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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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jeudi 3 septembre 2026

L'orage gronde (2)

Marchion Ro semble être le leader des Nihil mais son autorité est remise en cause. Les Maîtres-Tempêtes acceptent son leadership parce qu’il leur transmet des Sentiers (des routes dans l’hyperespace). Sans cela, cela aurait fait longtemps qu’ils se seraient débarrassés de lui. Les Nihil cultivent l’indépendance, la liberté. Même au sein de leur groupe, se soumettre à un chef est une idée incongrue et désagréable. Dans le roman L’orage gronde, c’est Pan Eyta qui porte principalement ce point de vue et l’opposition à Marchion Ro. Sans trop se cacher, il affirme fièrement que « on fait ce qu’on veut, quand on veut, peu importe ce que disent les autres, Ro compris. Le cyclone qu’il chevauche, c’est nous qui l’avons créé ». Ro doit faire face à de la dissension. Lui voudrait faire profil bas après le Legacy Run, d’autres voudraient capitaliser et accumuler des richesses, attaquer des mondes. Pour ne pas perdre la face et conserver son influence, Marchion Ro doit montrer qu’il est un vrai chef. Se trouvant au pied du mur, il fixe aux Nihil un objectif : la foire de Valo. Ses propos ne laissent pas de place au doute (« ils n’ont pas invité les Nihil, mais par les étoiles, nous irons quand même ! Nous écraserons la véritable ennemi, le symbole de leur espoir et de leur ténacité ! Mort à la la Chancelière !) Il ne lui suffit pas d’attaquer cet événement qui ose se dérouler dans la Bordure Extérieure, il veut aussi tuer le pouvoir politique en place.


Les Nihil attaquent donc Valo et font face aux forces de sécurité et aux Jedi présents. Stellan Gios mesure à quel point les Nihil sont des adversaires particuliers : « le simple vrombissement de sa lame suffisait à faire bisser les armes aux ennemis potentiels, mais les Nihil étaient différents. Ils ne respectaient pas l’Ordre. Ils ne respectaient rien ». Sa réaction n’est pas anodine : elle sent la peur. Elle montre aussi à quel point les Nihil sont un adversaire à part et inédit. En réalité, Stellan Gios, comme d’autres, pensait que la menace Nihil était écartée. Il confesse avoir « cédé au même orgueil démesuré, et avait vraiment cru qu’aucune attaque n’aurait lieu ici ».


L’attaque sur Valo crée du dégât et nombre d’individus meurent. La République est durement frappée et son sentiment de sécurité vole en éclat. Pour la République et les Jedi, c’est la révélation car ils se rendent compte, comme le dit la Jedi Rosason, que « les Nihil nous ont dupés ». Rosason poursuit en affirmant que les Nihil « nous ont poussés à les prendre pour une simple petite bande de fauteurs de troubles ».

Lina Soh a également appris sa leçon. Gravement blessée, elle est marquée dans sa chair et dans son intelligence (« j’ai continué comme si rien ne pouvait nous atteindre. Combien sont morts à cause de mon arrogance, conseiller ? »). Toute à ses projets d’expansion vers la Bordure Extérieure, elle a refusé de voir les oppositions internes et externes. Quand des Sénateurs lui recommandaient d’accorder plus de moyens à la sécurité, elle refusait de les écouter.


Après l’assaut réussi contre Valo, Pan Eyta gagne en assurance. Il déborde d’ambition et de satisfaction. Il se voit presque détrôner Marchion Ro (« c’était lui qui avait dirigé la plus grande attaque de la longue et turbulente histoire des Nihil. Pan Eyta et pas Marchion Ro malgré tous ses discours enflammés »). Pan Eyta défie donc Marchion Ro. Pan se pense plus fort que le chef des Nihil, il se trompe. On lit que « Pan voulut reprendre son souffle lorsque la grêle de coups cessa mais il n’arrivait pas à respirer ». Marchion Ro le tabasse donc, puis il lui inculque discrètement un poison. Si Pan Eyta survit, c’est uniquement grâce à une autre Maître-Tempête, Lourna Dee. Cette dernière finira d’ailleurs par le tuer lorsqu'elle n’aura plus besoin de lui.


mercredi 2 septembre 2026

L'orage gronde (1)

Dans Le roman L’orage gronde, une grande partie des événement se passe sur Valo alors que la République va organiser une grande Foire, censée montrer son implication aux planètes de la Bordure Extérieure. Elle va présenter la diversité des choses qu’on peut trouver dans cette partie de la galaxie. Pour montrer son importance, des Sénateurs, la Chancelière Soh ou encore des Jedi sont présents. Mais, cela attire aussi le courroux et la colère des Nihil qui, après avoir réalisé la catastrophe du Legacy Run, trouvent là une nouvelle cible.


Les Jedi sont des acteurs majeurs. De Coruscant aux mondes de la Bordure Extérieure, ils sont présents partout et tentent d’apporter la justice et des réponses adéquates aux situations auxquelles ils sont confrontés. Pour cela, ils se servent des ressources de l’Ordre et de tout ce qu’on leur a appris. Avec l’arrivée des Nihil, ils sont confrontés à de nouveaux défis, surtout dans le cas des padawans.

Bell Zettifar a perdu son Maître Jedi, Loden Greatstorm. Le prétendu décès le touche beaucoup. Il ressent une énorme perte, presque quelque chose d’insurmontable. Le jeune homme se demande si cela est normal et bon de ressentir de quelque chose d’aussi fort. La Jedi Indeera Stokes le rassure : « parce que les Jedi ont le droit d’aimer, Bell. Nous ne sommes pas des droïdes et nous ne devons jamais nous comporter ainsi (…) mais lors que nous éprouvons ces émotions, nous ne devons jamais les laisser nous dominer ». Cela ne serait qu’une question de contrôle. La réponse semble compréhensible car il serait impossible pour les Jedi de rencontrer tant de monde, de vivre tant de moments sans rien ressentir ou sans s’impliquer. Stellan Gios complète cet argumentaire et va même un peu plus loin. A un journaliste présent à la Foire, il affirme qu’ « il serait naïf de prétendre qu’un Jedi n’a ni désirs ni intérêts. En fait, je qualifierais même une telle attitude de dangereuse, et ne menant qu’à la suffisance ». Pour tout dire, des Jedi ont même des relations charnelles ou tentent de draguer. C’est par exemple le cas d’Elzar Mann (« il se rappela le moment où les lèvres de Samera avaient touché les siennes »). Cela ne les empêche pas d’accomplir leur devoir.


Ici, leur devoir est de montrer leur présence et d’assurer la sécurité de la Foire. Il faut dire que l’enjeu est important car il s’agit de montrer aux habitants de la Bordure Extérieure qu’ils comptent pour la République. Lina Soh, la Chancelière, en a fait un moment important de son mandat ; la Foire doit montrer que la République avance peu importe les menaces (« j’ai examiné les rapports des renseignements et le calcul des risques (…) quant aux Nihil, eh bien… nous avons déjà maintes fois croisé des gens comme eux, des pirates et des agitateurs »). L’assurance est louable mais on sent bien qu’elle sous-estime un peu les capacités des Nihil. 

Tous n’adhèrent pas à son optimisme. C’est le cas du Sénateur Toon qui pense que « toute la propagande de la galaxie ne saurait dissimuler la dangereuse extravagance de cette exposition que nous aurions dû annuler au moment même où le Legacy Run a été détruit ». Le Sénateur Toon pense que la République devrait mobiliser ses ressources pour se renforcer contre la menace Nihil et pas organiser des manifestations publiques. Toon pense également que la République devrait développer son armée et sa sécurité, et pas uniquement se reposer sur les Jedi. Si Toon n’est pas contre les Jedi, il se doute qu’ils peuvent être faillibles : « je pense que la République devait être à même de se défendre sans s’appuyer exclusivement sur les Jedi (…) s’il leur arrivait quoique que ce soit, qu’adviendrait-il de nous ? » Les doutes sont légitimes.

lundi 13 juillet 2026

La Haute République : que lire ?



La Haute République forme une des meilleures sagas littéraires de Star Wars, légendes et canons confondus. Je n'ai lu que les romans et je ne peux pas dire ce que valent les comics ou les audiodramas. Le gros avantage de cette saga est d'avoir un ennemi, antagoniste qui sort du traditionnell Sith ou ancien Impérial (comme on l'a souvent eu dans les deux univers). Il y a du plaisir à voir des Daala, des Caedus, des Gallius Rax, mais encore plus à suivre des Marchion Ro ou Tsavong Lah ! La République et les Jedi font donc face aux Nihil et finissent dans les cordes. Il s'en est fallu de bien pour que la galaxie bascule : les Nihil ont même réussi à contrôler et administrer une partie de celle-ci. Les Jedi doivent se dépasser, presque se réinventer pour affronter leurs redoutables adversaires : Nihil, Sans-noms, le fléau, etc.

samedi 27 juin 2026

La chute de l'Etoile : le cas Nan

Nan a quitté les Nihil pour rejoindre Chancey Yarrow, même si elle reste fidèle à Marchion Ro, leur charismatique chef. Mais, les deux femmes, Chancey et Nan se font avoir par des Jedi et sont emmenées sur le Flambeau Stellaire, où elles seront interrogées. Nan est alors aux premières loges pour assister à une des plus grandes réussites de la République et des Jedi.


Nan a une réputation auprès des Jedi. Elle est reconnue comme étant une jeune femme de valeur, capable et intelligente. Dans un rapport, Reath Silas dit d’elle qu’il ne faut pas se limiter à son apparence assez enfantine car elle « est aussi capable que n’importe quel Padawan et certainement davantage que moi vu qu’elle m’a bien berné ». Et il conseille aux autres Jedi de faire attention à elle (« ne la sous-estimez pas »).


Ce qu’ils ne savent pas est que Nan a temporairement quitté les Nihil. La rupture n’est ni franche ni définitive. Elle ne peut pas l’être car, comme tant d’autres, elle est fascinée par Marchion Ro. Quand elle se plonge dans ses pensées, elle se rend compte qu’elle veut agir pour le contenter (« mais même quand elle fabulait complètement, elle avait toujours envisagé de retourner un jour auprès des Nihil… plus utile à l’Oeil que jamais, avec un peu de chance »). Chancey Yarrow, avec qui elle est retenue prisonnière, s’est forgée son avis. Elle pense que Nan a « toujours une envie farouche de croire en Marchion Ro »


Malheureusement pour Nan, elle est retenue prisonnière sur le Flambeau Stellaire. Et Marchion Ro a décidé de détruire la Station de façon spectaculaire. Tous ceux qui sont à bord doivent mourir. Même les Nihil qui ont placé les explosifs ou détruit bon nombre de réseaux. Nan comprend qu « il s’agissait bien d’une mission suicide. La station allait disparaitre, et Nan avec elle… comme tous ceux qui se trouvaient à bord du Flambeau Stellaire ».


La destruction future du Flambeau place Nan dans une situation inconfortable. Elle est f!re de la prouesse et du projet de Marchion Ro : en faisant ça, il envoie un message clair sur sa détermination et sa force. Il montre aussi à la République qu’elle ne peut même pas assurer la sécurité de ses réalisations (on l’avait déjà vu avec la Foire de la République sur Valo). Mais, Nan est à bord du Flambeau et elle ne veut pas mourir, elle ne veut pas se sacrifier, elle veut vivre. Ainsi, elle s’interroge : « il s’agissait d’un grand triomphe pour les Nihil, le plus grand peut-être, et de la preuve incontestable du génie et du pouvoir de Marchion Ro. Pourtant, la philosophie des Nihil, encourageait à poursuivre ses objectifs sans pitié, et quel objectif pouvait être plus essentiel que de survivre ? »

Elle assiste alors aux tentatives de sauvetages du vaisseau de la part des Jedi. Là encore, elle a des sentiments ambivalents puisqu’elle méprise les Jedi et ne voudrait pas leur devoir de vivre. Mais, son potentiel sort l’inquiète (« puis la réalité la frappa : l’idée de mourir brûlée, la douleur atroce… »). Ces deux exemples montrent bien que Nan veut rester en vie plus que tout, quitte à trahir les Nihil. Même si on peut penser qu’elle respecte leur philosophie d’un certain point de vue…


Dès lors, Nan se lance dans une longue fuite. Elle fait tout pour s’en sortir ; et quand elle y parvient, elle n’a qu’un objectif en tête : retrouver Marchion Ro (« Nan redressa en direction de l’espace, de la liberté et des Nihil »).

jeudi 21 mai 2026

La fin de la guerre contre les Nihil de Marchion Ro

La République et les Jedi face aux Nihil de Marchion Ro ! Dans ce dernier roman de l’excellente saga de la Haute République, le moment est venu de régler les comptes. L’action se déroule sur Coruscant, sur Eriadu, sur la Planète X… C’est une lutte pour la vie, pour la survie. Et même si Marchion Ro semble se désintéresser du sort des Nihil, cela ne veut pas dire que la tâche est plus aisée pour les Jedi et leurs alliés : après tout, il faut affronter les redoutables Sans-noms et le Fléau.


Les Jedi ont fait une découverte sur la planète Kashyyyk. Il semblerait que les Sans-noms puissent les aider à lutter contre le Fléau, à le repousser. Le Fléau est sans aucun doute le pire ennemi qu’ils aient affronté jusqu’à maintenant tant cette infection ronge les planètes et semble impossible à canaliser. Or, en ramenant les Sans-noms sur leur planète d’origine, la planète X, il semblerait que cela permettrait de trouver des réponses. Le Jedi Torban Buck résume clairement la chose en disant que « les Sans-noms incarnent notre pire cauchemar. Ils nous ont tout pris… Et voilà que nous risquons nos vie pour sauver les leurs ! » Il s’avère que tuer un Sans-nom participe à l’extension du Fléau. Les Jedi doivent donc tout faire pour les sauver alors qu’ils ont vu ces créatures tuer bon nombre d’entre eux, les réduire à un fort état d’incapacité. Un groupe de neuf personnes (7 Jedi, un Jedi ayant basculé vers le côté obscur et une ancienne Jedi reconvertie en chasseuse de primes) est constitué pour transporter les Sans-noms. L’ex Jedi et critique de l’Ordre, Ty Yorrick, explique que « le briefing de mission que les Neuf avaient reçu juste avant de partir de Coruscant avaient fait toute la lumière sur les conséquences terribles qu’entraînerait la mort d’autres Sans-Noms ».


Arrivés sur X, le groupe des Neuf arrive sur une planète où la vie est particulièrement forte et exaltée. Leur vaisseau hors service, ils n’ont pas d’autre choix que d’avancer et ils tombent sur Marchion Ro qui les attend ! Le leader des Nihil n’est pas seul, il est accompagné de Sans-noms. Dès lors, Marchion Ro ne se contente pas de contrôler les Sans-noms qu’il maîtrise. Grâce à son sceptre, il envoie à une lutte à la mort bon nombre de Sans-noms indigènes à X. Les Jedi ont beau tenté de les protéger et des empêcher de s’entre-tuer, c’est en vain. Les conséquences sont terribles dans toute la galaxie : « et désormais, étant donné que Marchion Ro avait provoqué la mort d’une quantité de Sans-noms sur leur monde d’origine, un nexus de la Force (…) le Fléau gagnait en Force ».


Si le Fléau est une horreur, les Jedi et leurs alliés ont toujours pensé la même chose des Sans-noms. Or, sur X, Avar Kriss et Elzar Mann font une découverte qui change tout. Les Sans-noms sont intelligents. Ce sont des êtres vivants indépendants qui sont capables de s’exprimer et vivent en société. Un Sans-nom communique même avec eux, cherchant à savoir quelles sont leurs intentions. Avar lui répond que « nous cherchons à porter la lumière dans la galaxie, et blesser ou tuer délibérément n’importe quel être doué de conscience nous parait abject ». On peut noter qu’Avar Kriss porte là le message majoritaire de l’Ordre Jedi, même s’il n’est pas le seul à exister ; tous les Jedi ne se sentent pas si liés à cette façon de penser ou voir les choses.


Sur Eriadu, le peuple vivant sous l’occupation des Nihil se soulève. La bataille a lieu sur terre, dans le ciel et dans l’espace. C’est un combat à la vie, à la mort. Une leader d’Eriadu, Tarkin, est claire : « nous sommes en guerre. Les Nihil fauchent les innocents comme autant de brins d’herbe. Ils ont ainsi renoncé à la considération qu’on pouvait leur porter. Nous sommes tous la République. Et les Nihil ont prouvé qu’ils n’en faisaient pas partie ». Ce discours n’est pas censé uniquement galvanisé ses troupes, il sert aussi de signal de rappel aux Jedi : il faut tuer si on veut gagner, et pas chercher une éventuelle rédemption ou bonté chez les ennemis (« faites bien savoir aux Jedi que le temps n’est plus à la prudence (…) aux tentatives visant à réhabiliter l’ennemi »).


Ce que Tarkin ne sait pas et ce qu’elle ne peut pas savoir est qu’un Jedi légendaire est présent sur Eriadu : Porter Engle. Il faudrait plutôt dire qu’il est un ancien Jedi car il n’est animé que par une seule chose : la vengeance. Porter Engle veut tuer Abediah Viess, la Générale des Nihil qui a tué sa soeur (Barash Silvain).

Porter Engle est particulièrement charismatique. Son nom est connu de tous les Jedi comme con histoire. Le Jedi Emerick Caphtor, aussi présent sur Eriadu  assiste à l’arrivée de Porter Engle. Il témoigne : Porter Engle « s’était retiré de l’Ordre, mais a repris du service au début du conflit contre les Nihil (…) Il s’est concentré sur le maniement du sabre laser tout au long de sa carrière. Il réalise des prouesses que nous autres saisissons à peine ». Les événements lui donnent raison. Porter Engle joue avec la plus haute gradée Nihil présente lors de la bataille d’Eriadu. Porter Engle cherche un adversaire à sa hauteur et il semble déçu de ne pas le trouver (« la joie du sabre laser résidant dans la possibilité que votre partenaire de danse vous surprenne, ou bien vous batte »). Cette attitude ne semble pas être compatible avec les préceptes des Jedi. Porter Engle l’est encore bien moins quand il achève froidement Viess (« l’interrupteur de son sabre laser s’activa un très bref instant. Un trait d’énergie bleu vif en jaillit et transperça la tête de la Générale Abediah Viess »). Les Nihil sont vaincus et c’est la continuité de la fin pour eux. 

Car, en effet, quelques temps avant, l’égoïste et narcissique Marchion Ro avait mis fin, sans prévenir personne, au Rempart d’Orage. La zone créée et contrôlée par les Nihil n’existait plus.


Pour Ghirra Starros, c’est un réel traumatisme. Elle qui se sentait en position de force (« j’ai créé une société fonctionnelle à partir d’un groupe de fous furieux, qui avaient autant de chances de s’entretuer que d’éliminer leurs ennemis. Les Nihil paient des impôts à présent ») a tout perdu. La principale ambassadrice et politicienne des Nihil, l’amante de Marchion propose alors à la République la reddition des Nihil.


X apporte un bon nombre de réponses aux Jedi. Ils comprennent que les Sans-noms ne peuvent vivre que sur cette planète et les éloigner créer en eux une forte détresse et peur. Elzar Mann dit que « quand Marchion Ro les a arrachés à ce lieu, ils ont perdu la raison et développé des tendances monstrueuses. Affamés et réduits en esclavage, l’esprit rongé par la faim ». Autrement dit, on comprend que les Sans-noms n’avaient rien de particulier contre les Jedi mais que toute leur cruauté a été impulsée par les circonstances et Marchion Ro. 

X a besoin dans Sans-noms et les Sans-noms ont besoin de X. Elzar Mann explique que « ce monde est un nexus de la Force, un lieu qu’investissent en grande quantité la côté lumineux et le côté obscur. Les Sans-noms canalisent ces énergies et les maintiennent en équilibre ». 

Mais, les efforts de Marchion Ro ont perturbé l’ordre des choses. Dès lors, Avar Kriss et Elzar Mann doivent rester sur la planète le temps que les Sans-noms soient assez nombreux (le temps de contenir le Fléau), ce qui peut prendre des dizaines d’années… Les deux Jedi effectuent donc un immense sacrifice. Ils restent sur la planète alors que les autres Jedi rentrent sur Coruscant avec un Marchion Ro vaincu.


Marchion Ro a bel et bien été défait. Lui qui semblait imbattable a connu la peur et l’échec. Cela ne semblait pas évident tant il fanfaronnait quelques jours avant.


En effet, alors que le Fléau prospérait dans la galaxie et que la République était impuissante à stopper son évolution, il avait offert son aide. Il avait ajouté à cela une belle mise en scène lors de son apparition en holo à la chancelière Lina Soh (« un individu dépourvu de peur, d’armure, de protection contre le Fléau face auquel le reste de la galaxie se recroquevillait de terreur. Bref, il ressemblait… à un conquérant, pensa Lina »). Marchion Ro se voyait en sauveur, il pensait que la République allait se jeter à ses pieds et le remercier. On se rend compte que Marchion Ro est ambitieux : il veut être la personne la plus importante de la galaxie. Tuer des milliards de gens ne le suffit plus, il veut marquer l’histoire, devenir immortel via sa sauvagerie.

Lina Soh repousse son offre. Cela n’étonne pas plus que ça Ghirra Starros (« ils ne te font pas confiance, Marchion, ce que je peux comprendre. Ton offre a dû leur paraitre étrange. Quand ton ennemi souffre, tu ne lui tends pas la main pour l’aider »).


Marchion Ro veut être reconnu, admiré. Il ne cherche pas à partager le pouvoir ou l’influence, il veut être le seul qui compte. C’est un trait qui lui est apparu jeune (« il avait commencé par sa famille, même si la méthode paraissait drastique : il était devenu le plus important des Ro en étant tout simplement le dernier »). Son égo le pousse à ne pas prendre en compte ce qui lui disent ses proches. Ghirra Starros, Abediah Viess ou Nan peuvent dire ce qu’elles veulent, il s’en fiche. Il se moquait aussi totalement de ce que pouvait dire les Maîtres-Tempêtes. Plus les Nihil représentent une menace pour la République, plus Marchion Ro goûte au pouvoir et plus cela nourrit son estime de lui-même (« l’univers venait à sa rencontre et dans des sphères de plus en plus hautes, la volonté de Marchion Ro était devenue la seule qui importait »).


D’ailleurs, quand il fait face aux Jedi sur X, il leur dit exactement cela. Il se vante que « personne d’autre n’a d’importance (…) Excepté moi (….) Maintenant et à jamais ». Mais, Marchion Ro est vaincu par les Jedi. Pire, ils ne lui accordent pas une fin rapide en le tuant. Immobilité, il est transporté comme un vulgaire sac de patates par le Jedi Wookie Burryaga Agaburry. Là, il est ramené sur Coruscant où il est jugé et condamné à la prison à vie. Sa cellule n’est pas une prison où il pourrait recevoir des visites ou se tenir au courant de l’actualité ; on lui creuse un trou dans un astéroïde loin de tout, loin de toutes les routes spatiales et il est condamné à finir là, avec quelques droïdes et des réserves alimentaires. Marchion Ri finit donc seul mais sans aucune gloire, sans aucun impact sur la galaxie.

La mort finit par le prendre (« jusqu’au jour où il poussa le dernier soupir dans la douleur et la solitude, les poumons noyés de sang, le corps réduit à une coquille desséchée. Durant tout ce temps, personne ne visita jamais Marchion Ro. Pas même les sceptres »). Ainsi finit le leader des Nihil. Dans l’indifférence totale.


Yoda jette un regard triste sur ce conflit qui a vu mourir tant de Jedi, tant de citoyens innocents où des planètes ont connu le pire. Le vieux Jedi refuse de voir que les Jedi ont aussi leur part de responsabilité (« toute cette douleur avait émané des choix d’une seule personne égarée, d’un être rongé par l’avidité et la possessivité. Une femme du nom d’Elecia Zeveron qui s’était fait appeler Mère alors qu’elle n’avait engendré que tragédie »).. Après tout, elle a été séparée jeune de sa soeur, partie rejoindre les Jedi, et elle l’a très mal vécu.

vendredi 13 mars 2026

Le roman En Pleine lumière

Marchion Ro a lâché un nouveau monstre sur la galaxie : le fléau ronge les planètes et montre aux Jedi et à la République toute leur impuissance. Là où le fléau passe, rien ne survit. L’infection a même gagné le Temple Jedi sur Coruscant et il faut toute la méditation des Jedi pour simplement le contenir.

Pendant ce temps, les Nihil continuent de répandre le chaos dans la partie de la galaxie qu’ils contrôlent. Amener une forme d’ordre est loin d’être la priorité de Marchion Ro. Tout cela crée des dissensions marquées au sein des Nihil. 


Certains membres importants des Nihils doutent.

C’est le cas de la Docteure Mkampa. Elle ne se contente pas de douter ou de remettre en cause les Nihil. Elle voit au-delà, elle voit après. Elle finit par se rendre compte que le comportement de Marchion Ro et l’inefficacité de la République peut laisser la place à quelqu’un d’autre. C’est une ambition folle et démesurée qu’elle exprime à ses droïdes, les seules créatures qui l’accompagnent. Elle pronostique donc que « la République Galactique et le Cyclone Nihil s’effondreront tous les deux, et après cela… seule une forme très différente de pouvoir pourra espérer leur succéder ». Elle n’hésite pas à utiliser des ressources des Nihil pour mener ses propres expériences, atteindre ses propres buts.

Ghirra Starros, elle, est proche de Marchion Ro. Elle est une des rares à qui il consacre du temps personnel. A vrai dire, les deux sont intimes (« sa position laissa peu de place à Ghirra, qui se roulait généralement en boule au bord du matelas et se demandait comment elle pouvait le convaincre d’installer une couchette un peu plus spacieuse »). Pour autant, Ghirra est horrifiée par la direction prise par Marchion Ro. L’homme n’est pas seulement de plus en plus absent, il semble aussi se désintéresser de ce qu’il a construit. Si Ghirra a adhéré aux Nihil, c’est parce qu’elle pensait que l’organisation pouvait insuffler un nouveau vent de fraîcheur à une République vieillissante (« elle avait un temps pensé que la République devait être réformée si drastiquement que même la brutalité des Nihil devenait acceptable, car seule une telle destruction pouvait apporter un véritable changement »).

Les critiques se répandent. Même de simples Nihil osent parler à voix haute de ce qui ne va pas (« ce fléau frappe à l’aveugle, sans distinction, les Nihil comme la République, et il se répand trop loin, trop rapidement. Si tu veux mon avis, Marchion Ro a perdu le sens des priorités »). Entendre ce genre de remarques est bien symptomatique d’un relâchement : quelques temps auparavant, ce Nihil n’aurait même pas osé avoir cette idée car elle l’aurait condamné à une mort plus que certaine.


Le Jedi Reath Silas tente de rassurer Avon Starros, la fille de Ghirra. Avon est une scientifique qui a rejoint la République après avoir quitté les Nihil et aide à lutter contre le fléau. Même si elle a eu des violentes discussions avec sa mère, elle reste inquiète quant à son sort. Reath ne lui fait pas de fausses promesses ou ne lui donne pas de faux espoirs. Selon lui, Ghirra Starros restera en vie tant qu’elle apportera quelque chose à Marchion Ro. Il développe en disant que le leader des Nihil « se fiche de que font ses subordonnés du moment qu’ils lui sont utiles. Dès que ce n’est plus le cas, c’est terminé. Autrement dit, si Ro finit par tuer ta mère, ce sera pour ses propres raisons ». Ce ne sont pas des paroles très réconfortantes mais elles correspondent bien à la philosophie des Jedi et leur façon de faire.

Nan a bien compris cela. L’espionne Nihil se joint à la mission des Jedi pour lutter contre le fléau sur Kashyyyk. Après un stratagème qui la fait être prisonnière, elle accompagne Reath, Cohmac Vitus, Azlin Rell et d’autres Jedi ainsi que l’équipage du Vaisseau (Leox Gyasi, Affie Hollow et Géode). Nan est encore tiraillée par son allégeance aux Nihil. Si on sent qu’elle a un autre objectif que celui-ci d’espionner, il n’apparait clairement qu’à la fin, où on finit par comprendre qu’elle veut gagner sa liberté, son indépendance. Car, comme tant d’autres, Nan a été envoûtée par le charisme de Marchion Ro (« elle songea aux derniers instants de sa discussion avec Marchion Ro, à la main qu’il avait posé sur son épaule, un signe rare de confiance, voire d’estime. La preuve que l’Oeil, qui croyait en si peu de gens, croyait en elle »).


Sur Kashyyyk, la situation est vite hors de contrôle. Ce n’est pas seulement le fléau qu’il faut contenir mais aussi les terribles Drengir. C’est une situation inédite et inattendue puisque les Drengir semblent craindre le fléau (« chaque fois que les Drengir sentaient le fléau, ils étaient à la fois désorientés et perturbés par cette absence totale de Force. Ils avaient dû plusieurs fois modifié leur itinéraire pour l’éviter »). Pour les Jedi, tout cela est traumatisant car ils ne cessent de faire face à des ennemis qu’ils ne peuvent comprendre et les poussent dans leurs retranchements : des Nihil aux Sans-noms en passant par le fléau. Reath Silas témoigne : « ce que nous avons affronté durant ce conflit : le fléau, les Sans-noms… on dirait qu’ils sont plus puissant que la Force. Mais, ils ne le sont pas. C’est impossible. La galaxie ne fonctionne pas ainsi ». On ressent bien tout son désarroi, toute son incompréhension.

Sur Kashyyyk, l’attitude prédatrice des Drengir est magnifiée par un artefact végétal Sith : la Grainépine. Tout cela forme un ennemi redoutable et presque impossible à battre. Sauf grâce au sacrifice de Géode : Affie « regarda dans le Puits, les yeux pleins de larmes, et vit les restes de la Grainépine, ses fragments éparpillés sur le sol comme autant d’éclats de verre violet. De Géode, il ne restait que les graviers ». La mort de Géode est un traumatisme pour tous. Mort, Géode reste présent, marquant pour ceux qui l’ont connu plus ou moins bien. Nan affirme que « je suis désolé pour Géode. C’était peut-être le seul que j’appréciais ». Une Affie dévastée parvient à dire que Géode « voudrait que les Wookies et tous les Jedi présents sur Kashyyyk organisaient la plus grande bringue que cette planète ait jamais connue ».

samedi 7 février 2026

Les démons de Marchion Ro

Marchion Ro a réussi à mettre la République et les Jedi à genoux. L’Oeil (chef) des Nihil est triomphant. En détruisant le Flambeau Stellaire, il est sorti définitivement de l’ombre et il a réussi à séparer une partie de la galaxie du reste. Les Nihil contrôlent un bon nombre de planètes et leurs habitants sont livrés à des actes gratuits, violents et méchants. Marchion Ro aurait donc tout pour être content ; ce n’est pas le cas.


Car, il est hanté, dérangé par des fantômes du passé, des gens de sa propre famille. Starros, une Sénatrice Républicaine travaillant pour les Nihil, se rend compte que Marchion Ro est troublé (« maintenant plus que jamais, elle était persuadée que quelque chose perturbait profondément l’Oeil des Nihil »). Mais, elle ne peut rien lui dire tant elle craint l’Oeil. Il faut dire que l’homme est fort, puissant et charismatique, sans oublier le mythe qui se rattache à son espèce. On dit en effet que les Evereni sont particulièrement violents.


Une des personnes qui hante Marchion est son père, l’ancien Oeil. Si Marchion est devenu le leader, ce n’est pas par héritage mais par le sang et la violence. Il a achevé son père sans grand regret (même si Lourna Dee a fait une grande partie du travail). Il est troublé : « la voix était bien réelle. Il l’avant entendue (…) L’esprit agité qui refusait de le laisser en paix. Le père qu’il avait assassiné pour s’emparer des Nihil ». Marchion Ro est donc bien le seul à entendre des voix. Quand il trône, la plupart des gens autour de lui ne se rendent pas compte de ce qui se passe. Dans tous les cas, ils n’entendent pas la voix.


Mais, la principale personne qui hante Marchion est la légendaire Marda Ro. Elle est en réalité son arrière-arrière-grand-mère. Elle est celle qui a impulsé le mouvement des Nihil et celle qui a compris qu’on pouvait vaincre les Jedi par la peur et la douleur. Marda ne se contente pas de murmurer aux oreilles de Marchion puisque son « aïeule avait commencé à apparaitre ». Cette présence dérange Marchion qui « ne parlait pas aux défunts quand il pouvait s’en abstenir ». Car, Marda commente beaucoup, elle donne son avis quand il n’est pas sollicité. Marda aurait pu être une bonne conseillère si elle ne tapait pas sur les nerfs de Marchion Ro. Ce dernier n’a jamais réellement montré qu’il prenait en compte les considérations de ses proches, et quand il le fait, c’est pour les mettre dans des positions périlleuses. Pire, Marda lui fait la leçon : « elle se répandait en élucubrations à propos de notions comme la liberté ou le foyer, à propos de ses recherches sur leur peuple et de son glissement progressif vers la violence ». Tout cela, Marchion s’en moque.


Pour autant, Marchion ne serait pas arrivé où il est en faisant abstraction de tout. Il dirige les Nihil, une organisation où tout le monde veut prendre la place de tout le monde. Marchion n’a aucune envie de céder sa place ou le pouvoir. Et, il dresse là un parallèle avec Marda (« la tendance à se croire au centre de tout était un trait de caractère qu’il partageait avec elle. Il savait que c’était un problème d’égo »).


Finalement, Marda parvient à faire frissonner Marchion. N’étant qu’une apparition, il est totalement impossible qu’elle interagisse avec le monde réel. Et pourtant, Marchion croit la voir toucher un Égaliseur. Cela le choque. Quand « il eut l’impression que la bête répondait à son contact en se rapprochant », Marchion Ro est comme saisi, choqué. 

jeudi 9 octobre 2025

Le règne de Marchion Ro !

Quel enchaînement de romans ! Les Nihil ont beau être des barbares violents, assoifés de sang, enclins à commettre les pires crimes, il est plaisant de les suivre alors qu'ils sont à deux doigts de mettre à genoux la République et les Jedi. Marchion Ro est un des meilleures antagonistes de Star Wars, tous les univers confondus. Il est l'égal d'un Tsavong Lah, d'un Palpatine/Sidious. 






 



mardi 30 septembre 2025

Quelques années après le conflit contre les Nihil

Les Jedi ne sont pas sortis indemnes du conflit contre les Nihil. Nombre d’entre eux sont morts, ils ont connu la peur, la peur terrifiante qui vous bloque et vous tétanise.

Dans le roman Cheminante, on suit les Jedi Rwoh et Indara quelques décennies plus tard. On sent que c’est un moment charnière pour les Jedi, un moment où l’Ordre réfléchit à sa place auprès de la République. Doivent-ils se rapprocher ou non ? C’est une question à laquelle doit répondre le Conseil. Or, Vernestra Rhow a refusé cette responsabilité, elle qui a préféré arpenter la galaxie pour répandre la lumière et montrer ce qu’est un Jedi aux différents peuples.


Indara est chargée de retrouver Vernestra qui fuit, plus ou moins, Coruscant. Indara ne cesse de se demander pourquoi Vernestra semble refuser sa responsabilité envers l’Ordre. Dans un premier temps, l’attitude de Vernestra étonne Indara. Tout ce que fait Vernestra semble être éloignée de ce qu’on lui a appris au Temple. Pourtant, Vernestra lui enseigne des choses importantes. Elle lui rappelle qu’ « être Jedi est un honneur mais présente aussi des dangers ». Et, Indara s’en rend vite compte. Tout le monde n’accueille pas les deux Jedi avec enthousiasme (« tous les habitants de cette galaxie ne nous apprécient pas forcément (…) L’Ordre apprécie apparemment d’oublier ce détail »). Ce qui se passe à Coruscant ou dans les mondes du Noyau n’est pas nécessairement transposable partout.


Si Vernestra est devenue une Cheminante, c’est surtout pour fuir Coruscant. Ce n’est pas la planète qui lui déplait mais ce que cela impliquerait pour elle. Coruscant étant dans le centre du pouvoir politique, elle avait l’impression de perdre toute marge de manœuvre et d’être inféodée aux politiciens. Elle n’apprécie pas « les nombreuses interférences de la politique avec les intentions pures de la voie des Jedi ». Son diagnostic est presque brutal quand elle dit que « la République était une maitresse exigeante ». Il permet en tout cas de bien cerner Vernestra. Elle a une façon très marquée et indépendante de concevoir les choses.

Mais, son point de vue est compréhensible. Car, on apprend que certains sénateurs ont voulu mettre au pas les Jedi, faire d’eux des jouets. Ils ont ainsi proposé « une loin d’Annexion des Jedi » qui « cherchait à obtenir la supervision des Jedi en faisant de l’Ordre une branche officielle de la République ». Même si la loi a été rejetée, elle éclaire bien la tendance en cours. 


Vernestra déplore aussi l’étroitesse prônée par l’Ordre. En effet, historiquement, les Jedi ont toujours été proches de la République, mais cela ne les empêchait pas de chercher à répandre leur message partout. Toutefois, suite à la crise des Nihil, il semblerait que les Jedi aient abandonné toute ambition de développement, notamment vers les mondes de la Bordure extérieure. Elle déplore que l’Ordre « ne couvrait plus autant de terrain que dans ma jeunesse ». Elle constate aussi que « bien des temples abandonnés ces dernières années n’avaient pas été rebâtis et l’Ordre avait commencé à détourner son attention de la frontière ».

La Jedi déplore aussi l’étroitesse d’esprit et de pensée. Elle ne comprend pas que le dogme Jedi continue à créer des Jedi toujours aussi fermés sur leurs émotions. Selon Vernestra, il faudrait « vivre sans peur, avec amour, en accueillant à bras ouverts le chagrin qui survenait lorsque ces relations fortes disparaissaient ».


D’une certaine façon, la Maître Jedi Yaddle partage une partie de ses idées. Yaddle trouve en effet que le Conseil est trop enclin à cacher des choses, à se refermer sur lui-même (« quand apprendrons-nous que les secrets ne servent à rien ni à personne, excepté à nourrir des regrets »). C’est peut-être là une conséquence d’être si proche des politiciens et de leur culture du secret. Yaddle, en tout cas, apparait clairement comme un phare pour les Jedi. Elle est présente, disponible. Il n’est donc pas étonnant de la voir occupée une place importante : « novices et Padawans se tournait vers le petit Maître Jedi comme s’il s’agissait d’un soleil dont la lumière leur faisait défaut depuis trop longtemps (…) Il émanait d’elle une telle aura de paix que personne ne pouvait s’empêcher de se détendre en sa présence ».


Ty Yorrick est une Jedi qui a quitté l’Ordre au moins deux fois, qui y est revenue, a été Cheminante. Elle croise Vernestra et la met en garde : « tu ne te figures tout de même pas qu’ils te laisseront rester Cheminante toute ta vie ! Pas en tant que Maître Jedi ! ». Autrement dit, le talent de Vernestra est gâché si elle ne transmet pas, si elle ne côtoie pas les autres Jedi, si elle n’est pas au coeur de l’Ordre sur Coruscant. Vernestra ne peut pas espérer rester une Jedi si elle ne s’implique pas ; dans le cas contraire, il lui faudrait quitter l’Ordre. Ce qu’elle ne fait pas.

vendredi 9 mai 2025

Les larmes des Sans-Noms : des Jedi brisés.

Plus les choses avancent et plus la situation se complique pour la République et les Jedi. Les Nihil contrôlent une partie de la galaxie, des Jedi sont tués par des créatures abjectes. Et, pour ne rien arranger, un fléau incontrôlable (sauf par Marchion Ro) ravage des planètes.


Les Jedi pourraient penser être à l’abri sur Coruscant : ils ne le sont pas. S’ils ne doivent pas craindre une attaque frontale et directe des Nihil, il apparait que le fléau les menace. 

Dans un premier temps, le Jedi Reath Silas confond le fléau avec ce que pourrait dégager le Jedi déchu Azlin Rell (« un être aussi pitoyable que dangereux (…) Azlin Rell (…) Le déchu. Un Chevalier qui avait embrassé le côté obscur de la Force »). Il faut dire que ce Jedi a été traumatisé par les Sans-Noms et qu’il a basculé vers l’obscurité pour lutter contre. Cela lui a permis de vivre pendant plus d’un siècle, certes consumé par l’obscurité, la haine et la peur. Reath Silas lui rend donc visite alors qu’il est enfermé dans les profondeurs du Temple et il pense que cette sensation de mal-être (« dans les niveaux souterrains du Temple Jedi, l’air semblait froid et humide, comme si Reath avait quitté Coruscant et traversait un royaume surréaliste ») pourrait venir de lui.

En réalité, c’est le fléau qui a envahi le Temple comme le découvrent Vernestra Rwoh et Reath Silas : « des cendres blanches à l’endroit où se trouvaient jadis (…) un lieu toujours riche en Force ». Rien ne semble pouvoir arrêter la progression du fléau dans le Temple, pas même les Jedi. Ils s’emploient  pourtant vaillamment pour lutter contre et ils font tout pour circonscrire la chose (« on ignorait toujours comment le fléau était arrivé sur Coruscant, mais ils savaient tous que si la nouvelle se répandait, cela provoquerait une panique démentielle »).


Des Jedi, aussi, sont brisés et luttent contre leurs démons intérieurs. Tous ont vécu des moments traumatisants depuis l’arrivée des Nihil. Elzar Mann est possiblement un des plus touchés : il faut dire qu’il se sent responsable de la chute du Flambeau Stellaire. Reath Silas pense qu’ « Elzar avait commis une erreur dévastatrice durant les derniers instants du Flambeau Stellaire ». Elzar Mann a mal évalué la situation (« il avait surpris un Nihil qui tentait de contrôler la chute de la station, et la prenant pour une saboteuse, l’avait tuée. Cette tragédie pesait sur lui depuis plus d’un an »). Depuis, Elzar Mann ne pense qu’à se racheter et montrer qu’il peut être un Jedi (« il valait mieux que ses erreurs, qu’il méritait la tunique qu’il portait et sa place dans l’Ordre Jedi »).


Même Yoda semble mal évaluer la situation. Il persiste à voir les Nihil comme un groupe criminel quelconque : « sans ces créature, juste un autre seigneur de guerre Marchion Ro serait ». Mais, bien avant l’utilisation des Sans-Noms, les Nihil avaient mis la République et les Jedi à genoux.


Les Sans-noms ont juste renforcé la puissance des Nihil. Ils sont une nouvelle arme qui terroriste les Jedi et leur fait perdre tous les moyens. On en a la preuve quand le Padawan Amadeo Azzazzo en rencontre un. Sa réaction corporelle laisse peu de place au doute : « sa vision était complètement brouillée. Il n’arrivait pas à penser. Il se rendit compte qu’il tremblait, évacuait toute sa peur dans un cri rauque et guttural ». Pour ne rien arranger, Azzazzo voit un Jedi mourir devant lui : «  l’oeil restant de Maître Lox parut se fixer sur lui quand la matière grise de son visage desséché commença à s’effriter. Sa mâchoire, le côté de sa tête, puis son torse tout entier s’affaissèrent tels des grains de sable ». Le traumatisme est donc encore plus fort. Azzazzo est brisé et la perte d’un proche ajoute encore plus à sa douleur.


Un autre individu va connaître un sort tragique : Sicarus. Il est un homme du Baron Boolan, un important membre de la hiérarchie des Nihil. Sicarus a une particularité : il contrôle des Sans-Noms (« c’est moi le chef de meute; Pas toi, le pâle. C’est moi qui décide quand tu manges ») et il s’en sert pour traquer les Jedi. L’homme se vante, il se sent fort et craint. Sensible à la Force, il prend du plaisir à voir les Jedi mourir ; il se nourrit de leur peur et de leur détresse. Il savoure le moment où il les voit mourir : « c’était le dernier regard qui rendait toujours ce moment spécial (…) quand la Force s’échappait de leur coquille vide et que l’essence-même de ce qu’ils avaient été disparaissait (…) oh, comme il aimait ce moment ».

Le Jedi Azzazzo rencontre Sicarus. Il est touché par ce que dégage l’homme : « c’était comme si, après avoir passé du temps avec les Sans-Noms, il avait été souillé par eux, avait adopté leur saveur unique ». Sicarus combat des Jedi et pense pouvoir prendre le dessus. Mais, il est vaincu et il connait le même sort qu’ont connu tant de Jedi ; il est « allongé sur le sol » et « se battait en hurlant » alors que « la forme démoniaque de la créature dévorait avidement la Force Vivant de son propre maître ».