- L'escadron Rogue
- Le jeu de la mort
- La voie de la destruction
- La règle des deux
- La dynastie du mal
- Le labyrinthe du mal
- La revanche des Sith
- Dark Lord : l'ascension de Dark Vador
- L'héritier de l'Empire
- La Bataille des Jedi
- L'ultime commandement
Rey, Caedus, Tahiri Veila, Abeloth, Tsavong Lah, Sidious, Marchion Ro, Luke Skywalker, Saba Sebatyne et les autres.
Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt. Je conseillerais donc de lire : le ...
Marchion Ro est défait sur la planète des Sans-noms. Ce n’est pas un endroit anodin car ces créatures ont fait tant de mal aux Jedi et ont participé bien involontairement à la spirale destructrice de Marchion Ro en alimentant le Fléau, ce mal inconnu qui se répand et menace les planètes.
Au terme d’un combat épique, le leader des Nihil est battu. C’est la fin de son emprise sur la galaxie, c’est la fin de son arrogance menaçante. Car Marchion Ro se pensait meilleur que les autres, plus brillant, plus fort, plus impitoyable. Jamais il n’avait envisagé être battu et encore moins par un Jedi. C’est pourtant Bell Zettifar qui lui assène le coup fatal (« bien des os de l’Evereni s’étaient sans doute rompus, sans parler des diverses blessures qu’il avaient subies et du choc émotionnel que représentait le fait d’avoir perdu »). Dès qu’il est battu, Marchion Ro n’est plus une menace ; il perd toute sa splendeur, tout son charisme. Les Jedi le considèrent comme une chose négligeable, un poids mort. On en a un exemple avec l’iconique Burryaga qui le « souleva sans difficulté » et « le jeta en travers de son épaule sans trop de douceur ». Marchion Ro n’est plus rien. Il n’est même plus le chef des Nihil à qui, d’ailleurs, il n’a jamais réellement cherché à donner une voie à suivre.
Malgré tout, les Jedi mesurent la prouesse réalisée. Ils ont tant souffert durant des années, ils ont vu la galaxie et des milliards d’habitants subir des épreuves affreuses. Ils sont à la fois contents et satisfaits, soulagés (« l’idée que l’Oeil des Nihil se soit enfin fait capturer lui semblait simplement (…) Reath n’osait pas y croire »).
Capturé, Marchion Ro se rend compte que les Jedi et la République ont défait tout ce qu’il a accompli.Les territoires occupés par les Nihil sont repris et le Fléau est contenu. Les Jedi ne lui disent même pas comment ils ont pu y arriver, ils le gardent volontairement dans le flou. Elzar Mann insiste : « il vous faudra vous contenter de savoir que nous l’avons fait et que tout continuera sans vous. Au bout du compte, vous aurez été insignifiant ». L’accent est largement mis sur l’aspect non durable de ce qu’a pu réaliser Marchion Ro. Ses conquêtes, ses crimes, ses peurs créées, si on écoute les Jedi ou la République, cela n’aura aucun impact à long terme.
Marchion Ro n’est pas condamné sans jugement. On lui offre la possibilité de se défendre. Pourtant, il est plongé dans le silence (« l’Evereni n’avait pas prononcé un mot depuis sa capture par les Jedi ») : il est possiblement choqué par sa défaite, il peut également bouder ou mal prendre son échec final. Lors de son procès, Marchion Ro prend la parole. S’il agit ainsi, c’est qu’une tribune lui est offerte et que cela ne peut que satisfaire son immense égo. L’homme aime briller, il aime être admiré. Quand il parle, ce n’est pas pour reconnaître sa défaite ou présenter des excuses, loin de là. Il est hargneux, hautain, méprisant (« votre République représente la puissance combinée d’un incalculable nombre d’êtres. Vous pourriez réussir n’importe quoi. Et vous ne faites rien »). Il s’attaque une nouvelle fois à la République, il sous-entend aussi que lui pourrait faire mieux, que lui seul a de grands projets, de grandes idées.
Marchion est condamné à un isolement total. Il ne pourra plus jamais croiser quelqu’un, plus jamais parler à quiconque. Il ne pourra jamais avoir des nouvelles de la galaxie, des mondes. Pour ajouter à sa punition, même ses ancêtres ne lui parlent plus. Lui qui avait été embêté par les voix et les fantômes de sa famille se retrouve seul. Il le regrette clairement (« l’absence de visite de ses ancêtres l’étonna. Marda Ro aurait tout de même pu se manifester de temps à autre pour le tenter ou le railler ! ») ; sa solitude est donc absolue. La vieillesse la gagne plus physiquement qu’intellectuellement. Il se voit donc faiblir sans aucune façon d’y remédier. Le suicide ne le tentant pas, il se contente de subir les affres du temps : « la douleur et la fragilité affectèrent peu à peu chaque partie de son corps, à l’exception de son esprit, ce qui représentait une autre souffrance en soi ». On comprend donc qu’il garde toute sa colère, tous ses grands plans ambitieux fantasmés. Jusqu’au bout, il rêve de ce qu’il aurait pu accomplir.
Marchion Ro finit par mourir. C’est la fin d’un des plus grands antagonistes de la galaxie.
Le roman Sanctuaire nous plonge dans une aventure comme la Clone Force 99 en a connu tant d’autres. Comme elle s’inscrit dans l’arc Pabu, il est su d’avance qu’elle n’aura pas de conséquences sur la survie des clones ou sur la composition du groupe. Toutefois, le livre offre une intrigue intéressante qui implique un ancien clone combattant de l’Armée de la République, le Bureau de la Sécurité Impériale (BSI) ou encore une ambitieuse femme voulant devenir gouverneure impériale.
Hunter est le personnage principal du livre. S’il peut être vu comme le leader de la Clone Force 99, il est bien mentionné à de nombreuses reprises qu’ils sont tous des frères, tous sur un même pied d’égalité. S’ils suivent les décisions d’Hunter, c’est parce qu’ils sont d’accord avec lui. Hunter voit son leadership être remis en cause quand il materne, bien involontairement, Wrecker, Omega ou Tech. Son comportement peut s’expliquer par la peur de perdre un autre membre de la Bad Batch (« la Clone Force 99 était-elle toujours une unité même en étant incomplète ? Crosshair était pratiquement devenu leur ennemi juré. Echo, un frère d’armes de confiance, était parti suivre son cœur et écumer la galaxie avec le capitaine Rex »). En plus, Hunter se questionne sur ce qu’il est maintenant, sur ce que la Clone Force est. Ils ne sont plus des soldats, ils sont devenus des fugitifs. D’une certaine façon, il pense presque qu’ils sont une pâle copie de ce qu’ils ont été du temps de la République. Il semble regretter de « passer de planète en planète », « de multiplier les petits boulots », « de jouer au soldat alors qu’on en est peut-être plus ». Il demande à ses frères s’ils sont prêts à rester pour de bon sur Pabu. Wrecker lui apporte une réponse claire : peu importe où ils seront, « on sera toujours des soldats ».
Pour ne rien arranger aux doutes d’Hunter, il rencontre des individus qui ne peuvent que les confirmer. L’agent du BSI Crane lui rappelle qu’il est devenu un vulgaire criminel qui ne mérite aucun respect : « à en juger par l’état de votre amure, vous avez volé des biens impériaux ou vous êtes un déserteur de longue date qui peut encore être traduit en justice ». Ce sont des mots durs car ils rappellent à Hunter qu’il ne fait plus partie de l’armée, de cette organisation qui est la raison de sa création, lui le clone.
Quand il rencontre un autre clone déserteur (Ponder), il rencontre aussi sa femme, Sohi. Hunter a très rapidement des questions à lui poser, il ne croit en rien l’histoire racontée (Sohi et Ponder sont des simples voleurs traqués par le BSI). La vérité est bien horrible : Sohi était une ancienne espionne Séparatiste, infiltrée auprès d’un Sénateur. Cela lui a permis de fournir du renseignement à son camp. Hunter en déduit alors l’horreur : « vous n’avez pas aidé à combattre les clones, affirma-t-il glacial, en se levant. Vous avez contribué à nous tuer ». Ponder le clone s’est donc mis en couple avec une femme qui a participé, involontairement ou non, au meurtre de ses frères. Hunter est dégoûté !
Et, la situation physique de Ponder rappelle à Hunter et aux autres que le statut de clone combattant tient à bien peu de choses. Ponder n’a pas seulement perdu une jambe sur le champ de bataille, il est aussi le seul survivant de son groupe de combat. Or, comme le dit Tech, « quand on est l’unique survivant d’une équipe, les autres ne sont pas aussi accueillants. Ils pensent qu’on porte malheur ». Les clones ont beau s’appeler frères entre eux, ils ont malgré tout des pratiques excluantes.
Cellia Moten est ambitieuse et particulièrement dangereuse. La femme se vante de connaître Mas Amedda et l’Empereur Palpatine. Elle est riche et influente, et n’hésite pas à tuer bon nombre de personnes comme le constate l’agent du BSI Crane. Cellia Moten veut avoir du poids politique, devenir gouverneure. Cette ambition ne dérangeait pas plus que ça l’Empire. Mais, Cellia Moten a visé trop haut. Elle comprend que Palpatine « construit quelque chose de grand ». C’est bien entendu de l’Etoile de la Mort dont il s’agit mais c’est un projet grandement confidentiel.
Crane, lui, n’a aucune idée de ce dont Cellia Moten parle. Quand il pose des questions à son supérieur hiérarchique, il a la surprise de faire face au colonel Yularen, un haut gradé du BSI. Crane constate donc que Cellia Moten aborde un sujet bien délicat (« que Crane soit en communication avec un officier de haut rang tel que Yularen prouvait que Cellia Moten avait vu juste avec ses soupçons »).
Cellia Moten ne se doute pas qu’elle a creusé sa propre tombe. Evoquer l’Etoile de la Mort est un aller simple pour la mort. La femme qui se pensait au-dessus de tout réalise qu’elle est comme tant d’autres aux yeux de Palpatine : une chose dispensable, assez facile à éliminer si besoin. Et pour ce faire, l’Empereur lui envoie sa meilleure arme : Dark Vador (« un tressaillement à peine visible, une arme dans une main, le chuintement suivi du bourdonnement de l’activation d’une terreur vermillon. Un sabre laser ». Dark Vador est clair : « Votre ingérence a généré un fort désagrément. L’Empereur doit en déterminer la portée. Qui d’autre est au courant ». Puis, elle meurt.
Du côté d’Omega, elle est mise en avant pour ses compétences médicales. Sohi est en effet enceinte et sa grossesse est compliquée par le stress lié à la fuite et à la traque par le BSI. Le médecin est vite dépassé car il ne connait en rien la biologie des clones et des effets que cela peut avoir sur un bébé. C’est Omega qui prend le relais.
Un peu plus tôt dans l’intrigue, elle n’avait pas eu peur quand elle avait face à une créature bien dangereuse. Après tout, « quand elle vivait sur Kamino, où les expérimentations biologiques extrêmes ne manquaient pas, elle avait été témoin d’essais à petite échelle cherchant à produire des versions miniaturisées des plus féroces créatures de la galaxie ».