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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

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mardi 28 juillet 2026

Ghirra Starros désire-t-elle Marchion Ro ?

L’amour trouve sa place partout, même au plus haut de la hiérarchie des Nihil. Certes, parler d’amour entre Marchion Ro et Ghirra Starros semble être bien audacieux. Leur relation semble plus être physique qu’autre chose :  ils couchent ensemble. Si Ghirra a besoin du pouvoir et de l’influence de Marchion Ro pour asseoir sa légitimité, ce n’est pas le cas de Marchion Ro. Ce dernier ne pense qu’à lui et se fiche totalement de l’avis des autres.


Ghirra n’a pas conscience que Marchion Ro se moque totalement de ses états d’âme. C’est presque comme si elle pensait pouvoir peser dans les décisions du chef des Nihil. Elle se voit être à la fois son amante et sa principale conseillère. Leur rapprochement intime lui donne une fausse vision de la situation. Elle pense que « le lit de Marchion Ro était aussi » le sien  et qu’ « ils étaient liés l’un à l’autre pour le meilleur et pour le pire ». 

On ne peut pas dire que Ghirra donne son corps pour rester dans les bonnes grâces de Marchion Ro.  Toutefois, elle fait attention à son apparence et prend garde à rester attirante (« Ghirra porta son choix sur une petite tenue en cuir moulante, la sortit de la penderie pour l’inspecter et la tint devant elle pour se regarder dans le miroir »).

Marchion Ro est sensible à ses efforts. Il lui fait la remarque « ta robe est magnifique. Quelle ravissante teinte azur ». Mais, ses compliments sont à nuancer puisqu’il arbore à ses côtés quelques unes des pires créatures : les terribles Sans-noms. Marchion Ro montre bien que leur relation est totalement inégale. Il se délecte même de la peur de Ghirra.


Ghirra n’a qu’un objectif : atténuer la radicalité de Marchion Ro. Elle est sincère quand elle dit qu’elle veut construire quelque chose sur ce que les Nihil ont conquis. Elle ne veut pas que ce groupe reste une bande de pillards qui vit dans l’instant présent. Elle a un réel projet politique que seul le soutien de Marchion peut l’aider à mener à bien. Ghirra sait que Marchion Ro est puissant, tyrannique et c’est « ce qui faisait partie de l’attraction qu’il exerçait sur elle ». Quand Marchion Ro trône, tous les gens présents retiennent leur souffle. Les relations du leader sont motivées par l’intérêt et il n’hésite pas à affirmer son autorité si nécessaire (« ils n’étaient pas égaux, Marchion ne le permettrait jamais et l’idée ne lui traversait même pas l’esprit »).


Physiquement, Ghirra aime passer du temps avec lui. Elle chérit ses moments partagés et y trouve son plaisir. Quand elle l’embrasse, c’est par choix : « elle lui trouva comme toujours un vague goût de minéraux et de mer. Ghirra s’abandonna au baiser. Malgré tout le reste, cela au moins, elle l’avait toujours apprécié ».


Malheureusement, Marchion Ro finit par être vaincu. Lui qui aurait aimé mourir en emportant la galaxie avec lui est jugé. Ghirra assiste au procès en ayant négocié son propre sort. Elle remarque que « Marchion Ro restait le magnifique prédateur qu’il avait toujours été ». Aux yeux de Ghirra, il n’a donc pas perdu de sa superbe malgré sa défaite. Bien entendu, elle ne peut plus rien espérer de lui ou des Nihil… A son procès, Marchion Ro tente de fanfaronner. Il se comporte comme si sa captivité n’était qu’un détail. Il est hargneux, mordant. Quant à Ghirra, il l’ignore : « le regard de Marchion glissa sur Ghirra sans s’arrêter (…) Ni haine, ni jalousie, ni regret, ni amour, ni concupiscence ». Marchion Ro est passé à autre chose.

samedi 27 juin 2026

La chute de l'Etoile : le cas Nan

Nan a quitté les Nihil pour rejoindre Chancey Yarrow, même si elle reste fidèle à Marchion Ro, leur charismatique chef. Mais, les deux femmes, Chancey et Nan se font avoir par des Jedi et sont emmenées sur le Flambeau Stellaire, où elles seront interrogées. Nan est alors aux premières loges pour assister à une des plus grandes réussites de la République et des Jedi.


Nan a une réputation auprès des Jedi. Elle est reconnue comme étant une jeune femme de valeur, capable et intelligente. Dans un rapport, Reath Silas dit d’elle qu’il ne faut pas se limiter à son apparence assez enfantine car elle « est aussi capable que n’importe quel Padawan et certainement davantage que moi vu qu’elle m’a bien berné ». Et il conseille aux autres Jedi de faire attention à elle (« ne la sous-estimez pas »).


Ce qu’ils ne savent pas est que Nan a temporairement quitté les Nihil. La rupture n’est ni franche ni définitive. Elle ne peut pas l’être car, comme tant d’autres, elle est fascinée par Marchion Ro. Quand elle se plonge dans ses pensées, elle se rend compte qu’elle veut agir pour le contenter (« mais même quand elle fabulait complètement, elle avait toujours envisagé de retourner un jour auprès des Nihil… plus utile à l’Oeil que jamais, avec un peu de chance »). Chancey Yarrow, avec qui elle est retenue prisonnière, s’est forgée son avis. Elle pense que Nan a « toujours une envie farouche de croire en Marchion Ro »


Malheureusement pour Nan, elle est retenue prisonnière sur le Flambeau Stellaire. Et Marchion Ro a décidé de détruire la Station de façon spectaculaire. Tous ceux qui sont à bord doivent mourir. Même les Nihil qui ont placé les explosifs ou détruit bon nombre de réseaux. Nan comprend qu « il s’agissait bien d’une mission suicide. La station allait disparaitre, et Nan avec elle… comme tous ceux qui se trouvaient à bord du Flambeau Stellaire ».


La destruction future du Flambeau place Nan dans une situation inconfortable. Elle est f!re de la prouesse et du projet de Marchion Ro : en faisant ça, il envoie un message clair sur sa détermination et sa force. Il montre aussi à la République qu’elle ne peut même pas assurer la sécurité de ses réalisations (on l’avait déjà vu avec la Foire de la République sur Valo). Mais, Nan est à bord du Flambeau et elle ne veut pas mourir, elle ne veut pas se sacrifier, elle veut vivre. Ainsi, elle s’interroge : « il s’agissait d’un grand triomphe pour les Nihil, le plus grand peut-être, et de la preuve incontestable du génie et du pouvoir de Marchion Ro. Pourtant, la philosophie des Nihil, encourageait à poursuivre ses objectifs sans pitié, et quel objectif pouvait être plus essentiel que de survivre ? »

Elle assiste alors aux tentatives de sauvetages du vaisseau de la part des Jedi. Là encore, elle a des sentiments ambivalents puisqu’elle méprise les Jedi et ne voudrait pas leur devoir de vivre. Mais, son potentiel sort l’inquiète (« puis la réalité la frappa : l’idée de mourir brûlée, la douleur atroce… »). Ces deux exemples montrent bien que Nan veut rester en vie plus que tout, quitte à trahir les Nihil. Même si on peut penser qu’elle respecte leur philosophie d’un certain point de vue…


Dès lors, Nan se lance dans une longue fuite. Elle fait tout pour s’en sortir ; et quand elle y parvient, elle n’a qu’un objectif en tête : retrouver Marchion Ro (« Nan redressa en direction de l’espace, de la liberté et des Nihil »).

jeudi 21 mai 2026

La fin de la guerre contre les Nihil de Marchion Ro

La République et les Jedi face aux Nihil de Marchion Ro ! Dans ce dernier roman de l’excellente saga de la Haute République, le moment est venu de régler les comptes. L’action se déroule sur Coruscant, sur Eriadu, sur la Planète X… C’est une lutte pour la vie, pour la survie. Et même si Marchion Ro semble se désintéresser du sort des Nihil, cela ne veut pas dire que la tâche est plus aisée pour les Jedi et leurs alliés : après tout, il faut affronter les redoutables Sans-noms et le Fléau.


Les Jedi ont fait une découverte sur la planète Kashyyyk. Il semblerait que les Sans-noms puissent les aider à lutter contre le Fléau, à le repousser. Le Fléau est sans aucun doute le pire ennemi qu’ils aient affronté jusqu’à maintenant tant cette infection ronge les planètes et semble impossible à canaliser. Or, en ramenant les Sans-noms sur leur planète d’origine, la planète X, il semblerait que cela permettrait de trouver des réponses. Le Jedi Torban Buck résume clairement la chose en disant que « les Sans-noms incarnent notre pire cauchemar. Ils nous ont tout pris… Et voilà que nous risquons nos vie pour sauver les leurs ! » Il s’avère que tuer un Sans-nom participe à l’extension du Fléau. Les Jedi doivent donc tout faire pour les sauver alors qu’ils ont vu ces créatures tuer bon nombre d’entre eux, les réduire à un fort état d’incapacité. Un groupe de neuf personnes (7 Jedi, un Jedi ayant basculé vers le côté obscur et une ancienne Jedi reconvertie en chasseuse de primes) est constitué pour transporter les Sans-noms. L’ex Jedi et critique de l’Ordre, Ty Yorrick, explique que « le briefing de mission que les Neuf avaient reçu juste avant de partir de Coruscant avaient fait toute la lumière sur les conséquences terribles qu’entraînerait la mort d’autres Sans-Noms ».


Arrivés sur X, le groupe des Neuf arrive sur une planète où la vie est particulièrement forte et exaltée. Leur vaisseau hors service, ils n’ont pas d’autre choix que d’avancer et ils tombent sur Marchion Ro qui les attend ! Le leader des Nihil n’est pas seul, il est accompagné de Sans-noms. Dès lors, Marchion Ro ne se contente pas de contrôler les Sans-noms qu’il maîtrise. Grâce à son sceptre, il envoie à une lutte à la mort bon nombre de Sans-noms indigènes à X. Les Jedi ont beau tenté de les protéger et des empêcher de s’entre-tuer, c’est en vain. Les conséquences sont terribles dans toute la galaxie : « et désormais, étant donné que Marchion Ro avait provoqué la mort d’une quantité de Sans-noms sur leur monde d’origine, un nexus de la Force (…) le Fléau gagnait en Force ».


Si le Fléau est une horreur, les Jedi et leurs alliés ont toujours pensé la même chose des Sans-noms. Or, sur X, Avar Kriss et Elzar Mann font une découverte qui change tout. Les Sans-noms sont intelligents. Ce sont des êtres vivants indépendants qui sont capables de s’exprimer et vivent en société. Un Sans-nom communique même avec eux, cherchant à savoir quelles sont leurs intentions. Avar lui répond que « nous cherchons à porter la lumière dans la galaxie, et blesser ou tuer délibérément n’importe quel être doué de conscience nous parait abject ». On peut noter qu’Avar Kriss porte là le message majoritaire de l’Ordre Jedi, même s’il n’est pas le seul à exister ; tous les Jedi ne se sentent pas si liés à cette façon de penser ou voir les choses.


Sur Eriadu, le peuple vivant sous l’occupation des Nihil se soulève. La bataille a lieu sur terre, dans le ciel et dans l’espace. C’est un combat à la vie, à la mort. Une leader d’Eriadu, Tarkin, est claire : « nous sommes en guerre. Les Nihil fauchent les innocents comme autant de brins d’herbe. Ils ont ainsi renoncé à la considération qu’on pouvait leur porter. Nous sommes tous la République. Et les Nihil ont prouvé qu’ils n’en faisaient pas partie ». Ce discours n’est pas censé uniquement galvanisé ses troupes, il sert aussi de signal de rappel aux Jedi : il faut tuer si on veut gagner, et pas chercher une éventuelle rédemption ou bonté chez les ennemis (« faites bien savoir aux Jedi que le temps n’est plus à la prudence (…) aux tentatives visant à réhabiliter l’ennemi »).


Ce que Tarkin ne sait pas et ce qu’elle ne peut pas savoir est qu’un Jedi légendaire est présent sur Eriadu : Porter Engle. Il faudrait plutôt dire qu’il est un ancien Jedi car il n’est animé que par une seule chose : la vengeance. Porter Engle veut tuer Abediah Viess, la Générale des Nihil qui a tué sa soeur (Barash Silvain).

Porter Engle est particulièrement charismatique. Son nom est connu de tous les Jedi comme con histoire. Le Jedi Emerick Caphtor, aussi présent sur Eriadu  assiste à l’arrivée de Porter Engle. Il témoigne : Porter Engle « s’était retiré de l’Ordre, mais a repris du service au début du conflit contre les Nihil (…) Il s’est concentré sur le maniement du sabre laser tout au long de sa carrière. Il réalise des prouesses que nous autres saisissons à peine ». Les événements lui donnent raison. Porter Engle joue avec la plus haute gradée Nihil présente lors de la bataille d’Eriadu. Porter Engle cherche un adversaire à sa hauteur et il semble déçu de ne pas le trouver (« la joie du sabre laser résidant dans la possibilité que votre partenaire de danse vous surprenne, ou bien vous batte »). Cette attitude ne semble pas être compatible avec les préceptes des Jedi. Porter Engle l’est encore bien moins quand il achève froidement Viess (« l’interrupteur de son sabre laser s’activa un très bref instant. Un trait d’énergie bleu vif en jaillit et transperça la tête de la Générale Abediah Viess »). Les Nihil sont vaincus et c’est la continuité de la fin pour eux. 

Car, en effet, quelques temps avant, l’égoïste et narcissique Marchion Ro avait mis fin, sans prévenir personne, au Rempart d’Orage. La zone créée et contrôlée par les Nihil n’existait plus.


Pour Ghirra Starros, c’est un réel traumatisme. Elle qui se sentait en position de force (« j’ai créé une société fonctionnelle à partir d’un groupe de fous furieux, qui avaient autant de chances de s’entretuer que d’éliminer leurs ennemis. Les Nihil paient des impôts à présent ») a tout perdu. La principale ambassadrice et politicienne des Nihil, l’amante de Marchion propose alors à la République la reddition des Nihil.


X apporte un bon nombre de réponses aux Jedi. Ils comprennent que les Sans-noms ne peuvent vivre que sur cette planète et les éloigner créer en eux une forte détresse et peur. Elzar Mann dit que « quand Marchion Ro les a arrachés à ce lieu, ils ont perdu la raison et développé des tendances monstrueuses. Affamés et réduits en esclavage, l’esprit rongé par la faim ». Autrement dit, on comprend que les Sans-noms n’avaient rien de particulier contre les Jedi mais que toute leur cruauté a été impulsée par les circonstances et Marchion Ro. 

X a besoin dans Sans-noms et les Sans-noms ont besoin de X. Elzar Mann explique que « ce monde est un nexus de la Force, un lieu qu’investissent en grande quantité la côté lumineux et le côté obscur. Les Sans-noms canalisent ces énergies et les maintiennent en équilibre ». 

Mais, les efforts de Marchion Ro ont perturbé l’ordre des choses. Dès lors, Avar Kriss et Elzar Mann doivent rester sur la planète le temps que les Sans-noms soient assez nombreux (le temps de contenir le Fléau), ce qui peut prendre des dizaines d’années… Les deux Jedi effectuent donc un immense sacrifice. Ils restent sur la planète alors que les autres Jedi rentrent sur Coruscant avec un Marchion Ro vaincu.


Marchion Ro a bel et bien été défait. Lui qui semblait imbattable a connu la peur et l’échec. Cela ne semblait pas évident tant il fanfaronnait quelques jours avant.


En effet, alors que le Fléau prospérait dans la galaxie et que la République était impuissante à stopper son évolution, il avait offert son aide. Il avait ajouté à cela une belle mise en scène lors de son apparition en holo à la chancelière Lina Soh (« un individu dépourvu de peur, d’armure, de protection contre le Fléau face auquel le reste de la galaxie se recroquevillait de terreur. Bref, il ressemblait… à un conquérant, pensa Lina »). Marchion Ro se voyait en sauveur, il pensait que la République allait se jeter à ses pieds et le remercier. On se rend compte que Marchion Ro est ambitieux : il veut être la personne la plus importante de la galaxie. Tuer des milliards de gens ne le suffit plus, il veut marquer l’histoire, devenir immortel via sa sauvagerie.

Lina Soh repousse son offre. Cela n’étonne pas plus que ça Ghirra Starros (« ils ne te font pas confiance, Marchion, ce que je peux comprendre. Ton offre a dû leur paraitre étrange. Quand ton ennemi souffre, tu ne lui tends pas la main pour l’aider »).


Marchion Ro veut être reconnu, admiré. Il ne cherche pas à partager le pouvoir ou l’influence, il veut être le seul qui compte. C’est un trait qui lui est apparu jeune (« il avait commencé par sa famille, même si la méthode paraissait drastique : il était devenu le plus important des Ro en étant tout simplement le dernier »). Son égo le pousse à ne pas prendre en compte ce qui lui disent ses proches. Ghirra Starros, Abediah Viess ou Nan peuvent dire ce qu’elles veulent, il s’en fiche. Il se moquait aussi totalement de ce que pouvait dire les Maîtres-Tempêtes. Plus les Nihil représentent une menace pour la République, plus Marchion Ro goûte au pouvoir et plus cela nourrit son estime de lui-même (« l’univers venait à sa rencontre et dans des sphères de plus en plus hautes, la volonté de Marchion Ro était devenue la seule qui importait »).


D’ailleurs, quand il fait face aux Jedi sur X, il leur dit exactement cela. Il se vante que « personne d’autre n’a d’importance (…) Excepté moi (….) Maintenant et à jamais ». Mais, Marchion Ro est vaincu par les Jedi. Pire, ils ne lui accordent pas une fin rapide en le tuant. Immobilité, il est transporté comme un vulgaire sac de patates par le Jedi Wookie Burryaga Agaburry. Là, il est ramené sur Coruscant où il est jugé et condamné à la prison à vie. Sa cellule n’est pas une prison où il pourrait recevoir des visites ou se tenir au courant de l’actualité ; on lui creuse un trou dans un astéroïde loin de tout, loin de toutes les routes spatiales et il est condamné à finir là, avec quelques droïdes et des réserves alimentaires. Marchion Ri finit donc seul mais sans aucune gloire, sans aucun impact sur la galaxie.

La mort finit par le prendre (« jusqu’au jour où il poussa le dernier soupir dans la douleur et la solitude, les poumons noyés de sang, le corps réduit à une coquille desséchée. Durant tout ce temps, personne ne visita jamais Marchion Ro. Pas même les sceptres »). Ainsi finit le leader des Nihil. Dans l’indifférence totale.


Yoda jette un regard triste sur ce conflit qui a vu mourir tant de Jedi, tant de citoyens innocents où des planètes ont connu le pire. Le vieux Jedi refuse de voir que les Jedi ont aussi leur part de responsabilité (« toute cette douleur avait émané des choix d’une seule personne égarée, d’un être rongé par l’avidité et la possessivité. Une femme du nom d’Elecia Zeveron qui s’était fait appeler Mère alors qu’elle n’avait engendré que tragédie »).. Après tout, elle a été séparée jeune de sa soeur, partie rejoindre les Jedi, et elle l’a très mal vécu.

vendredi 13 mars 2026

Le roman En Pleine lumière

Marchion Ro a lâché un nouveau monstre sur la galaxie : le fléau ronge les planètes et montre aux Jedi et à la République toute leur impuissance. Là où le fléau passe, rien ne survit. L’infection a même gagné le Temple Jedi sur Coruscant et il faut toute la méditation des Jedi pour simplement le contenir.

Pendant ce temps, les Nihil continuent de répandre le chaos dans la partie de la galaxie qu’ils contrôlent. Amener une forme d’ordre est loin d’être la priorité de Marchion Ro. Tout cela crée des dissensions marquées au sein des Nihil. 


Certains membres importants des Nihils doutent.

C’est le cas de la Docteure Mkampa. Elle ne se contente pas de douter ou de remettre en cause les Nihil. Elle voit au-delà, elle voit après. Elle finit par se rendre compte que le comportement de Marchion Ro et l’inefficacité de la République peut laisser la place à quelqu’un d’autre. C’est une ambition folle et démesurée qu’elle exprime à ses droïdes, les seules créatures qui l’accompagnent. Elle pronostique donc que « la République Galactique et le Cyclone Nihil s’effondreront tous les deux, et après cela… seule une forme très différente de pouvoir pourra espérer leur succéder ». Elle n’hésite pas à utiliser des ressources des Nihil pour mener ses propres expériences, atteindre ses propres buts.

Ghirra Starros, elle, est proche de Marchion Ro. Elle est une des rares à qui il consacre du temps personnel. A vrai dire, les deux sont intimes (« sa position laissa peu de place à Ghirra, qui se roulait généralement en boule au bord du matelas et se demandait comment elle pouvait le convaincre d’installer une couchette un peu plus spacieuse »). Pour autant, Ghirra est horrifiée par la direction prise par Marchion Ro. L’homme n’est pas seulement de plus en plus absent, il semble aussi se désintéresser de ce qu’il a construit. Si Ghirra a adhéré aux Nihil, c’est parce qu’elle pensait que l’organisation pouvait insuffler un nouveau vent de fraîcheur à une République vieillissante (« elle avait un temps pensé que la République devait être réformée si drastiquement que même la brutalité des Nihil devenait acceptable, car seule une telle destruction pouvait apporter un véritable changement »).

Les critiques se répandent. Même de simples Nihil osent parler à voix haute de ce qui ne va pas (« ce fléau frappe à l’aveugle, sans distinction, les Nihil comme la République, et il se répand trop loin, trop rapidement. Si tu veux mon avis, Marchion Ro a perdu le sens des priorités »). Entendre ce genre de remarques est bien symptomatique d’un relâchement : quelques temps auparavant, ce Nihil n’aurait même pas osé avoir cette idée car elle l’aurait condamné à une mort plus que certaine.


Le Jedi Reath Silas tente de rassurer Avon Starros, la fille de Ghirra. Avon est une scientifique qui a rejoint la République après avoir quitté les Nihil et aide à lutter contre le fléau. Même si elle a eu des violentes discussions avec sa mère, elle reste inquiète quant à son sort. Reath ne lui fait pas de fausses promesses ou ne lui donne pas de faux espoirs. Selon lui, Ghirra Starros restera en vie tant qu’elle apportera quelque chose à Marchion Ro. Il développe en disant que le leader des Nihil « se fiche de que font ses subordonnés du moment qu’ils lui sont utiles. Dès que ce n’est plus le cas, c’est terminé. Autrement dit, si Ro finit par tuer ta mère, ce sera pour ses propres raisons ». Ce ne sont pas des paroles très réconfortantes mais elles correspondent bien à la philosophie des Jedi et leur façon de faire.

Nan a bien compris cela. L’espionne Nihil se joint à la mission des Jedi pour lutter contre le fléau sur Kashyyyk. Après un stratagème qui la fait être prisonnière, elle accompagne Reath, Cohmac Vitus, Azlin Rell et d’autres Jedi ainsi que l’équipage du Vaisseau (Leox Gyasi, Affie Hollow et Géode). Nan est encore tiraillée par son allégeance aux Nihil. Si on sent qu’elle a un autre objectif que celui-ci d’espionner, il n’apparait clairement qu’à la fin, où on finit par comprendre qu’elle veut gagner sa liberté, son indépendance. Car, comme tant d’autres, Nan a été envoûtée par le charisme de Marchion Ro (« elle songea aux derniers instants de sa discussion avec Marchion Ro, à la main qu’il avait posé sur son épaule, un signe rare de confiance, voire d’estime. La preuve que l’Oeil, qui croyait en si peu de gens, croyait en elle »).


Sur Kashyyyk, la situation est vite hors de contrôle. Ce n’est pas seulement le fléau qu’il faut contenir mais aussi les terribles Drengir. C’est une situation inédite et inattendue puisque les Drengir semblent craindre le fléau (« chaque fois que les Drengir sentaient le fléau, ils étaient à la fois désorientés et perturbés par cette absence totale de Force. Ils avaient dû plusieurs fois modifié leur itinéraire pour l’éviter »). Pour les Jedi, tout cela est traumatisant car ils ne cessent de faire face à des ennemis qu’ils ne peuvent comprendre et les poussent dans leurs retranchements : des Nihil aux Sans-noms en passant par le fléau. Reath Silas témoigne : « ce que nous avons affronté durant ce conflit : le fléau, les Sans-noms… on dirait qu’ils sont plus puissant que la Force. Mais, ils ne le sont pas. C’est impossible. La galaxie ne fonctionne pas ainsi ». On ressent bien tout son désarroi, toute son incompréhension.

Sur Kashyyyk, l’attitude prédatrice des Drengir est magnifiée par un artefact végétal Sith : la Grainépine. Tout cela forme un ennemi redoutable et presque impossible à battre. Sauf grâce au sacrifice de Géode : Affie « regarda dans le Puits, les yeux pleins de larmes, et vit les restes de la Grainépine, ses fragments éparpillés sur le sol comme autant d’éclats de verre violet. De Géode, il ne restait que les graviers ». La mort de Géode est un traumatisme pour tous. Mort, Géode reste présent, marquant pour ceux qui l’ont connu plus ou moins bien. Nan affirme que « je suis désolé pour Géode. C’était peut-être le seul que j’appréciais ». Une Affie dévastée parvient à dire que Géode « voudrait que les Wookies et tous les Jedi présents sur Kashyyyk organisaient la plus grande bringue que cette planète ait jamais connue ».

samedi 7 février 2026

Les démons de Marchion Ro

Marchion Ro a réussi à mettre la République et les Jedi à genoux. L’Oeil (chef) des Nihil est triomphant. En détruisant le Flambeau Stellaire, il est sorti définitivement de l’ombre et il a réussi à séparer une partie de la galaxie du reste. Les Nihil contrôlent un bon nombre de planètes et leurs habitants sont livrés à des actes gratuits, violents et méchants. Marchion Ro aurait donc tout pour être content ; ce n’est pas le cas.


Car, il est hanté, dérangé par des fantômes du passé, des gens de sa propre famille. Starros, une Sénatrice Républicaine travaillant pour les Nihil, se rend compte que Marchion Ro est troublé (« maintenant plus que jamais, elle était persuadée que quelque chose perturbait profondément l’Oeil des Nihil »). Mais, elle ne peut rien lui dire tant elle craint l’Oeil. Il faut dire que l’homme est fort, puissant et charismatique, sans oublier le mythe qui se rattache à son espèce. On dit en effet que les Evereni sont particulièrement violents.


Une des personnes qui hante Marchion est son père, l’ancien Oeil. Si Marchion est devenu le leader, ce n’est pas par héritage mais par le sang et la violence. Il a achevé son père sans grand regret (même si Lourna Dee a fait une grande partie du travail). Il est troublé : « la voix était bien réelle. Il l’avant entendue (…) L’esprit agité qui refusait de le laisser en paix. Le père qu’il avait assassiné pour s’emparer des Nihil ». Marchion Ro est donc bien le seul à entendre des voix. Quand il trône, la plupart des gens autour de lui ne se rendent pas compte de ce qui se passe. Dans tous les cas, ils n’entendent pas la voix.


Mais, la principale personne qui hante Marchion est la légendaire Marda Ro. Elle est en réalité son arrière-arrière-grand-mère. Elle est celle qui a impulsé le mouvement des Nihil et celle qui a compris qu’on pouvait vaincre les Jedi par la peur et la douleur. Marda ne se contente pas de murmurer aux oreilles de Marchion puisque son « aïeule avait commencé à apparaitre ». Cette présence dérange Marchion qui « ne parlait pas aux défunts quand il pouvait s’en abstenir ». Car, Marda commente beaucoup, elle donne son avis quand il n’est pas sollicité. Marda aurait pu être une bonne conseillère si elle ne tapait pas sur les nerfs de Marchion Ro. Ce dernier n’a jamais réellement montré qu’il prenait en compte les considérations de ses proches, et quand il le fait, c’est pour les mettre dans des positions périlleuses. Pire, Marda lui fait la leçon : « elle se répandait en élucubrations à propos de notions comme la liberté ou le foyer, à propos de ses recherches sur leur peuple et de son glissement progressif vers la violence ». Tout cela, Marchion s’en moque.


Pour autant, Marchion ne serait pas arrivé où il est en faisant abstraction de tout. Il dirige les Nihil, une organisation où tout le monde veut prendre la place de tout le monde. Marchion n’a aucune envie de céder sa place ou le pouvoir. Et, il dresse là un parallèle avec Marda (« la tendance à se croire au centre de tout était un trait de caractère qu’il partageait avec elle. Il savait que c’était un problème d’égo »).


Finalement, Marda parvient à faire frissonner Marchion. N’étant qu’une apparition, il est totalement impossible qu’elle interagisse avec le monde réel. Et pourtant, Marchion croit la voir toucher un Égaliseur. Cela le choque. Quand « il eut l’impression que la bête répondait à son contact en se rapprochant », Marchion Ro est comme saisi, choqué. 

jeudi 9 octobre 2025

Le règne de Marchion Ro !

Quel enchaînement de romans ! Les Nihil ont beau être des barbares violents, assoifés de sang, enclins à commettre les pires crimes, il est plaisant de les suivre alors qu'ils sont à deux doigts de mettre à genoux la République et les Jedi. Marchion Ro est un des meilleures antagonistes de Star Wars, tous les univers confondus. Il est l'égal d'un Tsavong Lah, d'un Palpatine/Sidious. 






 



mardi 15 avril 2025

Le roman la Tentation de la Force

Les Nihil ont réussi à s’accaparer un morceau de la galaxie. Relativement à l’abri derrière leur Rempart, ils imposent leurs lois, la violence et la peur. La République et les Jedi tentent de lutter et de faire face. 

Les Jedi se rendent compte que la situation est plus que périlleuse. Le combat contre les Nihil mobilisent beaucoup de leurs ressources et créent beaucoup de dégâts dans leurs rangs. Les morts sont nombreuses, la conception de la Force se retrouve chamboulée. Le Jedi Elzar Mann se rend compte que « la République était totalement débordée : elle devait faire face aux habituels conflits locaux, grèves générales et catastrophes naturelles frappant des systèmes entiers, tout en gérant la menace constante, extrême et imminente d’une invasion nihil ». Les Jedi sont donc sollicités. Ils combattent et perdent parfois pied. Ils ont quelques victoires, ils sont souvent traumatisés. Ils n’ont pas oublié la catastrophe du Legacy Run ou du Flambeau Stellaire, la mise à mort du Grand Maître Jedi VeTer par Marchion Ro. Et pourtant, Coruscant n’a pas changé. Ses habitants continuent de vivre comme si rien de grave ne se passait. Elzar est presque choqué de cette apathie (« les habitants de Coruscant se comportaient tout à fait normalement comme si rien n’avait changé depuis deux ans. Un parfait étranger aurait pu penser que les Nihil n’existaient pas. Qu’aucune énorme distorsion gravitationnelle n’isolait une section de la galaxie »).

La République est donc menacée par les Nihil. Pire, les Nihil, en tout cas selon Ghirra Starros, peuvent offrir aux gens un autre modèle de société. Si on ne voit les Nihil que par leur violence, il ne faut pas négliger le fait que certains d’entre eux veulent construire quelque chose de concret et durable. Alors qu’elle se rend sur Coruscant pour rencontrer la chancelière Lina Soh, Ghirra Starros délivre une rélle profession de foi : « il existera toujours des gens qui n’auront pas leur place dans la République. Des cartels et des organisations que les moeurs de la République et des Jedi irriteront. La République ne saurait répondre aux besoins, aux aspirations de tous ». La chose est claire : les Nihil veulent offrir une alternative.


Les Jedi vivent de grands bouleversements. Les Nihil offrent une menace tout à fait inattendue et inconnue. Ils ne sont pas comme les ennemis traditionnels des Jedi, les Sith. Rien dans leur formation n’a préparé les Jedi à ce genre de défi. Avar Kriss pense que « la pire perte infligée par Marchion Ro au Jedi constituait à les avoir privés de leurs certitudes ».

De façon plus terre à terre, les Jedi sont confrontés à des ennemis impitoyables qui n’hésitent pas à leur envoyer de terribles créatures comme les Sans-noms qui « s’étaient révélés des ennemis brutalement efficaces pour la Force elle-même ».

Les Nihil ont visiblement bien étudier les Jedi. Ils savent qu’ils ont une arme redoutable : les sabres laser. Les Nihil ont donc trouvé de quoi les contrer : le beskar. Quand le Jedi Porter Engle affronte la Nihil Viesse, il s’en rend compte : l’arme devait être faite de beskar pour supporter l’impact ».


Les impacts sont donc en grande partie négatifs. Mais, tout n’est pas noir. Des Jedi trouvent même l’amour, osent s’avouer leur amour. C’est le cas d’Elzar Mann et Avar Kriss qui finissent par se rendre compte que s’avouer leurs sentiments et les vivre ne va pas les empêcher de faire leurs devoirs de Jedi. Ils perçoivent que « l’attachement et la possessivité sont des défauts parce qu’ils limitent le potentiel d’un Jedi. Ils amenuisent la galaxie. Mais l’amour est sans limites (…) nous sommes tous des trous noirs qui attirent l’amour. Des notes sans fin, des océans sans fond ».


Marchion Ro, lui, est de plus en plus détaché du sort quotidien des Nihil. Son comportement intrigue ses subordonnés. Il est souvent absent, et quand il est présent, c’est comme si il n’était pas là. Son comportement surprend donc, d’autant plus que Marchion Ro a des visions d’une ancêtre décédée : Marda Ro apparait en tant que fantôme.

Lorsqu’il focalise son attention sur les Nihil, Marchion Ro est presque dégoûté par ce qu’il voit : « aucun de ceux qu’il avait admis à ses côtés ne s’en montrait digne ».

Ce dédain n’est pas réservé aux Nihil. Il a également un fort mépris pour les Jedi et l’Ordre. Ils ne voient pas que quelque chose de plus vaste est en cours, ils sont limités par leurs responsabilités (« accaparés qu’ils étaient par le Rempart d’orage, le sauvetage de la population (…)  ils ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez »).

En tout cas, Marchion Ro reste un formidable opposant comme s’en rend compte Vernestra Rhow quand elle lui fait face : « Ro leur tirait dessus de manière décontractée, presque amusée ». 

C’est Xylan Graff, un ancien collaborateur des Nihil qui les a trahis pour rejoindre la République, qui offre la description qui résume le mieux Marchion Ro. Il affirme que Marchion Ro « dort sur un matelas rembourré de plans B ! Il lance tellement de machinations à la fois que peu importe celle qui fonctionne, puisqu’ il y en aura bien une qui le fera ». On pourrait presque dire que Marchion Ro a pénétré l’esprit des Jedi et des politiques de la République : ils ne font que lui courir après, ils ne sont pas à la manoeuvre.


En réalité, le roman La tentation de la Force révèle un nouvel ennemi, potentiellement plus dangereux que les Nihil, les Sans-nom ou les Drengir. Cette nouvelle menace est tellement terrifiante que le Jedi Burry finit par ressentir de la compassion pour les Sans-noms qui en sont victimes (« devant ces dépouilles, ces sacs d’os vides couverts d’un pelage miteux… il ne pouvait faire autrement. Ils paraissaient usés. Abandonnés »). Cette chose est « un phénomène cancéreux, qui se développaient insidieusement selon un schéma incompréhensible à ce jour mais qui dévorait entièrement des mondes sains et vivants ». 


C’est Marchion Ro qui étudie le plus ce phénomène. Dans un moment bien intrigant, Marchion se rend sur Coruscant pour voir les Jedi et la chancelière. Comme souvent, Marchion ne questionne pas, il assène sa parole : « vous êtes au courant du fléau qui se manifeste dans toute la galaxie ». Il ne fait pas que mettre en garde, il toise, il provoque : « nul n’es à l’abri : ni la République, ni les Nihil, ni les Hutts, les mercenaires de Takodana ou les Mandaloriens. Personne sauf moi ». Le roman se termine donc sur un Marchion Ro triomphant. Et qui se place en seul recours.


mardi 25 mars 2025

Le roman Hors de l'ombre

Alors que les Nihil continuent de semer le trouble, le désordre et les morts, les Jedi et la République tentent de prendre la mesure de leur ennemi. Ce n’est pas une situation facile pour les Jedi qui doivent se réinventer et se lancer dans la bataille. C’est d’autant plus compliqué qu’ils doivent faire avec des impératifs politiques. Et cela les entraîne à ne pas toujours être libres de leurs choix, parfois au plus grand désespoir des gens du commun…


C’est une galaxie en plein bouleversement où une bonne nouvelle (le Flambeau Stellaire) a vite été effacée par les attaques des Nihil. Pourtant, le Flambeau stellaire est une remarquable prouesse, quelque chose qui rapproche les populations de la galaxie et montre aux gens les plus éloignés du centre galactique qu’ils comptent. Le Flambeau est devenu « le carrefour de cette région de la galaxie, offrant refuge et espoir à tous les êtres, quelle que soit leur espèce ».

Dans ce roman, on se rend compte que Coruscant a une bien mauvaise réputation. Pour les gens qui vivent dans les endroits les plus éloignés de la galaxie, Coruscant est un repaire qui favorise les privilégiés, ceux qui ont le pouvoir. Sylvestri Yarrow, une pilote dont le cargo a été abîmé par les Nihil, en donne une raison ; elle met le blâme l’attitude des sénateurs et autres politiques (« c’était le genre de manigance politicienne qui tenait les gens simples à distance de Coruscant, et voilà que Syl se retrouvait au beau milieu de cette mascarade »). Elle n’hésite pas à dire à Vernestra Rwoh que « vous ne devriez vous fier à personne sur cette misérable planète. Ma mère disait souvent que la politique est l’endroit où se rend la vérité pour mourir ». Cette affirmation illustre bien tout le mépris, tout le dédain ressenti par Sylvestri.


Le roman acte également le basculement des Jedi. Ils ne peuvent plus se contenter d’étudier la Force, ils doivent se battre. Le padawan Imri Cantaros résume parfaitement la situation : « peu de gens considéraient toujours les Nihil comme une menace mineure et localisée ; ces derniers temps, même les Jedi les plus pacifistes n’hésitaient pas à dégainer le sabre au premier signe de danger ». Il faut dire que les Nihil ont commis un bon nombre de massacres et repoussé les limites de l’horreur.


Jordanna, une ancienne amante de Sylvestri et proche des San Tekka, offre un point de vue un peu nuancé sur les Nihil. Si elle ne remet pas en cause leur aspect abject, elle tente d’expliquer ce qui peut pousser certains à les rejoindre. Elle dit que « les Nihil ont offert un foyer aux laissés-pour-compte et aux ratés de la galaxie. Ils ont donné quelque chose à des gens qui n’avaient rien, ce qui est un acte très puissant ». Mais, elle n’oublie pas de dire qu’ils sont néfastes (« Sont-ils mauvais ? Evidemment »).

Les Nihil sont dirigés par Marchion Ro. C’est un individu charismatique comme le remarque Nan. La jeune femme précise que « personne ne savait à quel peuple il appartenait. Tous ceux qui l’avaient questionné sur son espèce l’avaient payé de leur vie. Ro était aussi mortel que beau, et Nan s’estimait heureuse d’être autorisée à occuper le même espace que lui ». Ro assure donc son autorité sur le groupe par sa présence et par sa force, sa puissance. Il est impitoyable et très dangereux.

La mère de Sylvestri, Chancey Yarrow, a collaboré avec les Nihil, notamment par l’intermédiaire de Lourna Dee. Elle a ainsi pu rencontrer Marchion Ro et en donne une description très valorisante : « c’est l’âme des Nihil, le centre du Cyclone. Un visionnaire ». 

Il faut noter que les Nihil étaient particulièrement intéressés par les travaux de Chancey Yarrow et tout ce qui tourne autour de l’hyperespace. C’est grâce à des Sentiers (des routes inconnues) qu’ils commettent leurs attaques et leurs massacres. Ainsi, Marchion Ro fait reposer une partie importante de sa stratégie sur les compétences de Mari San Tekka. Cette dernière, selon Chancey Yarrow, est une femme remarquable : « cette femme est capable de voir toutes les routes possibles à travers l’hyperespace, selon l’endroit et le moment (…) Son cerveau est l’équivalent de dix mille navordirnateurs ».


A l’opposé des Nihil, il y a les Jedi. Si ils ont compris qu’ils doivent se battre, ce n’est pas un choix qui a été fait de gaieté de coeur comme le remarque Reath Silas (« certains craignaient que leurs activités passent de la recherche, de l’éducation et de l’étude de la Force à la guerre et à la politique »). On pourrait presque croire que certains Jedi regrettent de ne plus être un groupe évoluant en marge des affaires galactiques…

Cohmac Vitus semble rejoindre ce point de vue. Il affirme que « les Jedi servent la Force. Nous sommes la lumière et nous ne pouvons obéir aveuglément à d’autres ordres (…) Nous allons là où nous pouvons le plus efficacement chasser l’obscurité de la galaxie, c’est la seule cause que nous devons servir ». Autrement dit, la protection des individus ne semble pas être une priorité.

Cette attitude interpelle Sylvestri. Elle ne comprend pas ce que des Jedi font sur Coruscant, un endroit relativement calme (« que faisaient les Jedi sur Coruscant, au lieu d’être à la frontière pour combattre les Nihil ? »).

C’est Jordanna qui donnera la critique la plus aboutie des Jedi : « ils ne sont pas doués pour le changement. Ou pour s’adapter au monde environnant. Les Jedi sont courageux, déterminés et héroïques, mais toutes ces qualités ne valent pas une semaine de rations si tu n’es pas capable de voir la galaxie telle qu’elle est ». Elle pense donc que les Jedi ne perçoivent pas la réalité des choses, qu’ils sont aveuglés par leurs codes et façons de faire. Si ce sont de bons combattants, ils sont freinés par leurs idéaux et leur méconnaissance des différents peuples et planètes, coutumes et habitudes…

Tout cela est illustré par les doutes qui traversent Vernestra Rwoh. Elle doit former un Jedi et ne se sent pas prête pour ça. Elle est habitée par des interrogations qu’elle ne peut pas partager (« j’ai peur que personne ne me prenne au sérieux à cause de mon âge, à part mon Padawan, et je ne suis pas sûre de lui donner les outils qu’il lui faut pur devenir un bon Chevalier »). L’Ordre Jedi est donc fragile.

mardi 20 août 2024

La situation de la galaxie dans le roman l'Oeil des Ténèbres

Les Nihil de Marchion Ro ont réussi un exploit en faisant s’écraser le symbole de la République : le Flambeau Stellaire. En faisant cela, ils ont montré que la République n’était pas si protectrice que ça, et qu’ils avaient une force de frappe incroyable. Surtout, ils ont réussi à se construire un territoire dans la galaxie. Ils ont coupé un bon nombre de planètes de la République.


Marchion Ro trône sur cette zone. Si il n’est pas du genre à diriger au jour le jour, à s’impliquer dans toutes les tâches administratives, il donne quand même le tempo. C’est lui qui insuffle la direction aux Nihil, c’est lui qui les inspire et leur donne le mode de vie à suivre.

Shryke, une Nihil, a trouvé son destin en les suivant. Fille d’une bonne famille, riche et aisée, elle n’a rien à voir avec les Nihil en apparence. Mais, les Nihil lui ont permis d’ôter une sorte de chape qu’elle portait, d’être enfin réellement qui elle est. Prendre ce qu’on veut quand on le veut semble être le leitmotiv de ce groupe. C’est en tout ce qu’on peut conclure en ayant accès aux pensées de la femme : « là, parmi les Nihil, se trouvaient des individus capables de trouver la joie dans un total abandon (…) Des gens qui prenaient ce qu’ils voulaient ,disaient exactement ce qu’ils pensaient. Et qui manifestaient une splendide et dévastatrice aptitude à la violence. Pour une femme qui avait passé comme (…) costumée et paradée (….) qu’on n’avait jamais autorisé à parler ou à agir comme elle le souhaitait, l’idée s’avérait tout à fait grisante ». On peut donc très bien embrasser les idéaux et le style de vie des Nihil et apprécier leur barbarie.

Toutefois, tous les gens ne sont pas des Nihil. Ceux qui se retrouvent du mauvais côté de la frontière ont vu la situation s’imposer à eux. Ils n’ont pas d’autre choix que baisser la tête et accepter la domination des Nihil. Si ils ne le font pas, c’est la mort. Boona dit ainsi qu’ « ils ont tué la moitié de la population (…) Ils ont aligné les habitants et s’en sont servi pour s’entraîner au tir. Et ils ont conclu que nous devions nous estimer heureux, avec autant de bouches à nourrir de moins ». Les Nihil font donc régner l’ordre en répandant la peur et la mort. Ils doivent bien se douter qu’ils ne vont pas avoir automatiquement le soutien des populations locales. 

Ils essaient parfois de se placer comme l’institution régnante légitime. Ils contrôlent les médias et lèvent l’impôt, quitte à faire de la propagande assumée.

Par exemple, Rhil, une journaliste prisonnière, est forcée de présenter des informations et de tourner des reportages mettant en avant les Nihil (« l’émission, scénarisée par la Générale Viess, avait pour but d’encourager les habitants de l’Espace Nihil à verser leur impôt de bonne grâce au moyen d’une série de menaces à peine dissimulées »).


Les Jedi sont dans une impasse. Ils n’ont pas pu empêcher la terrifiante Catastrophe, ils n’ont pas pu empêcher la chute du Flambeau. Si ils ont pu avoir quelques succès ici ou là, rien ne semble empêcher la marche en avant des Nihil. Pour ne rien arranger, un des Grands Maîtres, Pra-Tre Veter, a été capturé et sa mise à mort se fait de façon publique, elle est diffusée via un flux vidéo à toute la galaxie. C’est un spectacle inhumain que regardent les Jedi. Ils voient l’un d’entre eux être réduit à rien par les Sans-nom (« il ne restait plus rien du Grand Maître Jedi qui avait été Pra-Tre Veter. Rien d’autre que la poussière et le vague contour d’une coquille vide de forme humanoïde »).


Les Jedi semblent sans repères, perdus. Quelques uns sont présents dans le territoire Nihil comme Avar Kriss. La Jedi ne sent plus ses camarades, elle est isolée. La Force a beau toujours coulé en elle, elle ne sent plus faire partie d’un grand tout : « son lien avec la Force s’était…. Altéré, après le Flambeau, lorsqu’elle s’était retrouvée prisonnière de l’espace Nihil (…) Mais durant l’année passée, le chant s’était estompé, désormais dissonant. Etouffé et détraqué ».

Le Jedi Elzar Mann, lui, ne sait plus du tout où il en est. Il rêve d’une action héroïque qui renverserait le cours des choses. Il est grandement marqué par ce qui est arrivé à Veter (« il avait également observé avec une fascination terrifiée la créature de Ro (…) La proximité du monstre exerçait un effet prononcé sur la perception des Jedi, dont elle perturbait les pensées, provoquant chez eux des hallucinations biaisées et une terreur abjecte »).

Elzar Mann tente de franchir la frontière mais son action conduit à encore plus de morts. A ce moment là, il perd espoir, il s’avoue vaincu. Il confesse dans un message à une Avar Kriss absente que « je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite, ni comment rattraper ces erreurs. J’ignore même si je dois tenter de les rattraper ».


Marchion Ro, lui, mène ses troupes. Si il lui arrive de prendre en compte les avis de ses adjoints les plus proches, ses deux plus proches compagnons semblent être les créatures tueuses de Jedi, les Sans-nom. Son côté violent et impitoyable est ainsi mis en avant. Ro est aussi un bon stratège, sachant jouer sur les peurs de ses ennemis. Il tue des Jedi et ridiculise la République en mettant sa capitale sur un monde important. Ainsi, on peut lire que « Ro savait ce qu’il faisait en exploitant les symboles (…) Hetzal comptait pour la République et les Jedi. Pas seulement en raison de ses abondantes récoltes (…) C’était le monde qui avait échappé à la Catastrophe de l’Hyperespace ». 


Tout ne se déroule pas parfaitement non plus. Si personne ne remet en cause sa façon de mener les Nihil, quelques uns ne le suivent pas non plus aveuglément. C’est ainsi le cas de Ghirra Starros, une sénatrice républicaine ayant rejoint les Nihil et qui aurait envie que les Nihil profitent de leur avantage pour construire quelque chose de solide. Starros a énormément de mal à se faire entendre par Marchion Ro. Starros se rend compte que Ro n’est animé que par l’envie de destruction ; il le lui dit d’ailleurs clairement (« Telle est la Nature des Nihil. Une tempête qui balaie la galaxie. Une force inexorable. Le chaos ne se transforme pas en ordre une fois qu’il a tout dévasté »). Calculateur, il accepte d’envoyer Starros en mission auprès du Sénat et de la Chancelière pour négocier un accord auquel il ne croit pas du tout. Tout le monde en a conscience sauf une partie bien naïve de Ghirra Starros. La Chancelière Soh exprime ses doutes assez clairement : « Marchion Ro vous a envoyé pour faire mine de rechercher la paix, mais, je ne crois pas qu’il souhaite une solution pacifique. Je crois qu’il nous nargue et se sert de vous pour y parvenir ».

Et Soh semble avoir raison car Ro a des volontés expansionnistes. Il ne se contente pas de la zone qu’il occupe déjà puisque « nous avons reçu confirmation que le Rempart d’orage s’étendait », autrement dit les Nihil ont de plus en plus de planètes sous leur domination.

Starros se rend compte qu’elle a été manipulée, que Ro n’a aucune envie de négocier un accord.


Le tableau semble donc bien sombre. Mais, des signes d’espoir émergent. Avar Kriss parvient à franchir la frontière et revenir sur Coruscant. En outre, certains Nihil doutent : ils en ont assez des meurtres gratuits, du toujours plus de violence et de sang. Discrètement, un Nihil glisse à Starros que « je voulais juste que vous sachiez que nous sommes nombreux à adhérer à votre façon de penser ».

Enfin, Marchion Ro semble montrer des signes de fragilité. Il est en proie à des visions qui ont l’air de le tourmenter quelque peu. Il voit des membres de sa famille, dont son père qu’il a tué (« il entendant de plus en plus souvent la voix de son père ces dernières semaines, ainsi qu’une autre (…) Marda Ro. La fondatrice d’origine des Nihil »).