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Que lire dans l'univers légendes ?

Dans l'univers Star Wars Légendes, tous les romans ne sont pas de la même qualité, du même intérêt.  Je conseillerais donc de lire : le ...

mercredi 2 septembre 2026

L'orage gronde (1)

Dans Le roman L’orage gronde, une grande partie des événement se passe sur Valo alors que la République va organiser une grande Foire, censée montrer son implication aux planètes de la Bordure Extérieure. Elle va présenter la diversité des choses qu’on peut trouver dans cette partie de la galaxie. Pour montrer son importance, des Sénateurs, la Chancelière Soh ou encore des Jedi sont présents. Mais, cela attire aussi le courroux et la colère des Nihil qui, après avoir réalisé la catastrophe du Legacy Run, trouvent là une nouvelle cible.


Les Jedi sont des acteurs majeurs. De Coruscant aux mondes de la Bordure Extérieure, ils sont présents partout et tentent d’apporter la justice et des réponses adéquates aux situations auxquelles ils sont confrontés. Pour cela, ils se servent des ressources de l’Ordre et de tout ce qu’on leur a appris. Avec l’arrivée des Nihil, ils sont confrontés à de nouveaux défis, surtout dans le cas des padawans.

Bell Zettifar a perdu son Maître Jedi, Loden Greatstorm. Le prétendu décès le touche beaucoup. Il ressent une énorme perte, presque quelque chose d’insurmontable. Le jeune homme se demande si cela est normal et bon de ressentir de quelque chose d’aussi fort. La Jedi Indeera Stokes le rassure : « parce que les Jedi ont le droit d’aimer, Bell. Nous ne sommes pas des droïdes et nous ne devons jamais nous comporter ainsi (…) mais lors que nous éprouvons ces émotions, nous ne devons jamais les laisser nous dominer ». Cela ne serait qu’une question de contrôle. La réponse semble compréhensible car il serait impossible pour les Jedi de rencontrer tant de monde, de vivre tant de moments sans rien ressentir ou sans s’impliquer. Stellan Gios complète cet argumentaire et va même un peu plus loin. A un journaliste présent à la Foire, il affirme qu’ « il serait naïf de prétendre qu’un Jedi n’a ni désirs ni intérêts. En fait, je qualifierais même une telle attitude de dangereuse, et ne menant qu’à la suffisance ». Pour tout dire, des Jedi ont même des relations charnelles ou tentent de draguer. C’est par exemple le cas d’Elzar Mann (« il se rappela le moment où les lèvres de Samera avaient touché les siennes »). Cela ne les empêche pas d’accomplir leur devoir.


Ici, leur devoir est de montrer leur présence et d’assurer la sécurité de la Foire. Il faut dire que l’enjeu est important car il s’agit de montrer aux habitants de la Bordure Extérieure qu’ils comptent pour la République. Lina Soh, la Chancelière, en a fait un moment important de son mandat ; la Foire doit montrer que la République avance peu importe les menaces (« j’ai examiné les rapports des renseignements et le calcul des risques (…) quant aux Nihil, eh bien… nous avons déjà maintes fois croisé des gens comme eux, des pirates et des agitateurs »). L’assurance est louable mais on sent bien qu’elle sous-estime un peu les capacités des Nihil. 

Tous n’adhèrent pas à son optimisme. C’est le cas du Sénateur Toon qui pense que « toute la propagande de la galaxie ne saurait dissimuler la dangereuse extravagance de cette exposition que nous aurions dû annuler au moment même où le Legacy Run a été détruit ». Le Sénateur Toon pense que la République devrait mobiliser ses ressources pour se renforcer contre la menace Nihil et pas organiser des manifestations publiques. Toon pense également que la République devrait développer son armée et sa sécurité, et pas uniquement se reposer sur les Jedi. Si Toon n’est pas contre les Jedi, il se doute qu’ils peuvent être faillibles : « je pense que la République devait être à même de se défendre sans s’appuyer exclusivement sur les Jedi (…) s’il leur arrivait quoique que ce soit, qu’adviendrait-il de nous ? » Les doutes sont légitimes.

dimanche 30 août 2026

Le projet de Lando

Lando a l’air d’un flambeur, d’un haut-parleur. C’est l’image qui se dégage de lui quand on le rencontre et rien ne s’arrange après qu’il négocie un accord avec l’Empire et livre Luke, Han, Leia et les autres. S’il se rachète quelques temps après, il gagne en respect et en estime en détruisant la deuxième Etoile de la Mort et en permettant donc de mettre à bas l’Empire. Ensuite, il se lance dans des coups plus ou moins louches qui détonnent avec ceux des héros amenés à recréer une République ou un Ordre Jedi. Lando est donc toujours en décalage avec les autres personnages majeurs.


Dans le premier tome de la Trilogie corellienne, Traquenard sur Corellia, un léger mystère semble l’entourer. Pendant quelques dizaines de pages, Luke ne cesse de répéter que Lando veut le voir. Si on ne connait pas réellement le contenu de cette mission, elle a une odeur particulière. On se doute que cela va sortir de l’ordinaire. Cela semble en tout cas suffisamment particulier pour intéresser l’ancienne Présidente, Mon Mothma. Cette femme droite et intègre laisse entendre que la quête de Lando vaut le coup. Elle affirme à Luke que « la chose est originale et ne manque pas d’une certaine grandeur… surtout pour un homme comme Lando Calrissian ». On comprend là qu’il ne s’agira pas d’une des combines habituelles de Lando.


Car, en effet, Lando est le spécialiste des mauvais plans, des coups foireux. D’ailleurs, il semble véhiculer ce cliché alors que Leia, Han, Chewbacca et leurs enfants s’en vont. Il a l’air d’être en parade pour impressionner (« c’était Lando Calrissian, habillé de manière encore plus voyante que d’habitude : une cape turquoise sur un ensemble blanc et bleu »).

Même pour un simple départ, Lando et Han semblent incapable de ne pas tricher : ils ont en effet fourni des faux papiers au Faucon Millenium pour lui permettre de voler. Han précise que c’est Lando qui a fait le plus gros du travail (« qui a déniché ce faux document, d’après toi ? »)


Luke est plein d’appréhension en attendant que Lando dévoile son projet. C’est comme si Lando, d’après lui, ne pouvait pas s’empêcher de tremper dans des affaires douteuses ou qui le mettent en difficulté : « Lando ne changerait jamais. Aussi intéressé par un pot de cinq crédits dans un casino borgne que par un investissement de cinquante millions sur une planète en voie de développement » et « Lando adorait monter des projets énormes et juteux qui s’écroulaient du jour au lendemain. Il avait fait de l’excellent travail, en tant que gouverneur de la Cité des Nuages de Bespin, mais il s’en était tout juste sorti avec les vêtements qu’il portait ».


Le projet de Lando est en effet déroutant : il veut se marier, il cherche une femme. Si il ne crache pas sur une belle femme, il recherche avant tout une femme riche. Et cela semble choquer Luke qui ne comprend pas ce genre de comportement. Lando argumente alors : « j’épouse une fortune. Est-ce si étrange ? Les gens le font depuis l’aube des temps. Une femme riche m’apporterait le bonheur, et je ferais tout pour la combler ». Lando sait donc ce qu’il veut et ce qu’il peut apporter. Sa démarche est sincère. 

Il rit même de la naïveté et de l’aspect fleur bleue de Luke qui place l’amour en premier critère quand on cherche une compagne ; Lando ne ment pas, ne cherche pas à cacher ses motivations. Il répète à Luke que « c’est l’argent qui fait tourner le monde ». Il développe en disant que d »depuis l’aube des temps, les mariages sont des alliances économiques ». Et, il conclut : « la seule différence, c’est que je ne vais pas déguiser mes intentions avec de belles paroles ». Il peut donner l’impression d’être peu sentimental, il est avant tout un homme d’affaires. Un mariage est une négociation commerciale selon lui.


Lando mesure aussi sa valeur. Il constate avec regret qu’il a une mauvaise réputation et il espère que la présence de Luke amoindrira cela. Il dit ainsi à son ami que « certains font même circuler des calomnies sur mon compte. C’est pourquoi j’ai besoin que tu m’escortes pendant que je cherche mon épouse ». Encore une fois, Lando cherche à maximiser sa réussite.

samedi 15 août 2026

La mort des Sith

Le premier Sith à mourir est Maul. Sa mort est un rappel à l’ordre pour les Jedi qui se sont endormis sur leur toute puissance et la luxure de Coruscant. Ils ont été pris par surprise par l’arrivée de ce Sith : Qui-Gon Jinn en a payé le prix en y laissant la vie. Il n’était pas préparé à affronter un combattant de ce genre, un manieur d’un sabre laser double. Mais, d’une certaine façon, Maul a fait preuve de la même arrogance lors de sa mort. Après avoir défait Jinn, il a réussi à neutraliser Kenobi. Au lieu de porter le coup fatal, il a préféré pavoiser. Cela lui a été fatal (« le sabre laser de Qui-Gon s’enfonça dans sa poitrine. Il carbonisa ses chairs. Le Seigneur des Sith cria de douleur et d’incrédulité »). On voit bien que Maul n’avait jamais envisagé pouvoir perdre, il avait clairement sous-estimé les Jedi.

Sidious ressent la mort de Maul et cela alimente sa colère et sa volonté de mettre à bas les Jedi. Cela ajoute un grief à ses motifs : « une chose était certaine : les responsables de la mort de Dark Maul ne s’en sortiraient pas comme ça ! Jamais il n’oublierait et ils devraient payer, tôt ou tard ». La Mort de Maul a sans doute conduit à la volonté de Sidious d’humilier les Jedi, de les ridiculiser.


Le second Sith à mourir est Dark Tyranus, autrement connu comme le Comte Dooku. Celui qui a été un Jedi a trahi son Ordre. Et il est assez ironique de voir qu’il a été trahi par son Maître Sith (Sidious). La mort de Dooku est un moment de clairvoyance, il se rend compte « qu’il n’a jamais été le véritable apprenti », « qu’il na jamais été l’héritier du pouvoir des Sith ». Tyranus n’était qu’un outil temporaire, un moyen d’embraser la galaxie en symbolisant l’opposition à la République dans la guerre des Clones. Pire, Tyranus doit permettre au futur apprenti de Sidious de faire de nouveaux pas vers l’obscurité (« être la victime du premier meurtre commis de sang froid par Anakin Skywalker »). Son parcours de Sith n’a donc aucun intérêt en lui-même, il est une quantité négligeable que Sidious sacrifie sans aucun regret.


Sur la deuxième Etoile de la Mort meurent deux autres Sith : Vador et Sidious. 

Sidious est tué par son apprenti, Vador. Vador se retourne contre son Maître quand ce dernier s’en prend à Luke Skywalker. Vador, qui a commis tant de massacres, ne peut pas laisser son fils souffrir. Il se saisit donc de Sidious et l’envoie « dans le vide » où « il rebondissait de paroi en paroi ». Sa mort est une longue chute : « il disparut enfin. Quelques secondes plus tard, le bruit lointain d’une explosion accompagne d’un vent violent (…) annonça à Vador que l’énergie venait de rejoindre l’énergie ».

Vador, lui, meurt suite au duel contre son fils et à cause des éclairs de Force de Sidious qui ont endommagé son armure. Le plus grand meurtrier de son époque est à bout de forces et sollicite la pitié de son fils. Naïf, Luke lui accorde son pardon. Cela suffit à Vador pour croire qu’il s’est racheté : « Vador poussa un soupir (…) Mais peut-être allait-il bientôt être réuni à Yoda, dans l’unité de la Force, sous d’autres cieux. Ainsi qu’à Obi-Wan (…) Les yeux du vieil homme se fermèrent et Dark Vador/Anakin Skywalker mourut ». 


Dans l’Ascension de Skywalker, on en apprend un peu plus sur la mort de Sidious. Son corps a en effet péri mais il a réussi à transférer son esprit. Son corps était « devenu un réceptacle vide, bien avant de toucher le fond du puits, et son esprit avait repris connaissance dans un nouveau corps, douloureux et temporaire ». Autrement dit, Sidious a profité de sa longue chute pour permettre à son esprit d’habiter un autre corps.

Sidious, encore en vie, affronte Rey. C’est un combat entre la forme ultime du Sith, porté par l’énergie puisée dans la dyade formée par Rey et Kylo Ren, et Rey qui porte l’énergie des Jedi du passé. L’affrontement est court et brutal, intense. Sidious est défait et meurt pour de bon. Il n’a plus de corps pour accueillir son esprit et de toute façon il n’en a pas le temps (« son propre pouvoir se retournait contre lui , le dévorant complètement, lui arrachant ses doigts à peine guéris, arrachant la peau de son visage, ses os même, jusqu’à le désintégrer (…) ce qui restait de l’Empereur se concentra en un seul point, puis détona en créant une formidable onde de choc ».

jeudi 13 août 2026

Les Jedi sont de bien mauvais collègues

L’éveil de la lame rouge développe l’histoire d’Iskat Akaris. Celle qui finira par rejoindre le camp des Inquisiteurs n’était au départ qu’une Padawan. Contemporaine de la guerre des clones, elle a plusieurs fois arpenté le champ de bataille, même si sa réputation a pu lui joueur des tours. En effet, des Jedi disaient d’elle qu’elle aimait trop la violence, le sang.


La déchéance d’Iskat a commencé bien avant la guerre des clones. Élève au sein du Temple Jedi, elle était une padawan qui n’était pas sa place. Elle s’est retrouvée mise à l’écart après un incident. Trop enthousiaste lors de cet exercice, elle a fait tomber une colonne qui est tombée sur d’autres apprentis et a causé des blessures. Plutôt qu’un blâme, Iskat a reçu une désapprobation silencieuse. Personne ne la rendait réellement coupable mais tous semblaient s’être mis d’accord pour changer de comportement (« personne ne se montrait désagréable avec elle, parce que les Jedi étaient des Jedi, cependant elle avait toujours la sensation que sa présence rendait nerveux certains autres Padawans »). 

Dès lors, il n’est pas étonnant de la voir enthousiaste à partir en mission avec son Maître Sember Vey. De tous les Maîtres, seule Sember Vey semble lui accorder sa confiance sans retenue. Les autres « professeurs l’avaient surveillée de plus près ».

Souvent en mission, mise à l’écart quand elle est au Temple de Coruscant, Iskat n’a qu’un espoir : « leur prouver qu’elle était la même fille avec laquelle ils avaient grandi ».


La bataille de Géonosis n’a fait que creuser la distance entre Iskat Akaris et les autres Jedi. Alors que les vies des Jedi et la sienne étaient menacées, Iskat s’est lancée dans la bataille. Avec son sabre laser, elle a affronté ses ennemis et en a tué plus d’un. C’était un combat à la mort. Pourtant, des Jedi pensent qu’elle a mal agi. Selon eux, Iskat a pris trop de plaisir à les tuer et n’a pas su faire preuve de retenue (« elle les a tous tués, répondit Zeeth sur le même ton feutré. Au moins une dizaine. Ils allaient s’en prendre à Maître Klefan et à moi, et elle les a massacrés »). De tels propos suscitent l’interrogation car ils laissent entendre que le padawan aurait préféré tomber sous les coups et assauts de l’ennemi plutôt que de voir Iskat le sauver. Iskat doit donc faire face à l’ingratitude ses compagnons. 


Pour ne rien arranger, Maître Sember Vey meurt lors de la bataille de Géonosis, tuée devant Iskat. La jeune Jedi a beaucoup de mal à faire son deuil. Sember Vey lui manque. Iskat perd la seule personne qui la regardait sans aucune arrière-pensée. L’Ordre semble incapable de comprendre la peine, la détresse d’Iskat et ne lui offre que des paroles creuses. Ainsi, le Maître Klefan Opus ose dire que « nous ne devons jamais oublier que la mort est une partie de la vie et qu’elle continuera à vivre dans nos coeurs. Réjouis-toi, car elle ne fait plus qu’un avec la Force ». Ce n’est pas d’une Sember Vey présente dans la Force dont Iskat a besoin mais d’une Sember Vey proche d’elle, qui lui distille des conseils et avec qui elle part en mission.

Des dizaines et des dizaines de Jedi sont morts de la bataille de Géonosis. L’Ordre organise des funérailles communes pour leur dire au revoir. Iskat est vide, elle ne ressent rien à ce moment-là (« c’était une mascarade, juste pour la forme. Ils ne connaissaient même pas l’identité des six individus qu’ils avaient regardé descendre sous la surface (…) Ces funérailles ne leur procuraient aucun réconfort. Ce rituel prétendument solennel était si artificiel »). Iskat est donc là sans être là. Elle se rend aussi compte que l’Ordre est dépassé par ce qui se passe.


Ayant combattu à Géonosis, Iskat est promue au rang de Chevalier. Elle est surprise d’être considérée positivement. Elle était convaincue qu’elle allait être mise de côté. Mais, Mace Windu l’appelle et lui confère un nouveau titre. On peut penser qu’il y a eu un fort débat pour savoir si elle méritait de devenir Chevalier. En tout cas, les autres padawans ont fait leur choix quand on voit leur réaction : « la majorité des padawans et des novices s’étaient massés ensemble et murmuraient de surprise ». 


Bien entendu, tout le monde n’est pas négatif. Quelques uns lui offrent des paroles réconfortantes. C’est le cas de Kenobi qui affirme que « je suis désolé de ce qui est arrivé à ton maître (…) Sember a toujours parlé de ton grand potentiel avec beaucoup d’enthousiasme ». C’est une des premières fois qu’on ne reproche pas à Iskat son appétence pour le combat. Tualon Yaluna, un Jedi va même plus loin : il laisse entendre que les Jedi ne peuvent pas se contenter d’une posture défensive. Il faut que les Jedi se dépassent, trouvent une nouvelle façon de concevoir les choses s’ils veulent survivre à la guerre des clones. Tualon est clair : « en temps de paix, les Jedi exigeraient peut-être de toi une attitude paisible. Mais nous sommes en guerre, et peut-être que ce dont nous avons besoin, c’est quelqu’un comme toi. Quelqu’un qui défende la paix ». Tualon loue donc le talent d’Iskat à combattre le sabre à la main.


Mais, Kenobi ne porte pas la voix des Jedi, pas plus que Tualon. C’est le Conseil qui décide des missions et des affectations, qui donne la direction de la carrière. Maître Gallia porte alors la suffisance et le mépris de l’Ordre lorsqu’elle cantonne Iskat à des travaux au sein du Temple, que ce soit aurpès des novices ou à la bibliothèque. Si Iskat mène quelques missions sur le terrain, elle passe beaucoup de temps entre quatre murs car le Conseil ne l’estime pas prête, pas fiable. Les paroles de Gallia ne laissent place à aucun doute : « ton rôle est de méditer sur ton raisonnement et ton impulsivité afin d’apprendre à faire mieux à l’avenir. Ton irrespect et ton agressivité actuels sont malsains chez une Jedi ». De tels mots sont durs et blessants.


La cérémonie d'adoubement

Le passage de Padawan à Chevalier est un moment important. La cérémonie d’adoubement consacre le changement de statut. Elle est censée signifier à un Jedi qu’il est prêt à se mettre au service de la galaxie. Mais, toutes les cérémonies ne se déroulent pas de la même façon.


Pendant longtemps, les Jedi ont eu un Temple sur Coruscant. Ils étaient au cœur du pouvoir. Dans l’Univers Légendes, dans un premier temps, Luke place l’Académie sur Yavin 4. Là, il y forme des apprentis qu’il a trouvés ici ou là lors de ses recherches. Lui-même peu formé, Luke apprend ce qu’il peut. Sa première promotion fait face à de nombreux défis : la compétition interne, l’esprit du Sith Exar Kun, le coma de Luke Skywalker. Bon gré mal gré, les étudiants traversent les épreuves et montrent ainsi qu’ils ont ce qu’il faut pour être Chevalier. Dans une cérémonie intime, c’est un Luke plein de fierté qui s’exclame que « vous êtes le noyau de l’Ordre qui protègera demain la Nouvelle République (…) Vous êtes les Champions de la Force ! » Si Luke est aussi enthousiaste, c’est parce qu’il mesure la valeur des Chevaliers. Ils ne sont pas seulement plus forts dans la Force ou meilleurs au sabre laser, ils ne sont « pas une association hétéroclite de phénomènes de forte dotés de pouvoirs et d’aptitudes », ils sont une équipe, des Jedi qui savent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres.


Lors de la guerre contre les Yuuzhan Vong, les Jedi ont fort à faire. Ils doivent faire avec les doutes de Luke qui ne sait pas s’il faut permettre aux Jedi de mener des attaques ou s’ils doivent rester dans la défense. Ils doivent face avec une République impuissante qui perd planète après planète, dont Coruscant ; avec une République où certains Sénateurs n’hésitent pas à collaborer avec l’ennemi et où des gens n’hésitent pas à dénoncer les Jedi à l’ennemi.

Là encore, la cérémonie n’a pas lieu sur Coruscant mais sur Mon Calamari. Ici, il s’agit d’une cérémonie publique et politique. Le nouveau Chancelier veut montrer qu’il soutient et qu’il a le soutien des Jedi. C’est une mise en scène, un spectacle. 

Luke perd donc la main sur l’organisation. Il doit autoriser une sorte de cocktail mondain. Mais, il parvient malgré tout à préserver l’essentiel. Il adresse à chaque nouveau Chevalier Jedi des mots simples mais marquants (« Luke s’éloigna du micro. Il n’avait pas prévenu Cal de ce qu’il avait l’intention de faire, mais il tenait à ce qu’une partie de la cérémonie soit un peu plus confidentielle, destinée uniquement au Jedi concerné »).

Une fois chaque Padawan consacré Chevalier, Luke et les autres Maîtres les font se réunir sur là scène. Devant tout le monde, ils récitent le Code Jedi puis ils se présentent en tant que Chevalier (« Dégainez vos sabres laser, dit-il. Que ce soit la première fois en tant que Chevalier Jedi »).


Cette cérémonie est aussi vécue par une Jedi de l’Ancienne République : Vergere. Elle critique cette démonstration publique. Pour elle, c’est bien peu naturel, bien peu dans l’esprit des Jedi de son époque. Elle pense même que Luke dévoie même l’Ordre en se pliant à ça (« les Jedi ne devraient pas se laisser aller à ce genre de choses »). On peut la comprendre quand elle raconte son adoubement : « lorsque je suis devenue Chevalier, ça s’est passé très simplement. « Un Chevalier Jedi, tu es », m’a dit Yoda. Et puis c’était tout. On n’a besoin de rien d’autre, non ? » Il n’y a donc rien à voir avec ce que Luke a fait.


Dans l’univers officiel, on assiste à la même cérémonie d’adoubement dans deux romans : Comme des frères et L’éveil de la lame rouge. Pour les Jedi, ce sont des temps troublés et compliqués puisque la Guerre des clones vient de commencer. Les Jedi sont sollicités. Ils doivent se battre et ils doivent également faire avec leurs premières morts. Ils n’ont donc pas le temps pour faire de belles cérémonies.

Malgré tout, une cérémonie a lieu, elle est simplement fastueuse. Sans doute veulent-ils ainsi montrer que la vie continue malgré la guerre (« pendant un millier de générations, les Jedi avaient perpétué leurs traditions d’épreuves et de cérémonies, de promotions et de validation des réussites »). Anakin Skywalker, lui, est en désaccord, il trouve presque la chose déplacée (« la cérémonie lui donnait l’impression d’une simple formalité, un détail au milieu des problèmes bien plus grave qui perturbaient la galaxie »). Anakin trouve que c’est une perte de temps. Il préfèrerait se battre ou être avec sa femme…

Mais, Mace leur rappelle à tous que « nous sommes en guerre » et que « rien de tel n’était arrive de notre vivant ». Mace replace la cérémonie dans son contexte. Les nouveaux Chevaliers n’auront pas le temps de se faire à leurs nouvelles fonctions, ils devront tout de suit se plonger dans les horreurs de la guerre en fonction des missions qui leur seront assignées.


L’éveil de la lame rouge nous donne plus de précisions sur la façon dont a été décidé qui deviendra Chevalier. C’est Windu qui affirme que le Haut Conseil Jedi s’est réuni et que « nous avons consulté ceux qui vous connaissent le mieux et nous allons citer le nom des Padawans qui serviront désormais l’Ordre en qualité de Chevaliers Jedi ». On comprend que tous les Padawans n’ont pas été promus, certains vont garder le même grade.

C’est Windu qui est en charge de la cérémonie, et pas Yoda. Bien entendu, tous les Maîtres présent sur Coruscant sont là (« Maître Windu avait activé sa lame violette, Yoda la sienne, verte, et tous les Maîtres Jedi brandissaient la leur en l’air devant eux »). La guerre a beau avoir lieu, cela reste un moment important. Il doit rappeler à tous, des apprentis aux Maîtres, pourquoi ils sont membres de l’Orde Jedi. Ils ne sont pas des francs-tireurs, ils appartiennent à un groupe qui obéit à des règles et des traditions. Windu leur dit clairement que « votre heure est venue de servir la galaxie et la République ».


jeudi 30 juillet 2026

Qui est Chulok ?

Envoyé sur Metagos suite à un message de Qui-Gon Jinn, Mace Windu rencontre un adversaire totalement inattendu. S’il est un méchant comme tant d’autres, voulant le pouvoir et affermir son autorité sur les autres, ce qui différencie Chulok des autres est son apparence physique. Il est en effet la fusion de deux êtres : un Furakai et un Rodien. S’il connaissait déjà le concept de fusion pour les Furakai, Windu est quand même étonné de voir une fusion entre deux espèces différentes. La chose le dérange (« devant les deux corps liés à l’épaule par une sorte de cache métallique doré qui laissait entrevoir le pont de chair en dessous, Mace ressentit un frisson de malaise »). Il serait réducteur de s’arrêter à l’aspect presque monstrueux de Chulok. Il est un leader impitoyable, puissant et craint. Son autorité semble naturelle mais aussi incontestée. Il faut dire que Chulok dégage « un charisme presque hypnotique ». Il possède « un grand pouvoir combiné à une grande cruauté » qui ne laisse qu’une conclusion possible : «  pas besoin d’être très perspicace pour se rendre compte que vous étiez face à un conquérant ».

Étant Jedi, Mace a vu son lot de choses sortant de l’ordinaire. Pourtant, Chulok lui laisse un souvenir impérissable. En le voyant s’entraîner sérieusement, Mace assiste à un spectacle jamais vu (« Deux têtes, quatre bras, quatre jambes. Pleinement libérées, les combinaisons étaient pareilles à une tornade pleine de lames de rasoir »). C’est une réelle démonstration de puissance.

En réalité, c’est tout Chulok qui déstabilise Windu.  Il est fort, il sait se battre, il commande des hommes. Même sa voix (ou ses voix) marquent. Ayant deux têtes, il a deux bouches qui, la plupart du temps, expriment la même chose. Windu constate que « la superposition des voix commença à lui rendra inaudible (…) leur similitude avait quelque chose de presque hypnotique qui le berçait dans un fort sentiment de décontraction ».


Chulok était avant Chu et Lok, deux personnes différentes. Eux voient leur rassemblement comme une bénédiction, une nécessité mais aussi comme l’ordre naturel des choses. C’est leur fusion qui les fait être pleinement en vie. Chulok témoigne qu’ « ils étaient plus que deux individualités néanmoins. Ils étaient une âme unique que l’univers indifférent avait séparée en deux à la naissance. Le destin les avait réunis de nouveaux ».


Sur Metagos, Chulok dirige un clan criminel qui cherche à asseoir son autorité sur toute la planète qui vit sous-terre (la surface est contaminée). Il ne veut pas que quiconque se dresse face à lui et tente de remettre en cause son rang. C’est pour ça qu’il a tenté de tuer Qui-Gon Jinn qui s’était rendu Metagos. Chulok est d’ailleurs convaincu que le Jedi est mort, même s’il regrette amèrement que ce ne soit pas de ses mains (« je jouais avec lui pour apprendre ses techniques de Jedi. Ce titre de Tueur de Jedi m’est prédestiné. C’était à moi de tuer ce maudit imbécile ! ») On voit que Chulok est obsédé par les Jedi.

Windu fera les frais de cette obsession. Découvert, il est capturé et torturé. Il prend plaisir à le malmener physiquement et psychologiquement. Lui qui a enfin la main sur un Jedi ne cache pas son bonheur. Il faut réaliser « une étude complète des réactions d’un Jedi face au stress, à la douleur et à la peur ». Ce qu’il promet à Windu est affreux ; Chulok « démembrerait Mace Windu lentement, jusqu’à ce qu’il supplie d’être gracié ». Chulok montre ensuite toute sa cruauté car il ne veut pas seulement que Windu souffre, il veut que tout le monde le sache, il transmettrait « les gémissements du Jedi dans toute la Bordure, avant de lui refuser - avec regret - toute clémence ».


Ce sont ses ennemis qui souffre de son côté impitoyable. Sa principale adversaire est Sybil, une insecte, la Reine des Vers qui a des centaines d’enfants. Elle les pond, les remplace au fur et à mesure qu’ils se font tuer et entretient leur rivalité. Mais, Sybil subit la méchanceté de Chulok qui met le feu à ses oeufs (« il faut avoir une éthique dans la vie, dit-il avant de montrer les oeufs à ses soldats. Brulez-les tous »). C’est la dernière chose que verra Sybil avant de mourir : ses enfants en train d’être tués. C’est une vraie déchirure pour cette mère.


Chulok ne traite pas mieux ses subordonnés. L’exemple de Nils Slithis en est un bel exemple. Alors qu’il est un de ses agents le plus précieux, il n’hésite pas à le faire exploser devant Windu. Windu ne comprend pas comment cela est possible jusqu’à ce qu’il découvre que Nils Slithis était  un ancien esclave (comme Anakin Skywalker). Slithis avait en lui un traceur explosif qu’on pouvait déclencher à distance si on avait le code. C’est ce que Chulok a fait sans aucune hésitation. Chulok n’a donc jamais craint que Slithis lui cause du tort ou lui usurpe le pouvoir car il avait un moyen de pression. Windu comprend donc « pourquoi Chulok permettait à un officier aussi ambitieux et agressif d’avoir un tel pouvoir » puisqu’il savait « qu’à n’importe quel moment une simple pression sur un bouton tuerait un usurpateur potentiel ».