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jeudi 5 novembre 2026

Bota et doutes

Sur Drongar, Barriss Offee se trouve toujours plongée dans l’horreur de la guerre, celle appelée guerre des Clones. Sur cette planète, l’affrontement est motivée par l’appropriation d’une plante : le Bota.


Si une simple plante peut entraîner des centaines de morts et de blessés, des bombardements intensifs, c’est parce qu’elle est miraculeuse. Elle motive même les appétits de criminels. Kaird, un agent du Soleil Noir, explique que « cette plante rarissime était un morceau de choix dans l’arsenal d’un scientifique. Elle pouvait servir d’antibiotique, de narcotique, de soporifique et de tout un tas d’autres choses, en fonction des espèces qui l’utilisaient ». 

Le Bota serait donc une ressource inestimable, également d’un point de vue sanitaire. On pourrait en faire des médicaments. Cela serait possible dans une galaxie utopique. Ce n’est pas le cas de celle-ci. Kaird remarque que « plus on s’éloignait de Drongar, plus le Beta était cher ». On comprend que l’argent va prendre le pas sur la santé. C’est dommage car le Bota pourrait être bien utile pour tous les blessés. Le cynique Kaird pense clairement que le Bota est plus important que la vie des combattants (« dès lors, pourquoi le gâcher ici, sur les clones ? Après tout, on était loin de manquer des combattants »). Il semblerait plus facile de faire pousser des clones que du Bota.

Tous ne sont pas de cet avis. Le médecin Zan passe outre les règles. Il est là pour soigner les soldats et il est prêt à tout pour cela, quitte à utiliser du bota (« les plants de Bota étaient trop précieux pour être gâchés sur des clones. Mais Zan ne l’acceptait pas (…) dans des situations désespérées, le Bota avait guéri chaque infection résistante développée par les clones de Fett sur cette planète »).


Le Bota a des effets différents sur chaque espèce, voire même individu. On en a un exemple remarquable quand la Jedi Barriss Offee en prend. Elle vit une expérience remarquable qui semble même transcender la Force : « le temps s’écoulait comme un trait de laser, comme un vaisseau en hyperespace, mais elle était capable de le suivre entièrement. Chaque détail de chaque monde de chaque galaxie jusqu’au bout de l’univers. C’était indescriptible. C’était sans doute ce que ressentaient les dieux, pour peu qu’ils existent ».

Mais, l’utilisation du Bota a un effet pervers : Barriss a peur (« bien qu’elle n’ait aucune raison logique d’être effrayée, elle restait paralysée à chaque fois qu’elle essayait le lien »). Barriss a été submergée par ce qu’elle a vécu, elle a été totalement dépassée, elle n’avait ni contrôle ni maîtrise.

Le moment a été tellement fort qu’il a été ressenti par des Maîtres situés bien loin de Drongar, sur Coruscant. Quand Barriss parvient à contacter sa Maître Luminara Unduli, celle-ci l’informe que « Maître Yoda et quelques autres membres du Conseil ont récemment mentionné qu’ils avaient ressenti —non pas un trouble, en fait, plus un afflux—dans la Force ».


Sur Drongar, Barriss doit repousser ses limites. Elle est confrontée à des situations qui la rendent inconfortable.

Elle culpabilise quand elle n’a pas pu anticiper une attaque contre un navire médical. Il faut dire que la chose était considéré comme impossible (« il y avait pourtant des règles, des accords, même en temps de guerre. Les vaisseaux-hôpitaux étaient considérés comme inviolables, depuis la Grande Guerre Hyperspatiale »). L’attaque a donc pris tout le monde de court mais Barriss pense qu’en tant que Jedi, elle aurait dû faire mieux (« elle n’était certes qu’une Padawan , mais elle considérait son insensibilité comme une faute personnelle. Elle était sûre qu’Obi-Wan Kenobi ou Anakin Skywalker auraient ressenti immédiatement l’anomalie »).

Dans un moment de lucidité, elle explique à un de ses camarades, à propos de la Force, que « les Jedi eux-mêmes ne comprennent pas non plus sa vraie nature, ni comment ça marche ». L’Ordre Jedi a donc envoyé une jeune Padawan pleine de doute sur un théâtre de guerre…

Ainsi, Barriss doit lutter contre ses propres démons. Elle sait qu’être Jedi est une immense responsabilité, que manipuler un sabre laser a des effets certains. C’est une arme dangereuse qui peut ôter la vie très rapidement. A chaque fois, c’est un choix douloureux à faire (« tuer une créature pensante, même si elle l’a largement mérité, ne se fait pas à la légère. Ce n’est pas facile non plus. Il faut être suffisamment près pour voir ce que cela implique »). La longueur de la lame implique donc qu’on voit la mort de la personne qu’on combat.