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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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jeudi 30 juillet 2026

Qui est Chulok ?

Envoyé sur Metagos suite à un message de Qui-Gon Jinn, Mace Windu rencontre un adversaire totalement inattendu. S’il est un méchant comme tant d’autres, voulant le pouvoir et affermir son autorité sur les autres, ce qui différencie Chulok des autres est son apparence physique. Il est en effet la fusion de deux êtres : un Furakai et un Rodien. S’il connaissait déjà le concept de fusion pour les Furakai, Windu est quand même étonné de voir une fusion entre deux espèces différentes. La chose le dérange (« devant les deux corps liés à l’épaule par une sorte de cache métallique doré qui laissait entrevoir le pont de chair en dessous, Mace ressentit un frisson de malaise »). Il serait réducteur de s’arrêter à l’aspect presque monstrueux de Chulok. Il est un leader impitoyable, puissant et craint. Son autorité semble naturelle mais aussi incontestée. Il faut dire que Chulok dégage « un charisme presque hypnotique ». Il possède « un grand pouvoir combiné à une grande cruauté » qui ne laisse qu’une conclusion possible : «  pas besoin d’être très perspicace pour se rendre compte que vous étiez face à un conquérant ».

Étant Jedi, Mace a vu son lot de choses sortant de l’ordinaire. Pourtant, Chulok lui laisse un souvenir impérissable. En le voyant s’entraîner sérieusement, Mace assiste à un spectacle jamais vu (« Deux têtes, quatre bras, quatre jambes. Pleinement libérées, les combinaisons étaient pareilles à une tornade pleine de lames de rasoir »). C’est une réelle démonstration de puissance.

En réalité, c’est tout Chulok qui déstabilise Windu.  Il est fort, il sait se battre, il commande des hommes. Même sa voix (ou ses voix) marquent. Ayant deux têtes, il a deux bouches qui, la plupart du temps, expriment la même chose. Windu constate que « la superposition des voix commença à lui rendra inaudible (…) leur similitude avait quelque chose de presque hypnotique qui le berçait dans un fort sentiment de décontraction ».


Chulok était avant Chu et Lok, deux personnes différentes. Eux voient leur rassemblement comme une bénédiction, une nécessité mais aussi comme l’ordre naturel des choses. C’est leur fusion qui les fait être pleinement en vie. Chulok témoigne qu’ « ils étaient plus que deux individualités néanmoins. Ils étaient une âme unique que l’univers indifférent avait séparée en deux à la naissance. Le destin les avait réunis de nouveaux ».


Sur Metagos, Chulok dirige un clan criminel qui cherche à asseoir son autorité sur toute la planète qui vit sous-terre (la surface est contaminée). Il ne veut pas que quiconque se dresse face à lui et tente de remettre en cause son rang. C’est pour ça qu’il a tenté de tuer Qui-Gon Jinn qui s’était rendu Metagos. Chulok est d’ailleurs convaincu que le Jedi est mort, même s’il regrette amèrement que ce ne soit pas de ses mains (« je jouais avec lui pour apprendre ses techniques de Jedi. Ce titre de Tueur de Jedi m’est prédestiné. C’était à moi de tuer ce maudit imbécile ! ») On voit que Chulok est obsédé par les Jedi.

Windu fera les frais de cette obsession. Découvert, il est capturé et torturé. Il prend plaisir à le malmener physiquement et psychologiquement. Lui qui a enfin la main sur un Jedi ne cache pas son bonheur. Il faut réaliser « une étude complète des réactions d’un Jedi face au stress, à la douleur et à la peur ». Ce qu’il promet à Windu est affreux ; Chulok « démembrerait Mace Windu lentement, jusqu’à ce qu’il supplie d’être gracié ». Chulok montre ensuite toute sa cruauté car il ne veut pas seulement que Windu souffre, il veut que tout le monde le sache, il transmettrait « les gémissements du Jedi dans toute la Bordure, avant de lui refuser - avec regret - toute clémence ».


Ce sont ses ennemis qui souffre de son côté impitoyable. Sa principale adversaire est Sybil, une insecte, la Reine des Vers qui a des centaines d’enfants. Elle les pond, les remplace au fur et à mesure qu’ils se font tuer et entretient leur rivalité. Mais, Sybil subit la méchanceté de Chulok qui met le feu à ses oeufs (« il faut avoir une éthique dans la vie, dit-il avant de montrer les oeufs à ses soldats. Brulez-les tous »). C’est la dernière chose que verra Sybil avant de mourir : ses enfants en train d’être tués. C’est une vraie déchirure pour cette mère.


Chulok ne traite pas mieux ses subordonnés. L’exemple de Nils Slithis en est un bel exemple. Alors qu’il est un de ses agents le plus précieux, il n’hésite pas à le faire exploser devant Windu. Windu ne comprend pas comment cela est possible jusqu’à ce qu’il découvre que Nils Slithis était  un ancien esclave (comme Anakin Skywalker). Slithis avait en lui un traceur explosif qu’on pouvait déclencher à distance si on avait le code. C’est ce que Chulok a fait sans aucune hésitation. Chulok n’a donc jamais craint que Slithis lui cause du tort ou lui usurpe le pouvoir car il avait un moyen de pression. Windu comprend donc « pourquoi Chulok permettait à un officier aussi ambitieux et agressif d’avoir un tel pouvoir » puisqu’il savait « qu’à n’importe quel moment une simple pression sur un bouton tuerait un usurpateur potentiel ».

lundi 15 décembre 2025

Fantômes de Force

Les Jedi pensent communier avec la Force. Ils pensent être garants de son équilibre, ils semblent même croire que seuls eux offrent une bonne vision de la Force. On en a un exemple en les voyant se permettre de prendre des enfants très jeunes à leurs parents afin de les former. Les Jedi pensent donc qu’il est de leur devoir d’accompagner les utilisateurs de la Force tout au long de leur vie. Et grâce à Qui-Gon Jinn, certains parvient même à continuer à influencer les choses après la mort en devenant des fantômes de Force.


Dans l’Attaque des clones, Qui-Gon Jinn a commencé son périple. Il ne peut pas encore se manifester en fantôme de Force mais il parvient à parler aux vivants. C’est une prouesse totalement inattendue qui surprend le vénéré Yoda. Le Maître Jedi est choqué quand il entend la voix de son ancien ami alors qu’Anakin est en train de massacrer des hommes, des femmes et des enfants ; la réaction de Yoda ne laisse pas de place au doute (« mais Qui-Gon était mort, il ne faisait plus qu’un avec la Force ! A ce stade, tout état de conscience, tout état de perception de soi était impossible. Personne ne pouvait parler ainsi par-delà la mort »). Yoda ne comprend pas ce qu’a réussi à faire Qui-Gon Jinn.

Cette période de guerre semble propice : elle exacerbe les émotions, la détresse. Anakin, comme tant d’autres, est plongé en pleine guerre. Il est possiblement plus ouvert, il est peut-être aussi réceptif à tout un tas de conseils, autrement dit il peut avoir besoin d’un guide autre que Kenobi qui lui offre autre chose que la droiture et le respect de l’Ordre Jedi. Dans le roman Comme des frères, on apprend que Qui-Gon visite parfois Anakin, à un point qu’il semble habitué et peu surpris quand cela se manifeste : « ce n’était pas la première fois qu’il ressentait la présence du Jedi disparu. Résurgence éclair de souvenirs enfouis ou phénoménal subterfuge de la Force, cette présence le recentrait toujours ». Qui-Gon Jinn, mort, offre donc une sensation de réconfort à son ancien élève.

A la fin de la Revanche des Sith, Yoda pousse Kenobi à faire des exercices qui devraient lui permettre de réapparaitre en tant que fantôme de Force une fois qu’il sera mort.


Et, visiblement, Kenobi a été un bon élève. Il a fait ses exercices dans son coin. Cela lui a permis d’apparaître devant Luke Skywalker (« Luke pivota sur lui-même pour voir le fantôme lumineux de Obi-Wan Kenobi, debout à quelques mètres de lui »). 

Le Retour du Jedi marque la consécration pour les Jedi : Luke a réussi à vaincre le Sith Sidious en retournant le Sith Vador et ce dernier a été absous de tous ses crimes en redevant un Jedi (même si on peut en douter : comment excuser tous les gens massacrés de sa main ?). C’est aussi la période où les Jedi semblent avoir maîtrisé pour de bon la technique d’apparition en fantôme de Force. Luke les voit à la fin du roman : « les yeux plongés dans le feu, Luke crut, le temps d’un évanescent moment, y voir danser des visages : Yoda, Ben… et là, était-ce son père ? ».


Dans les Derniers Jedi, Yoda confirme avoir réussi à maîtriser cet art. Tandis que Luke traverse un moment de doute, Yoda fait son retour : « cela faisait de nombreuses années qu’il n’avait pas vu une manifestation du maître Jedi. Yoda semblait presque être présent physiquement ».

Dans l’Ascension de Skywalker, Luke parvient à atteindre un nouveau niveau du fantôme de Force en touchant un objet. C’est du jamais vu et cela montre bien le potentiel important de Luke. Rey, dépitée et au bout du rouleau, jette son sabre dans le feu… et la main de Luke le saisit ! Rey voit alors un spectacle tout à fait incroyable : « une silhouette vêtue d’une tunique émergea des flammes, baignée d’une lumière fantomatique, presque transparente ». Il magnifie ainsi la technique créée par Qui-Gon.

Au final, comme dans le Retour du Jedi, les Jedi triomphent. Ceux qui ont guidé Rey se montrent à elle en fantôme de Force (« la lumière accrocha le regard de Rey et elle tourna la tête Leia et Luke se tenaient au bord de la propriété, irradiant d’un bleu éclatant »).

jeudi 30 octobre 2025

Qui est Qui-Gon Jinn ?

Le roman La Menace fantôme dresse un portrait assez complet de Qui-Gon Jinn. On comprend qu’il est un Jedi respecté mais pas si bien vu que cela au sein de l’Ordre. Son principal problème semble être le fait qu’il défie les règles, pas parce qu’il aime ça, mais parce qu’il estime qu’il faut parfois emprunter une autre voie.


Kenobi, son apprenti, est le mieux placé pour observer Qui-Gon Jinn. S’il peut sembler content d’avoir un Maître comme lui, il remarque aussi que « con mentor avait souvent tendance à s’impliquer dans certaines affaires plus que de raison ». En réalité, Jinn semble manquer de détachement. Il n’a pas la froideur qu’ont certains Maîtres Jedi qui leur permet de ne pas s’impliquer. Cela a des conséquences sur la carrière de Jinn puisque « ce genre de comportement lui avait déjà occasionné bon nombre de soucis avec le Conseil Jedi ».

Toutefois, même s’il n’occupe sans doute pas la place qu’il mérite au sein de l’Ordre, Kenobi est fier d’avoir Qui-Gon Jinn. Il a des termes élogieux quand il pense à lui : « son mentor était probablement le plus grand Jedi ayant jamais existé, un membre prépondérant du Conseil, un guerrier farouche et courageux refusant de se laisser intimidé ». Ainsi, même son attitude malgré limite, Qui-Gon Jinn reste un Jedi de valeur, respecté et important. Sa parole n’est pas négligée.


Jinn n’est ni aveugle ni stupide. Il mesure les conséquences de ses actes. Il sait que con caractère et son comportement peuvent jouer contre lui. Il sait aussi que ses pairs du Conseil ont un avis équilibré sur lui : ils l’estiment mais savent qu’il est difficilement incontrôlable. On en a la preuve quand il se livre à un moment d’introspection (« il n’ignorait pas ce qu’on disait de lui au Conseil. Il était obstiné, souvent téméraire dans ses choix. Il était fort, très fort, mais gaspillait son potentiel dans la défense de causes qui ne méritaient pas son attention »).


Sa rencontre avec Anakin Skywalker en est un bon exemple. Alors qu’il est envoyé régler un problème économique sur la planète Naboo, il se perd dans une mission qui ne lui est même pas demandée. En faisant la connaissance d’Anakin, il se convainc que le jeune garçon est important. Et il se rend compte qu’il n’a même pas de fondement, dans un premier temps, pour expliquer cela : « le Maître Jedi resta silencieux un long moment, réfléchissant. Il éprouvait pour Anakin un attachement qu’il ne parvenait pas à s’expliquer ».

Kenobi et Qui-Gon Jinn font quelques tests et se rendent compte que le jeune Anakin pourrait avoir une place particulière dans la Force. Kenobi est content de rencontrer Anakin mais il a des doutes quand il apprend les plans de Qui-Gon Jinn. Contre toute logique, Jinn veut ramener Anakin à Coruscant et le former comme futur Jedi. C’est impossible étant donné l’âge d’Anakin. Mais Qui-Gon persiste dans on entreprise. Kenobi entrevoit un futur compliqué. Il appréhende : Qui-Gon Jinn « défierait le Conseil une fois de plus et le résultat serait le même qu’en maintes autres occasions : il n’aurait pas gain de cause ; sa stature de Maître Jedi en prendrait un autre coup ». Autrement dit, Kenobi craint que Qui-Gon sape peu à peu son crédit


Qui-Gon Jinn s’entête. Il présente Anakin au Conseil et va même plus loin en parlant de vieilles prophéties et d’Elu. Il veut prendre Anakin comme padawan, ce qui est impossible étant donné son statut de Maître et qu’il ait déjà un apprenti (Kenobi). Il déclare alors publiquement qu’il est prêt à se débarrasser de Kenobi, sous le motif que ce dernier serait prêt. On peut penser qu’il dit ça sans arrière-pensée mais même lui se rend compte que la chose est blessante pour Obi-Wan (« pour ne rien arranger, le Maître Jedi avait offensé Obi-Wan (…) la déchirure ne serait pas éternelle, mais il faudrait du temps pour que la blessure du jeune homme guérisse »).

Kenobi est vexé. Il a passé tant de temps avec Qui-Gon et le fait d’être mis de côté comme ça le dérange ; on peut d’ailleurs penser qu’il est trop attaché. Mais, il connait aussi Qui-Gon Jinn, il est habitué à ses frasques, à son comportement. Et même si le Jedi n’a pas voulu être méchant, la peine est quand même présente : « son Maître était comme un père pour lui, le seul qu’il eût jamais connu. Furieux que Qui-Gon le rejette pour s’occuper de l’enfant, il n’en connaissait pas moins trop le caractère passionné du Jedi pour s’en étonner ». Kenobi pense donc que « Qui-Gon n’avait pas eu l’intention de blesse » et qu’il « croyait au destin de l’enfant et cela primait sur tout ».


Yoda, lui, a énormément d’estime pour son ami : « un grand guerrier était Qui-Gon ». Mais, il reconnait que Qui-Gon était animé d’un feu presque trop brûlant (« mais beaucoup plus il aurait pu être, s’il n’avait pas voulu aller trop vite ». Yoda pense donc que Qui-Gon Jinn manquait de retenue, qu’il se perdait trop dans les causes qui lui tenaient à coeur. Et cela lui a joué des tours. 


vendredi 15 novembre 2024

La question de l'esclavage juste avant la Menace fantôme

Les Jedi sont sans doute aveuglés par la beauté de Coruscant. Pour ne rien arranger, ils vivent dans les couches supérieures de l’immense ville. Et bien qu’ils soient amenés à faire des missions dans toute la galaxie, ils ont du mal à en appréhender sa laideur. On en a un bel exemple avec la question de l’esclavage. Dans le roman Maître et apprenti, cette sorte d’aveuglement est parfaitement mise en avant par Obi-Wan Kenobi. Le jeune Jedi avoue en quelque sorte qu’il n’a jamais fait attention aux esclaves : « même si la pratique avait été abolie par la République, elle était encore très répandue dans l’ensemble de la galaxie (…) il n’en avait jamais vu équipé de plaque d’identification indiquant qu’ils appartenaient à une gigantesque entreprise… à moins qu’il ne l’ait tout simplement jamais remarqué ».


En réalité, l’esclavage illustre bien la limite des Jedi à qui une bonne partie de la résolution des crimes échappe. Ce n’est pas tant qu’ils ne s’intéressent pas à ça, c’est plus qu’ils n’en ont pas le droit, ils sont limités par un mandat, les missions qu’on leur donne et les lois et règles qui existent sur les planètes. Dans ce roman, Pax collabore avec les Jedi Qui-Gon Jinn et Kenobi ; l’homme est direct et franc. Il se moque de la naïveté de Kenobi qui n’a pas compris que certaines grandes entreprises étaient aussi puissantes, voire plus, que certains gouvernements (« si les ouvriers sont la propriété de l’entreprise au lieu d’être rémunérés, et bien, c’est une affaire interne à la Corporation, pas le problème des gouvernements des planètes où leurs possessions douées de raison sont envoyées travailler »).

Sur Pijal, même un homme comme Pax endurci à la laideur du monde est choqué par ce qu’il voit. Il a été grandement sensibilité par Rahara, sa coéquipière et ancienne esclave. Mais rien ne semble pouvoir le préparer à voir des enfants esclaves (« ce ne fut pas la nature du travail qui le frappa. Mais le fait que tous les ouvriers étaient des enfants »). Ceux qui naissent de parents esclaves sont automatiquement des esclaves. Il est très difficile de quitter les griffes des esclavagistes. Tout est fait pour maintenir les esclaves en captivité, pour qu’ils ne puissent pas être libres. La représentante de la Czerka, cette fameuse Corporation qui possède des esclaves, dit que « ceux qui se sont enfuis, plutôt que d’acheter légalement leur liberté ou de demander à quelqu’un de la racheter pour eux, ne sont pas d’anciens esclaves de la Czerka. Ils nous appartiennent toujours (…) toute planète qui fait affaire avec nous doit accepter d’opérer dans le respect de la charte ». On voit bien le côté impitoyable de cette entreprise qui se considère également l’égale des gouvernements. 


Rahara a réussi à s’évader et à effacer la plaque d’identification. Elle a pu passer des années libre. En tout cas, c’est ce qu’elle croyait. Car, elle a été retrouvée, ne prenant pas en compte les changements de la Czerka. L’entreprise ne se contente plus de marquer ses propriétés, elle se sert dorénavant des visages des gens pour les marquer : « confirmé par reconnaissance faciale : propriété de la Czerka ». Dorénavant, « ils ont dans leurs dossiers des holos de tous les individus qu’ils ont possédés et ces informations remontent sur plusieurs générations ». Autrement dit, un esclave évadé vit toujours avec la peur d’être retrouvée. Et quand cela est fait, elle est à nouveau marquée.  Rahara vit à nouveau cette triste expérience : « une tenaille miniature sortit d’un panneau pour lui retirer son gant gauche. Une aiguille s’enfonça dans le dos de sa main, transperçant la peau, et elle poussa un cri de douleur ». Rahara est toujours une esclave.


Le fait qu’il existe encore l’esclavage dérange. Rahara pose la question importante : « si la République n’est pas capable de faire quelque chose d’aussi honorable et fondamental que de s’attaquer à l’esclavage, alors à quoi sert-elle ? ». Qui-Gon Jinn a une réponse à cette question : il relative, trouve un faux-fuyant. Il dit que cela a toujours été comme ça et qu’on n’y peut rien : « certaines planètes avaient toujours fonctionné avec ce système de main d’oeuvre. Et l’interprétation même de l’esclavage variait en fonction des espèces ». Pire, il pense que les Jedi ne peuvent rien faire et que ce n’est pas de leur faute. Jinn suppose que les Jedi sont limités par les règles en place (« un Jedi en colère ne pouvait pas à lui seul mener une croisade galactique contre l’esclavage au-delà des frontières de la République ») et cela semble bien l’arranger.

Yoda fournit lui aussi son explication. On comprend qu’il a inféodé les Jedi à la République et que les Jedi opèrent selon les désirs de la République. Yoda assume clairement d’avoir limité les Jedi car il dit que « dans le cadre de nos mandats nous travaillons et le bien nous faisons du mieux que nous pouvons. Agir autrement, substituer notre jugement à celui de la République, serait répéter les erreurs du passé ». Yoda est encore traumatisé par des Jedi qui se sont crus plus capables, meilleurs et ont basculé vers l’obscurité. Yoda semble être terrorisé par un éventuel retour de l’obscurité.


jeudi 25 avril 2024

Qui est Shmi Skywalker ?

Les différents romans publiés ces dernières années nous en apprennent un peu plus sur Shmi Skywalker, un personnage peu traité mais important. C’est sa mort qui a fait basculer Anakin vers le côté obscur dans le film l’Attaque des Clones. 


Dans le Péril de la reine, on est plus tourné vers l’aspect d’esclave de la vie de Shmi. Sa vie ne lui appartient quasiment plus, elle est dépendante de la volonté d’un autre. Elle ne peut même pas protéger son fils contre les velléités de Watto, leur maître : « elle était impuissante. Elle ne pouvait ni protester ni manifester sa colère, ne pouvait ni marchander ni échanger. Elle n’avait rien à donner ». Cette affirmation dresse un tableau désespérant et négatif de Shmi. En réalité, dans son malheur d’esclave, Shmi a un talent comme le remarque Padmé. Il faut préciser que ce livre est orienté sur Padmé et nous offre parfois la vision de ses souvenirs. On peut ainsi lire que « en regardant les doigts habiles de Shmi assembler l’écran, chaque pièce se mettait en place si facilement que cela en paraissait presque magique ». Ce talent a ensuite été transmis à Anakin.


Dans l’Ombre de la reine, Padmé demande à Sabé, sa suivante, de rechercher Shmi. Padmé sait que Shmi est très importante pour Anakin. Elle se fait un devoir de dénoncer l’esclavage en général et de tirer Shmi de sa situation. Mais, Watto ne possède plus Shmi. Sabé ne trouve aucune trace de Shmi (« je sais que le ferrailleur l’a perdue. J’ignore s’il s’agissait d’un autre pari idiot ou s’il l’a vendue, mais elle n’est plus là. Je n’ai aucune idée de l’endroit où elle a pu aboutir »). Smhi a donc disparu comme un vulgaire objet perdu : cela illustre bien la condition d’une personne esclave. 


En réalité, on apprend dans l’Espoir de la Reine que Shmi a été affranchie et qu’elle a épousé un homme, Cliegg Lars. Ce n’était pas un mariage arrangé pour la tirer de l’emprise de l’esclavage mais un vrai mariage d’amour. Shmi a été accueillie et aimée par les Lars, et sa générosité leur a fait beaucoup de bien. Grâce à son attitude lors de la Menace fantôme où elle avait aidé Qui-Gon Jinn alors qu’elle n’avait pas grand-chose, on avait déjà un bel aperçu de la personne qu’était Shmi Skywalker : une personne altruiste, avec le coeur sur la main. Ce qu’on apprend le confirme : « il paraissait évident, dans la manière dont tous parlaient de Shmi, qu’elle n’avait pas été juste une pièce rapportée dans la famille Lars. Elle en avait été le centre ». Et la capture puis la disparition de Shmi a brisé ceux qui l’aimaient ; on apprend que « Cliegg était inconsolable » et « Owen furieux, même si sa rage n’égala en rien celle du fils de Shmi ».


Dans Comme des frères, Anakin a grandi en tant que Jedi, et il a dû apprendre à ne pas s’attacher. Ce n’est pas le fait de s’attacher qui pose problème, mais le fait de ne pas savoir lâcher prise si il le faut. Anakin n’a pas oublié sa mère, elle l’obsède toujours autant. Shmi Skywalker fait naître en lui tout un tas de sentiments qui le dépassent, qui le perturbent. On en a la preuve alors qu’il assiste à une cérémonie Jedi : « il revit l’expression de sa mère, les ride qui naissaient autour de son sourire, ses yeux qui ne jugeaient jamais (…) Soudain, le visage affectueux de Shmi Skywalker disparut de ses souvenirs, brusquement remplacé dans son esprit par le froid cinglant de la nuit. » Cela illustre bien l’impact de Shmi, sa mère, sur la vie d’Anakin. Elle a été une présence réconfortante et apaisante alors qu’ils étaient esclaves, et puis sa mort a fait naître en lui une immense douleur.


Dans le roman Ahsoka, on a le point de vue de Kenobi. Kenobi n’a pas réellement connu Shmi, n’a fait qu’entendre parler d’elle (« il s’était rendu sur la tombe de Shmi Skywalker pour s’excuser d’avoir perdu son fils. Il ne l’avait jamais rencontrée (…) Qui-Gon l’avait abandonnée ici, condamnée à son statut d’esclave, et Obi-Wan avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher le retour d’Anakin »). Autrement dit, les Jedi ont tout fait pour séparer Anakin de sa mère. Qui-Gon a laissé Shmi derrière lui sans aucun regard, sans aucun regret, conditionné qu’il était par son enseignement de Jedi. Et Kenobi s’est conformé à ça.

lundi 6 mars 2023

Dark Maul

Dans la Menace fantôme, on découvre un nouveau Sith appelé Dark Maul. Apprenti de Dark Sidious, il semble être une arme dont se sert Sidious pour arriver à ses fins. Il faut dire que son apparence ne dégage pas le calme. Au contraire, la première impression est celle d'un individu violent, qui aime le combat. Gunray a ce genre de réaction quand il le voit ; il remarque que « ce nouveau Sith était réellement terrifiant à contempler. Son visage n'était qu'un masque de traits déchiquetés rouges et noirs imprimés dans la peau ». Ce jugement de bestialité est partagé par le maître de Maul. Quand il pense à Maul, Palpatine conclut que « Maul était un animal. Un animal doué, mais un animal tout de même ». Car, Maul n'a pas encore assimilé tout ce qui fait un bon Sith selon Sidious. Ce dernier est habitué à travailler dans l'ombre, il est le porteur vivant de la règle des deux, cette règle qui pousse les Sith à attendre le bon moment pour sortir de l'obscurité et prendre le contrôle de la galaxie en renversant les Jedi. Sidious pointe donc un défaut de Maul, et ce qui est aussi un axe d'amélioration : « l'impatience gagnait Dark Maul. Le jeune Sith n'avait pas encore appris l’impassibilité de son Maître ; elle ne lui viendrait qu'à force de temps et d'efforts. C'est la patience qui avait sauvé ce qui restait de l'ordre Sith ».

Cette volonté d'en découdre se manifeste quand Sidious l'envoie défier les Jedi sur Naboo. Maul est convaincu de ses forces, presque même un peu trop. Ses propos trahissent un excès de confiance. Il fanfaronne presque en parlant à Nute Gunray (« j'ai attendu ce moment si longtemps. Et je me suis entraîné sans relâche pour triompher ! Les Jedi regretteront d'être venus ici (…) je vais au hangar principal pour vous débarrasser à tout jamais des Jedi »).

Mais, il semblerait que Maul puisse se vanter. Il est réellement un combattant de premier plan comme le remarque Qui-Gon Jinn. Qui-Gon Jinn, en l'étudiant, est presque élogieux : « sa concentration avait une qualité que Qui-Gon reconnut au premier coup d’œil. C'était celle d'un Jedi, focalisé sur le moment présent et ses exigences immédiates ». Qui-Gon comprend très vite que l'affrontement sera compliqué et que la défaite le guette. On lit que « le Seigneur des Sith qu'il combattait au côté d'Obi-Wan était plus que son égal en matière d'armes, et il avait l'avantage de la jeunesse ».


lundi 2 janvier 2023

Anakin Skywalker dans le roman Dark Plagueis

Le roman Dark Plagueis nous permet de suivre les machinations des Sith. Tenebrous, Plagueis ou Sidious poursuivent ce que Dark Bane a commencé des siècles plus tôt : œuvrer dans l'ombre afin de prendre le contrôle de la galaxie. Plagueis et Sidious expérimentent, ils tentent de repousser les limites de la vie ou de la mort. Ils développent leur pouvoir et leur influence dans les domaines de l'économie et de la politique. Autrement dit, ils essaient de maîtriser les choses autant qu'ils le peuvent. Mais, certains phénomènes leur échappent, et Anakin Skywalker est un d'entre eux.

La notion de contrôle est importante. Car si Anakin apparaît, c'est en conséquence d'action des Sith. En déclenchant un blocus autour de la planète Naboo, Sidious a forcé les Jedi à agir. Et cela a mené à la découverte du jeune Anakin. Très vite, Sidious (Palpatine) comprend que le garçon est différent. Il est suffisamment différent en tout cas pour retenir l'attention de Qui-Gon Jinn ou Dooku. Dans le livre, Dooku a amorcé son basculement ; s'il ne sait pas que Palpatine est un Sith, il confie à ce relatif inconnu un bon nombre de ses états d'âmes ou de ses impressions. C'est lui qui rapporte que « Qui-Gon est revenu de Tatooine avec un garçon, un ancien esclave. D'après sa mère, le garçon n'avait pas de père » et « il est né esclave il y a neuf ans et qu'il a été la propriété de Gardulla la Hutt puis d'un marchand de pièces détachées toydarien ». C'est encore Dooku qui dit au Sith qu'Anakin serait l’Élu selon Qui-Gon, et que le gamin a un nombre important de midichloriens. Tout cela force Palpatine à réfléchir et à repenser à des occasions manquées. L'homme doute, s'interroge. Il était là quand Padmé Amidala a été accueillie à Coruscant pour plaider la cause de Naboo et il n'a rien vu de spécial en Anakin (« cet Anakin, en habits sales, était bien là, aux côtés d'un Gungan et de deux Jedi. Anakin avait même passé la nuit dans une petite chambre de son appartement. Et je n'ai rien senti »). Le Sith est choqué.

Les Sith ont donc raté quelque chose, ils ont raté la découverte d'un garçon potentiellement fort dans la Force. Ils se demandent comment cela est possible. Plagueis, le Sith le plus porté sur les expériences, est interloqué : « il fallait qu'il sache si la Force avait à nouveau contre-attaqué, neuf ans plus tôt, en mettant au monde un être humain capable de rétablir l'équilibre dans la galaxie ». Si Plagueis pense ainsi, c'est à raison ; Sidious n'a pas senti Anakin et Plagueis a raté l'occasion de rencontrer Anakin. Un complot est-il en branle pour abattre les Sith ? Y-a-t-il des Forces qui poussent à leur échec ? Ce sont des questions que Plagueis se pose (« Plagueis se passa une main sur le front. Sommes-nous vaincus ? se demanda-t-il. Nous avez-vous vaincus ? »)

Quand il apprend que c'est le même humain qui a gagné la Boonta Eve, Plagueis est certain que le jeune homme marquera l'histoire : « les actes du garçon ont déjà des répercussions à travers les étoiles ». Il a même des visions en fixant Anakin. Sans qu'il ne le sache, il a un aperçu de ce que sera le futur d'Anakin Skywalker : « des batailles féroces dans les profondeurs de l'espace, des sabres laser qui s'entrechoquaient, des rais de lumière éclatante, un cyborg à casque noir qui se relevait d'une table ».

Après avoir tué Plagueis, Sidious est le seul Sith de la lignée de la règle des deux. Il décide de garder un œil sur Anakin. Il a senti et il sent en lui quelque chose de spécial, il sait qu'il ne pourra pas pleinement s'épanouir au sein de l'Ordre Jedi. Il y a en lui des colères, des émotions que les Jedi ne peuvent accepter ou voudront brider : « Obi-Wan ne semblait pas avoir remarqué la fureur qui frémissait à l'intérieur du garçon, mais, pendant un instant, Palpatine sentit un peu de lui plus jeune en Anakin. Le besoin de défier l'autorité et le don pour masquer ses émotions ». Dès lors, Palpatine décide de laisser grandir Anakin auprès des Jedi. Il lui suffira de le cueillir le moment voulu, le moment où il sera débordant de colère et de haine (« que Skywalker devienne de plus en plus amer au cours de la prochaine décennie, tandis que sa mère vieillissait dans l'esclavage, que la galaxie décrépissait autour de lui et que ses compagnons Jedi s’embourbaient dans des conflits inextricables »).


vendredi 6 mai 2022

Maître et apprenti : Dooku, Jinn et Averross

Dans le roman Maître et apprenti, le lecteur rencontre deux des apprentis de Dooku : Qui-Gon Jinn et Rael Averross. Le livre montre également la façon dont Dooku s’intéresse aux prophéties et au côté obscur.

Dooku a eu un fort impact sur le Jedi que Qui-Gon est devenu. Il a fait en sorte que son apprenti reste curieux, qu’il ne prenne pas les paroles du Conseil Jedi comme absolues (« c’était Dooku qui l’avait initié aux anciennes prophéties Jedi, suscitant son intérêt pour l’histoire et la linguistique (…) tous deux partageaient en outre de nombreux traits de caractère : l’autonomie, le scepticisme et une réticence à considérer la parole du Conseil comme sacrée »). On entrevoit bien là des choses qui mèneront Dooku vers l’obscurité et vers les Sith : le Conseil est devenu une force immobile et cela lui déplaît. Peut-être aussi que les prophéties Jedi le poussèrent à croire que l’Ordre était condamné. En tout cas, son positionnement théologique le poussait inévitablement à se détacher des Jedi : Dooku ne considérait pas l’obscurité comme un tabou, quelque chose qu’il ne fallait surtout pas étudier ou chercher à comprendre. On pourrait dire que, selon lui, limiter la Force à la lumière reviendrait à ne pas la comprendre : « Qui-Gon se souvenait encore de la première fois qu’il était tombé sur un arbre imprégné du côté obscur ; le choc avait été énorme. Maître Dooku avait secoué la tête d’un air réprobateur et déclaré : l’obscurité fait partie de la nature, Qui-Gon. Elle est aussi fondamentale que la lumière, ne l’oublie jamais ». Entendre cela peut choquer un jeune homme qui a passé toute sa vie baigné et bercé par les enseignements Jedi.

Pour autant, il ne faut pas croire que Dooku a tenté Qui-Gon. Au contraire, il l’a prévenu que les enseignements pouvaient l’aveugler, le tromper (« les anciens mystiques cherchaient à tort à connaître l’avenir. Cela les avait conduits sur des chemins dangereux. Ceux qui s’y intéressaient trop étaient souvent… étaient tentés par le côté obscur »). D’ailleurs, Dooku se détourne quelques temps des prophéties.

Quand Qui-Gon rencontre Averross, les deux partagent pour leur enthousiasme pour les prophéties. Averross est surpris d’entendre que Dooku ne s’y intéresse plus (« l’étonnement de Rael était sincère » et « c’est lui qui m’a rendu accro à ces trucs-là ! ») Averross a bien connu Dooku, il fut son padawan, il a partagé avec lui des centres d’intérêt. Il est donc un bon analyste, une bonne personne pour expliquer pourquoi Dooku a pu quitter les Jedi. Pour lui, la réponse est claire : « Dooku a quitté l’Ordre, parce qu’il en a eu marre de l’hypocrisie, du jugement et de tout le reste ». Ayant rejoint les rangs du Sith Dark Sidious, Dooku change. Il est impitoyable, prêt à tout pour atteindre son but. Il propose à Averross de le rejoindre (« il y a tant de choses que j’ai apprises, que je pourrais t’apprendre, bien plus que ce qu’on ne nous a jamais dit au Temple »). Dooku a clairement tourné la page des Jedi.