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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

jeudi 3 septembre 2026

L'orage gronde (2)

Marchion Ro semble être le leader des Nihil mais son autorité est remise en cause. Les Maîtres-Tempêtes acceptent son leadership parce qu’il leur transmet des Sentiers (des routes dans l’hyperespace). Sans cela, cela aurait fait longtemps qu’ils se seraient débarrassés de lui. Les Nihil cultivent l’indépendance, la liberté. Même au sein de leur groupe, se soumettre à un chef est une idée incongrue et désagréable. Dans le roman L’orage gronde, c’est Pan Eyta qui porte principalement ce point de vue et l’opposition à Marchion Ro. Sans trop se cacher, il affirme fièrement que « on fait ce qu’on veut, quand on veut, peu importe ce que disent les autres, Ro compris. Le cyclone qu’il chevauche, c’est nous qui l’avons créé ». Ro doit faire face à de la dissension. Lui voudrait faire profil bas après le Legacy Run, d’autres voudraient capitaliser et accumuler des richesses, attaquer des mondes. Pour ne pas perdre la face et conserver son influence, Marchion Ro doit montrer qu’il est un vrai chef. Se trouvant au pied du mur, il fixe aux Nihil un objectif : la foire de Valo. Ses propos ne laissent pas de place au doute (« ils n’ont pas invité les Nihil, mais par les étoiles, nous irons quand même ! Nous écraserons la véritable ennemi, le symbole de leur espoir et de leur ténacité ! Mort à la la Chancelière !) Il ne lui suffit pas d’attaquer cet événement qui ose se dérouler dans la Bordure Extérieure, il veut aussi tuer le pouvoir politique en place.


Les Nihil attaquent donc Valo et font face aux forces de sécurité et aux Jedi présents. Stellan Gios mesure à quel point les Nihil sont des adversaires particuliers : « le simple vrombissement de sa lame suffisait à faire bisser les armes aux ennemis potentiels, mais les Nihil étaient différents. Ils ne respectaient pas l’Ordre. Ils ne respectaient rien ». Sa réaction n’est pas anodine : elle sent la peur. Elle montre aussi à quel point les Nihil sont un adversaire à part et inédit. En réalité, Stellan Gios, comme d’autres, pensait que la menace Nihil était écartée. Il confesse avoir « cédé au même orgueil démesuré, et avait vraiment cru qu’aucune attaque n’aurait lieu ici ».


L’attaque sur Valo crée du dégât et nombre d’individus meurent. La République est durement frappée et son sentiment de sécurité vole en éclat. Pour la République et les Jedi, c’est la révélation car ils se rendent compte, comme le dit la Jedi Rosason, que « les Nihil nous ont dupés ». Rosason poursuit en affirmant que les Nihil « nous ont poussés à les prendre pour une simple petite bande de fauteurs de troubles ».

Lina Soh a également appris sa leçon. Gravement blessée, elle est marquée dans sa chair et dans son intelligence (« j’ai continué comme si rien ne pouvait nous atteindre. Combien sont morts à cause de mon arrogance, conseiller ? »). Toute à ses projets d’expansion vers la Bordure Extérieure, elle a refusé de voir les oppositions internes et externes. Quand des Sénateurs lui recommandaient d’accorder plus de moyens à la sécurité, elle refusait de les écouter.


Après l’assaut réussi contre Valo, Pan Eyta gagne en assurance. Il déborde d’ambition et de satisfaction. Il se voit presque détrôner Marchion Ro (« c’était lui qui avait dirigé la plus grande attaque de la longue et turbulente histoire des Nihil. Pan Eyta et pas Marchion Ro malgré tous ses discours enflammés »). Pan Eyta défie donc Marchion Ro. Pan se pense plus fort que le chef des Nihil, il se trompe. On lit que « Pan voulut reprendre son souffle lorsque la grêle de coups cessa mais il n’arrivait pas à respirer ». Marchion Ro le tabasse donc, puis il lui inculque discrètement un poison. Si Pan Eyta survit, c’est uniquement grâce à une autre Maître-Tempête, Lourna Dee. Cette dernière finira d’ailleurs par le tuer lorsqu'elle n’aura plus besoin de lui.


mercredi 2 septembre 2026

L'orage gronde (1)

Dans Le roman L’orage gronde, une grande partie des événement se passe sur Valo alors que la République va organiser une grande Foire, censée montrer son implication aux planètes de la Bordure Extérieure. Elle va présenter la diversité des choses qu’on peut trouver dans cette partie de la galaxie. Pour montrer son importance, des Sénateurs, la Chancelière Soh ou encore des Jedi sont présents. Mais, cela attire aussi le courroux et la colère des Nihil qui, après avoir réalisé la catastrophe du Legacy Run, trouvent là une nouvelle cible.


Les Jedi sont des acteurs majeurs. De Coruscant aux mondes de la Bordure Extérieure, ils sont présents partout et tentent d’apporter la justice et des réponses adéquates aux situations auxquelles ils sont confrontés. Pour cela, ils se servent des ressources de l’Ordre et de tout ce qu’on leur a appris. Avec l’arrivée des Nihil, ils sont confrontés à de nouveaux défis, surtout dans le cas des padawans.

Bell Zettifar a perdu son Maître Jedi, Loden Greatstorm. Le prétendu décès le touche beaucoup. Il ressent une énorme perte, presque quelque chose d’insurmontable. Le jeune homme se demande si cela est normal et bon de ressentir de quelque chose d’aussi fort. La Jedi Indeera Stokes le rassure : « parce que les Jedi ont le droit d’aimer, Bell. Nous ne sommes pas des droïdes et nous ne devons jamais nous comporter ainsi (…) mais lors que nous éprouvons ces émotions, nous ne devons jamais les laisser nous dominer ». Cela ne serait qu’une question de contrôle. La réponse semble compréhensible car il serait impossible pour les Jedi de rencontrer tant de monde, de vivre tant de moments sans rien ressentir ou sans s’impliquer. Stellan Gios complète cet argumentaire et va même un peu plus loin. A un journaliste présent à la Foire, il affirme qu’ « il serait naïf de prétendre qu’un Jedi n’a ni désirs ni intérêts. En fait, je qualifierais même une telle attitude de dangereuse, et ne menant qu’à la suffisance ». Pour tout dire, des Jedi ont même des relations charnelles ou tentent de draguer. C’est par exemple le cas d’Elzar Mann (« il se rappela le moment où les lèvres de Samera avaient touché les siennes »). Cela ne les empêche pas d’accomplir leur devoir.


Ici, leur devoir est de montrer leur présence et d’assurer la sécurité de la Foire. Il faut dire que l’enjeu est important car il s’agit de montrer aux habitants de la Bordure Extérieure qu’ils comptent pour la République. Lina Soh, la Chancelière, en a fait un moment important de son mandat ; la Foire doit montrer que la République avance peu importe les menaces (« j’ai examiné les rapports des renseignements et le calcul des risques (…) quant aux Nihil, eh bien… nous avons déjà maintes fois croisé des gens comme eux, des pirates et des agitateurs »). L’assurance est louable mais on sent bien qu’elle sous-estime un peu les capacités des Nihil. 

Tous n’adhèrent pas à son optimisme. C’est le cas du Sénateur Toon qui pense que « toute la propagande de la galaxie ne saurait dissimuler la dangereuse extravagance de cette exposition que nous aurions dû annuler au moment même où le Legacy Run a été détruit ». Le Sénateur Toon pense que la République devrait mobiliser ses ressources pour se renforcer contre la menace Nihil et pas organiser des manifestations publiques. Toon pense également que la République devrait développer son armée et sa sécurité, et pas uniquement se reposer sur les Jedi. Si Toon n’est pas contre les Jedi, il se doute qu’ils peuvent être faillibles : « je pense que la République devait être à même de se défendre sans s’appuyer exclusivement sur les Jedi (…) s’il leur arrivait quoique que ce soit, qu’adviendrait-il de nous ? » Les doutes sont légitimes.

dimanche 30 août 2026

Le projet de Lando

Lando a l’air d’un flambeur, d’un haut-parleur. C’est l’image qui se dégage de lui quand on le rencontre et rien ne s’arrange après qu’il négocie un accord avec l’Empire et livre Luke, Han, Leia et les autres. S’il se rachète quelques temps après, il gagne en respect et en estime en détruisant la deuxième Etoile de la Mort et en permettant donc de mettre à bas l’Empire. Ensuite, il se lance dans des coups plus ou moins louches qui détonnent avec ceux des héros amenés à recréer une République ou un Ordre Jedi. Lando est donc toujours en décalage avec les autres personnages majeurs.


Dans le premier tome de la Trilogie corellienne, Traquenard sur Corellia, un léger mystère semble l’entourer. Pendant quelques dizaines de pages, Luke ne cesse de répéter que Lando veut le voir. Si on ne connait pas réellement le contenu de cette mission, elle a une odeur particulière. On se doute que cela va sortir de l’ordinaire. Cela semble en tout cas suffisamment particulier pour intéresser l’ancienne Présidente, Mon Mothma. Cette femme droite et intègre laisse entendre que la quête de Lando vaut le coup. Elle affirme à Luke que « la chose est originale et ne manque pas d’une certaine grandeur… surtout pour un homme comme Lando Calrissian ». On comprend là qu’il ne s’agira pas d’une des combines habituelles de Lando.


Car, en effet, Lando est le spécialiste des mauvais plans, des coups foireux. D’ailleurs, il semble véhiculer ce cliché alors que Leia, Han, Chewbacca et leurs enfants s’en vont. Il a l’air d’être en parade pour impressionner (« c’était Lando Calrissian, habillé de manière encore plus voyante que d’habitude : une cape turquoise sur un ensemble blanc et bleu »).

Même pour un simple départ, Lando et Han semblent incapable de ne pas tricher : ils ont en effet fourni des faux papiers au Faucon Millenium pour lui permettre de voler. Han précise que c’est Lando qui a fait le plus gros du travail (« qui a déniché ce faux document, d’après toi ? »)


Luke est plein d’appréhension en attendant que Lando dévoile son projet. C’est comme si Lando, d’après lui, ne pouvait pas s’empêcher de tremper dans des affaires douteuses ou qui le mettent en difficulté : « Lando ne changerait jamais. Aussi intéressé par un pot de cinq crédits dans un casino borgne que par un investissement de cinquante millions sur une planète en voie de développement » et « Lando adorait monter des projets énormes et juteux qui s’écroulaient du jour au lendemain. Il avait fait de l’excellent travail, en tant que gouverneur de la Cité des Nuages de Bespin, mais il s’en était tout juste sorti avec les vêtements qu’il portait ».


Le projet de Lando est en effet déroutant : il veut se marier, il cherche une femme. Si il ne crache pas sur une belle femme, il recherche avant tout une femme riche. Et cela semble choquer Luke qui ne comprend pas ce genre de comportement. Lando argumente alors : « j’épouse une fortune. Est-ce si étrange ? Les gens le font depuis l’aube des temps. Une femme riche m’apporterait le bonheur, et je ferais tout pour la combler ». Lando sait donc ce qu’il veut et ce qu’il peut apporter. Sa démarche est sincère. 

Il rit même de la naïveté et de l’aspect fleur bleue de Luke qui place l’amour en premier critère quand on cherche une compagne ; Lando ne ment pas, ne cherche pas à cacher ses motivations. Il répète à Luke que « c’est l’argent qui fait tourner le monde ». Il développe en disant que d »depuis l’aube des temps, les mariages sont des alliances économiques ». Et, il conclut : « la seule différence, c’est que je ne vais pas déguiser mes intentions avec de belles paroles ». Il peut donner l’impression d’être peu sentimental, il est avant tout un homme d’affaires. Un mariage est une négociation commerciale selon lui.


Lando mesure aussi sa valeur. Il constate avec regret qu’il a une mauvaise réputation et il espère que la présence de Luke amoindrira cela. Il dit ainsi à son ami que « certains font même circuler des calomnies sur mon compte. C’est pourquoi j’ai besoin que tu m’escortes pendant que je cherche mon épouse ». Encore une fois, Lando cherche à maximiser sa réussite.