Marchion Ro a lâché un nouveau monstre sur la galaxie : le fléau ronge les planètes et montre aux Jedi et à la République toute leur impuissance. Là où le fléau passe, rien ne survit. L’infection a même gagné le Temple Jedi sur Coruscant et il faut toute la méditation des Jedi pour simplement le contenir.
Pendant ce temps, les Nihil continuent de répandre le chaos dans la partie de la galaxie qu’ils contrôlent. Amener une forme d’ordre est loin d’être la priorité de Marchion Ro. Tout cela crée des dissensions marquées au sein des Nihil.
Certains membres importants des Nihils doutent.
C’est le cas de la Docteure Mkampa. Elle ne se contente pas de douter ou de remettre en cause les Nihil. Elle voit au-delà, elle voit après. Elle finit par se rendre compte que le comportement de Marchion Ro et l’inefficacité de la République peut laisser la place à quelqu’un d’autre. C’est une ambition folle et démesurée qu’elle exprime à ses droïdes, les seules créatures qui l’accompagnent. Elle pronostique donc que « la République Galactique et le Cyclone Nihil s’effondreront tous les deux, et après cela… seule une forme très différente de pouvoir pourra espérer leur succéder ». Elle n’hésite pas à utiliser des ressources des Nihil pour mener ses propres expériences, atteindre ses propres buts.
Ghirra Starros, elle, est proche de Marchion Ro. Elle est une des rares à qui il consacre du temps personnel. A vrai dire, les deux sont intimes (« sa position laissa peu de place à Ghirra, qui se roulait généralement en boule au bord du matelas et se demandait comment elle pouvait le convaincre d’installer une couchette un peu plus spacieuse »). Pour autant, Ghirra est horrifiée par la direction prise par Marchion Ro. L’homme n’est pas seulement de plus en plus absent, il semble aussi se désintéresser de ce qu’il a construit. Si Ghirra a adhéré aux Nihil, c’est parce qu’elle pensait que l’organisation pouvait insuffler un nouveau vent de fraîcheur à une République vieillissante (« elle avait un temps pensé que la République devait être réformée si drastiquement que même la brutalité des Nihil devenait acceptable, car seule une telle destruction pouvait apporter un véritable changement »).
Les critiques se répandent. Même de simples Nihil osent parler à voix haute de ce qui ne va pas (« ce fléau frappe à l’aveugle, sans distinction, les Nihil comme la République, et il se répand trop loin, trop rapidement. Si tu veux mon avis, Marchion Ro a perdu le sens des priorités »). Entendre ce genre de remarques est bien symptomatique d’un relâchement : quelques temps auparavant, ce Nihil n’aurait même pas osé avoir cette idée car elle l’aurait condamné à une mort plus que certaine.
Le Jedi Reath Silas tente de rassurer Avon Starros, la fille de Ghirra. Avon est une scientifique qui a rejoint la République après avoir quitté les Nihil et aide à lutter contre le fléau. Même si elle a eu des violentes discussions avec sa mère, elle reste inquiète quant à son sort. Reath ne lui fait pas de fausses promesses ou ne lui donne pas de faux espoirs. Selon lui, Ghirra Starros restera en vie tant qu’elle apportera quelque chose à Marchion Ro. Il développe en disant que le leader des Nihil « se fiche de que font ses subordonnés du moment qu’ils lui sont utiles. Dès que ce n’est plus le cas, c’est terminé. Autrement dit, si Ro finit par tuer ta mère, ce sera pour ses propres raisons ». Ce ne sont pas des paroles très réconfortantes mais elles correspondent bien à la philosophie des Jedi et leur façon de faire.
Nan a bien compris cela. L’espionne Nihil se joint à la mission des Jedi pour lutter contre le fléau sur Kashyyyk. Après un stratagème qui la fait être prisonnière, elle accompagne Reath, Cohmac Vitus, Azlin Rell et d’autres Jedi ainsi que l’équipage du Vaisseau (Leox Gyasi, Affie Hollow et Géode). Nan est encore tiraillée par son allégeance aux Nihil. Si on sent qu’elle a un autre objectif que celui-ci d’espionner, il n’apparait clairement qu’à la fin, où on finit par comprendre qu’elle veut gagner sa liberté, son indépendance. Car, comme tant d’autres, Nan a été envoûtée par le charisme de Marchion Ro (« elle songea aux derniers instants de sa discussion avec Marchion Ro, à la main qu’il avait posé sur son épaule, un signe rare de confiance, voire d’estime. La preuve que l’Oeil, qui croyait en si peu de gens, croyait en elle »).
Sur Kashyyyk, la situation est vite hors de contrôle. Ce n’est pas seulement le fléau qu’il faut contenir mais aussi les terribles Drengir. C’est une situation inédite et inattendue puisque les Drengir semblent craindre le fléau (« chaque fois que les Drengir sentaient le fléau, ils étaient à la fois désorientés et perturbés par cette absence totale de Force. Ils avaient dû plusieurs fois modifié leur itinéraire pour l’éviter »). Pour les Jedi, tout cela est traumatisant car ils ne cessent de faire face à des ennemis qu’ils ne peuvent comprendre et les poussent dans leurs retranchements : des Nihil aux Sans-noms en passant par le fléau. Reath Silas témoigne : « ce que nous avons affronté durant ce conflit : le fléau, les Sans-noms… on dirait qu’ils sont plus puissant que la Force. Mais, ils ne le sont pas. C’est impossible. La galaxie ne fonctionne pas ainsi ». On ressent bien tout son désarroi, toute son incompréhension.
Sur Kashyyyk, l’attitude prédatrice des Drengir est magnifiée par un artefact végétal Sith : la Grainépine. Tout cela forme un ennemi redoutable et presque impossible à battre. Sauf grâce au sacrifice de Géode : Affie « regarda dans le Puits, les yeux pleins de larmes, et vit les restes de la Grainépine, ses fragments éparpillés sur le sol comme autant d’éclats de verre violet. De Géode, il ne restait que les graviers ». La mort de Géode est un traumatisme pour tous. Mort, Géode reste présent, marquant pour ceux qui l’ont connu plus ou moins bien. Nan affirme que « je suis désolé pour Géode. C’était peut-être le seul que j’appréciais ». Une Affie dévastée parvient à dire que Géode « voudrait que les Wookies et tous les Jedi présents sur Kashyyyk organisaient la plus grande bringue que cette planète ait jamais connue ».
