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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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lundi 15 décembre 2025

Fantômes de Force

Les Jedi pensent communier avec la Force. Ils pensent être garants de son équilibre, ils semblent même croire que seuls eux offrent une bonne vision de la Force. On en a un exemple en les voyant se permettre de prendre des enfants très jeunes à leurs parents afin de les former. Les Jedi pensent donc qu’il est de leur devoir d’accompagner les utilisateurs de la Force tout au long de leur vie. Et grâce à Qui-Gon Jinn, certains parvient même à continuer à influencer les choses après la mort en devenant des fantômes de Force.


Dans l’Attaque des clones, Qui-Gon Jinn a commencé son périple. Il ne peut pas encore se manifester en fantôme de Force mais il parvient à parler aux vivants. C’est une prouesse totalement inattendue qui surprend le vénéré Yoda. Le Maître Jedi est choqué quand il entend la voix de son ancien ami alors qu’Anakin est en train de massacrer des hommes, des femmes et des enfants ; la réaction de Yoda ne laisse pas de place au doute (« mais Qui-Gon était mort, il ne faisait plus qu’un avec la Force ! A ce stade, tout état de conscience, tout état de perception de soi était impossible. Personne ne pouvait parler ainsi par-delà la mort »). Yoda ne comprend pas ce qu’a réussi à faire Qui-Gon Jinn.

Cette période de guerre semble propice : elle exacerbe les émotions, la détresse. Anakin, comme tant d’autres, est plongé en pleine guerre. Il est possiblement plus ouvert, il est peut-être aussi réceptif à tout un tas de conseils, autrement dit il peut avoir besoin d’un guide autre que Kenobi qui lui offre autre chose que la droiture et le respect de l’Ordre Jedi. Dans le roman Comme des frères, on apprend que Qui-Gon visite parfois Anakin, à un point qu’il semble habitué et peu surpris quand cela se manifeste : « ce n’était pas la première fois qu’il ressentait la présence du Jedi disparu. Résurgence éclair de souvenirs enfouis ou phénoménal subterfuge de la Force, cette présence le recentrait toujours ». Qui-Gon Jinn, mort, offre donc une sensation de réconfort à son ancien élève.

A la fin de la Revanche des Sith, Yoda pousse Kenobi à faire des exercices qui devraient lui permettre de réapparaitre en tant que fantôme de Force une fois qu’il sera mort.


Et, visiblement, Kenobi a été un bon élève. Il a fait ses exercices dans son coin. Cela lui a permis d’apparaître devant Luke Skywalker (« Luke pivota sur lui-même pour voir le fantôme lumineux de Obi-Wan Kenobi, debout à quelques mètres de lui »). 

Le Retour du Jedi marque la consécration pour les Jedi : Luke a réussi à vaincre le Sith Sidious en retournant le Sith Vador et ce dernier a été absous de tous ses crimes en redevant un Jedi (même si on peut en douter : comment excuser tous les gens massacrés de sa main ?). C’est aussi la période où les Jedi semblent avoir maîtrisé pour de bon la technique d’apparition en fantôme de Force. Luke les voit à la fin du roman : « les yeux plongés dans le feu, Luke crut, le temps d’un évanescent moment, y voir danser des visages : Yoda, Ben… et là, était-ce son père ? ».


Dans les Derniers Jedi, Yoda confirme avoir réussi à maîtriser cet art. Tandis que Luke traverse un moment de doute, Yoda fait son retour : « cela faisait de nombreuses années qu’il n’avait pas vu une manifestation du maître Jedi. Yoda semblait presque être présent physiquement ».

Dans l’Ascension de Skywalker, Luke parvient à atteindre un nouveau niveau du fantôme de Force en touchant un objet. C’est du jamais vu et cela montre bien le potentiel important de Luke. Rey, dépitée et au bout du rouleau, jette son sabre dans le feu… et la main de Luke le saisit ! Rey voit alors un spectacle tout à fait incroyable : « une silhouette vêtue d’une tunique émergea des flammes, baignée d’une lumière fantomatique, presque transparente ». Il magnifie ainsi la technique créée par Qui-Gon.

Au final, comme dans le Retour du Jedi, les Jedi triomphent. Ceux qui ont guidé Rey se montrent à elle en fantôme de Force (« la lumière accrocha le regard de Rey et elle tourna la tête Leia et Luke se tenaient au bord de la propriété, irradiant d’un bleu éclatant »).

mardi 19 décembre 2023

Où est passé Yoda ?

Les Nihil mettent les Jedi et la République à genoux. Ils répandent le chaos et la peur dans la Bordure Extérieure et contrarient les plans d’expansion de la République. Quasiment tous les Jedi sont concernés par cette lutte, d’autant plus les actes des Nihil sont ambitieux et à très grande échelle, à l’image des Emergences qui frappent de plein fouet vaisseaux et planètes.


Yoda est également impliqué dans le conflit. Il est sur la ligne de front et comme d’autres Jedi, sa vie est menacée. Il disparait d’ailleurs brusquement (« Maître Yoda s’était tout simplement volatilisé quelques mois plus tôt sur la lune décharge Quantxi »). Cela marqua grandement les Jedi qui perdent là un guide, un repère. Ce n’est pas tant la perte qui est déchirante mais la façon dont elle s’est produite. Pire, Yoda ne donne aucune nouvelle, personne n’a la moindre idée de où il est et même si il est vivant. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir des Jedi presque perdus comme Kantam Sy : « tout le monde pensait que le Maître Jedi aurait déjà dû revenir, et son absence prolongée emplissait Kantam d’une inquiétude sourde ».


A cette époque appelée la Haute République, Yoda est déjà un individu important au sein de l’Ordre Jedi. Il ne brille pas seulement par ses aptitudes ou son lien avec la Force, mais aussi par ce qu’il dégage, sa façon d’être. Il a été une ressource précieuse pour beaucoup de Jedi, pour beaucoup de padawans : « il manquait à Zeen comme s’il avait toujours fait partie de sa vie (…) le vide laissé dans leur petite équipe par l’absence de Yoda semblait plus important, impossible à combler. Le petit sage vert avait une façon d’accueillir tous ceux qui l’entouraient par sa simple présence, son rire léger ».

Son absence se fait d’autant plus remarquer parmi ces Jedi présents sur Corellia qui sont dans une mission périlleuse. Ils auraient bien besoin de son aide, et de ses conseils. Surtout, ils ne peuvent pas permettre de se créer des angoisses en pensant au sort de Yoda. D’ailleurs, ils comprennent bien que ce n’est pas ce qu’il voudrait (« Mais une chose est sûre : il ne voudrait pas qu’on reste là à s’inquiéter pour lui »). Mais, cela est plus simple à dire qu’à faire. Yoda leur manque et tous ne peuvent pas contrôler leurs sentiments ou leurs émotions. C’est le cas du padawan Reath Silas qui est soudainement « submergé par une vague d’émotion » car « il avait à peine fait la connaissance de Yoda » et qui pourtant est fortement marqué par sa disparition. Le fait de ne pas savoir le travaille au corps, même si « tout le monde assurait que s’il était mort, ils l’auraient su, ils l’auraient senti ». Yoda est une puissance trop forte dans la Force pour passer inaperçu.


Heureusement, Yoda revient au meilleur moment pour les Jedi. Ceux-ci sont en passe d’être submergés par les Nihil qui ont mis en place un plan audacieux sur Corellia. Son retour est épique et est un de ses moments les plus mémorables. L’arrivée de Yoda change les choses : « révélant une petite silhouette encapuchonnée qui se dressait, seule, sur champ de mort et de destruction. Un sabre laser vert brillant se déploya dans l’une de ses mains ; l’autre était tendue vers le ciel. Maître Yoda ». Si le retour de Yoda électrise le lecteur, elle a également un fort impact sur les personnages de l’univers. Zeen Mrala se souvient « du moment où il était apparu, tel un fantôme, parmi la brume en train de se dissiper, et de la manière dont il avait abattu le trawler ».

lundi 10 octobre 2022

Les manquements de Yoda

Yoda a mené l'Ordre Jedi à sa fin. Par sa faute, les Jedi ont disparu en même temps que la République. Il a été incapable d'endiguer le retour des Sith, incapable de soutenir l’Élu de la prophétie des Jedi, incapable d'empêcher l'avènement de l'Empire.

Yoda a le mérite de se rendre contre de ses limites, de ses faiblesses. Il sait qu'il a manqué à ses devoirs envers l'Ordre et envers les Jedi. Il finit par se rendre compte qu'il les a menés dans une mauvaise direction. Yoda n'a plus de certitudes. Il doute même de la prophétie qui a motivé certains de ses actes les plus importants, notamment le fait de laisser entrer Anakin dans l'Ordre Jedi. Car c'est bien cet événement qui a fait basculer les choses. Toujours est-il qu'il admet que les Maîtres et lui ont pu se tromper : « Oui, toujours en mouvement, l'avenir est. Et la prophétie, mal déchiffrée être aurait pu ». L'idée de mouvement est importante tant l'Ordre Jedi semble figé dans ses certitudes. C'est un vieux roc guidé par des habitudes, des traditions qui refuse d'évoluer ou d'innover. Quand le fantôme de Qui-Gon Jinn vient lui parler, Yoda a cette révélation, il comprend que « trop vieux j'étais (…) Trop rigide. Trop arrogant (…) Changé, la galaxie a. Changé, l'Ordre n'a pas, parce que le laisser changer, je n'ai pas ». Il admet donc, bien trop tardivement, ses torts et ses erreurs. C'est trop tard puisque les Jedi ont été défaits, écrasés par les Sith. Yoda a tellement été tétanisé par les événements en cours qu'il a tout fait pour freiner la prise de mesures d'urgences. Quand Windu appelle à démettre Palpatine de ses fonctions, Yoda est encore pris dans ses atermoiements, dans ses hésitations (« Vers l'obscurité, cette façon de penser nous conduit. Très prudents, être nous devons ») et (« une telle action détruire l'Ordre Jedi pourrait (…) la confiance du peuple, déjà perdu nous avons »). On est presque à penser que Yoda se conduit plus en politicien qui veut conserver le maigre pouvoir qui lui reste qu'en leader affirmé des Jedi.

L'incompétence de Yoda a des effets directs. En refusant d'écouter Anakin Skywalker, en étant incapable de percevoir sa détresse, il le pousse dans les bras du Sith Dark Sidious. Si Yoda avait fourni à Anakin des conseils pertinents au plus fort de sa détresse, il est possible que ce dernier ne soit pas contraint à basculer vers l'obscurité. Mais, il ne fait que creuser la rancœur du jeune Jedi : « c'est alors qu'Anakin avait compris que Yoda ne lui pourrait lui être d'aucune aide. Le plus grand sage de l'Ordre Jedi n'avait rien de mieux à lui offrir que des paroles pieuses sur les thème Laissons Les Choses Sortir De Votre Vie ». Pour ne rien arranger, Yoda signifie à Anakin que son avis ne compte pas. Au lieu de faire preuve de finesse lorsque Palpatine demande à Anakin de siéger au Conseil Jedi, les Maîtres décident de l'humilier : en tout cas, c'est comme qu'Anakin le perçoit. Les paroles sont dures : « siéger dans cette Chambre, tu vas, mais voter tu ne pourras pas. Les points de vue du Chancelier tu présenteras. Ses souhaits, ses idées et ses instructions. Mais pas les tiens ».

Yoda effectue ensuite un autre mauvais choix quand les deux Jedi restants sur Coruscant (Kenobi et lui) décident de se séparer pour affronter les Sith au lieu de rester ensemble pour défaire la plus grande menace Dark Sidious. Pire, il demande à Kenobi de tuer Anakin alors que Kenobi sent qu'il n'est pas capable de le faire. Il donne à nouveau des conseils non appropriés qui ne peuvent apporter aucun soutien à Kenobi (« le garçon que tu as entraîné, mort il est... par le Côté Obscur distordu. Par Dark Vador consumé. Hors de cette souffrance, le mettre tu dois »). Yoda va affronter Sidious et il comprend très vite qu'il ne peut pas gagner. Dark Sidious s'est préparé pour ce combat alors que Yoda végétait : « le Maître Suprême de l'Ordre Jedi, le plus farouche, le plus implacable, le plus puissant ennemi que les ténèbres aient jamais connu.. n'était pas.. de taille... à lutter. Il ne l'avait jamais été. Il avait perdu le combat avant même qu'il ne commence ». Yoda prend la fuite, laisse la place aux Sith. L'Ordre Jedi a été terrassé en même temps que de nombreux Jedi ont été tués.

dimanche 20 mars 2022

Retour vers le passé dans la crise de la Flotte noire

La crise de la flotte noire n’est pas qu’une excellente trilogie intermédiaire entre la Croisade noire du Jedi fou (Thrawn) et le Nouvel Ordre Jedi (les Yuuzhan Vong), elle est également une série de livres qui revient sur l’histoire récente de la galaxie, et notamment la période impériale sous la domination de Palpatine.

Dans ces romans, une guerre oppose la Nouvelle République aux Yevetahs. Le Sénateur Peramis les soutient. Il est visiblement inquiet de la direction que prend la Nouvelle République et par les révélations qui ont eu lieu après le chute de l’Empire. Ses propos sont clairs : « la Troisième flotte est une arme de conquête et de tyrannie, rien d’autre. Quand une arme est forgée, quelqu’un trouve une raison de l’utiliser. Une telle puissance donnera au fils de Dark Vador la tentation de suivre le chemin de son père ». On comprend bien que des gens espéraient que la fin de l’Empire les libérerait de l’emprise d’un gouvernement. On comprend aussi qu’ils ont une crainte, légitime, de voir les enfants de Dark Vador si importants dans la Nouvelle République. Ils ont peur que les enfants répètent ce qu’a fait leur père. La situation est d’autant plus grave selon eux que Luke est un Jedi qui ne rend quasiment de comptes à personne et que Leia est la Cheffe d’État. Nil Sparr, le vice-roi des Yevetahs, exprime clairement sa crainte. On peut penser qu’il fait preuve de mauvaise foi et de paranoïa ; toujours-est il que son monde se révolte. Sparr affirme ainsi que « le complot est ourdi par Coruscant, où vit une nouvelle génération de seigneurs de la guerre qui cachent leur malfaisance derrière la façade d’un gouvernement démocratique (…) Un nouvel Empire est en train de naître, conduit par une enfant de l’ancien (…) Et nous ne tolérerons pas que la fille de Dark Vador se mêle de nos affaires ». Dark Vador a laissé une bien sombre trace dans l’histoire de la galaxie. Qu’il ait gagné sa rédemption selon Luke n’intéresse ou ne convainc personne.

Dans cette trilogie de livres, il y a également référence à des éléments majeurs des films. Quand Han dit à Leia que « Tarkin a détruit Alderaan, pas toi. Ce type t’a raconté des craques pour mieux te manipuler. Je suis écœuré que ça marche encore », on comprend que Leia est toujours hantée par ce qui s’est passé sur l’Étoile de la Mort. Et on peut la comprendre puisque l’attaque a tué des millions de gens.

Des morts, Luke Skywalker en a causé beaucoup en détruisant la première Étoile de la Mort. Akanah lui dit que « Si j’avais causé la mort d’un million de personne, je ne pourrais plus jamais regarder une arme ». Notons que Akanah est une Fallanassi, une adepte du Courant blanc et quelle cherche à manipuler Luke en le faisant vainement chercher sa mère. Elle a donc tout intérêt à tenter de le garder sous contrôle, à l’affaiblir en tant que Jedi protecteur de la paix et des innocents en lui rappelant le nombre de morts qu’il a causés. De son côté, Luke estime à 1 250 109 le nombre de personnes tuées.

Les romans nous montrent également que les événements tiennent à peu de choses, que l’historie aurait très bien pu se dérouler différemment. Luke Skywalker explique à Akanah qu’il aurait très bien pu finir dans les rangs de l’Empire, il était prêt à tout pour quitter la morne vie sur Tatooine (« je voulais aller à l’Université pour échapper aux travail de la ferme. Le mentor de mon père est apparu, et je me suis retrouvé avec un sabrolaser à la main et la moitié de la galaxie à mes trousses »). Cette phrase anodine illustre bien à quel point la vie du jeune Luke a basculé en quelques minutes, à quel point il ne pouvait être prêt à affronter ce qui allait arriver.

Du temps pour se préparer, pour préparer leurs plans, Yoda et Palpatine en ont eu. Les deux étaient possiblement les deux plus puissants Maîtres de leur Ordre à cette époque. Ils ont eu plus que le temps de réfléchir sur l’état de la galaxie et avaient la capacité d’opérer des changements. Pourtant, ils ont opté pour des solutions différentes malgré ces ressemblances. D’ailleurs, Luke Skywalker explique « la limite qui sépare Palpatine de Yoda est très ténue. Palpatine voulait imposer son pouvoir sur les autres ; Yoda lui cherchait à l’intérieur de lui. Palpatine voulait tout contrôler, dans l’espoir de bâtir ce qu’il pensait être un univers parfait. Pour mieux le comprendre, Yoda avait abandonné l’idée de perfectionner le monde ».

Des différences, Luke en voit entre Yoda et son père Dark Vador (Anakin Skywalker) : « l’exemple de Yoda est là pour m’inspirer. Il a vécu une vie très simple;il désirait peu de choses. Mon père a suivi une voie différente ». En effet, Akan désirait sauver des gens (Padmé, Shmi) au lieu d’accepter son inéluctabilité comme Yoda. Puis, il a voulu avoir son Empire, désirant remodeler les choses à sa façon : Kenobi l’en a empêché. Puis, il a décidé de devenir le bras armé de Sidious et ainsi de participer à l’asservissement de la galaxie.

Si la galaxie est marquée par un nouveau conflit violent, si les héros souffrent (notamment Han), tout n’est pas noir dans cette trilogie. Il y a de l’optimisme qui se manifeste notamment via la volonté de la Force. Luke constate que les « Jedi refont surface depuis l’arrivée de la Nouvelle République (…) J’ai d’excellents étudiants dont les ancêtres n’ont jamais eu de lien avec la Force ».

jeudi 16 décembre 2021

Ce que les Jedi pensent de Dooku

Malheureusement, Dooku meurt au début du film III, la Revanche des Sith. L’homme a marqué de sa classe le film II, l’Attaque des Clones. Ancien Jedi, il a décidé de suivre les pas du Sith Dark Sidious. Sa fuite de l’Ordre, lui qui en fut est une des éléments les plus prometteurs, symbolise bien la lente chute des Jedi. Dans les romans de l’Attaque des Clones, Précipice et Point de rupture, certains Jedi évoquent Dooku : on se rend compte que cela va de la stupéfaction à une forme de respect malgré tout ce qu’il fait.

Pourtant, dès le début du roman de l’Attaque des clones, les choses sont claires quand Padmé est victime d’une tentative d’assassinat. Le meurtre est commandité par Dooku qui embauche Boba Fett qui délègue la mission à Zam Wessel. Les Jedi sont dans le déni, dans le refus de voir la réalité ; Padmé est un obstacle important à la réalisation des objectifs de la Confédération des Systèmes Indépendants (CSI). Ki-Adi Mundi persiste dire que Dooku est « un idéaliste. Pas un meurtrier ». Windu a un avis plus nuance mais il trouve quand même des circonstances atténuantes à Dooku, lui aussi refuse donc de croire qu’un Jedi puisse aussi mal tourner (« Nous ne pouvons pas non plus renier le fait qu’il a commencé ce mouvement pour servir ses idéaux. Il était notre ami, nous ne devons pas l’oublier, et l’entendre ainsi se faire traiter d’assassin... »). Les liens qui les rattachent à Dooku les empêchent de comprendre ce qui se passe.

Jocasta Nu éclaire Kenobi sur le départ de Dooku et son statut d’Égaré. Grâce à elle, on comprend que le retrait de Dooku fut terrible pour les Jedi. Il était un Maître de premier plan qui ne supportait pas de voir la faillite de l’Ordre. Il pensait que l’Ordre se reposait trop sur ses acquis au lieu de se préparer à ce qui allait arriver. Les paroles de Jocasta Nu sont donc éclairantes : « son départ fut des plus douloureux. Personne n’aime en parler. Ce fut une grande perte pour notre Ordre (…) Je pense qu’il est parti parce qu’il avait perdu toute foi en la République. Il estimait que les politiciens étaient trop corrompus. Il a finalement estimé que les Jedi se trahissaient eux-mêmes en servant les politiciens ». On comprend mieux que les Jedi n’ont toujours pas tourné la page.

Juste après dans la bataille dans l’arène de Geonosis, Yoda exprime la nécessité d’arrêter Dooku. Par son charisme et la force de ses mots, il représente une trop grande menace pour la stabilité de la République (« Capturer Dooku, nous devons. Si à s’échapper, il réussit, d’autres systèmes à sa cause, il ralliera »). Il faut donc se charger de Dooku et ce sont Kenobi et Anakin Skywalker qui essaieront les premiers. Vite mis à terre, Kenobi comprend que Dooku est bien trop fort et rusé pour Anakin qui « dépensait beaucoup plus d’énergie que le redoutable Dooku et dès que le jeune Jedi commencerait à montrer des singes de fatigue... ». Kenobi voit bien que c’est Dooku qui rythme le combat. Finalement, c’est Yoda qui se chargera de Dooku (« Bien combattu, tu as, mon vieux Padawan, le félicita Yoda »). Formé par Yoda, Dooku a donc acquis son respect pour sa façon de combattre. On voit aussi que Yoda a formé Dooku et que cela peut être une des raisons à l’aveuglement des Jedi. Mais Geonosis a tout changé.

Dans le roman Précipice, on suit Kenobi alors qu’il est capturé par Dooku. C’est à ce moment-là que Kenobi est écœuré par Dooku. Il a clairement perdu toute forme de respect quand on lit que « je pensais que vous étiez le chef ici, Dooku. Cette pensée le dé goûtait. Dooku fut un Jedi auparavant. Le maître de Qui-Gon ! Comment avait-il pu devenir cela ? » Bien entendu, il se sent aussi trahi, comme si Dooku en quittant l’Ordre avait renié tout ce que Qui-Gon lui avait appris. Or, Qui-Gon a énormément compté pour Kenobi. Retenu contre sa volonté, il subit également les assauts de Force de Dooku : « Il avait eu d’autres utilisateurs de la force auparavant dans son esprit. Qui-Gon, Anakin. Même Maître Yoda. Mais leurs contacts avaient été doux, comme des caresses. Celui de Dooku était douloureux. »

Dans Point de rupture, l’action est autour de Windu. Dans les premières pages du roman, Windu et Yoda reviennent sur ce qui s’est passé à Geonosis. Windu se sent coupable de ne pas avoir tué Dooku lorsqu’il en avait l’occasion. A cause de ça, des Jedi sont morts par dizaines et la guerre a éclaté dans la galaxie. Yoda lui dit qu’il n’aurait jamais pu tuer Dooku (« Ton ami, il était. Respect, tu lui dois. De l’affection même. Le terrasser, tu n’aurais pas. Même pour un simple pressentiment »). Il a nouveau cette position ambiguë où on sent qu’il a encore un peu de respect pour Dooku.