Dans le roman Le Dernier Ordre, on suit principalement Finn et Jannah du temps où ils étaient des fiers troopers du Premier Ordre. Alors que la galaxie tentait de se remettre des exactions de l’Empire, le Premier Ordre a émergé en étant une sorte de prolongation de l’Empire. Mais, il était un régime différent. Le Premier Ordre, ses chefs, jettent un regard franc sur ce que fut la machinerie impériale, cette propension que l’Empire avait de se nourrir des dissensions et des luttes de pouvoir interne. C’est sans doute une des raisons qui a contribué à sa chute (« pas étonnant qu’il se soit effondré, boursouflé sous son propre poids »). Le Premier ordre revendique être un régime totalement à part, différent. Ainsi, de la même façon, il n’a rien à voir avec la Nouvelle République, ce système infect « avec son sens exagéré de la justice et sa supériorité morale ».
Le Major Gohl est en charge de la propagande. Il adhère pleinement à la philosophie du Premier Ordre. Pour lui, tous les moyens sont bons pour atteindre ses buts, quitte à travestir la réalité. Le but n’est pas tant de décrire réellement ce qui se passe mais de marquer les esprits. Pour cela, il faut « que la galaxie soit au courant des atrocités commises au nom de faux gouvernements ». Encore une fois, on retrouve là l’idée que la Nouvelle République n’a aucune légitimité.
Le Premier Ordre semble s’inspirer de l’Empire sur un point : le refus de la diversité, le refus de s’ouvrir à d’autres espèces que l’espèce humaine. Les leaders « parlaient de pureté, du fait d’être humain et en quoi la mission de l’Ordre, entre autres, était de rétablir la domination humaine à travers cette galaxie ».
Finn et Jannah doivent obéir aux ordres. Ils ont beau sortir du lot, ils ont malgré tout des supérieurs, des gens qui leur donnent des ordres et auxquels ils n’ont pas d’autre choix qu’obéir. Ils savent bien que s’ils ne le font pas, ils connaitront un sort simple : la mort. En effet, « se faire surprendre en train de parler d’un officier supérieur n’était pas pris à la légère par la commandement du Corps. Quelques soldats avaient été envoyés dans régions reculées de la galaxie où les Hutts pouvaient laisser des traces visqueuses derrière eux sans être inquiétés ». La discipline est donc de rigueur tout comme l’obéissance et le silence ; il n’y a pas de discussion possible. De toute façon, les troopers ont bien conscience que leur sort ne tient pas à grand-chose (« il n’existait pas de régime de retraite pour les stormtroopers alors il ne servait à rien se prendre la tête à propos des chances de survie »).
On voit donc que le Premier Ordre est un système qui ne permet pas aux individus d’exprimer leurs différences. Les troopers sont formatés : on leur répète sans cesse un message et ils finissent par y croire. Leur entraînement est rigoureux et intensif, et les pousse à dépasser leurs limites.
Mais, quand ils sont en mission, les troopers se rendent compte que la réalité est bien différente. Leurs entraînements ne les préparent pas réellement au terrain, à la résistance de leurs adversaires. Un mercenaire se moque d’ailleurs d’eux en disant que « le premier Ordre adore se vanter d’avoir la meilleure armée de la galaxie » mais qu’ils ne sont qu’une « bande d’enfants qui jouent aux soldats ». La critique est acerbe.
Les troopers se rendent compte que le Premier Ordre a bien souvent une piètre image, que le Premier Ordre commet des actes repoussants. Finn et Jannah sont troublés par ce qu’ils ont fait.
Même ceux (des sénateurs) qui signent des partenariats ou des alliances sont dégoûtés : « ce sur quoi nous ne sommes pas mis d’accord, poursuivit la sénatrice en élevant la voix, c’est que le Premier Ordre kidnappe nos enfants et les force à rejoindre les rangs des soldats au sein de ce centre de recrutement ».
Finn se dresse face au Major Gohl. Alors qu’il est mission avec lui, il se rend compte à quel point l’homme est manipulateur, à quel point il est prêt à sacrifier des gens gratuitement pour atteindre son but. Finn se rend compte que la propagande est, parfois, basée sur des choses fausses. Cela ne lui fait que récolter le mépris de Gohl. Ce dernier se moque de sa naïveté. Il trouve l’attitude de Finn pathétique et ridicule. Il lui hurle sa supériorité en criant que « ces idoles que tu vénères, les soldats que tu acclames (…) C’est moi qui crée tout cela ! ». On retrouve bien là l’idée que les chefs du Premier Ordre se voient bien au-dessus des troopers. Ces derniers ne sont là que pour obéir, pas pour penser. Il enfonce le clou avec un « sans mes paroles, tu n’aurais aucun but ! Aucune motivation ».
Dame Jaliss résume bien le point de vue de ceux qui vivent sous la protection du Premier ordre : le groupe « affirme qu’il est une ordre de changement et de paix (…) vous êtes les premiers que je vois qui me font croire à ce slogan ».