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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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vendredi 30 janvier 2026

Le Nouvel Ordre Jedi : quelques questions à la fin de la guerre

La République, les Vestiges de l’Empire, les Chiss, les Mandaloriens et tant d’autres ont plus ou moins fait équipe pour lutter contre les Yuuzhan Vong. Cette étrange coalition est passé proche de la défaite : il a fallu l’intervention d’une planète vivante (Zonama Sekot) pour leur permettre de gagner. La plupart des grands leaders des Yuuzhan Vong sont décédés : de Tsavong Lah à Shimmra en passant par Onimi. Les batailles ont été féroces, des planètes ont été détruites… il n’est donc pas étonnant d’avoir un nombre de morts astronomique : « le total des victimes tombées depuis le début de la guerre était incalculable, mais on avançait le nombre de trois cent soixante-cinq milliards ». C’est un décompte qui dépasse toute imagination.

Les Yuuzhan Vong sont aussi morts par millions. Certains sont morts au combat, d’autres ont subi  des crimes de guerre (Kyp Durron a par exemple bombardé un vaisseau de non-combattants). Ils ont également échappé à un génocide puisque le virus n’a pas été utilisée à son plein potentiel (« Omas avait assuré à Luke que toutes les souches de l’arme bactériologique avaient été détruites ainsi que la formule génétique elle-même. Car certains personne considéraient encore que l’Alliance s’était montrée trop clémente vis à vis de l’ennemi »). Autrement dit, la haine et la colère ont tant pris les combattants républicains qu’ils étaient prêts à commettre les pires atrocités afin de gagner la guerre. Peut-on leur en vouloir quand on voit les méfaits commis par les Yuuzhan Vong ?


Durant une bonne partie de la guerre, le pouvoir politique a été absent. Ayant d’abord refusé de croire à la réalité de l’invasion, ils ont ensuite refusé d’accorder les moyens nécessaires aux militaires et aux Jedi. Ce sont finalement ces deux groupes qui ont pris les choses en main. Il n’est donc pas étonnant de les voir à l’œuvre alors que s’ouvre une nouvelle phase : penser à reconstruire. L’Amiral Kre’fey mesure l’ampleur de ce qui l’attend sur la planète capitale Coruscant : « il fallait procéder à la défoliation intégrale de la planète. D’autres insistaient qu’il fallait conserver sa nouvelle apparence à Coruscant (…) souhaitaient que l’ancienne capitale galactique soit transformée en une sorte de mémorial ». Le sort de Coruscant divise donc les gens. La perte de la planète a été une immense tragédie. Y retourner et la voir à ce point changée en a traumatisé plus d’un. Kre’fey est donc vindicatif quand il demande au Maître de Guerre Nas Choka sa coopération (« nous exigeons que vos modeleurs nous assistent dans la reconstruction de Coruscant en persuadant le Cerveau-Monde de retourner la transformation qu’il y a opérée »). Un autre acteur va entrer en scène : Jacen Solo. Durant sa captivé, il a noué un lien étroit avec le Cerveau-Monde ; il peut donc aider (« grâce à l’intervention de Jacen, il avait fini par accepter que l’Alliance procède aux excavations de quartier sacré dans le but d’exhumer et de restaurer les structures républicains qui avaient survécu »). Jacen et le Cerveau-Monde s’entendent donc bien… Jacen s’en servira dans la saga de l’Héritage de la Force pour espionner ses opposants.


Une autre question importante est celle des Yuuzhan Vong encore en vie. Il est hors de question de tous les tuer, il est hors de question de leur permettre de vivre sur une planète : aucun peuple ne voudrait d’eux comme voisins. La question hante Kre’fey (« que faire des hérétiques et des Humiliés ? Des civils et des enfants ? Du Cerveau-Monde ? Des bêtes de sommes et autres créatures ? ») C’est Zonama Sekot qui propose une solution que Luke relaie à Nas Choka : « Zonama Sekot veut retourner dans les Régions Inconnues. Elle y connait un système stellaire qui, avec le temps, pourrait être colonisé par les Yuuzhan Vong. A condition que les Yuuzhan Vong et Zonama Sekot apprennent à vivre ensemble ». La chose est loin d’être évidente car Zonama Sekot est un fragment de la planète d’origine des Yuuzhan Vong, Yuuzhan’tar, que les Yuuzhan Vong ont détruit lors d’une immense guerre civile…


Enfin, la guerre a aussi changé les Jedi, notamment les enfants Solo encore en vie. Anakin Solo est mort, se sacrifiant pour permettre aux Jedi de mener à bien une mission. Cela, avec d’autres événements, a laissé un immense vide en Jaina et Jacen : « Jacen lui semblait plus… vieux. Le matin même, Luke avait entendu des conversations à voix basse à propos de la gravité soudaine et si peu habituelle de Jaina ». 

Et si plus tard Jacen se tournera vers les Sith et leurs enseignements, Jaina, elle, restera dans la lumière. Jaina est ambitieuse et veut faire carrière dans l’Ordre Jedi. Elle dit à son amoureux Jag qui désire l’épouser que ce n’est pas le bon moment. Elle argumente en disant que « j’aimerais bien siéger au Haut Conseil avec Luke, Kyp, Clighal et les autres. Peut-être qu’alors nous pourrons évoquer une relation plus durable »… Cela n’arrivera pas avant le Destin des Jedi…

dimanche 30 novembre 2025

Le Nouvel Ordre Jedi : qui est Lord Nyax ?

Chassés de Coruscant après une défaite cuisante et humiliante, les Jedi, les forces armées républicaines et des citoyens se réfugient sur une planète proche : Borleias. De là, Luke ressent une perturbation dans la Force qui provient de Coruscant (« quelque chose n’allait pas dans la Force Il avait essayé d’en savoir plus sur cette sensation, avec l’espoir qu’elle soit la source de son malaise et des visions qui l’avaient conduit sur Coruscant »). Il est suffisamment intrigué pour monter une expédition sur la planète-capitale.

Luke, les Jedi qui l’accompagnent (Mara et Tahiri) et les forces spéciales arrivent sur une planète en train de changer. Coruscant n’est plus ce qu’elle était : les Yuuzhan Vont ont marqué la ville de leur empreinte. Et si les morts républicains sont nombreux, il reste quand même quelques survivants qui tentent de survivre comme ils peuvent. Ils se cachent des Yuuzhan Vong bien entendu mais aussi d’une autre menace : Lord Nyax.


Cette affirmation surprend quelque peu Luke. Nyax est un nom tiré des histoires destinées à faire peur aux enfants. Il est la représentation du croque-mitaine : : « c’était un spectre pâle et monstrueux qui s’emparait des petits pour ne jamais les rendre ».

Les Jedi finissent par ressentir la créature dans la Force. Créature semble le bon mot pour le décrire quand son histoire remonte un peu la surface. Un des agents accompagnant les Jedi rapporte que Nyax est « grand de trois mètres » et qu’il est « certainement capable de se servir de la Force » et « qui se balade dans un monde auquel il ne comprend rien ».

Nyax est donc totalement inconnu même si Luke a l’impression de l’avoir déjà vu (« Luke connaissait ce visage, mais il n’arrivait pas à établir le lien, dans sa mémoire »).


Présent fortement dans la Force, Nyax terrifie les Jedi. Il leur laisse une bien mauvaise impression. De lui se dégage une impression qui les marque. Tahiri en parle avec des mots qui ne laissent pas de place au doute : « nous avons eu l’impression de ployer dans un océan de Côté Obscur. C’était comme sentir de nouveau la mort d’Anakin. Et vouloir de nouveau mourir avec lui ». L’exemple choisi est très révélateur tant la disparition du jeune Jedi a marqué Tahiri. Il l’a brisée, presque détruite. Or, c’est ce qu’elle semble ressentir à ce moment-là.

Luke, lui, met aussi en avant l’aspect obscur de Nyax mais aussi sa puissance : « l’homme était perceptible dans la Force, Luke le sentait sans même à avoir à le chercher. Il brillait d’une lumière éclatante — un phare dans une mer d’obscurité. Ou plutôt un phare d’obscurité ».


En réalité, la chose qui hante Coruscant, répand la mort sans discernement est le fils d’un individu sensible à la Force. L’identité de son père n’est pas clairement établie (« le fils de l’Empereur ou d’un certain Sarcev Quest, et d’une femme appelée Roganda Ismaren »). Si on peut douter du fait qu’il soit réellement le fils de l’Empereur, on ne peut pas douter de ce qu’il est : presque un monstre, plus qu’un homme. Car, il mélange une forte sensibilité à la Force et des améliorations techniques : « il est — ou était — un Jedi Obscur appelé Irek Ismaren (…) cette folle avait modifié son fils à grand renfort d’implants informatiques ». Autrement dit, la mère de Lord Nyax (Irek Ismaren, donc) a fait de son fils le résultat de ses expériences. Elle espérait un grand destin pour lui ; le groupe finit par croire qu’elle voulait faire de lui « l’Empereur Irek, un fils aimant, un Jedi Obscur et un tyran invincible ».

Malheureusement, il a tant été modifié et les circonstances ont fait qu’il a été libéré trop tôt de son compartiment. Cela a eu un fort impact sur lui, il avait perdu un peu de sa sensibilité humaine. Il n’a donc pas reconnu sa mère et « elle n’était rien de plus qu’une silhouette qui se dressait sur son chemin ». Irek Ismaren a donc tué sa mère.


Les Yuuzhan Vong ont combattu Nyax. Ils sont presque admiratifs et respectueux. Denua Ku pense que « le géant combattait avec une sauvagerie et une vitesse supérieures à tout ce qu’il avait jamais vu ». On a bien là la confirmation que Nyax est un individu qui sort de la norme. Les Jedi le craignent, les Yuuzhan Vong seraient à deux doigts de le vénérer (« si cet individu était né parmi les Yuuzhan Vong (…) il serait devenu le plus grand guerrier de tous les temps, exception faite des dieux »).

dimanche 20 octobre 2024

La chute des enfants Solo

Alors que la guerre contre les Yuuzhan Vong bat son plein, Luke Skywalker hésite sur la stratégie que les Jedi doivent employer. Il refuse de suivre Kyp Durron qui est convaincu que les Jedi doivent affronter les envahisseurs frontalement. Il préfère se concentrer sur la protection des réfugiées et des actions localisées. Ses décisions n’empêchent pas les Yuuzhan Vong de progresser de conquérir des planètes. Pendant ce temps, les jeunes Anakin, Jaina et Jacen finissent leur apprentissage de Jedi dans cette période plus que trouble et mettent plusieurs fois leur vie en jeu. Jaina tente de définir qui elle est, Jacen refuse par moments d’utiliser la Force alors qu’Anakin doit faire face au dédain de son frère Jacen et de son père Han, ce dernier l’accusant d’avoir tué Chewbacca. Ce sont donc des instants plus que compliqués pour eux.

Le tome neuf de la saga, Etoile après Etoile, est une bonne illustration de tout cela.


Jaina n’a pas de chance. Elle pense qu’elle reste dans l’ombre de sa mère et qu’elle aura du mal à dépasser cela ; elle a peur d’être vue avant tout comme la fille de Leia Organa. Et pour ne rien arranger, elle a pour Maître un des Jedi les importants de l’époque : Mara Jade. Il n’est donc pas étonnant de la voir penser être parfois un imposteur (« Jaina se leva, et se sentant un peu comme un enfant qu’on aurait surpris dans le placard à confitures, s’empressa de libérer le fauteuil de pilote »). Ici, Jaina pense qu’elle n’a aucun droit de piloter le vaisseau de Mara alors qu’elle a montré à de nombreuses reprises ses talents de pilote dans cette guerre.

Contrairement à Jaina et Anakin, Jacen, lui, a décidé de ne pas utiliser la Force. Il n’a pas pris cette décisions sans raison : le jeune homme est paralysée par une vision qu’il a eue, « une vision au cours de laquelle il avait vu la galaxie basculer doucement vers les ténèbres ». L’impact avait donc été si fort qu’il avait renoncé à utiliser la Force à la grande horreur de ses proches (« le jeune Jedi avait temporairement renoncé à l’utilisation de la Force (…) Jacen demeurait suffisamment incertain à propos de sa vision pour que ce sentiment de malaise le contraigne à l’inaction »). Jacen refuse donc d’être un Jedi dans cette guerre, même si il sort de sa torpeur quand sa mère se fait agresser.

De son côté, Anakin doit faire face à sa réputation ; on murmure qu’il est trop impulsif et qu’il n’obéit pas aux ordres de Luke Skywalker. C’est sans doute justifié car le Jedi a volé au secours des apprentis Jedi contre l’avis de son oncle (« les gens l’accusaient de n’en faire qu’à sa tête depuis Yavin 4 et il ne souhaitait pas leur donne raison »).


Alors qu’il mène une réunion avec le plus de Jedi possibles, Luke explore les voies éventuelles de la guerre. Il se demande si il faut se battre, de quelle façon ou même si il faut se rendre pour éviter un bain de sang. Han, qui observe ses enfants, est presque choqué en voyant Jacen (« Han eut une sueur froide, son fils Jacen ayant semblé un instant vouloir intervenir dans ce sens. Mais le jeune homme conserva le silence »). La simple idée que Han ait pu envisager cela pour son fils illustre bien à quel point la nouvelle philosophie de non-utilisation de la Force de Jacen dérange.

A ce moment du récit, les Yuuzhan Vong introduisent une nouvelle arme destinée spécifiquement à tuer les Jedi : les voxyns. Ces créatures modifiées sont redoutables et plus qu’efficaces, et réussissent parfaitement ce qui leur est demandé. Les Jedi sont aux abois et il leur faut du temps pour comprendre ce qui se passe. Ils décident alors d’aller tuer les voxyns en formant une sorte de commando. Jacen s’oppose à cette mission qu’il trouve trop radicale : « si nous ne préoccupons pas des méthodes pour parvenir à notre but, nous ne valons pas mieux que l’Empereur ». Jacen ne se contente donc pas de se restreindre, il freine également les autres et place le combat contre les Vong sur le plan de la morale et de l’éthique.


Dès lors, un plan est mis en place : Lando est choisi par dénoncer et livrer des Jedi aux Yuuzhan Vong. Ces Jedi choisis ne sont pas Luke ou Mara ou ceux de sa génération, mais Jacen, Jaina, Anakin, Tahiri et les autres apprentis. Ils sont alors placés en captivité avant d’être conduits vers la planète Myrkr. Durant le trajet, les captifs sont torturés physiquement et brisés émotionnellement. Tous en font les frais.  Par exemple, Jaina « avait du mal à rassembler ses pensées depuis que le voxyn lui avait lacéré le visage ». Leur maigre réconfort est une sorte de communion collective à travers la Force ; Jaina « se remémora soudain l’importance de leur travail en équipe et ouvrit ses émotions au reste de ses compagnons ». Ce que les Vong inflige aux jeunes Jedi est extrêmement douloureux ; ils doivent utiliser toute leur force de volonté pour lutter contre. Jaina doit puiser dans ses réserves puisque « seule la Force lui avait permis de ne pas sangloter comme une gamine la première fois que les Yuuzhan Vong avaient tenté de briser sa volonté ».


Après s’être défait de leurs bourreaux du vaisseau, les Jedi se posent en catastrophe sur Myrkr. Ils savent qu’une importante mission les attend. Pourtant, Jacen, au lieu de montrer sa solidarité et de taire ses divergences, décide d’attaquer frontalement Anakin en l’accusant d’être prêt à tout pour remplir sa mission, même sacrifier ses camarades. Cette déclaration gratuite atteint Anakin (« l’accusation frappa Anakin presque physiquement. Son sabre laser lui échappa et creusa un profond sillon dans le sol ») et illustre bien les différences entre Jacen et les autres. Son attitude met presque Jacen à l’écart des autres.


Sur Myrkr, les Jedi vivent un véritable enfer et rien dans leur formation n’a pu les préparer à cet immense défi. Leurs vies sont menacées à chaque instant, ils doivent faire face aux Yuuzhan Vong et aux voxyns, et la pression sur leurs épaules est immense. Plus d’un est blessé, quelques uns sont tués. Anakin, lui, est gravement blessé : « il demeura interloqué. Le bâton Amphi pivota et la tête fouailla ses entrailles. Il s’entendit crier. Puis il retomba. Ses pieds touchèrent le sol et il partit à la renverse ». Rien ne peut offrir un répit à Anakin : la mission ne peut attendre son rétablissement et la blessure est trop grave pour être atténuée via la Force (« Anakin se concentra sur la déchirure interne, essayant d’invoquer la Force pour la colmater. Mais il était trop faible pour se concentrer correctement »). Même la guérisseuse Jedi Tekli est impuissante.

Sentant sans doute que son frère n’en a plus pour très longtemps, Jacen décide de s’excuser. Il admet qu’il a eu tort de vouloir imposer sa volonté aux autres (« je ne peux pas attirer plus de monde à ma suite. Chacun doit choisir la voie qu’il juge la meilleure pour lui-même »). Surtout, il admet qu’il a fait preuve d’arrogance en pensant qu’il était le seul « susceptible de faire la différence entre le bien et le mal ».


Malheureusement, Anakin meurt. Le jeune homme continue de se battre malgré les douleurs et les blessures. Mais, il ne peut pas lutter et « un bâton Amphi s’abattit sur sa blessure et fit sauter une partie des sutures » ; les conséquences sont directes car « Anakin se mit à vomir du sang ».

Ses compagnons n’ont pas le temps de digérer sa mort. Il n’y a pas de répit. L’assaut des Yuuzhan Vong continue. C’est Jacen qui dirige à présent le groupe de survivants. Il est très vite plongé dans le bain et se rend compte que le leadership expose à la critique. Sa propre soeur l’accuse d’avoir maltraité la dépouille d’Anakin. Elle emploie des mots durs et blessants en disant que « tu l’as laissé aux mains des Yuuzhan Vong (…) Il t’a confié le commandement et tu l’as abandonné ». Cela touche Jacen même si il sait que « le sentiment de culpabilité éprouvé par sa soeur le poussait à l’accuser » : avant tout cela Jacen aurait répondu, ce n’est pas le cas ici (« il ne sentait pas assez sûr de lui pour tenir tête »). C’est bien la preuve que ce moment si intense bouleverse tout le monde.


Frappée la peine, Jaina utilise une technique les Sith n’auraient pas renié et bascule temporairement (et pas pour la dernière fois) vers une obscurité : « elle leva la main vers l’assaillant et libéré toutes les puissances obscures. Des décharges électriques jaillirent (…) fusèrent vers le Yuuzhan Vong, lui transpercèrent la poitrine et envoyèrent voler son cadavre ». C’en est trop pour Jacen, trop pour le lien qu’ils partagent en tant que Jedi et trop pour le lien qu’ils partagent en tant que jumeaux : « Jacen perçut que la colère de Jaina venait d’atteindre un niveau de violence qu’il ne pouvait supporter. Et il perdit le contact ». Jacen est alors capturé par les Yuuzhan Vong et les Jedi croient qu’il est mort : Jaina « sentit sa présence, une toute petite étincelle qui ne brilla qu’un instant avant de disparaître complètement ».

mercredi 10 juillet 2024

Conquête : le début de l'hérésie

Sur Yavin 4, la vie des Jedi est menacée par les Brigades de la Paix et par les Yuuzhan Vong. Face à l’apathie de son oncle Luke Skywalker, Anakin Solo décide d’aller sauver les Jedi, et notamment Tahiri Veila, son amie d’enfance. Mais, tout ne se passe pas comme prévu et Anakin fait face à de nombreux dangers. Dans le même temps, Tahiri a été faite prisonnière et est sujette à des expériences de la part de modeleurs. Ce roman nous plonge dans un certain nombre des aspects de la société des Yuuzhan Vong.


Pour les Yuuzhan Vong, il n’y a rien de plus important que respecter leurs dieux. Toutes leurs actions, toutes leurs règles sont basées sur ce fait. Tous ceux qui n’adhèrent pas à ça sont des blasphémateurs qui méritent la mort, et pas nécessairement de façon digne. Le maître modeleur Yal Phaath explique que « toute vie vient du sang, de la chair et des os de Yun-Yuuzhan. Il connait toutes les espèces. Ce savoir ne peut être créé. Ce serait une hérésie. Si les dieux nous le refusent, ils ont de bonnes raisons ». Autrement dit, le travail et les recherches des modeleurs sont bornés. Là encore, aller à l’encontre de la volonté des dieux serait un blasphème.


Pourtant, tous les Yuuzhan Vong n’adhèrent pas à cette façon de voir les choses. Certains modeleurs voient cette découverte d’une nouvelle galaxie comme de magnifiques opportunités. C’est un nouveau terrain de jeu, un nouveau terrain de création. On en a un exemple avec Nen Yim, une apprentie modeleuse ; quand elle foule le sol de Yavin 4, elle s’enthousiasme : « mais un monde inconnu ! Les odeurs étranges qui s’en dégageaient, la bizarrerie de la pesanteur.. Tout conspirait à lui faire bourdonner les tympans. Mais son excitation restait intérieure ». Nen Yim ne peut pas montrer son intérêt de façon publique car cela reviendrait à la condamner au pire. C’est d’autant plus compliqué qu’elle a passé sa vie dans un vaisseau-monde jusqu’à maintenant.

Nen Yim se retrouve à travailler avec Mezhan Kwaad, une maîtresse modeleuse. Cette dernière a choisi personnellement Nen Yim après l’avoir longtemps examinée. Elle a besoin de Yuuzhan Vong qui voient les choses de façon différente et sont prêts à prendre des risques dans leur recherche. Elle dit que « la tradition est d’une importance capitale dans notre mission » mais « y adhérer trop étroitement mène parfois à une forme de pensée obtuse ». Mezhan Kwaad prend un risque en choisissant Nen Yim puisque cette dernière peut bien la trahir. Si elle agit comme ça, c’est qu’elle a « besoin d’adeptes capables d’innover et de rompre au besoin avec la connaissance sacrée et immuable ». On comprend de cela que Mezhan Kwaad a bien conscience que la culture Yuuzhan Vong peut freiner ses recherches.

Ce que Mezhan Kwaad a repéré en Nen Yim est une forte curiosité (« quelle sensation étrange… et l’idée de la richesse inimaginable sur laquelle je me tiens. Sans parler de la vie ! Différente de la nôtre, d’une infinie variété, nullement créée pour nous servir ! »). Cette dernière remarque suffirait à destituer Nen Yim de tous ses privilèges et la reléguer dans les plus basses castes de cette société.


Dans son périple pour sauver Tahiri, Anakin croise Rapuung, un Humilié. D’ordinaire, un Humilié est un Yuuzhan Vong dont les implants n’ont pas fonctionné et qui perd tout statut (« ils sont maudits par les dieux. Leurs cicatrices refusent de guérir. Les implants de notre caste sont rejetés par les organismes trop faibles. Ils ne servent à rien »). Rapuung, lui, est convaincu que sa déchéance ne vient pas des dieux mais est le fruit de Mezhan Kwaad à cause d’une déception amoureuse. En effet, Vua Rapuung a voulu rompre avec elle car ils n’appartenaient pas à la même caste (elle était une modeleuse et lui un guerrier, or on ne peut se mettre ensemble qui si on appartient à la même caste). Et, pour ne rien arranger, Rapuung était choqué de voir les libertés prises par Mezhan Kwaad dans son travail. Il était plus que perturbé par son hérésie (« elle a blasphémé ! A l’entendre, les dieux n’existaient pas ! Nos dogmes étaient de la superstition (…) J’étais très choqué »).

Malheureusement pour lui, Mezhan Kwaad a réussi à faire en sorte que Rapuung devienne un humilié, un honteux en faisant pourrir certaines parties du corps de son ancien amant.

Rapuung devient donc par la force des choses un humilié. Il comprend que les membres de ce groupe sont prêts à croire à n’importe quoi pour gagner en espoir et sortir de leur infâme statut. Par défaut, ils croient encore aux divinités des Yuuzhan Vong (« nous avons nos propres prophéties. Dans cette nouvelle galaxie, Yun-Shuno nous a promis la rédemption ») mais il ne leur faudrait pas beaucoup d’éléments pour basculer vers autre chose.


Il faut dire qu’avant d’atterrir dans cette galaxie, les Yuuzhan Vong ont erré et ont failli renier collectivement leurs dieux. Uunu, un humilié, rapporte que cela a été « des temps sombre où notre foi fut mise à rude épreuve ». Le sentiment était que « les dieux nous avaient abandonné ».

Vua Rapuung parvient à prouver qu’il a été trahi par Mezhan Kwaad. Il la confronte publiquement, devant des guerriers et un commandant Yuuzhan Vong. Mezhan Kwaad crie que « les dieux n’existent pas ! Votre déchéance, c’est à moi seule que vous la deviez ». Pour les gens présents, c’est un réel choc comme le prouve leur réaction (« les guerriers crièrent d’indignation »). 


Finalement, une autre forme d’hérésie naît : il ne s’agit pas seulement de remettre en cause la puissance des dieux Yuuzhan Vong mais de croire à autre chose : les Jedi. Nen Yim fait un rapport au Maître de Guerre Tsavong Lah : « beaucoup pensent que Vua Rapuung a été lavé de son statut d’Humilié par le Jeedai Solo. Et qu’ils n’obtiendront pas leur rédemption en priant Yun-Shuno, mais avec les Jeedai… »

vendredi 15 mars 2024

Quelques références à Anakin Skywalker dans le Nouvel Ordre Jedi

Anakin Skywalker est mort depuis bien longtemps quand commence l’invasion des puissants Yuuzhan Vong. Pour certains, il est mort quand il a retrouvé sa mère aux mains des Tuskens ; pour d’autres, il est mort en devenant Dark Vador. Pour d’autres, Anakin et Vador ont toujours été la même personne et Anakin est mort quand son fils a affronté l’Empereur et fait chuter deux des plus grandes menaces de la galaxie. Bien entendu, Anakin n’a aucun impact durant cette guerre mais quelques uns des personnages évoquent sa personne, preuve qu’il a laissé une grande marque.


Rares sont les Jedi encore en vie et qui ont connu Anakin Skywalker. Le Nouvel Ordre Jedi nous en présente une : Vergere. Cette ancienne Jedi a traversé les époques en étant captive et conseillère des Yuuzhan Vong et en rejetant les enseignements Jedi. Elle est celle qui a choisi Jacen Solo pour en faire un Sith. En attendant, elle est celle qui participe à sa reconstruction et à sa torture. C’est auprès de Jacen que Vergere se met à jour et apprend ce qu’est devenu Anakin. Elle est choquée : « Le petit Anakin ? Un Seigneur de la Sith ? Quelle horreur ! Les choses n’auraient-elles pas pu tourner autrement ? Quelle tragédie, quel gaspillage ! ». Vergere semble donc déçu d’apprendre ce qu’est devenu Anakin. Mais, est-ce vrai ? On peut en douter car Vergere est déjà bien engagée sur la voie des Sith, convaincue par la doctrines des adeptes du côté obscur. En tout cas, Vergere a bien connu Anakin. Elle a vite cerné sa personnalité (« je me souviens de lui d’un turbulent petit Padawan »).


Le destin d’Anakin semble avoir été lié quelques temps à celui de Vergere. Dans les derniers tomes de la saga, on apprend que le Conseil Jedi a demandé à Kenobi et Skywalker de rechercher Vergere. Les deux Jedi ont voyagé à travers la galaxie et découvert une planète particulière : Zonama Sekot. On peut ainsi lire qu’ « avec Obi-Wan Kenobi, il était venu sur Zonama Sekot avant que la planète disparaisse dans les Régions Inconnues. Mais pourquoi était-il venu là ? Pour chercher Vergere, ou s’approprier la technologie biologique de la planète ? ». Son court séjour sur Zonama Sekot a marqué les autochtones. Des décennies plus tard, Jabitha en parle en termes élogieux à Luke Skywalker. Il dit que « le benjamin, Anakin était un mystère pour nous (…) La Force étincelait en lui… Il a été brièvement mon ami ». On a là une nouvelle démonstration de la puissance d’Anakin dans la Force. Il est clairement un individu à part. Cette idée est réconfortée par un souvenir de Jabitha où on apprend que l’Egorgeur a tenté de tuer Anakin sur Zonama Sekot et que ce dernier s’en est débarrassé (« Anakin l’a tué par la seule force de son esprit »). Cette façon de faire n’est pas nécessairement prônée par les Jedi et illustre bien l’obscurité qui existe déjà en Anakin.


Anakin a grandement marqué la planète. La planète vivante se souvient encore de lui et ceux qui y habitent sont à deux doigts de vénérer le jeune Jedi : « à votre arrivée Sekot a identifié les échos de mon ami… C’est en partie pour ça qu’il vous a permis d’atterrir. Mais vous parlez des actes d’Anakin comme si c’étaient des erreurs. Nous ne nous souvenons pas de lui ainsi. Il aimait notre monde, et nous ne laisserons pas ternir sa mémoire ». Si Luke peut arpenter le sol de la planète, c’est uniquement parce qu’Anakin est son père. L’empreinte d’Anakin est perceptible en lui. D’ailleurs, Luke Skywalker a fait un grand chemin pour oublier qu’Anakin Skywalker était devenu le monstre Dark Vador. Il n’est là pas question de nier les cruautés commises par Vador mais plutôt de valoriser le bon qui existait en Anakin : « j’ ai abhorré tout ce que mon père représentait. Maintenant, je suis revenu à de meilleurs sentiments (…) Notre famille a gardé son nom. ».


Enfin, Anakin fait une dernière apparition lorsque Jacen se prépare au duel final contre le réel leader des Yuuzhan Vong, Onimi. Dans ce moment crucial et désespéré, Jacen entend une voix qui lui dit « Tiens bon ». Qui est-ce ? Jacen est certain de son certain : « son coeur lui confirma que c’était bien la voix de son grand-père, Anakin Skywalker ».

samedi 23 septembre 2023

Viqi Shesh, une traître ?

La guerre contre Yuuzhan Vong change les gens. Han veut à son fils Anakin Solo qu’il rend responsable de la mort de Chewbacca. Jacen Solo décide de ne plus être un Jedi et de ne plus utiliser la Force. Jaina Solo en veut à sa mère de trop aider les autres. Luke Skywalker ne sait pas quoi faire et reste apathique pour mener les Jedi. Les politiciens ne sont pas mieux lotis : Borsk Fey’lya refuse de mener la guerre et d’autres voient là une opportunité de gagner en influence. C’est le cas de Viqi Shesh.


Viqi Shesh veut du pouvoir, de l’influence. C’est ce qu’elle cherche en grimpant les échelons politiques ou en prenant la tête de commissions. Elle veut compter, elle veut avoir du poids. Elle n’a donc pas choisi le monde politique par hasard. Elle l’explique assez clairement à un gradé militaire qui lui dit qu’elle aurait de quoi faire une bonne meneuse d’hommes : « l’armée…, ricana Shesh. Sauf votre respect, commodore, je préfère être celle qui décide plutôt qu’une exécutante ». Elle veut donc commander, elle sait que les forces armées sont soumises au pouvoir politique. Viqi Shesh dresse un portait sombre de la situation et dégage une tendance claire : les Yuuzhan Vong vont gagner et il peut être profitable d’être dans leurs petits papiers, si cela est possible (« il ne faisait aucun doute que les Yuuzhan Vong arracheraient cette galaxie à la Nouvelle République tout comme cette dernière l’avait arrachée à l’Empire. Un changement rapide créait toujours des occasions »). Elle ne prend pas ouvertement parti pour eux mais elle leur fait comprendre qu’elle est encline à leur donner des informations.


Dès lors, Shesh passe plus ou moins à la solde des Yuuzhan Vong tout en gardant une forte influence auprès du gouvernement, du Sénat et des différentes commissions. Son attitude ambivalente est remarquée par certains Jedi. Ils l’observent dans la Force et regardent aussi ses actions, ses décisions. Leia a de forts doutes : « on ne comptait plus les ruptures inexpliquées de ravitaillements, les soucis de communication et les défaillances des système de défense. De là à suspecter le Sénateur Viqi Shesh de jouer un double jeu, il n’y avait qu’un pas. Un pas que Leia n’hésiterait certainement pas à franchir ». Pour ne rien arranger, Jacen la compare à Palpatine. Cette référence ne peut que renforcer les craintes tant Palpatine a laissé un héritage amer et néfaste. Jacen argumente  en parlant du « ton de sa voix qui sonnait faux ». Il met en avant « sa posture et son drôle de petit sourire ». Il conclut en affirmant que « ça me rappelle les enregistrements holographiques d’un autre sénateur (…) Palpatine. Avant l’Empire (…) Quand il était en pleine ascension et qu’il se moquait bien de qui il avait à éliminer et de ce qu’il avait à détruire pour parvenir à ses fins ».


Une des envies de Shesh semble de mettre à bas les Jedi, de prouver leur inutilité. Elle n’est pas la seule politicienne à en vouloir aux Jedi. Beaucoup les accusent d’avoir déclenché la guerre, beaucoup leur en veulent à cause de ce qui s’est passé sur la planète Ithor. Shesh les attaque frontalement : « Maître Skywalker, j’ai bien peur que ce Conseil ne soit en position d’exiger des Jedi qu’ils rendent les armes et mettent fin à leurs activités irresponsables ». Elle va même plus loin en incitant à une rencontre avec émissaire des Yuuzhan Vong (« je serais la dernière à pardonner à quiconque pactiserait avec ces assassins, mais je pense qu’il est grand temps que nous ayons la possibilité de nous entretenir avec eux (…) Si nous pouvons faire comprendre à nos ennemis que la Nouvelle République n’exerce aucun contrôle sur les Jedi, alors, peut-être que les Yuuzhan Vong se contenteront d’exercer leur pouvoir sur des cibles judicieusement choisies ». Viqi Shesh n’est pas la seule à s’en prendre aux Jedi. Les Brigades de la Paix pensaient aussi que capturer des Jedi et les livrer aux Yuuzhan Vong leur accorderaient du répit. Ils se trompent tous puisque les leaders des Yuuzhan Vong ont clairement annoncé leur objectif : conquérir et purifier la galaxie. Viqi Shesh joue donc avec les mots ; elle ne se prononce pas pour une capitulation qui lui retirerait tout crédit mais elle se défausse sur les Jedi.


La collaboration avec les Yuuzhan Vong n’est pas de tout repos. Comme n’importe qui d’autre dans la galaxie, elle ne maîtrise pas leur façon de penser. Elle n’a aucune prise sur eux, aucune façon de les menacer. Elle ne peut qu’obéir et tenter de louvoyer pour rester en vie (« elle avait travaillé si durement, elle avait commis tant d’actes qui la répugnaient qu’elle ne pouvait pas tout laisser tomber sur un coup de tête »). 

Puis, Shesh est démise de ses fonctions au sein du comité de surveillance militaire. Mais, cela ne la décourage pas ; elle a misé sur la victoire des Yuuzhan Vong et elle fait tout pour rester en bon terme avec eux. Cela conduit Tsavong Lah à mener une fine analyse d’elle : « Shesh redoublait d’efforts pour apporter la preuve de son utilité aux Yuuzhan Vong. Tsavong Lah se dit que ses actes étaient certainement plus animées par une simple soif de vengeance que par la cupidité ou un désir de pouvoir ». Shesh a donc changé : elle veut mettre à bas ceux qui lui ont fait du mal : les Jedi. Il n’est donc pas étonnant de la voir tenter d’enlever Ben Skywalker.

lundi 16 janvier 2023

Le Nouvel Ordre Jedi : hérésie et conséquences

Comme toute organisation sociale, la société des Yuuzhan Vong produit son lot de rejetés, de mécontents. Honteux ou Humiliés, ces Vong n'ont plus rien à perdre. Ils sont tellement bas dans la hiérarchie que leur vie ne vaut rien. Acculés, ils cherchent de l'espoir où ils peuvent et ils le trouvent dans leurs ennemis : les Jedi. Des histoires sont murmurées, racontées, partagées ; on parle des légendes de Tahiri Veila, de Ganner Rhysode ou encore Anakin Solo. Cela contribue à l'émergence d'une hérésie, une doctrine qui promet un meilleur futur. Si pour certains la foi est sincère, pour d'autres, il est un moyen de revanche ou de retrouver sa place. Nom Anor en est un bon exemple. Il s'empare de l'hérésie, décide de devenir un prophète. Il est doué pour la manipulation et il sent que le mouvement contestataire peut lui permettre de gagner en influence : « si Nom Anor ne croyait pas aux sornettes qu'il débitait sur les Jedi, il comptait beaucoup sur son énergie corollaire. Les Honteux lui permettraient un retour triomphal dans la société vong. Il lui donnait les moyens d’agir pour arriver à ses propres fins ». Il faut préciser que la situation de Nom Anor est plus que périlleuse après ses nombreux échecs. L'hérésie doit lui permettre d'affaiblir Shimrra et regagner son rang, il joue sur les deux tableaux (« il serait dans le flanc de Shimrra une épine que les Honteux reconnaîtraient comme telle »).

D'autres sont bien plus sincères et ils n'hésitent pas à affirmer publiquement leur foi. Tahiri Veila en a l'illustration lorsqu'elle se rend sur Dagobah et rencontre deux Yuuzhan Vong, dont un Honteux. Ce dernier ose dire à l'autre que « vous vous prosternez aux pieds de Shimrra. Pourtant, c'est lui le véritable hérétique. Regardez ce que cette Jeedai vous a fait ! Les dieux la soutiennent contre vous ».

Shimrra n'est pas aveugle ou stupide. Il sait que quelque chose se trame, il sait qu'une autre idéologie se répand insidieusement dans ses rangs. Il a conscience que cela peut affecter son pouvoir : « le concept de rédemption des Honteux touchait au cœur de la hiérarchie Yuuzhan Vong. Il minait l'autorité de ceux qui siégeaient au sommet, et redonnait une voix aux opprimés ». Le leader des Vong ne peut tolérer ça et il prend des mesures fortes. Il laisse la porte ouverte à la traque des hérétiques en disant que « une confession est inutile. Les soupçons suffisent. Tel sera le sort commun à tous ceux qui laissent l'hérésie s'installer ». Clairement, Shimrra est aux abois d'autant plus que ses forces militaires subissent des revers préoccupants et que la planète vivante Zonama Sekot refait surface. Shimrra fait preuve d'une extrême férocité dans le choix des punitions : « brisez-lui les jambes et jetez-la dans le puits. Qu'elle y meure de faim et de soif, comme un animal. Son corps pourrira là en témoignage du sort réservé aux infâmes propagateurs de cette hérésie ! »

Shimrra sait qu'une hérésie repose sur des symboles. Il sait aussi qu'il doit montrer aux Vong qu'il n'a pas peur. Quoi de mieux que brandir un sabre laser ? Et il ne choisit pas n'importe lequel : « ceci est la lame d'énergie prise au Jeedai qui a tué tant de nos congénères au Puits du Cerveau-Monde. Celui qui s'appelait Ganner. Celui que beaucoup d'entre vous ont tendance à vénérer ». Bien entendu, cela n'aura pas les effets escomptés. Shimrra ne retrouvera jamais sa mainmise sur les Vong. Son pouvoir s'érode et les conditions de sa chute se mettent en place.

lundi 21 novembre 2022

La chute de Tsavong Lah

Les Yuuzhan Vong semblent inarrêtables. Ils prennent planète après planète dans la galaxie. Leurs forces finissent par prendre Coruscant : les forces militaires et les Jedi sont obligés de reculer. Les Yuuzhan Vong sont menés par Tsavong Lah, un Maître de Guerre particulièrement charismatique et obsédé par les Jedi. Il faut dire que c'est un Jedi qui lui a tranché une jambe. Il a même demandé à ses modeleurs de créer une arme anti-Jedi, les voxyns. Mais, après le temps de la conquête vient le temps de l'administration et de rendre des comptes au seigneur Suprême, Shimrra. Et là, les choses ne se passent pas très bien. Shimrra pointe du doigt les limites de la conquête audacieuse de Tsavong Lah qui a occasionné la mort de beaucoup de soldats. Les effectifs sont alors dans une situation tendue et la situation se complique. Shimrra lui demande de rendre compte : « Ne me prends pas pour un imbécile ! aboya Shimrra en tendant un doigt vers Tsavong Lah. Tu as remporté ces victoires en envoyant tes troupes escalader un rempart constitué de nos propres morts : Comment espères-tu remplacer tous ces disparus ? » Tsavong Lah n'a pas d'autre choix que baisser la tête et justifier comme il peut tant Shimrra l'écrase. Ce paradoxe de progression des Vong à grands coûts est également perçu par les responsables de la Nouvelle République. Ceux qui sont en train de perdre la guerre remarquent que « les pertes Yuuzhan Vong lors des assauts de Fondor et de Coruscant ont été très lourds. Même si, dans ces deux cas, il s'agit d'une victoire pour nos adversaires ».

La situation de Tsavong Lah est d'autant plus compliquée qu'il se fait humilier publiquement. Quand Shimrra demande des comptes, un bon nombre de grands responsables Vong sont présents. Le bouffon de Shimrra, Onimi, est également là et il profite de sa position pour se moquer verbalement du Maître de Guerre. Il se rit de lui en disant qu' « il a besoin d'une nouvelle paire d'oreilles, à moins qu'il ne faille remplacer l'organe qu'il a entre les oreilles ». La blague est brutale, il ne peut même pas répliquer. Plus tard, Tsavong Lah espère inverser le cours des choses en faisant un sacrifice aux dieux. Il leur offre des victimes mais les choses se passent mal : « de grandes formations de Yuuzhan Vong, en tenue de cérémonie, s'y étaient assembles pour assister à la mise à mort, lente et douloureuse d'une centaine de prisonniers (…) c'est alors qu'une odeur pestilentielle s'était abattue ». Le présage n'est pas bon.

Tsavong Lah devient paranoïaque. Il n'est plus seulement obsédé par les Jedi, il est aussi convaincu que des gens de son propre camp veulent le voir échouer. Sa cible principale est Nom Anor. Il n'a pas tort mais il en vient à douter de tous les actes de l'Exécuteur. Il est persuadé que si Nom Anor montre de la bonne volonté, c'est pour mieux le trahir ensuite (« des soupçons se mirent alors à poindre dans son esprit. Nom Anor ne pouvait pas être d'accord avec lui, comme ça, par pure sympathie envers son inconfortable situation. Il devait y avoir autre chose, un plan, un programme diabolique concocté par l'Exécuteur pour le discréditer aux yeux de leur maître »). Nom Anor est particulièrement brillant et observateur. Il sait que la position de Tsavong Lah est inconfortable et il sait que Tsavong Lah a une étrange attraction pour les Jedi (« il sentit que Tsavong Lah s'était raidi à l'évocation des jumeaux Solo »). En effet, Tsavong Lah est avide de revanche, il a hâte de pouvoir affronter les Jedi et les tuer (« les hurlements des voxyns s'élevèrent tout autour de Tsavong Lah. Il sentit le triomphe monter en lui, pareil à un vent glorieux. Il leva les mes bras et les mains griffues vers le plafond comme pour déchirer le ciel. Les Jeedai , les Jeedai étaient bien là ! »)

La lune où va se sceller le destin de Tsavong Lah est Ebaq 9. La Nouvelle République a laissé fuiter des indications sur lesquelles se sont jetés les espions de Nom Anor. Ce dernier les a rapportés à Tsavong Lah qui a alors dressé un plan. Mais, quand la bataille commence à mal se passer, Tsavong Lah s'interroge : « ce manipulateur de Nom Anor n'aurait-il pas, à son tour, été manipulé ? » Pour ne rien arranger, Vergere contacte Tsavong Lah et l'embrouille un peu plus. Elle lui dit sa vérité, elle s'est jouée de lui (« j'ai vécu à vos côtés pendant cinquante ans sans être détectée. Et puis je vois ai trahis. Je suis surprise que le Seigneur Suprême vous ait laissé la vie sauve dans la mesure où je vous ai tant ridiculisé »). Il n'est donc étonnant de voir Tsavong Lah perdre en lucidité. Rien ne s'arrange quand il apprend que Jacen Solo est là car il a des comptes à régler avec lui (« à la pensée du jeune homme, le pied de vua'sa du Maître de Guerre se serra et ses griffes labourèrent le sol. Jacen avait contrecarré ses plans à chacun de leurs rencontres »). Tsavong Lah se jette alors personnellement dans la bataille. L'odeur du sang et de la mort des jumeaux Solo trouble ses pensées et ses idées ; « il avait jadis planifié de sacrifier aux dieux les jumeaux Solo, une ambition contrecarrée par la trahison de Jacen et de Vergere (…) une fois que ces deux-là seraient morts, Tsavong Lah pourrait enfin rejoindre le territoire de chasse des dieux le sourire aux lèvres ». C'est Jaina qui tuera Tsavong Lah : « elle souleva par la pensée son sabre laser et ficha la lame violette dans la gorge de Tsavong Lah. Le Maître de Guerre s'effondra . Jaina ne lui accorda pas le moindre regard ». Sa fin est presque pathétique. Il meurt seul. Lui qui a fait trembler la galaxie tombe dans l'anonymat.

dimanche 18 septembre 2022

La chute de Shimrra

Les Yuuzhan Vong sèment le chaos, la mort et la peur dans la galaxie. Ils sont menés par des Maîtres de Guerre (Tsavong Lah par exemple), des prêtes (Harrar) qui obéissent tous au Seigneur Suprême Shimrra. Shimrra est impressionnant : tous les Vong le craignent et respectent sa puissance. Il n'est pas qu'un leader politique ou militaire, il est un être choisi par les Dieux.

Dans les derniers tomes du Nouvel Ordre Jedi, les choses se gâtent pour les Yuuzhan Vong. La Nouvelle République regagne de la vigueur, l'Empire commence à entrer pour de bon dans la guerre et des dissensions internes commencent à prendre de l'importance. En effet, le manipulateur Nom Anor joue avec les espoirs de Vong crédules (Honteux, Humiliés et autres basses castes). Pour tenter de réaffirmer son autorité et de donner un nouvel élan, Shimrra se tourne vers un objectif symbolique : détruire Zonama Sekot. Il faut savoir que la planète Zonama Sekot est issue d'une graine du monde natal des Yuuzhan Vong, Yuuzhan'tar. Or, cette dernière a banni les Vong et les a coupés de la Force. Il n'est donc pas étonnant de savoir que Shimrra craint Zonama Sekot. La rumeur est assez explicite : « dans le palais de Shimrra, on disait qu'elle était vivante, mais d'une étrange manière. Elle terrifiait le seigneur suprême, qui avait fait exécuter le commandant porteur de la nouvelle ». Dès lors, Shimrra ne voit pas qu'en la destruction de cette planète une vengeance, il voit là une manière de gagner la guerre : « Zonama Sekot sera bientôt un astre mort ». Il essaiera d'utiliser le virus Alpha Rouge, conçu par les Chiss.

La peur des Yuuzhan Vong envers leur leader est palpable, réelle. Ils se censurent eux-mêmes car Shimrra mène une réelle persécution envers tous ceux qui pourraient avoir des paroles qui remettent en cause le discours officiel. Ceux qui sont dans son cercle de confiance se taisent et n'osent pas exprimer leur opinion. C'est par exemple le cas de la modeleuse Nen Yim qui a découvert un certain nombre de choses. Elle pense que « Shimrra doit entretenir la fiction qui prétend que nos inventions sont les dons des dieux, et qu'il est l'intermédiaire nous offrant ces cadeaux. Si la vérité se faisait jour, le seigneur suprême serait démasqué comme un vulgaire imposteur ». Nen Yim ne remet pas seulement en cause Shimrra mais toute l'histoire récente des Yuuzhan Vong. Toute leur conquête serait basée sur rien. Il faut préciser qu'un certain nombre d'allégations circulent sur Shimrra et son avènement. Il aurait toujours été particulièrement retors, cruel et calculateur : « preuve précoce de sa malfaisance évidente, il avait tué son propre frère jumeau à l'âge de sept ans, afin d'éliminer toute compétition lors de sa future candidature à l'accession du pouvoir ». Le prêtre Harrar, lui, a changé de camp et est dorénavant au service de la République. Il explique à Mara qu'ils ont suivi Shimrra parce que l'invasion se passait bien et qu'il était manifestement le choisi des Dieux. Il admet que la mauvaise tournure des choses a jeté un doute sur les capacités du seigneur suprême : « ce n'est que plus tard que nos doutes ont refait surface. Le mouvement hérétique, la défaite sur Ebaq Neuf, les problèmes persistants sur Yuuzhan'tar ». Comment peut-il être l'envoyé des dieux en collectionnant les revers ?

Shimrra est prêt à tout pour gagner. Il blasphème et pour beaucoup de Vong, c'est un point de non-retour, la confirmation qu'ils ne peuvent plus le suivre. Shimrra ne se voit plus comme un envoyé des Dieux mais comme un être qui leur est supérieur (« ils sont en colère parce qu'ils ont été obligés de reconnaître que leur dernière heure était arrivée, qu'il était temps de transférer leur pouvoir à Shimrra et à l'ordre nouveau »). Pour Nom Anor et d'autres, c'est un signe : Shimrra a basculé vers la folie (« si cela n'avait pas paru évident jusqu'à ce jour, il était à présent clair que Shimrra avait perdu le contrôle... qu'il était assurément... dérangé »). Shimrra, aveuglé, prend alors des décisions douteuses. Il veut détruire les deux émanations de Yuuzhan'tar : Zonama Sekot donc et ce qui fut la planète Coruscant (conquise par les Vong et vongformée par la suite). Il veut tuer Zonama Sekot et il demande au Cerveau-Monde de répandre la mort sur l'ancienne Coruscant : « avec la même cruauté qui lui avait permis d'envoyer le Maître de Guerre Nas Choka en mission suicide pour empoisonner Zonama Sekot, Shimrra avait de lui-même décidé d'éradiquer la civilisation Yuuzhan Vong ». Avec le Cerveau-Monde, Shimrra utilise une autre technique. Il ne cherche pas à imposer ou marquer sa domination physique, il ne veut pas terrifier ou inspirer la crainte, non, « Shimrra était parvenu, en le cajolant, à lui faire croire que les incendies et les orages, la démolition et la destruction , étaient nécessaires ».

Dès lors, la mort de Shimrra apparaît inévitable. Car, bien qu'il ait sombré, il est toujours suivi par une grande partie des Yuuzhan Vong. Il reste leur chef, celui qui commande et celui qui dirige les plans de l'invasion. Luke Skywalker finit par admettre et comprendre qu'il faut le tuer. Et Luke s'en charge lors d'un duel éprouvant et terrifiant qui le mène à l'article de la mort. Luke doit user de tous ses talents et dons pour arriver à ses fins (« la tête de Shimrra roula au sol en produisant un choc sonore. Le corps décapité du chef des Yuuzhan Vong s'effondra » ). La mort de Shimrra révèle une grande surprise : le seigneur suprême a été influencé, guidé par Onimi. Ce n'était pas qu'un bouffon ou une vile créature, c'était un ancien modeleur qui s'est greffé des cellules d'un yammosk et qui pouvait donc être lié à la Force. Avant de se faire battre et abattre par Jacen Solo, Onimi révèle la vérité : « j'ai pu manipuler Shimrra comme un pantin (…) j'ai obligé Shimrra à annoncer qu'une galaxie, tout juste découverte, ne demandait qu'à être envahie ».


jeudi 8 septembre 2022

La mort de Chewbacca

Les Yuuzhan Vong sont là pour conquérir la galaxie. Ils sont prêts à tout pour y arriver, quitte à envoyer une lune s'écraser sur une planète. C'est à cette occasion que Chewbacca meurt. Le Wookie a pu sauver Anakin et Han Solo mais a dû y laisser la vie. Sa disparition laisse un grand vide pour ses proches, tous ces gens qui le fréquentent depuis des décennies et ont créé des liens forts avec lui.

Le plus durement touché est bien entendu Han qui a perdu là son meilleur ami. Les deux ont traversé ensemble tout un tas d'aventures, de bons et mauvais moments. C'est leur lien qui leur a permis de résister à la violence, aux événements. Han ne peut s'empêcher de repenser, de revivre les derniers moments de son frère d'armes : « il pensait à Chewie, à cette image tragique du Wookie en train de lever les poings vers ce gigantesque et invisible ennemi. Une dernière pose de défi. Une vision qui déchira le cœur de Han et fit couler des larmes le long de ses joues ». La mort de Chewbacca a des conséquences. C'est un dur retour à la réalité, c'est aussi le rappel que la mort peut frapper n'importe qui, n'importe quand, surtout que la famille élargie Solo-Skywalker a l'habitude de vivre des situations bien périlleuses et de s'en sortir presque toujours par miracle (« j'avais construit cette bulle autour de nous. Toi, moi, Chewie, les gosses, Luke, Mara et même Lando... Merde, même autour de ces foutus droïdes. On y était tous confortablement installés, tu sais ? Tranquilles, pépères, une petite famille unie »). Han ne le sait pas encore, mais avec la mort de Chewbacca, c'est le début de l’éclatement de sa famille.

D'autres aussi sont concernés par la mort de Chewbacca. Sans le Wookie, Luke ne serait pas allé bien loin.Il serait sans doute resté coincer sur sa planète de sable. Bien que déjà touché par la mort de proche, Luke est très abattu. Pour lui aussi, c'est le signe que la mort guette à chaque coin, un douloureux rappel. On lit que « ce fut un moment de larmes et de souvenirs, un moment que Luke et Mara passèrent à se rappeler les instants partagés avec Chewbacca » et « c'étaient des instants ou chacun perdait toute notion de contrôle et reconnaissait son insignifiance, sa vulnérabilité, et le fait qu'il était mortel ». Là encore, on voit que le conflit naissant contre les Vong fait exploser une situation routinière. Pour Jacen Solo, c'est également une grande perte : « Chewie avait été comme un oncle avec lequel on pouvait s'amuser. Il avait été, au cours de toutes ces années, plus proche d'eux et de leur père que leur oncle Luke ».

Mais, la mort de Chewbacca ne se traduit pas que par des hommages. C'est aussi la transformation de Han en un homme aigri, qui sombre dans une période compliquée. Il se met à boire, coupe les liens avec sa femme et ses enfants, et reproche à Anakin, son propre fils, la mort de Chewbacca. Il emploie des mots durs, émet des accusations fortes : « Tu l'as laissé tomber. Tu as tourné les talons et tu t'es enfui. Chewie, lui, n'a pas bronché. Et il est mort ». Anakin ne serait pas seulement responsable de la mort de Chewbacca, il serait aussi un lâche, une personne peu fiable. Ces mots vont longtemps résonner dans la tête du jeune homme qui s'en voudra pendant un long moment et ne pourra jamais faire la paix avec lui-même (« il n'y avait guère de place pour la logique dans le cœur du jeune garçon. Il ne pouvait rien faire contre le regard réprobateur de son père »).

mardi 23 août 2022

Qui est Qwi Xux ?

Qui a créé l’Étoile de la Mort ? Qui a créé ces super-armes dont l'Empereur est si friand ? L'univers légendes apporte une réponse et nous fournit des noms. Un d'eux est celui de Qwi Xux, une femme que Han Solo rencontre alors qu'il est fait prisonnier par des restes de l'Empire dans le Complexe de la Gueule (l'Académie Jedi). Quand on rencontre Qwi Xux, on comprend que c'est une scientifique passionnée par ce qu'elle fait, ravie des moyens mis à sa disposition et qu'elle n'a pas réellement le recul nécessaire sur ce qu'elle fait. Ce sont d'autres (Tarkin et sans doute l'Empereur qui ont une vue d'ensemble des choses). Qwi Xux est presque une idéaliste, une femme prête à tout pour que la science progresse et se diffuse (« le savoir appartient à tous. Nous avons besoin de connaissances pour évoluer et laisser un patrimoine à nos successeurs »). Elle a conscience de la chance qu'elle a, des opportunités qui s'offrent à elle : « ici, j'ai une chance d'apprendre les plus grands mystères du cosmos ». Sa rencontre avec Han Solo va commencer à la faire douter. Le contrebandier va la confronter à la réalité en lui disant que ses belles réalisations sont utilisées pour asservir les peuples et détruire des planètes. Mais, au lieu de se remettre en question, elle s'enferme dans le déni et la négation ; elle lui répond que « je m'occupe uniquement des concepts. Si quelqu'un d'extérieur utilise mal mes inventions, je ne suis pas responsable. »

En réalité, si Qwi Xux pense comme ça, c'est en partie parce que son cerveau a été conditionné pour. L'Empire a utilisé ses capacités intellectuelles pour arriver à ses fins : il fallait donc s'assurer qu'elle soit docile et obéissante, qu'elle ne fasse pas de vagues. Dans le troisième tome de l'Académie Jedi, Qwi Xux est parvenue à dépasser son éducation, elle a compris que l'Empire était maléfique et qu'elle y a participé. Elle peut donc regarder honnêtement son passé et comprendre ce qui n'a pas été (« Qwi se souvint de sa jeunesse. Pour le seul bénéfice du Grand Moff Tarkin, elle avait stocké d'incroyables quantités de connaissances scientifiques dans son cerveau d'adolescente. De tous les étudiants, elle seule avait survécu à ces conditions épouvantables »). C'est là une preuve que l'Empire a bien manipulé Qwi Xux : elle était tellement contente de participer à quelque chose qui la dépassait qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle était traitée comme du bétail. Le chemin de Qwi la mène jusqu'à Kyp Durron. L'apprenti Jedi, désirant se venger du mal que l'Empire lui a fait, lui arrache des souvenirs de sa mémoire et, ce faisant, elle oublie tout son travail de scientifique. C'est un terrible coup pour elle : lorsqu'elle relit ses journaux intimes, elle se rend compte qu'elle n'avait pas grand-chose à elle ; elle était juste un outil, un réservoir dans lequel on piochait (« C'était donc cela, ma vie ? Quel atroce vide (…) Plus de dix ans de ma vie, et je ne m'étais liée à personne (…) Et j'ignorais tout ce qu'on faisait de mes inventions. Comment ai-je pu être aussi naïve ? »)

C'est donc Han Solo qui ouvre les yeux de Qwi et lui dit le premier qu'elle a œuvré pour semer le trouble et la guerre dans la galaxie. Han, lui, est étonné de voir la jeune femme lui parler si fièrement de ce qu'elle fait ou ne pas chercher à savoir l'usage qui sera fait des outils. Il « ne parvenait pas à l'imaginer en conceptrice de l’Étoile Noire. Pourtant, elle travaillait de son plein gré sur le Complexe de la Gueule, et elle avait admis son rôle dans la création de cette arme terrible. » Emprisonné, Han ne peut pas faire grand-chose jusqu'à ce que Qwi, touchée par les paroles entendues et qui a fait ses proches recherches, le libère ainsi que Kyp Durron et Chewbacca. Et avant de partir, elle décide de voler le Broyeur de Soleil, une autre super-arme (« c'est l'arme la plus formidable jamais fabriquée et j'ai passé huit ans de ma vie à la concevoir. Vous ne pensez pas que j'allais l'abandonner à l'amirale Daala » ). Si Qwi Xux est toujours fière de ses recherches, elle a quand même changé : elle sait qu'entre de mauvaises mains, son travail peut faire de mauvaises choses. Elle est prête à prendre des risques pour que cela n'arrive pas.

Malheureusement, Qwi ne peut se douter que celui qui lui fera du mal est un homme qu'elle a libéré : Kyp Durron. Ambitieux dans sa formation de Jedi, il est prêt à tout pour se venger, même à employer des méthodes extrêmes. Il a connaissance du Broyeur du Soleil et il a besoin de savoir comment l'utiliser. Il va donc violer le cerveau de Qwi Xux et lui prendre les informations nécessaires (« elle sentit les pointes acérées de griffes imaginaires lacérer son cerveau, creusant, arrachant les souvenirs et les connaissances scientifiques accumulées au cours des années »). Bizarrement, les Jedi parviennent à pardonner à Kyp ce crime (ainsi que le fait qu'il se soit servi de l'arme pour tuer des millions de gens innocents). Qwi tourne également la page même si elle n'est jamais réellement à l'aise. Dans le roman le Sabre noir, lorsqu'elle revoit Kyp, elle montre sa méfiance : « Kyp Durron s'était distancé du Côté Sombre pour servir les Jedi, et Qui avait su lui pardonner – mais le Chevalier Jedi éveillait toujours le doute. » Dans le Nouvel Ordre Jedi, lors de la guerre contre les Vongs, certains Jedi sont aux abois et sont prêts à tout pour lutter contre ces créatures. Certains se rappellent que Qwi est une scientifique de premier plan et qu'elle pourrait, pourquoi pas construire des armes. Mais, ils se rendent vite compte que Qwi a tourné la page de tout ça. A une Mara dubitative de sa philosophie, elle rétorque que « vous êtes tous des héros. Vous avez tué au combat, pour vous défendre. J'ai créé des armes qui ont pulvérisé des planètes entières. » on comprend qu'elle n'a jamais réussi à dépasser sa période au service de l'Empire (« j'espérais que Kyp Durron viendrait me voir – j'ignore s'il est hanté par le passé comme moi »).

Qwi aura pendant quelques temps une relation avec Wedge Antilles. Dans les romans de l'Académie Jedi, le pilote est chargé de la protéger alors qu'elle est menacée par Daala. Les deux se rapprochent timidement (« elle s'était un peu confiée à Wedge depuis qu'il assurait sa protection, mais elle restait très solitaire »). Les machinations de Daala et les liens qui se créent poussent à leur complicité. C'est Wedge qui entreprendra le premier geste : « avec une certaine nervosité, Wedge lui passa un bras autour de la taille. Alors Qwi Xux, inventrice du Broyeur de Soleil, cocréatrice de l’Étoile de la Mort, se sentit honorée d'être sous la protection du général Wedge Antilles ».