de ses victimes. On peut lire que « la maladie qu’elle avait introduite sous a fourrure, sous sa peau, était une chose vivante qui rampait dans son corps, une créature grise qui se frayait un chemin le long de son bras ».

D’autres personnages ayant survécu à la première vague du virus sont les frères Trig et Kale. Mais, malheureusement, ce dernier est mordu par un infecté et sent le virus monter en lui. Il ressent les changements, il a peur, il délire et pourtant il ose demander à Zahara l’impossible : lui couper la jambe pour empêcher la diffusion du virus dans son corps. Quand Zahara trouve le courage d’obéir à l’ordre, elle regarde la jambe du malade et ce qu’elle voit la terrifie : « Zahara regarda la zone grise remonter le long de la jambe, dépassant le genou et la cuisse dont la peau se mit à palpiter vivement, comme de la gélatine ».

Il semblerait que ce virus pousse les gens dans leurs derniers retranchements. Après quelques péripéties, on tombe sur des impériaux qui ont survécu sur le destroyer. Ils se sont retranchés pour échapper à l’infection. Mais, il fallait bien manger et boire : ils ont alors pratiqué une chose horrible, le cannibalisme (« chaque homme a reçu une mort rapide et humaine. Au début, nous jetions les restes par là (…) Nous avons donc fini par manger tous les restes, nous sucions jusqu’à la moelle des os »).


Il faut dire que le virus a un deuxième effet. Il tue donc ceux qui sont touchés. Puis ceux-ci reviennent à la vie avec une forme d’intelligence et de capacité d’apprentissage, et cherchent à traquer d’autres victimes. Trig et Kale sont apeurés en voyant leur père mort depuis longtemps revenir à la vie (« le vieil homme n’était plus le m^me lui non plus. Les deux semaines passées pourrir à la morgue avaient maculé sa peau jaunâtre de taches sombres »). C’est comme ça que Kale a été contaminé : « les cadavres de la barge pénitentiaires avaient repris vie, et son père se trouvait parmi eux. Son père l’avait mordu ».


Quatre personnes ont survécu : Zahara et Trig, Han et Chewbacca.

samedi 21 octobre 2023

Chewbacca a tout perdu

Dans l’univers Légendes, Chewbacca ne survit pas à sa famille ou à ses amis. Il se fait tuer lorsque les Yuuzhan Vong envoient une lune sur la planète Sernpidal. Dans la postlogie, c’est l’inverse : Chewbacca est encore en vie à la fin de l’Ascension de Skywalker alors que Han, Leia et Luke sont morts.


La mort de Han est brutale. Chewbacca ne perd pas seulement son meilleur ami, son ancien ami, un compagnon de route. Il a l’horreur de le voir se faire tuer par son propre fils, Ben Solo. Il assiste à sa mort sans pouvoir rien faire. Il est trop loin et Ben Solo est bien trop imprévisible. Quand Chewbacca voit Han Solo mourir, il est à la fois traversé par une forte douleur et de la colère. Ceux qui assistent à la scène, comme Ben Solo, perçoivent la haine du Wookie : « il n’entendit pas le hurlement de désespoir du Wookie, mais il sentit le coup tiré par son arbalète, qui l’atteignit au ventre ». La mort de Han hante Chewbacca, elle l’accompagne. Dans les derniers Jedi, quand il finit par retrouver Luke, on comprend qu’il a à peine entamé son deuil. Son attitude dans le cockpit du Faucon Millenium est assez explicite (« la colère du Wookie s’évapora, ses épaules se voûtèrent sous le poids du chagrin. Il poussa un gémissement pitoyable »). Chewbacca ne peut pas oublier Han, celui qui l’a accompagné durant des décennies. Dans l’Ascension de Skywalker, Maz a un geste reconnaissant : « elle posa la médaille de bravoure de Han dans la paume du Wookie, qui referma ses énormes doigts autour ». Cela peut paraître anodin mais c’est un souvenir important pour lui. 


Après avoir assisté à la fin de Han, Chewbacca apprend de la bouche de Leia la mort de Luke. La mort le touche tout autant. Elle renforce l’impression qu’ils sont vulnérables, qu’ils font face à un ennemi qui les traque un par un. Là encore, Luke meurt en ayant affronté Ben Solo. Pour Chewbacca, c’est encore une mauvaise nouvelle qui a pour théâtre le cockpit du Faucon Millenium. Le vaisseau qui lui avait offert tant de bons moments devient un endroit de cauchemar. On lit que « le Wookie gémit, un petit bruit presque étouffé, tout au fond de sa gorge. Il abandonna les commandes et s’écroula sur son siège ». Il peut compter sur Leia pour partager sa peine. Les deux survivants perdent petit à petit tous ceux dont ils étaient proches, tous ceux qui ont participé leurs aventures (« elle pleura pour Luke, pour Han, pour Ben. Tous ceux qu’ils avaient perdu. Chewbacca  ne faisait aucun bruit mais continuait simplement à la serrer, d’une étreinte étonnamment douce »).


Enfin, dans l’Ascension de Skywalker, Chewbacca perd Leia Organa. La femme donne sa vie pour ramener son fils à la vie et à la lumière. Chewbacca n’est pas présent quand Leia meurt, il n’a même aucune idée de ce qui lui est arrivée. La nouvelle constitue donc un choc immense qui le cloue au sol, le paralyse : « Chewie gémit, renversa la tête en arrière et tomba à genoux. Finn essaya de réconforter le Wookie, mais celui-ci lui fit signe de s’éloigner et continua à exprimer bruyamment sa profonde tristesse ».

jeudi 8 septembre 2022

La mort de Chewbacca

Les Yuuzhan Vong sont là pour conquérir la galaxie. Ils sont prêts à tout pour y arriver, quitte à envoyer une lune s'écraser sur une planète. C'est à cette occasion que Chewbacca meurt. Le Wookie a pu sauver Anakin et Han Solo mais a dû y laisser la vie. Sa disparition laisse un grand vide pour ses proches, tous ces gens qui le fréquentent depuis des décennies et ont créé des liens forts avec lui.

Le plus durement touché est bien entendu Han qui a perdu là son meilleur ami. Les deux ont traversé ensemble tout un tas d'aventures, de bons et mauvais moments. C'est leur lien qui leur a permis de résister à la violence, aux événements. Han ne peut s'empêcher de repenser, de revivre les derniers moments de son frère d'armes : « il pensait à Chewie, à cette image tragique du Wookie en train de lever les poings vers ce gigantesque et invisible ennemi. Une dernière pose de défi. Une vision qui déchira le cœur de Han et fit couler des larmes le long de ses joues ». La mort de Chewbacca a des conséquences. C'est un dur retour à la réalité, c'est aussi le rappel que la mort peut frapper n'importe qui, n'importe quand, surtout que la famille élargie Solo-Skywalker a l'habitude de vivre des situations bien périlleuses et de s'en sortir presque toujours par miracle (« j'avais construit cette bulle autour de nous. Toi, moi, Chewie, les gosses, Luke, Mara et même Lando... Merde, même autour de ces foutus droïdes. On y était tous confortablement installés, tu sais ? Tranquilles, pépères, une petite famille unie »). Han ne le sait pas encore, mais avec la mort de Chewbacca, c'est le début de l’éclatement de sa famille.

D'autres aussi sont concernés par la mort de Chewbacca. Sans le Wookie, Luke ne serait pas allé bien loin.Il serait sans doute resté coincer sur sa planète de sable. Bien que déjà touché par la mort de proche, Luke est très abattu. Pour lui aussi, c'est le signe que la mort guette à chaque coin, un douloureux rappel. On lit que « ce fut un moment de larmes et de souvenirs, un moment que Luke et Mara passèrent à se rappeler les instants partagés avec Chewbacca » et « c'étaient des instants ou chacun perdait toute notion de contrôle et reconnaissait son insignifiance, sa vulnérabilité, et le fait qu'il était mortel ». Là encore, on voit que le conflit naissant contre les Vong fait exploser une situation routinière. Pour Jacen Solo, c'est également une grande perte : « Chewie avait été comme un oncle avec lequel on pouvait s'amuser. Il avait été, au cours de toutes ces années, plus proche d'eux et de leur père que leur oncle Luke ».

Mais, la mort de Chewbacca ne se traduit pas que par des hommages. C'est aussi la transformation de Han en un homme aigri, qui sombre dans une période compliquée. Il se met à boire, coupe les liens avec sa femme et ses enfants, et reproche à Anakin, son propre fils, la mort de Chewbacca. Il emploie des mots durs, émet des accusations fortes : « Tu l'as laissé tomber. Tu as tourné les talons et tu t'es enfui. Chewie, lui, n'a pas bronché. Et il est mort ». Anakin ne serait pas seulement responsable de la mort de Chewbacca, il serait aussi un lâche, une personne peu fiable. Ces mots vont longtemps résonner dans la tête du jeune homme qui s'en voudra pendant un long moment et ne pourra jamais faire la paix avec lui-même (« il n'y avait guère de place pour la logique dans le cœur du jeune garçon. Il ne pouvait rien faire contre le regard réprobateur de son père »).

mardi 23 août 2022

Qui est Qwi Xux ?

Qui a créé l’Étoile de la Mort ? Qui a créé ces super-armes dont l'Empereur est si friand ? L'univers légendes apporte une réponse et nous fournit des noms. Un d'eux est celui de Qwi Xux, une femme que Han Solo rencontre alors qu'il est fait prisonnier par des restes de l'Empire dans le Complexe de la Gueule (l'Académie Jedi). Quand on rencontre Qwi Xux, on comprend que c'est une scientifique passionnée par ce qu'elle fait, ravie des moyens mis à sa disposition et qu'elle n'a pas réellement le recul nécessaire sur ce qu'elle fait. Ce sont d'autres (Tarkin et sans doute l'Empereur qui ont une vue d'ensemble des choses). Qwi Xux est presque une idéaliste, une femme prête à tout pour que la science progresse et se diffuse (« le savoir appartient à tous. Nous avons besoin de connaissances pour évoluer et laisser un patrimoine à nos successeurs »). Elle a conscience de la chance qu'elle a, des opportunités qui s'offrent à elle : « ici, j'ai une chance d'apprendre les plus grands mystères du cosmos ». Sa rencontre avec Han Solo va commencer à la faire douter. Le contrebandier va la confronter à la réalité en lui disant que ses belles réalisations sont utilisées pour asservir les peuples et détruire des planètes. Mais, au lieu de se remettre en question, elle s'enferme dans le déni et la négation ; elle lui répond que « je m'occupe uniquement des concepts. Si quelqu'un d'extérieur utilise mal mes inventions, je ne suis pas responsable. »

En réalité, si Qwi Xux pense comme ça, c'est en partie parce que son cerveau a été conditionné pour. L'Empire a utilisé ses capacités intellectuelles pour arriver à ses fins : il fallait donc s'assurer qu'elle soit docile et obéissante, qu'elle ne fasse pas de vagues. Dans le troisième tome de l'Académie Jedi, Qwi Xux est parvenue à dépasser son éducation, elle a compris que l'Empire était maléfique et qu'elle y a participé. Elle peut donc regarder honnêtement son passé et comprendre ce qui n'a pas été (« Qwi se souvint de sa jeunesse. Pour le seul bénéfice du Grand Moff Tarkin, elle avait stocké d'incroyables quantités de connaissances scientifiques dans son cerveau d'adolescente. De tous les étudiants, elle seule avait survécu à ces conditions épouvantables »). C'est là une preuve que l'Empire a bien manipulé Qwi Xux : elle était tellement contente de participer à quelque chose qui la dépassait qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle était traitée comme du bétail. Le chemin de Qwi la mène jusqu'à Kyp Durron. L'apprenti Jedi, désirant se venger du mal que l'Empire lui a fait, lui arrache des souvenirs de sa mémoire et, ce faisant, elle oublie tout son travail de scientifique. C'est un terrible coup pour elle : lorsqu'elle relit ses journaux intimes, elle se rend compte qu'elle n'avait pas grand-chose à elle ; elle était juste un outil, un réservoir dans lequel on piochait (« C'était donc cela, ma vie ? Quel atroce vide (…) Plus de dix ans de ma vie, et je ne m'étais liée à personne (…) Et j'ignorais tout ce qu'on faisait de mes inventions. Comment ai-je pu être aussi naïve ? »)

C'est donc Han Solo qui ouvre les yeux de Qwi et lui dit le premier qu'elle a œuvré pour semer le trouble et la guerre dans la galaxie. Han, lui, est étonné de voir la jeune femme lui parler si fièrement de ce qu'elle fait ou ne pas chercher à savoir l'usage qui sera fait des outils. Il « ne parvenait pas à l'imaginer en conceptrice de l’Étoile Noire. Pourtant, elle travaillait de son plein gré sur le Complexe de la Gueule, et elle avait admis son rôle dans la création de cette arme terrible. » Emprisonné, Han ne peut pas faire grand-chose jusqu'à ce que Qwi, touchée par les paroles entendues et qui a fait ses proches recherches, le libère ainsi que Kyp Durron et Chewbacca. Et avant de partir, elle décide de voler le Broyeur de Soleil, une autre super-arme (« c'est l'arme la plus formidable jamais fabriquée et j'ai passé huit ans de ma vie à la concevoir. Vous ne pensez pas que j'allais l'abandonner à l'amirale Daala » ). Si Qwi Xux est toujours fière de ses recherches, elle a quand même changé : elle sait qu'entre de mauvaises mains, son travail peut faire de mauvaises choses. Elle est prête à prendre des risques pour que cela n'arrive pas.

Malheureusement, Qwi ne peut se douter que celui qui lui fera du mal est un homme qu'elle a libéré : Kyp Durron. Ambitieux dans sa formation de Jedi, il est prêt à tout pour se venger, même à employer des méthodes extrêmes. Il a connaissance du Broyeur du Soleil et il a besoin de savoir comment l'utiliser. Il va donc violer le cerveau de Qwi Xux et lui prendre les informations nécessaires (« elle sentit les pointes acérées de griffes imaginaires lacérer son cerveau, creusant, arrachant les souvenirs et les connaissances scientifiques accumulées au cours des années »). Bizarrement, les Jedi parviennent à pardonner à Kyp ce crime (ainsi que le fait qu'il se soit servi de l'arme pour tuer des millions de gens innocents). Qwi tourne également la page même si elle n'est jamais réellement à l'aise. Dans le roman le Sabre noir, lorsqu'elle revoit Kyp, elle montre sa méfiance : « Kyp Durron s'était distancé du Côté Sombre pour servir les Jedi, et Qui avait su lui pardonner – mais le Chevalier Jedi éveillait toujours le doute. » Dans le Nouvel Ordre Jedi, lors de la guerre contre les Vongs, certains Jedi sont aux abois et sont prêts à tout pour lutter contre ces créatures. Certains se rappellent que Qwi est une scientifique de premier plan et qu'elle pourrait, pourquoi pas construire des armes. Mais, ils se rendent vite compte que Qwi a tourné la page de tout ça. A une Mara dubitative de sa philosophie, elle rétorque que « vous êtes tous des héros. Vous avez tué au combat, pour vous défendre. J'ai créé des armes qui ont pulvérisé des planètes entières. » on comprend qu'elle n'a jamais réussi à dépasser sa période au service de l'Empire (« j'espérais que Kyp Durron viendrait me voir – j'ignore s'il est hanté par le passé comme moi »).

Qwi aura pendant quelques temps une relation avec Wedge Antilles. Dans les romans de l'Académie Jedi, le pilote est chargé de la protéger alors qu'elle est menacée par Daala. Les deux se rapprochent timidement (« elle s'était un peu confiée à Wedge depuis qu'il assurait sa protection, mais elle restait très solitaire »). Les machinations de Daala et les liens qui se créent poussent à leur complicité. C'est Wedge qui entreprendra le premier geste : « avec une certaine nervosité, Wedge lui passa un bras autour de la taille. Alors Qwi Xux, inventrice du Broyeur de Soleil, cocréatrice de l’Étoile de la Mort, se sentit honorée d'être sous la protection du général Wedge Antilles ».

L'histoire de Chewbacca

Dans le roman Solo : A Star Wars Story, Han Solo fait la rencontre de celui qui sera un de ses meilleurs compagnons : Chewbacca. Si c'est une rencontre heureuse, elle l'est beaucoup moins dans le contexte. Han, alors impérial, est puni pour désobéissance et à cause de son attitude. Il est envoyé en prison, dans une cage où on espère le voir souffrir, livré à une bête. Le terme est peu flatteur pour Chewbacca puisqu'il est vu comme une créature monstrueuse, violente. Pourtant, « le Wookie rêvait de Kashyyyk et de sa famille. Plus il avait faim, plus il rêvait. Comparé à ses ravisseurs à la peau lisse, il était très âgé. Leur espérance de vie n'était l'équivalent que de quelques saisons pour un Wookie ». Chewbacca est donc prisonnier, privé d'alimentation et de soin, il est dans un état déplorable. Il est aussi atterré d'avoir été capturé par des humains qui sont bien moins expérimentés que lui ; Chewbacca a d'ailleurs vécu son lot de batailles. Les dernières ont été terribles pour lui : la fin de la guerre des Clones, l'asservissement des Wookies par l'Empire.

Parvenant à s'échapper, Chewbacca adhère à une bande constituée de Solo, Rio, Val et Beckett. Alors qu'ils préparent un casse, les individus se regroupent autour du feu et échangent quelques témoignages. Han traduit la parole de Chewbacca, il explique ainsi aux autres que « les Wookies ont été réduits en esclavage par l'Empire et exilés loin de Kashyyyk (…) il se battait pour libérer sa planète... il a combattu l'Empire... longtemps. Il a été capturé... ils l'ont traité de monstre... l'ont drogué ». Comme pour beaucoup d'autres, le déploiement de l'emprise impériale n'a pas été bénéfique pour les Wookies. Farouchement opposé à tout ce qui n'était pas humain, l'Empire a privé les Wookies de tous ses droits et les a transformés en chair à travail. Leur force y était très utile. Pour autant, Chewbacca a conservé espoir et volonté. Même au fond de sa cage, il a conservé un objectif en tête, quelque chose qui l'a vraisemblablement fait tenir : « il veut aider sa planète. Libérer Kashyyyk. D'autres Wookies sont traités comme des esclaves là-bas. »

Mais, le mépris des autres, des humains envers Chewbacca reste présent. On en a la preuve lorsque Han, Beckett et lui assistent à une festivité. A cette occasion Han retrouve une amie d'enfance Qi'ra et fait la connaissance d'un groupe criminel appelé l'Aube écarlate. Si Han s'intègre bien (malgré son apparence négligée) grâce à son bagout, ce n'est pas le cas de Chewbacca. Son apparence et son comportement détonnent (« le Wookie haussa les épaules et vida les deux verres d'un trait, renversant du liquide sur sa fourrure. Des convives horrifiés par ses manières détournèrent les yeux »). Si ils sont là, c'est pour se justifier après l'échec de leur mission. On leur accorde une seconde chance, ils se rendent sur Kessel. Là, le plan préparé par Han pour voler du coaxium tourne vite au chaos. Il faut se battre et Chewbacca s'empare d'une arme qu'on le verra souvent manier par la suite : « l'arbalète était son arme de prédilection, ça et sa force prodigieuse. Il n'avait pas de temps à perdre avec des joujoux comme ce bâton ».

Sur Kessel, Chewbacca tombent sur des Wookies prisonniers. Il se sent le devoir, l'obligation de les aider (« Peu importait qu'il ne connaisse pas ce Wookie. Il faisait partie du peuple de Chewbacca et c'était suffisant pour inspirer une loyauté qui éclipsait tout plan pour lequel il s'était engagé »). Chewbacca est donc à la croisée des chemins : doit-il suivre les Wookies ou rester avec Han ? C'est un choix compliqué. Mais, Chewbacca se rend vite compte que Han n'est pas comme les autres humains. Il ne le juge pas, il ne le rejette pas, il l’accepte comme il est : « C'était devenu un compagnon. Il avait immédiatement accepté son amitié alors que les humains étaient d'habitude mal à l'aise avec les représentants des autres espèces. » C'est le début d'une longue amitié.

jeudi 23 décembre 2021

L'Héritage de la Force : la culpabilité de Leia et Han

Jacen Solo (Dark Caedus) ne s’est pas seulement tourné vers le côté obscur de la Force ou tué Mara Jade. Il a fait de ses parents des ennemis de l’Alliance Galactique, les a pourchassés à travers la galaxie et a commis son lot d’atrocités (il a enlevé sa fille Allana, il a fait brûler les forêts de Kashyyyk). Tout cela a fait que les Jedi cherchent à mettre fin à ses activités et que sa propre famille soit dégoûtée par son comportement. Si Jaina a des soupçons assez tôt, il faut un peu plus de temps pour que Han et Leia arrivent à la conclusion que Jacen ne peut plus être sauvé. Quand les Jedi élaborent un plan pour abattre Dark Caedus, Han Solo prend la parole et prononce des paroles dures : « Jacen était un héros. Il a tué Onimi et a gagné la guerre contre les Yuuzhan Vongs puis est mort de ses blessures. Caedus n’est qu’un monstre qui a pris place dans l’enveloppe vide qui subsistait… et si quelqu’un est capable de le tuer, j’armerai avec plaisir le détonateur. » On voit bien que Han refuse d’admettre ce que son fils est devenu, qu’il doit faire comme s' il était devenu un autre pour pouvoir le combattre.

Han a mis du temps pour changer d’avis. Pendant longtemps, il a cru qu’il pouvait aider son seul fils vivant, éviter sa longue et rapide chute. Il a bien conscience des crimes commis par Jacen mais il ne parvient pas à lui tourner le dos (« il y avait des jours où Han Solo reniait Jacen et ne voulait plus jamais le voir. Et puis le lendemain… le lendemain Jacen était de nouveau son garçon, et il voulait s’occuper de lui et arranger les choses »). Mais, la réalité les rattrape très vite quand Ben Skywalker parvient à démontrer que Jacen a tué Mara Jade, la femme de Luke Skywalker. Elle est sans mots et sans voix, suite à cette révélation : « Tante Leia, celle qui avait toujours la parole parfaite au moment parfait et rassemblait tout le monde en temps de crise, s’avança vers lui, le fit doucement pivoter par les épaules et se contenta de l’étreindre en silence. Lorsqu’elle s’écarta de lui, elle avait les larmes aux yeux. »

Jacen a donc fait du mal à un bon nombre de gens de la galaxie, il a également causé du tort à des gens proches, à des amis de Han et Leia. L’un d’entre eux est Luke. Après les révélations de Ben, ils se sentent encore plus coupables de la façon dont Jacen a tourné et se demandent comment Luke réagira. Mais, Luke ne leur reproche rien (« ses parents lui avaient dit que Luke tenait Caedus et lui-même pour responsables de la mort de Mara, et qu’il n’avait pas laissé échapper la moindre remarque acerbe ou posé une seule question remplie de sous-entendus (...) Il aurait été naturel de les condamner parce qu’ils avaient élevé un monstre et de se demander comment ils avaient pu échouer à ce point ». Han et Leia se sentent responsables. Eux qui ont été des héros, eux qui ont lutté toute leur vie pour la stabilité de la galaxie ont un fils qui ruine tout, et sème la terreur et la mort. Leurs comportement changent : ils baissent la tête, ils ont une attitude contrite. Jaina Solo est un bon témoin de ce qui se passe. Elle connaît bien ses parents, leur petite manie, leur sentiment d’assurance. Grâce à elle, on se rend compte que tout a évolué. On lit que « brusquement, Jaina comprit à quel point ses parents se sentaient coupables de ce qu’était devenu leur fils… de ce qu’il faisait subir à la galaxie. Durant le voyage de retour depuis Coruscant, elle les avait entendus parler de leur sentiment d’échec et se demander l’un à l’autre, d’une dizaine de façons, comment ils n’avaient pas pu voir ce que traversait Jacen. »

Après un premier affrontement contre Jacen, Jaina a un espoir fou : ramener son frère Jacen vers la lumière. Elle pense qu’il a hésité à lui asséner le coup final. Mais, elle se trompe et revient dur à la réalité quand Luke lui apprend que Jacen la suit grâce à la piste de sang (une technique des Soeurs de Dathomir pour marquer les esclaves). Leia comprend alors ce qui traverse sa fille, qu’elle a atteint un état que Han et elle ont déjà atteint (« son dernier espoir a disparu. Elle s’est aperçue que Jacen est entièrement perdu. Il n’y a plus rien à faire remonter à la lumière »). Jaina part donc à nouveau à la poursuite de Jacen et parvient à le tuer. Malgré tout ce qu’il a fait, Leia est touchée, marquée, abattue et ressent des choses qu’elle a seulement expérimentées très rarement : « il n’avait pas vu ce regard que deux fois, la première lorsqu’Anakin était mort et la seconde lorsqu’elle avait cru que Luke avait rendu l’âme. Et depuis le début de la traque de Jaina, il n’avait cessé d’être terrifié à l’idée de la revoir. Il ne savait pas s’ils le supporteraient, si Leia et lui étaient assez forts pour supporter la perte de leur dernier enfant ». Si Han croit que c’est Jaina qui est morte, la comparaison est intéressante : le choc rappelle à Leia la mort d’un de ses fils ou de son frère. Leia sait que c’est Jacen qui n’est plus et cela montre bien qu’une part de son fils comptait encore pour elle. Quand elle partage la nouvelle à son mari, elle est atteinte (« C’est Jacen, dit-elle avant que sa voix se brise et qu'elle prenne la main de son mari. Jaina l’a eu. »)

Il n’est donc pas étonnant de les voir perdre leurs moyens quand ils voient le cadavre de leur fils tenu par Jaina. Leurs deux enfants ont dû s’entre-tuer et ça ils ne peuvent le contenir : « en s’approchant et envoyant la tête de Jacen posée sur les cuisses de Jaina, ils finirent par arriver au bout de leurs réserves de sang-froid. La lèvre de son père se mit à trembler et la tristesse mouilla les yeux marron de sa mère »).

dimanche 31 octobre 2021

La marée des Ténèbres et Agents du chaos : la chute de Yan Solo

Vecteur prime, le premier roman de la saga du Nouvel Ordre Jedi, a son lot d’événements marquants : l’introduction des Yuuzhan Vong, le fait que la vie existe en-dehors de cette galaxie, le record de Jaina à la Clé des Champs. Mais, il y en a un qui dépasse les autres : la mort de Chewbacca. Le Wookie se sacrifie pour sauver Yan Solo et son fils Anakin alors que les Vong sont en train de faire tomber une lune sur Sernpidal. La disparition de Chewbacca crée un grand vide chez les héros, et en particulier pour Yan.

Très vite, le lecteur comprend que Yan est fortement marqué par ce qui s’est passé. Han n’est pas qu’énervé ou démoralisé, il ne tourne pas uniquement le dos à sa famille. Le changement est également physique, il se laisse aller et ne prend plus soin de lui. Quand il finit par retourner chez lui, ses enfants se rendent compte de son état. Il a l’air négligé : « la multitude de taches, sur sa tunique autrefois blanche, se voyait sans peine, comme la crasse aux poignets, au col et aux coudes. Ses bottes étaient toutes crottées. Le pantalon fripé, échevelé, il passa sur ses joues havres, montrant des ongles sales ». Dans un premier temps, Yan tente de fuir ce qu’il a vécu. C’est sans doute pour ça qu’il boit et évite sa famille. Quand Leia ramène à la maison un Sénateur nommé Elegos, il voit là une autre opportunité pour échapper à sa peine. En effet, l’espèce d’Elegos a la capacité de manipuler les souvenirs et il désire en effacer certains liés à Chewbacca (« je l’ai vu à l’instant où la lune a heurté Sernpidal. Il était là, grondant et hurlant. L’air s’est enflammé. La lumière a fait de lui une silhouette noire, puis elle l’a dévoré. J’ai vu ses os »).

Au-delà des reproches qu’il fait à son plus jeune fils Anakin (ou ce que ce dernier s’imagine), Yan se sent en réalité vulnérable. L’homme a traversé un bon nombre de crises sans jamais perdre de gens réellement très proches. Certes, des gens sont morts ou ont été enlevés mais tout finissait toujours bien pour Leia, Luke ou ses enfants. Là, ce n’est pas le cas et il en a conscience. Il remarque que « l’avoir perdu m’a rappelé tout ce que je pouvais encore perdre. Je n’avais jamais éprouvé une telle peur… Vous imaginiez ça, moi, Yan Solo, terrorisé ? » Ceux qui voient Yan, proches ou non, se rendent bien compte qu’il a changé, que ce n’est plus le même homme, qu’il a perdu de sa superbe. Chalco, un vieillard croisé par Luke et Anakin, dit à ce dernier que « je l’ai vu une ou deux fois récemment. Il est anéanti par la mort de son partenaire ». Tout le monde savait que Yan et Chewbacca formaient un duo très lié, qu’ils était plus que des meilleurs amis. C3PO a vécu auprès d’eux deux. Lui aussi constate la même chose (« ayant été proche de Chewbacca et étant très humain, Yan souffrait le plus de sa disparition, oscillant entre l’angoisse et la rage, l’abattement et l’agitation. L’homme que C3PO avait autrefois trouvé invivable était profondément malheureux, aussi difficile à atteindre que s’il était resté enfermé dans son bloc de carbonite »).

La guerre continue et le temps passe. Yan vit les choses différemment. Parfois, il se sent coupable de ne plus avoir le même niveau de douleur quand il pense à son ami Wookie (« me voilà obligé de me concentrer sur mes souvenirs pour le revoir ou me rappeler le son de sa voix ») ; parfois il s’en prend à ceux qui veulent partager sa peine avec lui ou lui montrent des marques de soutien (« je suis un type normal avec des sentiments normaux et plus que sa part de défauts. Je ne vois pas Chewie, Luke. Pas comme tu dis voir Obi-Wan, Yoda et ton père. Je n’ai pas la Force à ma disposition »).

Yan est un type comme il en existe des milliards dans cette galaxie, il est entouré de gens remarquables et qui sortent de l’ordinaire : sa femme Leia bien entendue mais aussi les Jedi dont ses enfants. Malheureusement, sa famille se trouve confrontée à tout un tas de défis et de péripéties qui les mettent souvent en danger. Avec la mort de Chewbacca, Yan expérimente quelque chose de nouveau : la peur. Leia l’a bien compris. A une Jaina interloquée devant le comportement de son père, elle lui dit que « j’ignore comment nous avons survécu à tout ce qui nous est arrivé. Un miracle ! Cela aussi a contribué à donner à Yan une illusion d’invulnérabilité. La mort de Chewie l’a cruellement détrompé ».